La Société Générale vante ses stock-options en ligne
Vous ne comprenez rien à cette histoire de stock-options à la Société Générale ? Faites un petit tour sur stockoptions.fr. Ce « site de référence » a été lancé par la Société Générale elle-même, avant la crise financière. Aujourd'hui, son optimisme devient comique.
Souvenez-vous. En 2006, vous n'aviez entendu parler ni des subprimes, ni de Jérôme Kerviel. Mais vous rêviez peut-être, comme beaucoup de salariés, que votre patron vous offre des stock-options.
Quelques années plus tard, vous auriez ainsi pu acheter des actions de votre entreprise à leur prix de 2006. Vous les auriez ensuite revendues avec une jolie plus-value, puisque la Bourse ne pouvait que grimper.
C'est pour conseiller les salariés-investisseurs que la Société Générale a lancé, cette année-là, stockoptions.fr. « Le site de référence » est toujours en activité. Mais la crise des subprimes et Jérôme Kerviel sont passés par là.
Et les stock-options ne sont plus considérées comme une forme innovante de rémunération, mais comme un symbole d'un capitalisme sans morale. Sous la pression politique et médiatique, les dirigeants de la Société Générale ont finalement renoncé à celles qu'ils venaient de s'octroyer.
Des avatars fans de stock-options
Eva et William l'ignorent sans doute. Sur stockoptions.fr, ces « agents conversationnels », des personnages virtuels capables de discuter avec l'internaute, n'ont rien perdu de leur confiance en l'avenir.
Eva a 40 ans et « deux plans d'options lui ont permis de réaliser plus vite ses projets immobiliers » : le premier lui a offert une maison de campagne, et le second, une piscine. William, 50 ans, « trois plans à son actif et une solide expérience de l'optimisation des stock-options » :
« J'ai pu acquérir ma première voiture de collection, mais rassurez-vous, vous n'êtes pas obligé d'aimer les vieilles guimbardes pour me suivre. »
En le suivant sur le site, vous pourrez découvrir « le B.A.-Ba des stock-options » en vidéo et bénéficier de conseils fiscaux. Un simulateur vous permettra d'évaluer vos gains futurs.
Des conseillers du « pôle experts » de la banque pourront également vous renseigner au téléphone. (Ecouter le son)
Le conseil d'administration de la Société Générale a peut-être utilisé ce simulateur avant d'accorder des stock-options à Daniel Bouton et Frédéric Oudéa. Le premier, président de la banque, en a reçu 70 000. Et le second, directeur général, 150 000.
« Ils sont extrêmement professionnels »
Selon Les Echos, le « cours d'exercice » de ces stock-options était de 24,45 euros. Le « cours d'exercice », c'est le prix auquel le détenteur des options pourra les transformer en actions, trois ans plus tard.
Signe de la crise : il y a un an, le cours des précédentes stock-options de la Société Générale s'élevait à 67,08 euros. Daniel Bouton et Frédéric Oudéa n'auraient pas pour autant fait une mauvaise affaire.
Le « cours d'exercice » a été fixé en fonction du cours de l'action Société Générale ces dernières semaines, pas très élevé. Mais le titre a progressé ces derniers jours, finissant la séance à 31,40 euros ce lundi.
Les stock-options auraient pu être « exercées » (rachetées) en 2012. A cette date, la valeur de l'action Société Générale aura sans doute augmenté. En partie, grâce à l'Etat et à ses aides financières aux banques frappées par la crise.
Eva, le personnage virtuel de stockoptions.fr, n'a donc peut-être pas tort de vanter ainsi les mérites de la Société Générale :
« Vous verrez, ils sont extrêmement professionnels. »
- Sur stockoptions.frLe site Stockoptions.fr de la Société Générale
- Sur wikipedia.orgLes stock-options expliquées sur Wikipedia
- Sur rue89.comTous nos articles sur la Société Générale
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Je trouve ce système de stock-options formidable et j'espère qu'il sera généralisé. Le problème, aujourd'hui, est que seuls les cadres dirigeants bénéficient de stock-options dans la majorité des entreprises. Pourtant, c'est un outil de rémunération complémentaire qui pourrait être utilisé pour un très grand nombre de salariés. Surtout, c'est un outil sans risque : on n'exerce l'option que si le cours de l'action a monté (ce qui sur le moyen terme est en principe toujours le cas, sauf crise exceptionnelle comme celle que nous vivons en ce moment, mais qui aura une fin).
Je connais une entreprise (pas la mienne malheureusement) dans lesquelles les salariés ont presque tous bénéficié de stock-options. Ceux qui n'en ont pas sont ceux qui les ont refusé (mais tous s'en sont vu proposer). Bien entendu, les montants sont plus importants pour les cadres sup » que pour les secrétaires, mais tous ont pu en bénéficier quand même. Et je peux vous dire que c'est très intéressant. Sur les opérations d'avant la crise, certains ont fait de belles plus-values. Aujourd'hui, ce n'est sans doute pas le bon moment, mais d'ici 2 ou 3 ans, je pense qu'ils vont encore se réjouir de cette situation.
Bref, tout ça pour dire qu'il ne faut pas condamner les stock-options, mais essayer de faire en sorte que ce mécanisme se développe dans les entreprises et puisse profiter à un maximum de salariés.




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