A debattre 24/03/2009 à 21h00

Sarkozy contre les parachutes dorés... comme en 2007



Le gouvernement était sous pression après les affaires successives des stock-options du président de la Société générale et du parachute doré du PDG de Valeo. Nicolas Sarkozy était donc attendu au tournant, lors de son discours ce mardi soir à Saint-Quentin.

Pour sa sixième intervention publique depuis le début de la crise, le Président a d'abord enfilé les attaques sur le sujet :

« Je voudrais que chacun me comprenne : il ne peut pas y avoir d'économie sans morale. (...) J'accuse ceux qui se comportent ainsi, non seulement de se comporter de façon malhonnête, mais de détruire les fondamentaux qui ont fondé la société qui est la nôtre. »

Avant d'annoncer ce qu'il souhaite voir concrètement mis en place :

« Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés, il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel. »

Seul le calendrier a été précisé

Le même souhait, pratiquement mot pour mot, que lors de l'allocution présidentielle du 18 février, au soir de la rencontre avec les organisations syndicales :

« Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s'engager à renoncer à leurs bonus. »

Seul le calendrier a en fait été précisé, ce mardi, avec un coup de griffe, au passage, en direction du patronat :

« J'ai demandé aux partenaires sociaux de se saisir du sujet, j'ai vu que l'enthousiasme était mitigé, alors j'appelle à une évolution des mentalités. Si rien n'est fait d'ici le mois de juin, je prendrai mes responsabilités et, dès l'automne, le gouvernement déposera un projet de loi. »

Une annonce qui, si elle aboutit à une loi, pourrait ravir le PS. Réunis ce jour en bureau national, les socialistes ont réclamé de nouveau une loi sur les stock-options, les bonus et les parachutes dorés, dans un communiqué :

« Il ne suffit pas de dénoncer les stock-options injustifiés, les bonus démesurés et les parachutes dorés. Une loi s'impose, comme le demandent et le proposent sans attendre, les socialistes. »

Un Président « cohérent »

L'espoir d'une loi prochaine doit toutefois être très largement tempéré. Le gouvernement peut accepter un accord du Medef avant l'été, et surtout le même Nicolas Sarkozy promettait déjà un tel texte lors de la campagne présidentielle, dès les premières semaines du quinquennat :

« Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes. » (Réunion publique Marseille, le 19 avril 2007)

« L'avantage de certains métiers, c'est que la cohérence ne fait pas partie de l'éthique », a aussi déclaré Nicolas Sarkozy à l'attention des journalistes, depuis Saint-Quentin. Cohérent, lui l'est : il promet toujours sans la faire, depuis près deux ans, une loi contre les parachutes dorés.

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  • elisa33
    • Posté à 00h14 le 25/03/2009

    Sarkosphère : ces milliards de Suez-GDF qui ne font pas parler d'eux . Tandis que Matignon et l'Elysée débattent du cas Total, de ses profits records (14 milliards d'euros), de l'usage qu'il conviendrait de faire de cette manne, et de la « responsabilité morale de l'entreprise » au moins en temps de crise, une autre « belle » entreprise affiche un profil voisin - soit des bénéfice records et une mise à la diète des salariés- mais curieusement paraît elle échapper à tout débat et polémiques.

    Comme Total, en effet l'année 2008 a été celle des records pour le groupe issu de la fusion entre GDF et Suez.

    Dopé par la vente de plusieurs actifs ( 2 milliards d'euros de plus-values,) le groupe a engrangé au total 6,5 milliards de bénéfices, soit une progression de 13 %.
    Une pluie de dividendes Mais en attendant la baisse, c'est une pluie de dividendes qui va donc s'abattre sur les actionnaires. Parmi eux un actionnaire joue un rôle déterminant au sein du capital de GDF Suez : le baron Albert Frère. Lequel est comme chacun sait de longue date une relation très proche de Nicolas Sarkozy.

    Au total, les actionnaires toucheront donc 4,8 milliards d'euros de dividende, soit 74 % des profits. Ceci alors même que le Président Nicolas Sarkozy s'échine à convaincre les patrons qu'il conviendrait que les entreprises limitent leurs versements à un tiers.

    Les salariés à la diète
    Dans le même temps les salariés auront bénéficié d'une augmentation de 2,2% en 2008 alors que l'inflation était de 2,8%. Pour 2009 –crise oblige ! - , la direction ne proposerait pas plus de 0,2%, selon la CGT. Les salariés vont devoir également encaisser un plan d'économie de 1,8 milliard d'euros d'ici à 2011. « Nous redoutons que ce plan, baptisé Efficio ( sic) , entraîne des suppressions de postes dans le groupe », s'inquiète Martine Feuillerat, secrétaire du comité d'entreprise européen de GDF...
    extrait de l'article des
    Confidentiels de
    Lien

  • Xavier Denamur
    Xavier Denamur
    Restaurateur
    • Posté à 01h44 le 25/03/2009
    • Internaute
      Restaurateur

    « Je voudrais que chacun me comprenne : il ne peut pas y avoir d'économie sans morale. »
    Est-ce que cette belle maxime concerne aussi la politique, Monsieur le Président ?

    « Les dirigeants des entreprises qui recourent au chômage partiel ou au licenciement économique devront s'engager à renoncer à leurs bonus. »
    Et tous ceux qui profitent des aides de l'Etat depuis années pour payer leurs salariés au lance pierres, pourront-ils continuer à toucher leurs bonus, Monsieur le Président ?

