TRIBUNE

Francophonie en France : le calvaire de l'optimiste

logo cerium(De Montréal) On attribue à l'activiste américaine Claire Booth Luce l'adage selon lequel « un pessimiste est un optimiste informé ». En cette journée de la Francophonie (20 mars) et de retour d'un séjour en France et en Belgique, j'avoue que l'information s'acharne sur ceux qui ont de l'avenir de la Francophonie une vision optimiste.

Ecoutant les plages publicitaires à la télé française et belge, j'ai voulu compter le nombre de messages utilisant des termes anglophones. J'ai renoncé. Il était plus simple de compter celles qui n'en utilisaient pas. Du parfum haut-de-gamme aux couches jetables, tout semble plus moderne lorsque dit en « english ».

Optimistes, on n'y voit qu'une mode, même si elle dure depuis longtemps et semble s'amplifier. La France est un grand chêne qui, s'il arbore quelques feuilles anglophones, n'en a pas moins un tronc et des racines solides. Alors peu importe que la chaine d'alimentation Champion se rebaptise Carrefour Market, que son concurrent Auchan affiche Simply Market et que le Groupe Casino lance Leader Price.

Fréquence plus ou Flying Blue ?

On s'inquiète un peu pour les branches, tout de même, lorsqu'on constate que de grandes institutions nationales s'y mettent. On savait qu'Air France avait renommé sa carte de fidélité Fréquence Plus en Flying Blue. On note maintenant que les aéroports de Lyon se rebaptisent Lyon Airports et qu'il a fallu l'action d'activistes pour que la région de la Vallée de la Loire renonce à s'afficher, même localement, sous le vocable Loire Valley.

La compagnie Française des Jeux n'hésite pas à clamer dans ses pubs « J'ai la wiiin ! » et la Banque nationale de Paris-Paribas propose aux jeunes ses produits Ze Box et Naked Land. Je ne vous explique pas. Le patronat mène le bal. Son organisation nationale, le Medef, avait réuni ses états généraux l'an dernier sous le thème unilingue « Go for Benchmarking ! » et a consenti cette année à un thème bilingue : Vivement l'avenir/Ready for the future. C'est pourtant une rencontre ouverte aux seuls patrons français.

Heureusement qu'en France, le président Sarkozy veille. Certes, sa ministre de l'économie, Christine Lagarde, a reçu en 2007 le convoité prix de « La Carpette Anglaise » pour avoir communiqué en anglais avec ses propres fonctionnaires -ce que font déjà de grandes entreprises.

Mais le président veut rehausser la qualité de la recherche française qui, avec deux prix Nobel cette année, est, dit-il, « médiocre ». Pour sortir du marasme, il propose d'évaluer les chercheurs sur le nombre de leurs articles publiés dans les meilleures revues scientifiques dont la plupart, selon le relevé officiel français, sont… américaines.

On admet que l'utilisation de l'anglais ne modifie pas significativement la recherche lorsqu'il s'agit de calculer la masse d'une particule subatomique ou de déchiffrer le génome humain. Mais les sciences humaines ne sont pas aussi imperméables aux conditions locales et linguistiques. Le philosophe Serge Cantin, aujourd'hui titulaire de la chaire d'études du Québec contemporain à Paris, dit connaître des collègues qui ont abandonné la tradition philosophique dite continentale pour inscrire leurs recherches dans l'école analytique, non par choix scientifique, mais parce que c'est la seconde qui est plus généralement acceptée par les revues américaines.

La recherche française … en anglais !

Les historiens français ont d'ailleurs calculé que s'ils se pliaient aux nouvelles exigences d'évaluation et proposaient, tous, des articles aux revues américaines d'histoire, ces revues n'auraient simplement pas assez de place pour les publier, même en leur consacrant 100% de leur espace.

Cet appel à la soumission collective de la recherche française à un critère de qualité défini par des comités de lectures formés de chercheurs Américains ne lisant, évidemment, que l'anglais, a une conséquence logique qui m'a sauté au visage lorsque je donnais une conférence sur la diversité linguistique dans une université parisienne.

Une étudiante polonaise au français excellent m'a expliqué qu'il était « scandaleux » que son université française l'oblige à produire sa thèse de doctorat en français, plutôt qu'en anglais. Pourquoi ?

« De toutes façons, les articles scientifiques que j'écrirai à partir de la thèse le seront en anglais, pour des revues anglophones. »

C'est logique. Alors pourquoi ne pas donner tous les cours en anglais, ce serait plus simple ?

