« Comme prévu », écrivions nous jeudi soir, François Fillon a annoncé qu'il ne comptait rien changer à sa politique. Invité du 20 heures de TF1, alors que les manifestations monstres achevaient de se disperser, le Premier ministre a rejeté l'idée d'un nouveau plan de relance. A le relire, ce « comme prévu » a quelque chose d'indécent, un peu comme si on écrivait : comme prévu, le pouvoir actuel n'entend pas son peuple.

Voilà un Premier ministre qui prend soin de s'inviter au JT, au terme d'une journée socialement historique, pour s'adresser aux Français et leur dire… je n'ai rien à vous dire.
Le « non » de Fillon relève de la surdité. Que réclamaient les millions de manifestants, soutenus par les trois quarts des Français ? Une politique différente. La fin d'absurdités sans queue ni tête comme le maintien du bouclier fiscal, la défiscalisation des heures supplémentaires (c'est l'emploi qu'il faut soutenir, pas les réductions d'emploi) ou encore la baisse de la TVA pour la restauration, cet énorme cadeau aux propriétaires de restaurants et aux touristes, plus important encore que l'enveloppe du RSA (Revenu de solidarité active).
Le « non » de Fillon relève de l'aveuglement. Depuis le début de cette crise, le gouvernement refuse d'en mesurer l'ampleur. L'Insee diagnostique, dans ses dernières prévisions, la récession la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. Fin juin, le PIB aura reculé de 2,9 % !
Pendant ce temps, le gouvernement continue de tabler sur un recul de l'activité limité à 1,5% sur l'année 2009. Pour arriver à ce chiffre, il faudrait une croissance de 1,9 % au troisième puis au quatrième trimestre ! Le chômage grimpe en flèche.
Le « non » de Fillon relève, enfin, de l'engourdissement. Ce gouvernement a la sensation d'agir, de rompre, d'être en mouvement, de sortir de la « pensée unique ». De quel mouvement parle-t-on ? Où en est, concrètement, le « plan de relance » du 4 février ? Encore dans les cartons. Où en est la coordination des relances européennes ? Dans la ouate.
« Les Etats-Unis n'en font pas assez pour combattre la crise et l'Europe en fait un peu moins de moitié moins », a constaté il y a quelques jours le prix Nobel d'économie Paul Krugman. Moitié moins ? Pour une comparaison édifiante et chiffrée des plans de relance européens et américains, lisez cet article de Guillaume Duval, dans Alternatives économiques : pas de quoi bomber le torse sur le vieux continent.




















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De Pierrrrre
11H16 | 20/03/2009 |
»….Le « non » de Fillon relève de la surdité….. »
► Ou de la nécessité
»….Que réclamaient les millions de manifestants, soutenus par les trois quarts des Français ? Une politique différente….. »
► Pour celà, il existe des élections, pas un défilé dans la rue
»….La fin d'absurdités sans queue ni tête comme le maintien du bouclier fiscal…. »
► Qui évite ainsi une trop grande fuite de grosses fortunes (il en part actuellement deux chaque jour, plus celles qui ne sont pas comptabillisées et préparent leur retraite.. hors de France.
être fiscalisé à plus de la moitié de ce qu'on gagne… faut relire lla fable de la poule aux oeufs d'or
»…. la défiscalisation des heures supplémentaires (c'est l'emploi qu'il faut soutenir, pas les réductions d'emploi)…. »
► Actuellement, baisse du travail, donc défiscalisation non appliquée,
mais cette mesure aidera énormément les entreprises dés les premiers soubressauts de relance, auquels elles pourront répondre rapidement avant d'embaucher vraiment (ce qu'elles ne feront pas par prudence et par difficutée à débaucher)
»…. ou encore la baisse de la TVA pour la restauration, cet énorme cadeau aux propriétaires de restaurants et aux touristes, plus important encore que l'enveloppe du RSA (Revenu de solidarité active)….. »
► faut savoir… ce sont ceux qui militent pour une baisse de la TVA qui gueulent quand le gouvernement le fait…
Ils sont pour une baisse qui permettrait de creuser nos déficits par hausse des importations, et contre quand l'argent reste dans le pays… on croit réver ! .. !
