
Une entreprise qui licencie, mais dont les patrons touchent des salaires mirobolants. Ça vous dit quelque chose ? Non, il ne s'agit pas d'un groupe du CAC 40, mais d'un média du service public, Radio France Internationale (RFI).
En janvier, la direction de la radio, qui fait partie de la nouvelle holding de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) a annoncé un « plan de sauvegarde de l'emploi » (une procédure naguère appelée « plan social » ou « plan de licenciements ») de 206 suppressions de postes sur un millier.
Mais dans cette période de contestation des rémunérations patronales, la polémique pourrait enfler avec les dernières révélations de l'intersyndicale qui a dévoilé ce mercredi les salaires des deux dirigeants de RFI (et de l'AEF), le président de RFI Alain de Pouzilhac (ex-PDG de Havas) et la directrice générale Christine Ockrent.
Pas de jaloux, ils ont le même salaire : 310 000 euros annuels chacun. « C'est plus que Barack Obama, Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy, écrit l'intersyndicale dans un communiqué. Ces 310 000 euros peuvent également être comparés avec les 130 000 euros de notre précédent PDG, Antoine Schwarz. »
Voici l'intégralité du communiqué publié ce mercredi par les syndicats FO, SNJ, SNJ-CGT et SNRT-CGT de RFI :
« Chez ces gens-là, Monsieur, on aime l'argent…
En plein scandale sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises qui licencient, où en sommes-nous à RFI ?
Notre curiosité aurait dû s'arrêter là où commence le secret d'Etat. Mais nous avons tout de même réussi à apprendre certaines choses.
Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent ont le même salaire : 310 000 euros annuels chacun. C'est plus que Barack Obama, Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy. Ces 310 000 euros peuvent également être comparés avec les 130 000 euros de notre précédent PDG, Antoine Schwarz.
Mais pour nos nouveaux patrons, il ne s'agit là que d'un salaire fixe minimum. Il semble qu'il faille encore au moins lui ajouter environ 70 000 euros de part variable faite de primes de résultat et de bonus pour les responsabilités du binôme à la tête de la holding.
On se souvient que Nicolas Sarkozy avait demandé il y a plus d'un mois aux dirigeants d'entreprises qui licencient de renoncer à leurs bonus. Nos dirigeants, eux, n'ont renoncé à rien. Et pourtant, ils sont payés par l'argent des contribuables…. pour nous licencier.
Il est vrai que donner l'exemple, assumer une part infime des sacrifices qu'ils veulent nous imposer, cela leur reviendrait encore trop cher. Car leurs salaires sont loin de leur suffire.
Une fracture sociale, culturelle et morale
Christine Ockrent continue imperturbablement ses “ménages”. En décembre, elle avait vendu à Paris-Match “en exclusivité” une interview d'Ingrid Bétancourt pour 10 000 euros. Le 5 mars, elle a animé une remise de prix pour la Fondation L “Oréal. C'est illégal ? Non, mais c'est indécent. Car selon le code de déontologie, ‘un journaliste digne de ce nom’ s'interdit d'utiliser sa notoriété à des fins commerciales.
Alain de Pouzilhac, lui, n'est pas journaliste, mais à la tête de l'AEF, il est censé défendre les valeurs de la France. Cela ne l'empêche pas d'avoir des responsabilités au Conseil d'administration de Joagroupe, une société de casinos. C'est interdit ? Non, mais c'est indécent.
Notre couple dirigeant s'estime dans son bon droit, ne voit là rien de choquant. A l'évidence, il prend le mot ‘valeurs’ au premier degré. À nous cela coûte cher en réputation et en crédibilité.
Pour parler comme eux, en terme d'image : cela n'est pas bon pour la ‘marque RFI’.
‘Je suis pour interdire d'interdire’, déclare Alain de Pouzilhac à VSD. C'est vrai que ces gens-là ne s'interdisent rien.
Entre eux et nous, il y a désormais une fracture sociale, culturelle et morale.”
Photo : le président de RFI Alain de Pouzilhac (ex-PDG de Havas) et la directrice générale Christine Ockrent (Reuters).




















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De padiran
Chroniqueur mondain | 12H06 | 26/03/2009 |
Petit rappel, composition du conseil d'administration de AEF
1. En qualité de représentant de l'Etat :
-Mme Anne Gazeau-Secret, directrice générale de la coopération internationale et du développement du ministère des Affaires étrangères et européennes
- M. Gérard Errera, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et européennes
- M. Rémy Rioux, sous-directeur des transports et de l'audioviseul à l'Agence des participations de l'Etat
- M. Emmanuel Hamelin, inspecteur général des affaires culturelles,
- Mme Laurence Franceschini, directrice du développement des médias
- M. Vincent Berjot, administrateur de l'INSEE
2. En qualité de personnalités choisies en raison de leur compétence :
- Mme Hélène Carrère d'Encausse
- M. Alain Duplessis de Pouzilhac
- M. Jean-Michel Goudard
- Mme Christine Ockrent
- M. Benoît Paumier
- M. Hubert Védrine
Que du beau monde, et surtout pas moins de 6 représentants de l'Etat, ainsi que Hubert Védrine ancien ministre socialiste des Affaires Etrangères de Jospin
A quoi ça sert que Sarko il se decarcasse, il faut virer tous ces incompétents qui ne respectent pas les paroles du chef
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H24 | 26/03/2009 |
Groumpf ! Miam ! cronch ! cronch ! slurp ! Burp !
Ruiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiik
Ruiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiik
De Pompom pour les intimes
journaliste | 12H24 | 26/03/2009 |
c'est tout simplement indécent d'augmenter son salaire (triplement par rapport à M. Schwartz) pendant qu'on négocie par ailleurs un plan de suppression de postes (un cinquième des effectifs). Mme Okrent M. de Pouzilhac n'ont-ils vraiment aucune gêne, aucune honte, aucun sens moral ? que font-ils de 310 000 euros par an quand d'autres sont contraints de faire avec 10 000 euros voire moins ? c'est déprimant de constater ce non-sens des réalités sociales parmi certains dirigeants.
De shillom
13H25 | 26/03/2009 |
Une solution, limiter les salaires des dirigeants d'entreprise à n fois le salaire minimum dans cette même entreprise. Ils veulent s'augmenter ? Très bien, mais qu'ils augmentent tous les employés en même temps !
De Solale
Etudiante | 13H31 | 26/03/2009 |
N'exagérons rien, et ne nous érigeons pas en gardiens de la bonne morale.
Ca a toujours ses dérives, ce genre de comportement
Je m'indigne fortement en apprenant que ces dirigeants n'ont pas renoncé à leur bonus. Je m'indigne aussi face au montant de leur salaires.
Concernant ce qu'ils font à côté, cela ne me regarde pas, que Mme Ockrent vende son père ou ses interviews à Paris Match.
Cependant, la question qui se pose est celle de la responsabilité lorsqu'il s'agit des bonus octroyés. Comment en est-on arrivé là ? Qui a laissé faire ?
De jgo
13H40 | 26/03/2009 |
Il y a un paquet d'années (septembre 88 ? ), Ockrent était passée à Antenne2. Son nouveau salaire avait provoqué une grève dure et manifs à A2. Du jamais vu sur le service public et il y avait eu reculade (peut-être bien son transfert sur FR3, je ne me souviens pas très bien).
De rio
toulousain | 14H17 | 26/03/2009 |
310 000 euros pour Christine Ockrent et Alain de Pouzilhac,
130 000 pour Antoine Schwarz…
En fait, ils ont fait une petite erreur de frappe à la compta au moment du changement à la direction de RFI… Vous voyez vraiment le mal partout…