A la une 21/03/2009 à 12h07

Wendel : qui veut la peau du cousin Seillière ?

Guillemette Faure | Journaliste


Seillière devant les actionnaires de Wendell, le 9 juin 2008 (Benoir Tessier/Reuters)

Drôle de « séminaire de renforcement de la cohésion familiale » vendredi chez les Wendel. Trois jours avant, dans un courrier, des actionnaires familiaux demandaient le départ de « l’équipe dirigeante de Wendel », dont le Conseil de surveillance est présidé par le chef du patronat européen Ernest-Antoine Seillière et le directoire par Jean-Bernard Lafonta.

Par un courrier du 26 janvier, les actionnaires familiaux de la SLPS, Société Lorraine de Participations Sidérurgiques, la société qui rassemble les 950 descendants du maître des Forges François de Wendel et détient 35% du groupe Wendel, étaient conviés à participer à un séminaire de « cohésion familiale » le 20 mars.

L’invitation était signée de François de Wendel, président du Conseil d’administration de la SLPS et de Priscilla de Moustier, « Commission Cohésion familiale ».

Même si Priscilla de Moustier, descendante Wendel et chargée de la Chaire sur les entreprises familiales à l’Insead, assure que ce séminaire était prévu de longue date, le thème de la cohésion familiale semble particulièrement d’actualité chez les Wendel.

En juin 2008, sa cousine Sophie Boegner, administratrice de la société familiale, a déposé une plainte contre X pour « abus de biens sociaux et recel » dénonçant un montage financier complexe grâce auquel le management de Wendel a mis la main sur des titres représentant 324 millions d’euros, dont 79 millions pour le cousin Ernest-Antoine Seillière.

Quelques jours plus tard, les actionnaires familiaux votaient la révocation de Sophie Boegner de son poste d’administratrice et Seillière et Lafonta l’attaquaient en justice pour diffamation et dénonciation calomnieuse.

Qui fait partie de « l’équipe dirigeante » ?

L’affaire ébranle une partie de la famille. La confiance, admet-on, avait déjà été entamée par l’endettement lié à l’entrée à 21% de Wendel dans Saint-Gobain, et l’effondrement de l’action Wendel de 145 à 18 euros. Les accusations de Sophie Boegner ont attiré l’attention sur un fonctionnement opaque et sur le plan d’intéressement des dirigeants.

Le 3 mars, un groupe d’une quarantaine d’actionnaires familiaux se réunissent chez un de leurs cousins, Nicolas de Schonen. Ils décident d’adresser à François de Wendel une lettre lui demandant que l’assemblée générale de la SLPS se tienne au moins un mois avant celle de Wendel et qu’y soit proposé le vote à bulletin secret d’une résolution donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer l’équipe dirigeante de Wendel.

Au sein du groupe, si l’on s’accorde sur le souhait d’une nouvelle gouvernance, tout le monde n’est pas d’accord sur l’envergure du changement de management attendu. Autrement dit, le départ de Jean-Bernard Lafonta, d’accord. On lui reproche d’avoir développé le capitalisme financier, les LBO, l’endettement du groupe (et accessoirement d’être le premier dirigeant Wendel à ne pas être de la famille). Mais le cousin Ernest-Antoine Seillière ?

Pour obtenir un consensus, la lettre, qu’Eco89 s’est procurée, choisit un terme un peu flou et demande le renouvellement de « l’équipe dirigeante » :

« Au vu de la situation financière préoccupante du groupe qui met en péril la préservation des intérêts patrimoniaux de notre famille et du manque de transparence ressenti par un grand nombre d’entre nous » commence le courrier qui demande le vote d’une résolution « donnant mandat au conseil d’administration de faire remplacer le plus rapidement possible l’équipe dirigeante de Wendel par des gestionnaires à même de représenter les valeurs familiales ».

Un séminaire comme si de rien n’était

La lettre est signée de plus de 40 actionnaires familiaux dont les noms sont accompagnés du nombre d’actions qu’ils représentent. François de Wendel est averti de son envoi.

Qu’allait devenir la réunion de cohésion familiale ? Alors que l’invitation demandait de s’inscrire avant le 12 février pour que soit communiqué le lieu de la réunion, en début de semaine, les actionnaires familiaux n’étaient toujours pas sûrs qu’elle ait lieu. Un courrier de confirmation est parvenu aux 150 inscrits seulement quatre jours avant la tenue du séminaire.