    « L'avantage de certains métiers, c'est que la cohérence ne fait pas partie de l'éthique »
    Comme vous nous avez habitué à une certaine manière de parler de votre métier, êtes-vous sûr que les français vont bien vous comprendre, Monsieur le Président ?

  • MLPR
    • Posté à 02h59 le 25/03/2009

    Lui qui est si prompt à faire voter des lois pour la moindre broutille, qu'attend-t-il sur ce cas précis ....
     » il ne peut pas y avoir d'économie sans morale « “J'accuse ceux qui se comportent ainsi ‘ ... de la poudre aux yeux et des parlotes ...
    Il n'est pas question qu'il fâche ses petits copains, il a besoin d'eux pour le soutenir.
    Prendre ses responsabilités en Juin et projet de loi à l'automne, quelle vélocité !
    D'ici là cela continuera ...
    Au fait, en comparaison, ma retraite au 31 Décembre 2008, m'a rapporté 180 €, soit 15 € par mois. Je ne suis pas à plaindre mais je pense à ceux qui en ont eu beaucoup moins.
    3 millions ça me révolte !

  • gelu42
    • Posté à 06h29 le 25/03/2009

    Le problème c'est qu'il n'est pas le mieux placé pour donner des leçons de morale. Lui qui a montré à plusieurs reprises et jusque la semaine dernière au mexique qu'il aimait le luxe et en même temps il était incapable d'assumer seul ses dépenses somptuaires. Ce n'est donc pas l'homme de la situation pour moraliser le capitalisme

  • Kereven
    • Posté à 08h57 le 25/03/2009

    Je l'ai trouvé formidable à Saint-Quentin.
    Je n'ai jamais autant rigolé devant un discours politique. Nous faire le coup du capitalisme honnête, après ses vacances au Mexique payé par un narcotrafiquant, ses rolex et tout le bling bling qui va avec, j'ai trouvé qu'il fallait le faire. Coluche à côté il est ringard.
    Là, c'était grandiose.
    J'ai surtout apprécié la syntaxe présidentielle, qui fut une merveille littéraire.
    Et cette proposition de moraliser le capitalisme au G20, je lui fais toute confiance sur le sujet, lui qui a si bien su moraliser la vie politique et économique française.
    Au début, je me suis dit, tiens un discours du tout petit timonier, n'ouvrons pas la presse, ça ne sert à rien, ce ne sera que blablas et inepties, mais grâce au matraquage de France_Info, je n'ai pas échappé à la version sonore. Et manger mes pâtes en écoutant le débit saccadé présidentiel, les applaudissements spontanés de la salle (je me suis même demandé s'il y avait un gus avec un panneau « applaudissez » comme sur TF1 qui passait sur scène) et cette rhétorique si consciente du malaise français m'a fait franchement plaisir. Je trouve qu'on ne goûte pas assez son plaisir à écouter cet homme.
    Evidemment, il y a le rabat-joie qui pense qu'il devrait faire quelque chose, mais il n'a pas été élu pour faire, mais pour détruire.
    Maintenant, au prochain passage, j'écoute tout le discours. Je l'imaginais, compatissant nous dire :
    « Engranger des bonus gigantesques quant on plante sa boite, c'est quoi ? C'est pas honnête, c'est pas moral ! - Applaudissement de la salle qui, pourtant aimerait bien faire cela - Engranger des bonus quand on reçoit l'aide de l'Etat, c'est quoi ? C'est pas moral c'est pas honnête ! (Là ça se complique, dans le discours présidentiel, parce qu'il inverse les conséquences pour nous montrer à quel point ce n'est pas bien). Nouveaux applaudissements de la salle.... »
    Comme dirait Ballamou : « Je vous demande d'arrêter » !
    Enfin conclure par : il faut que le prochain sommet du G20 moralise le capitalisme, ça c'est du concret, du réel.
    Et puis il y a cette proposition de loi, dont nous sommes tous certains qu'elle va entrer très vite en vigueur et qui consiste à réguler la rémunération des patrons. Là encore, c'est du concret, du réel.
    Pour calmer le peuple, le président l'a bien compris, il faut du pain et des jeux. Bon, on a pas le pain, mais avec lui on a le je(u). C'est déjà ça.

  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 09h31 le 25/03/2009
    • Internaute
      Informaticien dans le Lot

    Egalement dans les propositions du candidat Sarkozy début 2007 ! !

    « Je veux dire au grand patron dont la gestion est un échec, et qui négocie une prime d'éviction en forme de parachute en or, qu'il est légitime que la réussite paye, mais qu'il est scandaleux que l'échec enrichisse (…). La moindre des choses, c'est que les dirigeants des grands groupes cotés assument leur rémunération devant leurs salariés, leurs actionnaires, et que, par conséquent, la rémunération de chaque dirigeant ne soit pas secrètement fixée dans le huis-clos du conseil d'administration, mais publiquement approuvée pour chacun d'entre eux par l'assemblée générale des actionnaires et, bien sûr, publiée nominativement dans le rapport annuel. Je propose qu'il en soit de même pour toutes les primes exceptionnelles, les parachutes et les retraites chapeau »

    2007... c'est déjà loin, il n'a jamais rien fait à ce sujet et l'on peut affirmer que si nous n'étions pas au coeur de la « Crise », il ne se serait jamais indigné comme il feint de le faire maintenant sur les « Golden Parachutes » ! !

    Il continue d'être à vomir !