Seul un pessimiste croirait une telle dérive possible. On observe bien que, à HEC Paris, dans l'intitulé des cours de « masters » (qu'on appelle bêtement au Québec des « maîtrises », mais où va-ton chercher tout ça ? ) on n'a tout simplement pas su traduire « Strategic Management et Sustainable Development ». Remarquez, la campagne de financement de HEC s'affiche clairement : The Campaign.

« No minimal level in French will be required »

Cette année, la grande école Science Po Paris offre, sur ses quinze masters, une formation donnée en anglais pour moitié (« Corporate and public management ») et une autre totalement et seulement en anglais (« Economics and public policy »). La version française n'est pas disponible, comme c'est le cas à l'Ecole des hautes études en santé publique pour son master de « Public Health » en anglais seulement. L'école signale aimablement sur son site que « No minimal level in French will be required » (« aucun niveau minimum en Français n'est exigé »).

L'optimiste se console en notant que c'est pire ailleurs. A l'Ecole polytechnique de Turin, les étudiants qui suivent les cours en anglais sont exemptés des taxes universitaires. Ceux qui suivent les programmes en italien doivent les payer.

Un pessimiste dirait que si le savoir est produit prioritairement en anglais, les spécialistes devraient être formés dans cette langue, puis les techniciens qui interagissent avec eux. Pour bien les préparer, il serait plus simple de donner en anglais l'éducation secondaire, puis primaire. Seul un pessimiste verrait dans l'introduction récente, en France, des chaînes télé Canal Family et BabyTV, des signes avant-coureurs.

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87 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de pierre101

à huck Portrait de huck De pierre101

voyageur | 09H56 | 23/03/2009 | Permalien

Je ne sais pas si l'intégration se passe très bien, mais 80% des Français tentant leur chance là-bas finissent par rentrer……..après avoir laissé en moyenne plus de 50000$CAN dans les caisses de l'état. Ca, le centre d'immigation accueillant les candidats Français à paris se passent bien de le dire.

Portrait de fde

De fde

technicien | 11H01 | 20/03/2009 | Permalien

Le fait d'utiliser l'anglais (ou d'autres langues) ponctuellement et pour des raisons stratégiques (exemple : pour exporter, diffuser des idées…) n'a rien de choquant en soit.

Là où cela devient embêtant, c'est quand on généralise son usage sans raison, ou pire, par « paresse'. On passe alors du simple pragmatisme à de vrais politiques d'anglicisation.

Il y a là, peut-être, un savoir vivre et un savoir faire à apprendre pour faire cohabiter les deux langues.

Portrait de jissé

De jissé

Ingé retraité | 11H03 | 20/03/2009 | Permalien

La langue universelle ?

L'espéranto ?
Espèce en voie de disparition.

Alors ? ?

Image hébergée par servimg.com

Jc

Portrait de fde

à jissé Portrait de jissé De fde

technicien | 11H40 | 20/03/2009 | Permalien

« La langue universelle ?

L'espéranto ?
Espèce en voie de disparition. »

Pas tant que ça… Il existe toujours quelques million de locuteurs de cette langue.

Mais certes, c'est inutile pour le travail.

Les langues « artificielles » comme l'esperanto, ou même le lojban, sont des expériences très intéressantes en soi. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, l'utilisation d'une langue comme l'esperanto se fait très naturellement. On arrive même à apprécier la mélodie de certaines formulations.

On pourrais s'attendre à ce que le plaisir du parlé soit lié à une longue histoire de la langue. Et bien non ! Cela existe aussi pour les langues artificielles.

« La langue universelle ? »

A mon avis, il n'y en aura pas…

Portrait de jissé

à fde Portrait de fde De jissé

Ingé retraité | 12H21 | 20/03/2009 | Permalien

Re-bonjour fde.

Les clubs d'espérentistes c'est peut-être sympa mais marginal.

Les langues « vivantes » évoluent, surtout en technique.

Et leur version française aussi : Des fois avec succès ..

« Logiciel » pour « software », super bien trouvé.
« Matériel » pour « hardware », moins bien.

« Progiciel » pour « firmware » Glurp.

« Courriel » ? ?

Par contre « bouteur » proposé pour éviter « bulldozer » une konguerie.

Ai bossé en milieu international : le midi on se faisait un appel pour aller à la cantine :

 » it is ya time to bouffer gehen »

Sehr good appétit.

