« Journée de la jupe » : Adjani et « l'acculturisme » de la banlieue
Mardi sur France Inter, Isabelle Adjani parlait du film « La Journée de la jupe ». Si je me souviens bien, elle évoquait « l'acculturisme » ou « l'acculturisation » des jeunes de banlieue. Bref, elle n'employa pas le terme adéquat.
Mais aucun des journalistes présents au « Fous du Roi » -pourtant une équipe si prompte à la dérision- n'osa rectifier et cette petite erreur passa donc à la trappe. Personne n'est à l'abri des fautes et coquilles (n'hésitez pas à signaler celles de ce papier ayant échappé à la correction) mais, autant que faire se peut, essayer d'être le plus rigoureux possible quand on dénonce le manque de culture des autres. Surtout ceux qui y ont le moins accès.
Encore le discours habituel sur la banlieue, me dis-je, prêt à mettre un CD. Erreur totale de ma part ! Alors que l'émission progressait, mon avis à l'égard de cette star dont je ne connais pas tout le boulot a complètement changé.
Pas l'enveloppe vide à laquelle je m'attendais : beaucoup plus profonde que les images glacées des magazines à grand tirage. Un discours sur les habitus qui aurait beaucoup plu aux bourdieusistes.
J'avais presque l'impression de m'être trompé et de me retrouver sur France Culture à 3h29 du matin. Une actrice politique, sans langue de bois ou trémolos compassionnels.
N'ayant pas vu le film qu'elle défendait, j'étais néanmoins d'accord avec un grand nombre de ses propos. Faut pas se voiler la face, la bêtise tout-terrain augmente en règle générale, encore plus malheureusement dans les milieux populaires. Et milieu populaire rime bien souvent avec fils et petits-fils d'immigrés.
Un vrai bouillon d'inculture
Un grand nombre (pas tous heureusement) de ces gosses n'ont pas une double culture mais une « double inculture ». Beaucoup ne connaissent pas vraiment la culture de leur pays d'origine -à part déformée par les grandes oreilles sur les balcons de leur cité- et ne connaissent pas la culture française. Et le Français de « souche » qui, pendant la période des Trente Glorieuses, la transmettait, ne la connaît plus non plus.
Un vrai bouillon d'inculture. Et le manque de culture n'est pas l'apanage des enfants d'immigrés, ni des classes populaires. N'en déplaise aussi à d'autres qui font feu de tout bois au moindre fait divers, le crime passionnel n'est pas non plus une caractéristique des populations d'origines maghrébines et africaines. Bertrand Cantat, Louis Althusser ne sont pas « jeunes beurs ou blacks » de quartiers défavorisés, que l'on sache.
Au fond, ces jeunes imperméables à une forme de culture dite « classique » ne sont-ils pas le reflet de nos dirigeants actuels : vulgaires, machos, sexistes (demandez à Simone Veil, Ségolène Royal et d'autres…).
Comme quelques-uns de nos gouvernants et d'autres dans l'opposition, ces gosses rêvent de Rolex, de femmes plantureuses vantées par ces mêmes publicitaires qui, pour se donner bonne conscience, dénoncent avec des effets de manche ces sauvages qui s'entretuent et n'ont plus aucun respect de la femme.
Ces soi-disant « sauvageons » ont juste les mêmes goûts que Dray, Sarkozy, Séguéla, sauf qu'ils traînent sans relations ni diplômes aux pieds des barres d'immeubles ou dans les centres commerciaux.
A l'instar de leurs aînés, ils sont eux aussi happés par la même course à l'image et au bruit : chairs à canon de la guérilla des décibels et de l'Audimat. Même si on ne doit pas minimiser la bêtise de ces jeunes coqs sur Nike Air, il me semble nécessaire de la mettre en perspective. Tous, moi idem, colonisés par l'image.
