A la Une 26/03/2009 à 15h05

Sarkozy au Congo en mission de déminage

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Après une première tournée ratée, Nicolas Sarkozy est à nouveau en Afrique pour une visite délicate à son homologue congolais, Joseph Kabila. Lequel ne s'est pas déplacé pour l'accueillir à l'aéroport, sans doute à cause de la brieveté de son séjour en RDC et de la polémique précédent ce voyage.

A chacune de ses interventions sur l'Afrique, Nicolas Sarkozy déclenche l'ire de ses habitants. Le 16 janvier dernier, alors que le controversé discours de Dakar continuait d'alimenter les pages « opinions » de la presse africaine, Nicolas Sarkozy a annoncé un plan français pour la paix dans le Kivu. Lequel a beaucoup agacé en République démocratique du Congo (RDC).

Pendant la présentation de ses voeux au corps diplomatique étranger, et alors que la situation à l'Est du Kivu connaissait un fort regain de tension, le président a proposé le partage de l'espace et des richesses de cette région entre le Rwanda et la RDC :

« Il faudra bien qu'à un moment ou à un autre, il y ait un dialogue qui
ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue
structurel.

Comment, dans cette région du monde, on partage l'espace,
on partage les richesses et on accepte de comprendre que la géographie
a ses lois, que les pays changent rarement d'adresse et qu'il faut
apprendre à vivre les uns à côtés des autres ? »

Cette phrase prononcée par le président de la République alors qu'elle n'était pas prévue dans le discours écrit concentre la solution française pour le Kivu. Pour arracher à la racine les raisons de la guerre -les ressources minières de la région- et neutraliser les bandes qui y sèment la terreur, il faut que les Etats en reprennent le contrôle en y instituant un droit de passage. Et pour y parvenir, il faut partager.

Le scandale a été immédiat en RDC, où la solution française a été perçue comme une attaque à la souveraineté des frontières établies du pays. Convoqué par le ministère des
Affaires étrangères à Kinshasa pour s'en expliquer, l'ambassadeur français Pierre Jacquemot a désamorçé la crise en avançant que Nicolas Sarkozy n'avait fait que suggérer une coopération plus intense entre les pays de la région des Grands Lacs.

Radio Okapi, organe de la Monuc, a rapporté ces propos de l'ambassadeur :

« Il y a tout un tas de projet où l'un -le Rwanda, le Burundi ou le Congo- dispose d'une ressource qu'il peut partager avec l'autre.

Je donne un exemple : pour transformer les minerais, il faut de l'électricité. Pourquoi ne pas utiliser l'électricité du pays voisin pour exploiter son propre minerai ? Donc, c'est ça que nous appelons la gestion commune des ressources de la région. »

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a donné une interview à plusieurs quotidiens congolais pour préciser ce qu'il entendait par « partage », à savoir gestion commune des richesses de la région :

« Les polémiques n'ont pas lieu d'être et les procès qui nous sont faits
sont sans fondement. Je voudrais souligner quelques idées simples. Il y
a des principes sacrés : la souveraineté de la RDC, le respect de son
intégrité territoriale, l'intangibilité de ses frontières. La France
s'est toujours battue pour ces principes »

« (...) Les pays de la région, de l'Angola au Burundi, et pourquoi pas à la
Tanzanie aussi, pourraient travailler ensemble, comme nous l'avons fait
en Europe, pour structurer leurs marchés, organiser des filières
agricoles, commerciales et industrielles, introduire davantage de
transparence et de règles, développer les ressources énergétiques (...). »

Cette polémique balayée, la visite devrait être essentiellement consacrée aux échanges économiques entre les deux pays.

L'occasion pour Publiez ce que vous payez d'appeler à une moralisation des activités des entreprises françaises en Afrique. Cette coalition internationale d'organisations réclament la publication obligatoire des paiements effectués par les sociétés pour l'extraction des ressources minières, gazières et pétrolières. Dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy à l'occasion de cette visite, PCQVP s'en prend notamment à Areva :

« Au Niger, les avantages qu'Aréva et la France tirent de l'exploitation de l'Uranium, ne sont pas contrebalancés par un réel développement des zones concernées et ni de protection suffisante de l'environnement. »

Total, France Telecom et Areva font partie du voyage.


Sarkozy au Congo, par Chimulus

Article modifié le 26 mars 2009 à 19h40 : suite à une confusion entre les deux Congo, la photo a été supprimée. Avec toutes nos excuses.

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  • derka
    derka
    Juriste
    • Posté à 16h56 le 26/03/2009
    • Expert
      Juriste

    Salut à tous les fidèles de Rue 89.

    C'est mon premier baptême de feu, mais cela ne pouvait que tomber à pic, avec le voyage de soutien, oui j'ai bien dit de soutien à Monsieur NGUESSO, au Congo Brazzaville.

    Je suis moi-même originaire de Brazzaville et, je me rappelle d'un voyage du président français de l'époque, Monsieur CHIRAC en Juillet 96. Je me souviens aussi que 11 mois après avoir auréolé Monsieur LISSOUBA, ancien et piètre président congolais qui, n'a pas su saisir la chance d'être le premier président élu après le règne piteux et calamiteux de Monsieur SASSOU NGUESSO, Monsieur CHIRAC a laissé tomber ce président qui l'avait reçu avec tous les honneurs au profit du prince du royaume de pétrole, entre autre Monsieur NGUESSO, qui a repris son trône par les armes en massacrant les enfants, les jeunes, et les vieux de ce beau pays.

    Je n'ai qu'une espérance, que cette visite soit aussi celle qui pourra sonner le glas de l'air NGUESSO ; ne dit-t-on pas que l'histoire se répète souvent ? Et « ceux qui oublient les leçons de l'histoire sont condamnés à les vivre » !

    Enfin, j'attends impatiemment les 11 mois à venir et, peut-être que Monsieur SARKOZY va enfin nous débarrasser du voleur de Mpilla, incapable de faire prospérer un pays d'à peine de 3 millions d'habitants et aux richesses comparables à celles des pays du golfe persique.