Revue de web 24/03/2009 à 02h48

La Société Générale vante ses stock-options en ligne

François Krug | Journaliste Rue89

Vous ne comprenez rien à cette histoire de stock-options à la Société Générale ? Faites un petit tour sur stockoptions.fr. Ce « site de référence » a été lancé par la Société Générale elle-même, avant la crise financière. Aujourd'hui, son optimisme devient comique.


Le site stockoptions.fr

Souvenez-vous. En 2006, vous n'aviez entendu parler ni des subprimes, ni de Jérôme Kerviel. Mais vous rêviez peut-être, comme beaucoup de salariés, que votre patron vous offre des stock-options.

Quelques années plus tard, vous auriez ainsi pu acheter des actions de votre entreprise à leur prix de 2006. Vous les auriez ensuite revendues avec une jolie plus-value, puisque la Bourse ne pouvait que grimper.

C'est pour conseiller les salariés-investisseurs que la Société Générale a lancé, cette année-là, stockoptions.fr. « Le site de référence » est toujours en activité. Mais la crise des subprimes et Jérôme Kerviel sont passés par là.

Et les stock-options ne sont plus considérées comme une forme innovante de rémunération, mais comme un symbole d'un capitalisme sans morale. Sous la pression politique et médiatique, les dirigeants de la Société Générale ont finalement renoncé à celles qu'ils venaient de s'octroyer.

Des avatars fans de stock-options

Eva et William l'ignorent sans doute. Sur stockoptions.fr, ces « agents conversationnels », des personnages virtuels capables de discuter avec l'internaute, n'ont rien perdu de leur confiance en l'avenir.

Eva a 40 ans et « deux plans d'options lui ont permis de réaliser plus vite ses projets immobiliers » : le premier lui a offert une maison de campagne, et le second, une piscine. William, 50 ans, « trois plans à son actif et une solide expérience de l'optimisation des stock-options » :

« J'ai pu acquérir ma première voiture de collection, mais rassurez-vous, vous n'êtes pas obligé d'aimer les vieilles guimbardes pour me suivre. »

En le suivant sur le site, vous pourrez découvrir « le B.A.-Ba des stock-options » en vidéo et bénéficier de conseils fiscaux. Un simulateur vous permettra d'évaluer vos gains futurs.

Des conseillers du « pôle experts » de la banque pourront également vous renseigner au téléphone. (Ecouter le son)

Audio file

societegenerale

Le conseil d'administration de la Société Générale a peut-être utilisé ce simulateur avant d'accorder des stock-options à Daniel Bouton et Frédéric Oudéa. Le premier, président de la banque, en a reçu 70 000. Et le second, directeur général, 150 000.

« Ils sont extrêmement professionnels »

Selon Les Echos, le « cours d'exercice » de ces stock-options était de 24,45 euros. Le « cours d'exercice », c'est le prix auquel le détenteur des options pourra les transformer en actions, trois ans plus tard.

Signe de la crise : il y a un an, le cours des précédentes stock-options de la Société Générale s'élevait à 67,08 euros. Daniel Bouton et Frédéric Oudéa n'auraient pas pour autant fait une mauvaise affaire.

Le « cours d'exercice » a été fixé en fonction du cours de l'action Société Générale ces dernières semaines, pas très élevé. Mais le titre a progressé ces derniers jours, finissant la séance à 31,40 euros ce lundi.

Les stock-options auraient pu être « exercées » (rachetées) en 2012. A cette date, la valeur de l'action Société Générale aura sans doute augmenté. En partie, grâce à l'Etat et à ses aides financières aux banques frappées par la crise.

Eva, le personnage virtuel de stockoptions.fr, n'a donc peut-être pas tort de vanter ainsi les mérites de la Société Générale :

« Vous verrez, ils sont extrêmement professionnels. »

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  • yalienx
    • Posté à 10h07 le 24/03/2009
    • Internaute

    Je trouve ce système de stock-options formidable et j'espère qu'il sera généralisé. Le problème, aujourd'hui, est que seuls les cadres dirigeants bénéficient de stock-options dans la majorité des entreprises. Pourtant, c'est un outil de rémunération complémentaire qui pourrait être utilisé pour un très grand nombre de salariés. Surtout, c'est un outil sans risque : on n'exerce l'option que si le cours de l'action a monté (ce qui sur le moyen terme est en principe toujours le cas, sauf crise exceptionnelle comme celle que nous vivons en ce moment, mais qui aura une fin).

    Je connais une entreprise (pas la mienne malheureusement) dans lesquelles les salariés ont presque tous bénéficié de stock-options. Ceux qui n'en ont pas sont ceux qui les ont refusé (mais tous s'en sont vu proposer). Bien entendu, les montants sont plus importants pour les cadres sup » que pour les secrétaires, mais tous ont pu en bénéficier quand même. Et je peux vous dire que c'est très intéressant. Sur les opérations d'avant la crise, certains ont fait de belles plus-values. Aujourd'hui, ce n'est sans doute pas le bon moment, mais d'ici 2 ou 3 ans, je pense qu'ils vont encore se réjouir de cette situation.

    Bref, tout ça pour dire qu'il ne faut pas condamner les stock-options, mais essayer de faire en sorte que ce mécanisme se développe dans les entreprises et puisse profiter à un maximum de salariés.

  • Patate
    Patate répond à yalienx
    • Posté à 11h52 le 24/03/2009
    • Internaute

    Le cours de l'action d'une entreprise monte quand elle licencie. Un salarié qui accepte les stock-options est un schizophrène ! Il privilégie la spéculation sur la marche réelle de l'entreprise. La spéculation se moque de la marche de l'entreprise.

    Ah j'oubliais, quand vous êtes viré, vous perdez vos stock-options ! Cela me rappelle les pratiques chinoises qui consiste à payer une partie du salaire maintenant et une partie dans un an. La plupart ne touchent pas la seconde partie, car ils n'ont pas supporté leurs conditions de travail pendant un an !

  • toots
    toots répond à Patate
    • Posté à 11h59 le 24/03/2009

    Sans compter aussi que si l'action baisse, le salarié n'a même pas le fruit de son travail, puisque le montant attribué s'est dévalué.

    Les stocks options sont une illusion de richesse, tout comme le boursicotage. La seule rémunération valable c'est un salaire.

  • michel 13
    michel 13 répond à yalienx
    • Posté à 13h38 le 24/03/2009
    • Internaute

    Il vaut mieux négocier des augmentations de salaires et en profiter immédiatement plutôt que de tirer des plans sur la cométe avec des stock-options qui du jour au lendemain risquent de ne plus rien valoir, sans négliger le risque de se faire virer de sa boite, et de tout perdre. Dans tous les cas c'est les principaux cadres de la boite qui en profitent, et on amuse les salariés en leur donnant quelques miettes pour les faire taire. NON aux stock-options,ils doivent être supprimés.

  • ricasse
    ricasse répond à yalienx
    Etudiant
    • Posté à 14h32 le 24/03/2009
    • Internaute
      Etudiant

    Là où j'ai du mal quand même, c'est que si on donne des stocks options à tous les employés du monde, ils les revendront à qui leurs stock-options avec plus-value ? Faut quand même que l'argent des plus-value vienne de quelque part. Ou alors ils gardent leur stock-options et en regardent le cours comme un concon de milliardaire regarde son compte en banque tous les jours ?