La muselière Lacoste et la laisse Adidas
Pourquoi aucune chaîne de télé, à part Arte, n'a accepté de produire ce film ? Parce que ce genre de sujet permettant sans manichéisme une réflexion, des polémiques, fait très peur aux patrons des chaînes qui obéissent au doigt et à l'oreille au bling bling ambiant.
Pas de ça chez nous. Balancez leur du Bigard et « Taxi », gardons Godard et Flaubert pour la famille. Ce type de comportement n'est pas uniquement le fait de la droite. Dernièrement, la nouvelle municipalité de Montreuil dirigée par Dominique Voynet révisait à la baisse les budgets d'un centre culturel sous, entre autres, prétexte qu'il proposait de la musique de chambre. Musique jugée trop élitiste par la municipalité. No comment.
N'ayant pas de télé, je n'ai pas pu voir ce film sur Arte. Mon absence de télé n'est pas vraiment une philosophie ; très vieux, mon poste de poche changeait de chaîne à chaque passage de camion et, pour revenir au programme initial, il fallait taper du pied sur le parquet.
Un jour, il s'est éteint définitivement (la dernière chaîne visible fut étrangement Arte) et, après une AG familiale, nous avons décidé de ne pas le remplacer. Depuis, nous nous régalons de DVD. Dommage pour le foot et ce film « La Journée de la jupe » !
Que faire pour éviter l'acculturation qui inquiète la comédienne et calmer les poussées de machisme urbaines ? Demander à certains jeunes d'être moins cons et bornés, se révolter sans la muselière Lacoste ou laisse Adidas.
Et proposer à nos chers producteurs -quelques-uns pavéistes en 68- de produire des films un peu moins démagos. Bref d'offrir le même niveau de culture aux gosses de cités qu'aux leurs.
Ne serait-ce que pour éviter à leur progéniture d'être victime un jour dans une rue de la barbarie dont ces producteurs sont coresponsables. Pas les seuls. Les auditeurs et les mangeurs d'images que nous sommes pour la plupart ont aussi leur part de responsabilité.
Isabelle Adjani ayant vraiment un discours politique : pourquoi ne pas la nommer au ministère de la Culture ? Peut-être qu'avec un peu de chance, nous pourrions obtenir une journée du silence. Et sans images.
Au fait, qui veut supprimer le volet « culture générale » aux concours administratifs ?
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De Baptiste_P
professeur des écoles | 15H45 | 25/03/2009 |
Très bon article.
Comme il est question d'une émission de france inter, j'ajouterais que je suis agacé de cette culture élitiste et snob, véhiculée par certains médias - notamment dans l'émission du Fou du Roi , qui consiste à élever au pinacle deux ou trois chanteurs, toujours les mêmes, et à se gausser de TF1, des émissions de Delarue, des films de Dany Boon et de Luc Besson, etc…
Ceux là meme qui se croient les gardiens du bon gout et de la culture avec un grand C , sont finalement assez élitistes.
L'élitisme n'est pas la bonne réponse à cette « acculturation “ dont parle Adjani.
à Baptiste_P
De stavroguine
Imprimeur | 15H59 | 25/03/2009 |
Il faudrait voir à ne pas confondre divertissement et culture.
prendre un « saltin“banque pour un artiste…voilà parfois peut être sur quoi on trébuche.
Encore un mot de galvaudé…Artiste….
Quand bien même certain présenterait un caca dans une boîte qu'il faudrait les applaudir.
quand on ne voit pas la différtence entre Besson et Depleschin…
Alors si l'élitisme n'est pas une bonne réponse , la bêtise n'est pas à cautionner.
à stavroguine
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 16H30 | 25/03/2009 |
Un saltimbanque est un artiste de fait.
Va au festival d'Aurillac et tu réviseras ton jugement à l'emporte-pièce.
Un peu de respect pour ceux qui travaillent dur !
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De stavroguine
Imprimeur | 16H46 | 25/03/2009 |
tu aurais du lire le entre-guillemet.