Jissé

Portrait de fde

à jissé Portrait de jissé De fde

technicien | 12H58 | 20/03/2009 | Permalien

Bien entendu.

Vous ne m'apprenez rien. Mais l'esperanto, même s'il s'agit d'une langue marginale, évolue. Une langue artificielle n'est pas forcément une langue morte. C'est le côté intéressant de l'expérience.

A rectifier certaines idées reçus que vous me sortez là, j'ai presque l'impression de devenir un défenseur de l'esperanto.

Alors que je n'en avais absolument pas l'intention !

Portrait de jissé

à fde Portrait de fde De jissé

Ingé retraité | 15H26 | 20/03/2009 | Permalien

Pas espérentiste non plus.

Ni contre .. Si ça les amuse.

Ce n'est pas parce que j'ignore presque tout du bridge ou des échecs que yé blâme ceux qui aiment.

Image hébergée par servimg.com

Culturellement le renouveau des langues « régionales » est à saluer.

L'oncle - breton - qui m'a élevé se rappelait l'époque de son enfance où il était écrit dans son école primaire :

« Défense de cracher par-terre et de parler breton ».

PS : j'ai censuré une autre pin-up, plus « ollé-ollé » jouant aux échecs ..

Bonne fin de journée.

Jissé

Portrait de Thomas_

à jissé Portrait de jissé De Thomas_

Etudiant | 21H46 | 20/03/2009 | Permalien

L'espéranto est précisément (devenue) une langue vivante. De plus il faudrait distinguer les esperantophones (terme neutre désignant un locuteur) des espérantistes (engagés dans une cause liée à l'espéranto). C'est une langue qui évolue, elle une communauté de locuteurs qui lui assure une pérennité et une évolution. Bien d'autres langues ont bien moins de locuteurs (hélas parfois).

Je vous renvoie à cette étude, émanation d'une thèse, sur la littérature originale en espéranto (en anglais : ) ) :
http://www.amazon.fr/Concise-Encyclopedia-Original-Literature-Esperanto/…

Portrait de groucho2613

De groucho2613

Consultant | 11H57 | 20/03/2009 | Permalien

Pour le coup de flying blue, vous frisez la mauvaise fois, flying blue a été introduit suite à la fusion avec KLM pour avoir un système commun.

Difficile dans ces conditions d'imposer « Fréquence Plus » aux hollandais, sauf à accepter d'appeler la carte Fréquence Plus / Frequentie Plus.

Portrait de puresonic

à groucho2613 Portrait de groucho2613 De puresonic

Contempteur irascible | 15H36 | 20/03/2009 | Permalien

il y a un nombre important de mots et d'expressions Française pouvant être compris par des anglophones.

Si vous souhaitez créer un marque « française » qui soit compréhensible par des Anlo-Saxons, chercher simplement dans
les racines linguistiques communes : cela permet de respecter notre culture sans se mettre « hors jeu » à l'international.

« Frequence » est assez proche de l'anglais « frequencie » et aurait pu s'imposer à l'international comme le font déjà un certain nombre d'expressions Françaises.

Portrait de groucho2613

à puresonic Portrait de puresonic De groucho2613

Consultant | 15H47 | 20/03/2009 | Permalien

Vous vous plaignez de l'influence de l'anglais mais vous voulez imposer des mots français aux étrangers, avouez que c'est étrange, non ?

Ensuite il fallait un nouveau nom, pour ne pas froisser les hollandais, donce « Frequence plus » était hors de question.

Airfrance - KLM, c'est 40% KLM, donc ce n'est plus une boite française.
La grande réussite de la fusion, c'est que justement les français n'ont pas essayer d'imposer leur culture aux hollandais.

PS : Frequency !

Portrait de puresonic

à groucho2613 Portrait de groucho2613 De puresonic

Contempteur irascible | 17H33 | 20/03/2009 | Permalien

« Vous vous plaignez de l'influence de l'anglais »

Je ne me plains pas, je souhaite préserver et diffuser la langue et la culture française et pourtant j'apprécie la langue anglaise.

De plus, l'expression « Flying blue » n'est pas plus hollandaise que « fréquence plus »

Portrait de groucho2613

à puresonic Portrait de puresonic De groucho2613

Consultant | 19H08 | 20/03/2009 | Permalien

Il fallait qu'ils trouvent quelque chose qui ne soit ni français ni hollandais, ils auraient pu choisir le chinois, mais je doute que ça ait marché.