»….Le « non » de Fillon relève de l'aveuglement….. »
► la bonne vision des choses étant de faire marcher la planche à billets ! et de faire exploser la cohésion européenne autour de l'Euro.
»…. Depuis le début de cette crise, le gouvernement refuse d'en mesurer l'ampleur. L'Insee diagnostique, dans ses dernières prévisions, la récession la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. Fin juin, le PIB aura reculé de 2,9 % ! …. »
► Oui, et en été il fait chaud
»…..Pendant ce temps, le gouvernement continue de tabler sur un recul de l'activité limité à 1,5% sur l'année 2009. Pour arriver à ce chiffre, il faudrait une croissance de 1,9 % au troisième puis au quatrième trimestre ! Le chômage grimpe en flèche…… »
► Ben oui… c'est curieux , en pèriode de crise, tout va plus mal..
»…..Le « non » de Fillon relève, enfin, de l'engourdissement. …. »
► Vrai qu'on devrait bruler les mats du navire France, comme ça, le peuple aurait plus chaud.
De General Subverciòn
kouign aman délocalisé | 11H19 | 20/03/2009 |
En fait,ils ne sont pas aussi aveugles que ça.Ils savent parfaitement ce qu'ils font et ce qui se passe : ils passent en force parce qu'ils ont les commandes du pouvoir et de l'économie et qu'ils l'utilisent à leur profit…tout le reste,les justifications et autres explications méprisantes,c'est du pipeau pour noyer le poisson histoire de nous mettre devant le fait accompli….A la force seule la force peut répondre pour que ça change,tant qu'on n'aura pas compris ça,on devra les subir…reste à savoir si nôtre capacité de subir a ou non des limites…..
De r_v
11H27 | 20/03/2009 |
Tout ca me semble etre une des astuces habituelles de ce gvt. Je ne vois que deux fins possibles a cette histoire :
1 - Sarko fait le sauveur (genre je vous ai compris) et distribue une augmentation sur le smic de 0,5%, ou des miettes dans le genre ; là les patrons crient au scandale (genre « des conges payés, on veut tuer l'entreprise », ou encore « les 35 heures sont une aberration » ) pour la forme…
2 - Il cherche l'épreuve de force et veut mettre les chars dans la rue contre ces salauds de dangereux « anarco-gauchistes », genre place tien an men pour montrer qui est le plus fort.
C'est a nous de rester mobilisés, de continuer la lutte, d'aller plus loin dans celle-ci pour demander ce qu'on nous doit a tous : la redistribution des richesses, l'éducation, la dignité, l'égalité, la liberté…etc
De Tofraziel
Orwellien | 11H37 | 20/03/2009 |
Plus que l'aveuglement, c'est le mépris. Fillon, comme Bertrand ce matin à Canal, a bien insisté sur le fait qu'il y avait plus de gens qui ne manifestaient pas que de gens qui manifestaient ! Une rhétorique qu'un certain Alain Juppé avait déjà usité en 1995 (les Guignols avaient alors inventé le « Juppéthon »).
En gros, tant qu'il n'y aura pas 60 millions de Français dans la rue, le gouvernement estimera que les manifestations ne sont pas légitimes. C'est évidemment de l'arrogance, du mépris plus qu'un aveuglement. Ils savent parfaitement que les gens en ont assez, mais ils continuent à laisser Total s'engraisser outrageusement, la Société Générale verser des stock-options à ses dirigeants, et Parisot jeter aux orties son fameux code éthique.
N'oublions pas le dîner du Fouquet's et pour qui travaille vraiment cette majorité.
Tant qu'il n'y aura pas eu radicalisation, et peut-être malheureusement des drames encore plus violents que des licenciements, le gouvernement ne bougera pas et continuera à laisser certains patrons s'engraisser dans l'arrogance.
De MiniZinc
etudiant | 11H38 | 20/03/2009 |
A côté du « NON », on a le « YES WE CAN »….
Sacré gouvernement d'ouverture…. ! ! ! ! ! !