Les saltimbanques qui animent une fête médievale ou font des spectacles de rues n'ont rien a voir avec ce que je disais.
Le mot n'est peut être pas le bon….
Quand je « critiquais » les artistes, je parlais de tous ceux qui recherchent le fric avant l'élévation de l'esprit ou la culture.
à stavroguine
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 17H18 | 25/03/2009 |
Effectivement, les guillemets sont mal affichés… Donc j'ai pigé de traviole. Désolé.
Plutôt que « saltimbanques », qu'on devrait réserver aux artistes de rue (qui sautent sur des bancs – estrades –, c'est l'origine de ce mot), on devrait désigner ces goulus de pognon comme « squatteurs de médias ».
Ceux-là méritent moins notre respect que les marchands de lessive, qui sont d'une utilité certaine, eux.
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De stavroguine
Imprimeur | 17H50 | 25/03/2009 |
je me suis mal exprimé au début…
on est sur la même longueur d'ondes.
à stavroguine
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 18H08 | 25/03/2009 |
…qui n'est pas celle de NRJ : -)
De anachronix
15H50 | 25/03/2009 |
je crois que ca va etre la premiere fois que je vais etre en desaccord avec un article de rue89….
Vous faites par cette article une definition d un jeune de banlieue issu de famille immigré qui me semble extrement cliché . Pensez vous que ils ne connaissent rien qu ils s habillent tous en jogging Lacoste et qu en aucun cas ils ont une culture quelconque sur l histoire du pays dont ils sont issus ? ?
De guyome
16H05 | 25/03/2009 |
Commencer à parler culture en opposant Flaubert à Taxi. Ça part mal.
Je tiens à rappeler que les cités populaires ont leurs histoires chargée de créations culturelles. Si le jazz a eu son sacre culturel avec le bebop, il s'est construit comme une musique dégénérée comme une autre. Mais peut-être faut-il parler de la saoul, du punk, du rap et du slam, tous « made in té-ci » ? Comme si « la Haine » ou « la cité de dieux » sont de la culture « vulgus » et pas Kubrik… La beat generation, c'est fameux beatniks, n'ont produit que de la sous culture…
Ceci étant dis, même votre « Et proposer à nos chers producteurs -quelques-uns pavéistes en 68- de produire des films un peu moins démagos. » est totalement hors sujet. Des films intelligents et populaires y'en a des litres et il sont vu par les « jeunes de cité » comme par les autre. Parler leur de « Old boy » ou « De batre mon coeur s'est arrété » et vous verrez qu'ils connaissent (Au passage, il faudrait plus remercier le p2p que les politiques municipales).
« Demander à certains jeunes d'être moins cons et bornés, se révolter sans la muselière Lacoste ou laisse Adidas. » Soyer rassurer la connerie est la chose la mieux partagé du monde. Vous pouvez dire : « Demander à certains nappy d'être moins cons et bornés, se révolter sans la muselière Prada ou laisse Dior. » Après, si vous gueuler contre les jeunes cons-uméristes, il vous reste à changer la société…
à guyome
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 16H17 | 25/03/2009 |
La culture, c'est tout ce que tu dis, plus tout le reste.
Elle ne soustrait rien : elle additionne.
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H29 | 25/03/2009 |
Quand j » entend le mot « culture » , je sors mon transistor ..