Après un discours sur l’histoire de la famille, les participants ont été dispersés en ateliers. Ernest-Antoine Seillière a participé à la table ronde consacrée aux « droits et devoirs de l’actionnaire ». Pas un mot pendant la soirée sur la lettre réclamant le départ des dirigeants. « Quand on veut empêcher les gens d’en parler, on ne s’y prend pas autrement », plaisante un cousin.

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  • hedona
    hedona répond à Lairderien
    retraitée
    • Posté à 21h47 le 21/03/2009
    • Internaute 49346
      retraitée

    Un peu plus sur les Wendel : ils sont les héritiers de Jean-Martin Wendel, originaire d’Allemagne, qui acheta en 1704 les forges d’Hayange. A la veille de la guerre de 1870, le fils de François, Charles est devenu alors le principal concurrent d’Eugène Schneider, le roi du Creuso. Le traité franco-allemand, laissa Hayange et Stiring, les acieries du groupe Wendel en territoire allemand. Wendel a changé plusieurs fois de noms depuis 1871.

    Après avoir perdu 60 % de leur fortune dans l’opération Saint-Gobain, après l’effondrement du CAC 40, les Wendel ont du vendre leurs actifs pétroliers en mer du Nord pour renflouer leurs caisses.

    Heureusement, que la roue tourne de temps en temps pour les FATS 40.

  • Lairderien
    Lairderien répond à hedona
    • Posté à 23h23 le 21/03/2009
    • Internaute 22751

    Ils ne sont pas allemands d’origine, mais flamands ! ! !

    Et leur société sidérurgique principale s’est appelé De Wendel et Cie jusque 1968, ou elle est devnue Wendel-Sidélor après la fusion des trois sidérurgistes locaux en Lorraine. La Holding familiale tournait à cette époque autour de la société des Petits Fils de François de Wendel ! ! !
    Parallèlement a ensuite été créé une filiale : Sacilor .....à Gandrange ! ! !

    Ensuite Wendel-Sidélor est devenue Sacilor, puis l’ensemble de la sidérurgie nationalisée de l’Est (Sacilor) a été réunie avec la sidérurgie du nord (Usinor) pour devenir Usinor-Sacilor, puis Usinor et enfin après la fusion avec les espagnol d’Aceralia et le luxembourgeois Arbed : Arcelor, finalement racheté par l’indien Mittal.
    Mais a partir de Sacilor ce n’était plus la saga De Wendel.

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe répond à hedona
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 09h02 le 22/03/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Charles (le fils de François) a été le premier a porter la particule « de » Wendel.
    Quand les aciéries restèrent en territoire allemand, la société s’appela Les Petits Fils de François de Wendel en 1871. Elle comptait plus de 80 membres à la veille de la seconde guerre mondiale. Ils sont maintenant plus de 140.
    Parmi héritiers on trouve les familles : d’Harcourt, de Moustier, de la Tour du Pin, de Kergolay, de Mérode, de Lesquen, la Panouse, Curel, de Montalembert, de Poulpiquet, de l’Espée, de Polignac, de Tocqueville, Misoffe (père de Françoise de panafieu) Debré, François-Poncet (secrétaire général de l’Elysée sous Giscard) etc
    Tout le Bottin Mondin à defaut du Gotha.

    Après que l’Etat eut repris la sidérurgie dans les années 1970, ils ont investi leur fortune dans les bons coups des années 1980.

    La société Les Petits Fils devint Compagnie Générale d’Industrie et de Participations (CGIP) dont les membres sont maintenant regroupés au sein de la SLS qui contrôle Wendel Investissements.
    En 2001, la famille confie ses intérêts à JB Lafonta (un étranger, même pas une pièce rapportée). Il fait un montage de sous-holdings, permettant à 15 membres de la famille de se partager 324 millions d’euros après la vente d’Editis (une maison d’édition). Le baron empôchat 79 millions à lui seul (et Lafonta, un étranger à la famille pourtant, 34 millions) ...

    Après la mauvaise opération de St Gobain dont parle hedona plus haut, l’action Wendel est classée « action pourrie ». Le baron est donc débarqué par son cousin, François qui a mal supporté d’avoir perdu 60% de sa fortune dans l’opération.