J'aurais bien aimé voir votre tête avec une carte « vliegende nederlander » (Flying dutchman, le hollandais volant, l'ancien programme de KLM )

Portrait de puresonic

à groucho2613 Portrait de groucho2613 De puresonic

Contempteur irascible | 20H14 | 20/03/2009 | Permalien

« vliegende nederlander » ça ne me dérange pas du tout

Portrait de Citoyenne_lambda

De Citoyenne_lambda

12H12 | 20/03/2009 | Permalien

Une remarque en passant : j'ai souvent constaté que les français qui truffent leur expression de termes anglais maîtrisent peu ou mal - voire pas du tout - cette langue.

Portrait de jissé

à Citoyenne_lambda Portrait de Citoyenne_lambda De jissé

Ingé retraité | 18H01 | 20/03/2009 | Permalien

Bonsoir Citoyenne.

Je ne pense pas que cela ait beaucoup changé depuis l'époque ousque yé passait le bac.

L'explication en est fort simple. Les profs sont fonctionnaires. Donc français.
Ce qui n'est pas péjoratif ni rédhibitoire pour certaines disciplines.

Mais j'ai eu des profs d'anglais qui n'avaient jamais traversé la manche. Etudes et diplômes en France.

Appris par coeur les « verbes irréguliers » sans savoir comment prononcer.
Mais bonne note quand même : j'avais fait le boulot demandé.

Et fautes de crédits pas moyen de recruter des « répétiteurs » ou autres qui soient « british'.

Résultat : Un français qui parle l'anglais est surtout compris - au moins au début - d'un autre français.

Pour les states c'est pire : Qui peut comprendre un texan s'il n'est pas texan ?

Pour le bac un copain tunisien avait pris “arabe” en option.

Qui des deux savait se faire comprendre en arabe ?

Pas le prof » qui n'avait étudié que l'arabe « littéraire » utilisé pratiquement nulle part.

Et c'est le copain qui a eut une sale note !

Bon vouique, in english de cuisine.

Jissé

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 12H23 | 20/03/2009 | Permalien

Faisant parti des Français vivants au Portugal, j'ai pu constater qu'ici le Français n'est pas mort. Cependant, il est confiné à un usage précis : la mode et le haut de gamme. Par exemple, les magasins qui veulent faire « chic » ont des enseignes en Français. Ceux qui veulent faire « jeune et branché » sont en Anglais. Les autres restent dans la langue autochtone.

Dans l'image populaire, il semble que le Français soit aussi la langue vieillotte des vieux bourgeois, cultivés, mais à côté de la plaque. Cette vision n'est pas très flatteuse, n'est-ce pas ?
Mais il y a pire. Une amie m'a expliqué que le français était aussi « associé à une certaine préciosité et donc à l'homosexualité », C'est pire car l'homosexualité est guère apprécié ici par une population plutôt conservatrice et homophobe.

La francophonie concerne entre 220 millions de locuteurs et 600 millions de personnes sur les cinq continents ont des connaissances en français. C'est en cela la 6eme langue la plus parlé au Monde, mais aussi l'une des deux langues internationales parlés sur les 5 continents. Défendre la francophonie ne se résume donc pas uniquement à se défendre de l'anglais, mais aussi à remédier aux images négatives (vieillote, etc…) que le Français véhicule chez les autres locuteurs.

Portrait de yoruk

à Tita Portrait de Tita De yoruk

au fil de l'eau | 13H15 | 20/03/2009 | Permalien

Bonjour à tous.

Ici, en Turquie, le français était la langue de l'élite ottomane.
D'élitisme en élitisme, notre belle syntaxe, harmonieuse et alambiquée, est devenue chiante… Tout simplement chiante.

Cà nous frise l'âme parce que nous sommes tombés dedans Mais, tenter de l'enseigner à un étranger, à l'étranger… Cà donne le vertige.

Il est urgent de simplifier… Sinon, ce sera bientôt une langue morte…

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 13H11 | 20/03/2009 | Permalien

La pénétration de la langue française par des termes anglais souvent mal digérés existe depuis longtemps, mais elle s'est effectivement accélérée ces derniers temps (parallèlement à l'essor de la globalisation de l'économie, ainsi que des nouvelles technologies).