à Numerosix
De Raslacouette
. | 17H10 | 25/03/2009 |
Mais gare au transistor, des fois…
De Mouloud Akkouche (auteur)
Ecrivain | 16H32 | 25/03/2009 |
Bonjour
Il y a indéniablement une culture née des cités se nourrissant du rap et d'autres genres musicaux, du cinéma, des mangas…. D'ailleurs, je trouve que « La haine “” est un très bon film et aime beaucoup certains Mangas. Cette culture de “ téci ‘’ comme vous l'appelez est sans doute aussi vivante et inventive que le Jazz, Blues, Rock… Mais le plus regrettable est que, souvent avec de bons sentiments, on ( moi aussi ) a tendance à confiner ces jeunes (terme un peu fourre-tout ) à une seule culture. Pourquoi pas leur proposer une multiprises ? De NTM à Rilke en passant par Alain Leprest…
Quoi que l'on puisse écrire ou dire, la ‘ curiosité ’ reste malgré tout le meilleur allié de lque ce soit en en ‘ Prada ’ ou ‘’ Adidas ‘'…
De rocheclaire
retraitée | 16H17 | 25/03/2009 |
Ce film va passer sur grand écran ! C'est une des politiques d'Arte. Je l'ai vu ! J'ai beaucoup aimé…
Le visage d'Adjani m'a intrigué, comme d'autres artistes en ce moment, elle a dû se faire « colagéner » les joues, ça lui donne un air poupin qui n'allait pas trop avec le personnage !
Mais à part ça l'interprétation est reamarquable !
De Erwan69100
16H29 | 25/03/2009 |
« autant faire se peut » MAIS « autant que faire se peut »
EDIT : déjà vu par un autre lecteur ! Ne faites pas attention, j'ai réagi avant de lire les commentaires
De farah
farah à paris | 16H27 | 25/03/2009 |
Ah Isabelle Adjani, dans ce film elle est superbe, elle ne joue pas, elle est la prof de français, émouvante et belle, j'aime ce côté orientale et occidentale qu'elle a.
Sans oublier tous ces jeunes qui sont formidable
pas un bon film mais un super film qui est très réaliste
farah
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 16H36 | 25/03/2009 |
Les jeunes, mis au ban, à mille lieue de la « société, assimileraient mieux La Culture si RONSARD et Oscar WILDE n'étaient étudié dans un cadre antisexuel, si RIMBAUD et BAUDELAIRE nétaient pas abordés par des réfractaires à l'enivrement des sens, et si le “devoir de mémoire” n'était pas décrété par des gens qui baissent leur froc pour un statut.
Tous ces vieux à qui les nazis accordent des emprunts parce qu'ils ont prouvé leur totale soumission feraient mieux de soutenir les émeutiers, dépositaires de la seule vraie culture, celle de la liberté.
Je vous parle durement parce que je vous aime et que je compte sur vous.
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 17H01 | 25/03/2009 |
De ledup
prof | 17H11 | 25/03/2009 |
Bonjour à tous,
Merci à l'auteur pour cet article pertinent et nuancé. Je n'ai pas vu le film, mais irais sans doute me faire une idée au cinéma.
Je ne veux pas me prononcer sur le fond, parce que, prof de philo dans le 93, beaucoup de ce que vous dites relève, en l'espèce, de mon quotidien ; c'est une bonne chose que des cinéastes, des journalistes fassent évoluer le débat, je ne veux pas vous abrutir de mon vécu.
Je voudrai seulement ajouter deux choses : une anecdote (quand meme) et une initiative (à la fin).
