Cécile Duflot en tchat : « Le Parti socialiste m'agace »

Les européennes, l'écologie, la gauche : la secrétaire nationale des Verts a répondu aux questions des riverains de Rue89.

Cécile Duflot en tchat à la rédaction de Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89)

Après le tchat

Qu'a-t-elle pensé du tchat avec les riverains de Rue89 ? Cécile Duflot a répondu à l'habituelle ultime question avant de quitter la rédaction. (Voir la vidéo)


Le tchat

Les européennes

Les Verts

Les OGM, les antennes-relais, la crise, le chichon

La question qui tue

Avant le tchat

Cécile Duflot en tchat à la rédaction de Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89)

Demandez autour de vous de citer une personnalité chez les Verts, et vous obtiendrez généralement comme réponse Dominique Voynet ou Noël Mamère, mais rarement Cécile Duflot. A 33 ans, l'adjointe au maire de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) est pourtant secrétaire nationale du parti écologiste depuis novembre 2006.

Elle peut également s'enorgueillir d'avoir été la plus jeune élue à la tête des Verts, et surtout d'être l'un des seuls secrétaires nationaux reconduits pour un second mandat. Avantage : les bisbilles internes ont quasiment disparu de la scène politico-médiatique. Revers de la médaille : on n'entend plus beaucoup parler des Verts.

Les chiffres du dernier scrutin présidentiel le prouvent : 1,57% des suffrages, le plus mauvais résultat des écologistes depuis la candidature de René Dumont en 1974. Cécile Duflot aurait-elle fait mieux ? On ne le saura jamais, les militants l'ont classée troisième du scrutin interne organisé un an plus tôt (le deuxième était Yves Cochet).

Plutôt Daniel Cohn-Bendit que le Parti socialiste

Doucement, les Verts remontent depuis la pente électorale. 3,25% des suffrages au premier tour des législatives et quatre députés au second. Puis, aux municipales, partout ils obtiennent des scores plus élevés que les prévisions des sondages. Surtout, Dominique Voynet arrache Montreuil (Seine-Saint-Denis) au très ancien maire apparenté communiste, Jean-Pierre Brard. De bons résultats qui s'expliquaient notamment par les alliances locales avec le Parti socialiste.

Ce que Cécile Duflot avait alors qualifié de « petite renaissance », elle espère l'amplifier encore lors des élections européennes du 7 juin. Mais cette fois sans le PS. « Cela fait 25 fois qu'on fait un premier pas » vers un rassemblement entre organisations de gauche, sans aboutir à « une alternative », soupire la secrétaire nationale jeudi dans Le Figaro.

Des alliances, les Verts ont décidé d'en nouer pour cette prochaine échéance électorale avec le collectif Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, qui rassemble de José Bové aux amis de Nicolas Hulot. L'objectif est d'obtenir autant voire plus d'élus qu'en 2004, soit au moins six (même si deux des six députés européens, Jean-Luc Bennahmias et Marie-Hélène Aubert, ont entretemps quitté les Verts).

Une Europe plus « écologique, sociale et citoyenne »

Daniel Cohn-Bendit souhaite mettre sur pied « une alliance anti-Barroso » pour empêcher la reconduction du Portugais à la présidence de la Commission européenne, à l'automne prochain. José Manuel Barroso qui est, selon lui, « l'un des acteurs les plus néfastes de l'Europe ».

Europe Ecologie réclame une Union européenne plus « écologique, sociale et citoyenne », et lance sur son site un appel au rassemblement de tous les écologistes :

« Parce que la gravité et la brutalité des crises qui percutent nos sociétés et pulvérisent notre modèle de développement engagent notre responsabilité individuelle et collective.

Parce que notre appel doit être suffisamment fort pour être entendu de tous et créer une dynamique de changement qui dépasse l'espace politique traditionnel en traversant l'ensemble de la société. »

Interrogez Cécile Duflot, en tchat sur Rue89, ce vendredi à partir de 17 heures, en laissant dès maintenant vos questions dans les commentaires. Sur les élections européennes, les Verts, Europe Ecologie, la politique environnementale du gouvernement…

Cécile Duflot en août à Toulouse (Audrey Cerdan/Rue89).

Photo : Cécile Duflot à Rue89 et pendant le tchat, en août à Toulouse (Audrey Cerdan/Rue89).

4 commentaires sélectionnés

Portrait de Farid Ghehiouèche

De Farid Ghehiouèche

Candidat - Tête de liste en IdF "Ca... | 23H01 | 19/03/2009 | Permalien

Bonjour,
L'écologie politique est plus qu'un programme de gouvernement, c'est une alternative au capitalisme. Le capitalisme et son dernier avatar le libéralisme économique ont trouvé leurs limites, celles de la planète et notamment de ses ressources. Malheureusement, les médias (et sans doute aussi quelques pseudo-ecolos) cantonnent l'écologie à la protection de la nature et la défense de l'environnement.