J'ai longtemps vécu aux Etats-Unis. J'y ai bien remarqué que les langues et les cultures étrangères n'ont rien à craindre tant qu'elles apportent quelque chose de nouveau au monde. Le problème n'est pas celui de la langue dans laquelle on crée les nouveaux savoirs, mais celui de la créativité persistante des cultures. Le fait que les chercheurs doivent écrire en anglais (dans Nature, Science, PNAS, etc.) ne pose pas à mon sens de problème particulier. Si l'auteur a quelque chose de significatif -- ou plutôt de « signifiant » -- à dire, les lecteurs iront le lire et le consulter dans sa langue originelle. On a bien vu en Histoire, par exemple, que Fernand Braudel, Le Roy Ladurie (et toute l'école des Annales) avaient un impact certain sur la perception anglo-américaine de l'Histoire malgré la barrière de la langue.

Les Allemands l'ont bien compris. Il n'existe pas de mouvement de « germanophonie », mais ce n'est pas pour autant que les auteurs germanophones se sentent menacés. Ils cultivent leur jardin « vernaculaire » (déjà hautement distingué par l'Histoire) sans se soucier du rayonnement de leur langue. En tout cas, ils ne donnent aucun signe d'angoisse face à l'invasion de l'anglais. La clé du problème n'est pas celui de la survie de la langue, mais celui de la créativité. C'est vrai dans tous les domaines.

Portrait de fde

à Jaycib Portrait de Jaycib De fde

technicien | 13H39 | 20/03/2009 | Permalien

Encore faut-il que les auteurs en question écrivent leur contributions fondamentales dans leur langue.

Ce n'est pas du tout évident aujourd'hui en France. Dans le domaine scientifique, je connais surtout des auteurs dont la langue d'écriture par défaut, voire la langue de réflexion, est l'anglais.

Portrait de Jaycib

à fde Portrait de fde De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 14H15 | 20/03/2009 | Permalien

Et alors ? On oublie que le latin a longtemps fonctionné comme « lingua franca », que tout le monde s'exprimait dans cette langue. Cela n'a pas nui à l'épanouissement des langes vernaculaires (voir la Défense et Illustration de la langue française par les auteurs de la Pleïade, par exemple), ni surtout de la culture spécifique des auteurs.

Il en va de même aujourd'hui avec l'anglais, qui n'est pas un obstacle mais un atout pour celui/celle qui la maîtrise. J'ai connu dans mon domaine (littéraire, à l'origine) des poètes et critiques anglo-saxons saisis par la beauté révolutionnaire de l'oeuvre de Rimbaud… en traduction, et qui se plongeaient ensuite dans le (ré-)apprentissage du français pour mieux apprécier Rimbaud dans le texte originel.

De même, j'ai assisté à des congrès de chercheurs en biomédecine pendant lesquels des chercheurs français présentaient leurs travaux oralement dans un anglais souvent fortement accentué, mais dont l'originalité créatrice frappait les participants. Ceux-ci ensuite n'hésitaient pas à rechercher dans leurs bibliothèques TOUS les textes dont ces chercheurs français avaient pu être les auteurs dans leur langue maternelle. C'est ainsi, notamment, que Jean Hamburger, le fondateur de la discipline médicale de la néphrologie à l'hôpital Necker, a modifié le comportement de ses collègues anglo-saxons, japonais, etc.. La plupart des écrits d'Hamburger étaient en français, mais cela n'a pas nui à leur influence MONDIALE.

Je ne parle même pas des mathématiques, domaine dans lequel les Français sont forts. Ils écrivent en français. Ca ne les empêche pas de gagner leur part de médailles Field. Dans l'idéal « francophoniste », il faudrait qu'il en soit de même dans toutes les disciplines. Mais c'est un leurre de s'attarder sur cette utopie.

Portrait de fde

à Jaycib Portrait de Jaycib De fde

technicien | 17H10 | 20/03/2009 | Permalien

Votre réponse n'infirme pas ce que j'ai dit, en fait.

« Ceux-ci ensuite n'hésitaient pas à rechercher dans leurs bibliothèques TOUS les textes dont ces chercheurs français avaient pu être les auteurs dans leur langue maternelle »

Mon impression reste quand même qu'une proportion importante de la jeune génération des chercheurs (je pense au domaine STIC, plus précisément) rédige essentiellement en anglais ; les publications en français étant considérées comme non prioritaires. En gros, les publications françaises ne sont plus les originaux mais deviennent des corollaires des publications anglaises. Dans ces conditions, en quoi cela peut intéresser un locuteur non francophone de se plonger dans les écrits en français de ces collègues ?