L'anecdote d'abord. J'enseigne actuellement à St Denis (je suis TZR, remplaçant, et j'ai pas mal tourné dans le département ; c'est instructif ! ) ; un nouvel élève est arrivé en novembre dans ma classe de TS. il arrive directement du Tchad, avec une histoire compliquée. Il s'est très bien intégré à la classe, pas de problème. Première dissertation, le choc. Il écrit un français clair, presque élégant. Pas une faute d'orthographe. J'avais parlé avec le CPE de cet élève, histoire d'être affranchi sur son histoire etc, je vais donc voir M. après le rendu de la dissertation et il m'explique que dans son lycée africain, on n'étudiait que sur des vieux manuels français : les « vieilles méthodes » quoi, Bled etc. Les quelques bouquins qu'on y trouvait était des anthologies des classiques français datant des années 60. Du coup il est le seul à ne pas me demander « Pascal qui ? » quand je parle de Pascal. Bref, je ne veux pas tirer des conclusions idéologiques de tout ça ; juste suggérer que l'ignorance radicale dans laquel sont nos élèves de la langue (il faudrait mettre en ligne des copies de bac, les gens ne s'imaginent pas) ou de l'histoire n'a pas besoin de s'expliquer d'abord par de savantes constructions sociologiques. Ce qu'on ne sait pas, on ne le sait pas parce qu'on ne l'a pas appris. Et si l'inculture et l'ignorance paradent, c'est d'abord parce que nous sommes plus ou moins interdits d'enseigner : par des programmes absurdes, des mises en demeure permanente (sociale, politique etc.) Je ne veux pas préciser davantage ici, il faudrait etre rigoureux et long. Reste que, du coup, on ne parvientdésoramis plus guère à transmettre quelque chose que par la bande, par hasard, au milieu de l'indifférence générale. Et bien sûr qu'il y a des réussites. Le mépris public n'abolit pas les anciens élèves. Je ne veux pas être long.
L'initiative. Il me semble, pour faire vite, que le problème scolaire tient donc essentiellement à ce que la question de la place de la culture, de l'intelligence, dans l'espace public a été largement recouvert par le bavardage politique et idéologique. On parle de l'école, mais qui veut prendre sur lui d'instruire (à part la masse de collègues ananymes se battant pour que quelque chose passe ? ), de prendre le temps de le faire ? Les défenseurs les plus sincères du métier de professeur ne peuvent parfois résister aux sirènes de la déploration moralisante, désespérée ou dénonciatrice. Mais à écrire sur l'école, que fait-on sinon ajouter de l'eau au moulin des magasines. Nous n'avons pas besoin de dénonciation mais de travail ; nous avons à défendre le travail d'instruction dans sa difficulté même, son aridité, auprès du grand public. Pas d'aller s'engueler à la télé avec Zemmour et Naulleau.
Car c'est vrai que sans estime pour la culture, sans respect pour la patience nécessaire à l'effort de s'instruire, ce n'est pas la peine de croire qu'une loi, une réforme ou une « prise de conscience » puisse changer le sort commun. Il faudrait commencer par comprendre et peut-être respecter le travail (qui est aussi une responsabilité, une dignité) d'un professeur. Car préparer un cours n'est pas seulement une tache administrativement quantifiable, cela suppose que l'on garde vivant en soi une inquiètude à l'égard de l'histoire, de la science, de la littérature, qu'un espace soit laissé pour flanner en librairie, lire, écrire, discuter. Comment défendre l'école si on se convinct que nul n'a rien à apprendre, ou que l'essentiel dans la vie, c'est de « gagner plus ? » À chacun de se demander où il en est réellement de ce souci de comprendre, de cette liberté qui est loisir (en grec, cela se dit « scolè » , école). Car c'est cela que les pouvoirs, et une bonne partie de la population, ne peuvent plus comprendre ou admettre. On tolère la licence des riches ou des peoples, mais la liberté de quelquu'un soucieux de s'instruire, quel scandale. Mais sans hypocrisie, cela arrange tout le monde.
Aussi n'y a-t-il, selon moi, guère d'autre solution contre l'inculture que de montrer que malgré tout, le savoir scolaire, le savoir classique a sa dignité propre ; de tenter de montrer qu'on peut s'y intéresser, y consacrer du temps quelque soit son boulot. Non par les voix du « coup de pub médiatique » (tant mieux du reste si on lit davantage la princesse de Clèves, le problème serait toutefois d'y retrouver le mépris des puissants propres au jansénistes qui s'y exprime, de l'expliquer, de le donner à entendre, et là il faut des profs, pas seulements des lectures publiques) ; non par les voix de l'énième pamphlet sur l'état de l'école, mais tout simplement en conviant chacun à rompre avec sa paresse propre, en s'essayant à nouveau à l'exercice d'instruction. Nous sommes quelques amis à avoir ainsi monté une université populaire qui ne voudrait ni faire de l'animation culturelle, ni de la vulgarisation universitaire, ni du militantisme politique ; nous pensons que proposer à qui veut de travailler avec nous à comprendre certains grands textes, certaines grandes question, suffirait à ébranler le ronron des politiques scolaires. Les professeurs n'ont pas besoin d'une administration méprisante et infantilisante pour se tenir debout : nous saurons bien construire d'autres outils pour défendre ce que l'on fait plutôt que d'attendre toujours la réponse aux « messages » adressés aux puissants.