De Meinhof
Chef marketing | 11H57 | 20/03/2009 |
La démocratie sert à éviter les guerres civiles, la seule chose qui fait peur à nos gouvernants en général (droite comme gauche) c'est le dérapage vers une forme plus violente de la contestation.
Lorsque les instits manifestent, l'état s'en balance alors que si les étudiants sortent dans la rue le ministre fait marche arrière.
La raison ? L'état a peur des masses « imprévisibles » et n'ignore pas à quel point un mouvement étudiant peut glisser doucement vers des actions plus extrêmes (mai 68, quoi que l'on en dise reste gravé dans l'inconscient collectif.)
La Guadeloupe est également un bon exemple, le blocage total et des mouvements plus durs font forcément reculer le gouvernement.
Il est bien triste d'en arriver là mais si notre cher nabot présidentiel continue de snober le peuple qui l'a élu, la situation pourrait déraper.
Actuellement la plupart des médias évitent de trop parler des fermetures d'usines et de la grogne des ouvriers. On a beaucoup parlé de Continental mais durant la même période, quantité d'autres lieux ont annoncé des licenciements secs.
Le but est de ne pas attiser un feu déjà bien nourri par les provocations de nos dirigeants.
Les ouvriers sont excédés, certains ont joué le jeu du « travailler plus » pour finir dans le caniveau comme les autres, ils n'ont plus rien à perdre.
Faut il attendre qu'un patron de PME se fasse massacrer comme en Inde ou qu'une usine brûle pour que les revendications arrivent aux oreilles de l'état ? Si cela devait arriver, tout le monde serait perdant… Quelle connerie.
De Mougik
Loser imperturbable | 20H21 | 20/03/2009 |
Je sais pas pour vous, mais il me fait vraiment penser a Marie-Antoinette :
-« Le peuple n'a plus de pain ? qu'il prenne de la brioche ».
Bref un décalage toujours aussi complet melé d'autisme et de je m'en foutisme .
Haaaaa ca ira ca ira …
De Impasse
fonctionnaire | 22H15 | 20/03/2009 |
il est pas cool Fillon. il veut pas nous donner les sous. mais quels sous ? Ceux que nous empruntons en permanence à nos enfants. bon, on s'en fout on sera mort quand ils trimeront à payer nos dettes dans une France en faillite. pas grave !
De astral
artisan | 03H23 | 21/03/2009 |
Mon avis aussi est qu'une manifestation aussi forte qu'elle soit une fois de temps en temps n'est pas une bonne solution. Une grève et un blocage de tout le pays comme en 68 ou plus récemment 95 est la seule manière de faire bouger les choses. Comme beaucoup le font remarquer ici, les syndicats sont ce qu'ils sont, il faut passer au dessus de ces organisations, beaucoup parle de refonte du pouvoir, de la finance, etc. Mais il faut aussi une refonte de l'action du peuple et des syndicats.
Pour ceux qui parlent de « l'exception française » de sa « culture » de la grève, oui, nous sommes dans une crise mondiale mais beaucoup de pays peuvent revendiquer un gouverneur comme Sarkozy, pour rejoindre Fillon, je dis NON. L'exception française est d'avoir Sarkozy. Il a été élu démocratiquement, c'est vrai. Comme tout un tas de très mauvais dirigeant, est ce une raison pour ne pas réagir, NON. La lutte est devenue obligatoire, non pas seulement pour sortir de la crise mais pour pour retrouver un semblant de liberter et de logique dans la vie de tous les jours.
Je pense que c'est dans les moments de crise majeur et de conflit que sorte de nouvelle tête et de nouveau leader, souvenez vous du mouvement contre le CPE, tout le monde était surpris de la monté de ce nouvel inconnu d'un syndicat étudiant. Et souvenez vous de 68, combien d'inconnu ont monté des AG et sont ensuite devenu des gens important, etc, etc. Alors peut être est il temps à nouveau d'oublier ces personnes en place et de chercher de nouvelles têtes pensantes.
Voila, comme tout le monde en ce moment, je donne mon avis désesperé en rêvant que le peuple va enfin se soulever.