Je ne fait que relater ce que je constate dans mon entourage scientifique (moi y compris). Je ne prétends pas généraliser.

Portrait de Jaycib

à fde Portrait de fde De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 18H10 | 20/03/2009 | Permalien

Dont acte. Il semble que nous soyons d'accord pour faire vivre la pensée française (si cela a un sens aujourd'hui ; il est permis d'en douter au regard de la globalisation des savoirs), même si elle s'exprime en anglais. Comme je l'ai dit dans un post (ou plutôt message, pour parler français) précédent, les Allemands ne se plaignent pas de la relégation de leur langue à un rôle subalterne (sauf en Scandinavie, en Autriche, en Slovénie, en République tchèque, notamment, ce qui est déjà beaucoup ! ). Ils n'ont pas de complexe d'infériorité. Pourquoi les « francophonistes » devraient-ils faire une maladie de feue leur gloire passée ( ? ).

En revanche, entrelarder de l'anglais à tout propos dans des manifestations ou même des publications françaises est proprement horripilant ! Les benchmarking, process, reporting, etc., n'ont rien à faire dans des textes français. Le mimétisme snob est le pire ennemi du savoir et de la culture.

Portrait de huck

à Jaycib Portrait de Jaycib De huck

Riendutoutiste | 06H51 | 21/03/2009 | Permalien

On est d'accord, mais l'objet du propos de l'auteur est l'anglais partout et pour n'importe quoi. Que des scientifiques s'échangent des informations en anglais ou en chinois ne nuis pas, mais il n'est pas normal quand on prend un journal (torchon ? ) comme Libération de trouver tous les textes truffés de mots anglais pour faire branché et plaire à un public tendance,

Portrait de yalienx

De yalienx

13H17 | 20/03/2009 | Permalien

Excellent article ! Je suis français et je vis en France, et je comprends parfaitement ce que vous décrivez. Les termes anglophones se font de plus en plus présents ! Dans les entreprises, bien sûr, où les communications internes et les réunions se déroulent souvent en anglais (et de plus en plus souvent même en présence de seuls français ! ). Dans la vie privée également, comme on peut s'en rendre compte en allant simplement faire ses courses (de plus en plus de produits portent des noms anglais, et leurs qualités sont vantées par des slogans en anglais), en écoutant la radio ou en regardant la télévision. Même le sexe se met à l'anglais (avec les fameux sextoys par exemple : le terme anglais est probablement plus amusant et fait moins référence à des valeurs morales encore fortement ancrées dans les esprits que les mots « jouets sexuels »…).

Bref, l'anglais est partout, et parfois je me demande même pourquoi nous ne faisons pas de l'anglais la langue officielle de la République Française. Ce n'est peut-être qu'une question de temps…

Portrait de Bargeocrea

De Bargeocrea

Création multimédia | 13H32 | 20/03/2009 | Permalien

Rien d'étonnant à ce que la langue française se dilue peu à peu dans l'anglais.
Il suffit de voir l'intérêt porté par notre cher président à la francophonie : RFI est la principale radio francophone dans le monde.
C'est également la seule entreprise publique française à subir un plan social. Et pas des moindres : un tiers des salariés !
Dès lors, il n'y a pas lieu d'être surpris par cet état de fait : en France, la mode est à l'anglais, ou plus exactement à l'américain, s'accordant ainsi à la fascination présidentielle pour ce peuple…

http://glob.bargeo.fr/

Portrait de puresonic

De puresonic

Contempteur irascible | 14H38 | 20/03/2009 | Permalien

Free Europe ! ! ! !

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

14H48 | 20/03/2009 | Permalien

Langue principale : le Corse, le Basque ou l'Occitan

1ère langue étrangère : l'anglais
2ème langue : l'arabe

langue facultative : le Français

Portrait de General Subverciòn

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De General Subverciòn

viva Makhnovchtchina | 17H41 | 20/03/2009 | Permalien

Et Troll,c'est du gaëlique mais ça te va très bien…comme narbouk d'ailleurs qui vient d'un dialecte berbère nord-africain qui semble te donner beaucoup d'urticaire…par contre Pov'con,c'est bien du françaoui d'chez nous.

Portrait de Pierrrrre

à General Subverciòn Portrait de General Subverciòn De Pierrrrre

17H54 | 20/03/2009 | Permalien

 »….par contre Pov'con,c'est bien du françaoui …. »
► Mais je n'avais pas émis des doutes sur vos origines

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