Notre projet est fragile et naissant ; nous travaillons à beaucoup d'autres choses derrière lui afin que le monde enseignant parvienne à se reprendre en main par lui-meme, et qu'il défende réellement ce qui le constitue pour l'essentiel et que discours politiques, circulaires administratives, opinions de comptoire, morgues de spécialistes méprisent souverainement : ceci que la culture est radicalement commune et populaire. Ce n'est pas une thèse de bistrot, c'est le pari que l'on voudrait tenir, sans illusion sur les obstacles à venir.
Vous trouverez des infos sur nos activités ici : www.univ-conventionnelle.com
Coups de main bienvenus !
Ledup
PS. L'auteur demandait de signaler ses coquilles, il me semble que parlant du machisme, il voulait dire « Ségolène Royal et Simone Veil » et non Simone Weil, immense philosophe française dont on célèbre le centenaire cette année. Du coup, je renvoie à ce texte éclairant de sa plumme sur la crise économique : http://www.univ-conventionnelle.com/Quelques-meditations-concernant-l-ec…
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 17H18 | 25/03/2009 |
Oui Mouloud, j'ai pensé la même chose mardi sur F.Inter, je n'ai pas vu le film, mais j'avais des préjugés sur I.Adjani (la star, la chieuse, et en plus, comme chacun de nous, vieillissante…)
J'ai beaucoup apprécié son propos, direct, sans effets spéciaux, et tant pis si les mots n'étaient pas « grammaticalement corrects » : ils étaient « justes » !
Enfin une approche lucide de la banlieue, loin du discours « victimisateur » des uns, « racailleux » des autres et de la « ségrégation positive » de certains.
Bravo Mouloud, et surtout : bravo Isabelle pour ton retour, + belle que jamais !
Par contre, elle n'a rien à faire dans un ministère ou au Chateau où elle serait, comme tant d'autres, récupérée et mise ensuite au placard…
De PIT LE CHIEN
17H21 | 25/03/2009 |
Il n'est pas très grave de ne pas avoir vu ce film. Lilenfield est toujours aussi mauvais réalisateur et son actrice également insupportable. IN RE GAR DA BLE, ce « film » !
De lorientois
17H25 | 25/03/2009 |
Comme beaucoup j ai apprecié ce film que j ai trouvé tres realiste en nous montrant des etres tres touchés, abimés , contrastés , réels .Sans peur de toucher , de troubler , de jetter le doute sur des idees binaires qui circulent sans fondement alors que rien n est simple , le realisateur nous permet d ouvrir les yeux sur la realité de cette jeunesse multiple qui sera la france de demain …
De brise marine
portier de nuit | 17H32 | 25/03/2009 |
L'acculturation joue dans les 2 sens :
il y a interpénétration entre la socièté émettrice de codes et ceux et celles qui les percoivent avec 1 formatage culturel familial et/ou autre.
Il y a ce que l'on pourrait appeler 1 détournement du sportwear en tenue urbaine quotidienne.Comme le fut le jean,originellement 1 vétement de travail,appellé « le bleu » ici.
Pareil pour le tag il y a 1 quarantaine d'année du côté d'East Village exprimait 1 visibilité individuelle ou de bandes des laissés pour compte du systéme de valeurs mainstream et devint 1 art dit contextuel.