Or, il y a trois piliers dans le mouvement d'écologie politique (et j'avoue que Les Verts eux-mêmes ont du mal à les mettre en cohérence… sans doute la raison pour laquelle vous considérez Les Verts comme « un parti énigmatique ») : l'écologie environnementale (celle qui lie l'humanité à la Nature), l'écologie sociale (celle qui relie les êtres humains entre eux) et l'écologie intime/mentale (qui est la plus subtile à porter, puisqu'il s'agit de la sphère individuelle, de notre relation au monde et de la cohérence dans nos modes de vie).

En fait, l'écologie politique n'est pas tombée du ciel comme un supplément d'âme, encore moins pour repeindre en « vert » l'exploitation et la domination capitaliste : ce mouvement s'inscrit dans la continuité des luttes sociales. Depuis la fin du « communisme », l'écologie politique représente une véritable alternative à la démocratie sociale étatique.

En fait, le mouvement d'écologie politique est par essence un combat démocratique contre tous les totalitarismes.

Portrait de Asse42

De Asse42

Royalais | 01H01 | 20/03/2009 | Permalien

Excellente initiative de mettre en lumière cette jeune femme qui petit à petit s'impose dans le microcosme politique. Qu'elle sache qu'il y a au parti socialiste des partisans d'une approche écologique de l'avenir et qui sont preneurs d'un partenariat à long terme avec les forces de gauche. On est même prêt à rassembler tous ceux qui se revendiquent républicains. On veut incarner un mouvement progressiste ouvert et non sectaire.

Personnellement j'aime bien les verts… ; -)

Portrait de Machiavel

De Machiavel

voisin oisif | 08H04 | 20/03/2009 | Permalien

L'entrain constant de certains ici à ridiculiser l'écologie dénote une forme d'angoisse nerveuse à ce sujet. Partout ailleurs en Europe, les Verts sont devenu la deuxième force de gauche, parfois la première.

Cette nervosité vient de ce que l'horizon révolutionnaire que le socialisme du dix-neuvième siècle avait fait éclore, puis que le communisme réel a claquemuré au vingtième, en est train de se ré-ouvrir avec l'écologie.

Et se ré-ouvrir de force : le défi écologique engage à se penser un destin collectif - planétaire, c'est un internationalisme en acte. Et s'il trouve un écho mondial, c'est pour renvoyer chacun de nous, malgré la dispartion du monde rural, à des mythologies, des croyances, des savoir oubliés ou assujettis.

L'écologie implique de mettre en lumière les rapports de domination économique, de dévoiler la production capitaliste intégralement d'un bout à l'autre de sa chaîne en la déroulant comme une pelote de laine - et ça commence à chaque fois que vous descendez vos poubelles.

Voilà pourquoi l'industrie et les décideurs du Vieux Monde s'emploient à récupérer l'écologie pour la rendre inoffensive. Tant que le produit et les résultats de la production économique sont à défendre de manière abstraite (PIB, croissance) ou individuel (consommation, salaire), il très facile d'invoquer des arguments moraux en polystérène et des postures d'idéologue en carton.

Mais lorsque les conditions de ce résultat sont dévoilées dans leur intégralité et projetées historiquement, là ça n'est plus défendable selon la « décence commune » cher à George Orwell. Et c'est à cette position que l'écologie place les politiques, les décideurs et c'est pour ça qu'ils sont affairés, tantôt à la dénigrer par la voix scientiste (et non pas scientifique) tantôt à la récupérer pour y dégoupiller tout son potentiel.

Comme les mesures d'hygiènes de masse ont été prise par l'élite non pour des raisons bienfaitrice, mais par ce que les microbes, virus et bactéries ne connaissent pas les barrières de classe - aujourd'hui les nappes phréatiques, les ressources naturelles et l'atmosphère ne vont pas se régénérer toute seule pour satisfaire le narcissisme consumériste d'une fraction de la population.

Portrait de Alexseï

De Alexseï

10H23 | 20/03/2009 | Permalien

c´est évident, c´est le moment où jamais pour les Verts !
le Parti Socialiste est MUET alors que cette crise financière, ayant pour responsables les pires acteurs d´une économie basée sur la spéculation, est une AUBAINE pour enfin critiquer les mauvais côtés du capitalisme et au contraire encourager le retour à une économie locale, concrête, liée à des vraies transactions de vraies marchandises ou services

C´est le moment où jamais de définir un discours de gauche fort qui se démarque des rengaines paranoïaques communistes, et qui développe un capitalisme assaini, dynamique et producteur de richesses et d´emplois.

Construisons des nouveaux quartiers écologiques pour nos villes. Faisons d´une pierre deux coups, stimulons l´économie par des travaux et améliorons l´architecture de nos villes

moi ca y est je me inscrit aux Verts ya 3 jours

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