Quant au film,il souligne surtout l'obstination du refus des codes vestimentaires dits féminins au nom d » 1 morale considérèe comme archaïque sous nos latittudes.
A quand le port du kilt pour tous ?
De kaiser78
34 ans, région parisienne | 17H41 | 25/03/2009 |
Bonjour,
J'ai vu le film sur ARTE. Je suis atterré par ce que j'ai vu…encore pire que le film « entre les murs ». Vous me direz, ce n'est qu'un film ? ! Oui, mais très proche de la réalité. J'ai vécu en banlieue et j'étais au collège à Vitry sur seine. Nous étions déjà « dur ». Je n'en suis pas fier. Mais jamais je n'ai traité une prof de pute. Nous la faisions « tourner en bourrique » mais sans aller au delà.
Aller aujourd'hui dans les lycées et collèges et vous verrez… la ligne blanche est franchie depuis longtemps…
Et je ne vois pas ça de ma fenêtre : j'ai des amis dans l'éducation nationale.
Jusqu'où irons nous ? …
De jabier
consultant dans les Landes | 17H46 | 25/03/2009 |
« L'acculturation » C'est un terme qui désigne l'évolution d'une culture au contact d'une autre. En un sens : le phénomène d'osmose entre deux cultures.
Je ne suis pas sur qu'Isabelle Adjani ai voulu employer ce terme en y rajoutant une syllabe. Elle était loin de la réalité en employant ce néologisme. Elle voulait exprimer exactement le contraire : les incultures des élèves, autant celles de leurs origines que de celle dans la quelle ils baignent..
De Deborah
18H00 | 25/03/2009 |
Ce n'est pas Arte qui va porter haut, désormais, les couleurs de la culture. Désormais, la culture n'étant même plus de masse, mais plutôt massifiée, c'est PPDA qui va devenir le pape de ladite sur ARTE. Oui, il y a de quoi jeter sa télé. par la fenêtre.
à Deborah
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 19H00 | 25/03/2009 |
Deux possibilités s'offrent à toi : tu la laisses crever à petit feu, comme Mouloud Akkouche, ou tu la fous à la benne, comme moi.
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 20H48 | 25/03/2009 |
Je ne sais pas pourquoi, l'image de centaines de télé tombant de barres d'immeubles pour s'écraser sur le pavé est quelque chose qui me procure un plaisir proche de l'orgasme….
De Lephauste
hautetfort.humeurnoirte.fr | 18H00 | 25/03/2009 |
Vous faites causer Mouloud ce qui signifie que l'article vaut son pesant de salive. Je ne participerais pas au débat enflammé sur l'hypothétique sens qu'il faut donner à la culture et à ce qu'elle représente en termes de liens et de modes de reconnaissance sociaux. Un mot seulement pour vous saluer et pour rappeler que sous ce parapluie pour jour de sècheresse, la culture, se cachent bien des guenilles consommables, des ready-made montés en épingle à chevaux (Duchamp de courses n'est-il pas sensé avoir tué l'art avec ses chiottes ? Que nenni, l'objet est soumis à conservation jalouse et vaut son prix sur la marché de la prostitution cultuelle.). Et puis tout de même se tourner vers la culture quand tout le reste a disparu c'est un peu comme s'accrocher à un courant d'air quand la tempête menace de ne pas se lever.
Jamais les artistes n'ont rien fait d'efficace pour ce triste monde. Jamais la culture n'a empêché les holocaustes et je suis bien d'accord avec Adorno quand il déclare que toute poésie est impossible après le massacre. Et pourtant merdre !
à Lephauste
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 18H57 | 25/03/2009 |
Merdre est un mot inventé par un artiste – Alfred Jarry – et toi tu es un con.
Les oiseaux ne font rien d'efficace pour ce triste monde, sinon pondre des œufs et chanter.
Retranche les oiseaux du monde et va mourir !