
En s'isolant, le NPA met en péril la lutte contre le capitalisme
A l'occasion de cette belle journée ensoleillée et chargée d'un stimulant enthousiasme collectif, je me permets de vous faire à nouveau part de mes critiques personnelles sur le NPA, dont je suis membre et ne désespère pas qu'il devienne un jour autre chose qu'une Nouvelle ligue communiste et révolutionnaire.
Inutile de revenir sur les multiples coups sciemment portés au Parti « socialiste », qui ne les a pas volés, du moins à mon sens. Le plus inquiétant et condamnable est la tactique ourdie par les caciques de la NLCR, qui met en péril la possibilité de lutter efficacement, en France comme au niveau européen, contre le système capitaliste actuellement globalisé.
Ce dont il est ici question, c'est de l'orientation faussement politique du NPA et de son caractère extrêmement nuisible dans le cadre d'une éventuelle future unification de la « gauche de la gauche » ; faisant subjectivement écho à un appel lancé par des militants minoritaires, cet article est conçu comme une mise en garde adressée aux partisans d'une telle union face à l'espoir que pourrait illusoirement représenter à leurs yeux le NPA tel qu'il existe aujourd'hui.
Capitaliser sur le thème de l'urgence
Pour faire court, le programme politique de la NLCR se résume à la notion de révolution (non revisitée depuis Fanon). Tactiquement, il s'agit de capitaliser sur la misère sociale qui alimente une contestation propice au déclenchement de luttes particularistes que le NPA compte, à terme, fédérer sous sa bannière syndicalo-révolutionnaire après avoir soufflé sur des braises d'ores et déjà incandescentes.
Les pontes de la NLCR conspuent la plupart des directions des grandes centrales syndicales accusées, peut-être à raison, de corporatisme et de déviance bureaucratique ; c'est pourquoi ils escomptent tout simplement s'y substituer et réduire le combat politique de leur ligue à une lutte prenant une forme exclusivement associative qui déboucherait sur une révolte généralisée et hypothétiquement salutaire.
Toujours schématiquement, le NPA appelle donc de ses vœux une grève générale incapacitante qui, sous son impulsion, se transformerait en une insurrection communarde vouée à être étendue au plan national, voire international.
La contestation pour unique programme
En rien allergique aux flagrantes contradictions, vite enfouies sous des tonnes de bons sentiments, la direction du NPA sait manier les apparences pour que n'apparaisse pas trop clairement sa dangereuse vacuité idéologique ; celle-ci n'en demeure pas moins évidente lorsque l'on s'intéresse aux textes fondateurs comme à ses tracts publicitaires.
En résumé, deux types de discours et de stratégies se télescopent ici : par exemple, sur le plan national, le NPA se targue d'un côté de vouloir instituer un gouvernement « socialiste du XXIe siècle » afin de redistribuer les richesses, principalement par l'intermédiaire de services publics restaurés et élargis ; de l'autre, il entend le faire à la suite d'une révolution qui aura pour objectif l'éradication de l'Etat, instrument politique jugé intrinsèquement bourgeois donc mauvais par essence, et du capital.
La démarche adoptée dans la perspective des prochaines élections européennes est symptomatique de cette courte-vue dogmatique.
Le but, non affiché, est de compter ses troupes, d'évaluer et d'exhiber ses forces afin, une fois le positionnement protestataire clairement établi, de prendre du poids sur l'échiquier politique.
Le NPA ne pourrait-il pas de la sorte parvenir à rassembler une gauche authentiquement anticapitaliste sans tomber dans les dangereux travers d'un extrémisme populiste dont l'histoire nous a appris qu'il conduisait inexorablement au pire, qu'il soit rouge ou brun ?
Pas s'il préserve son actuelle posture
confinant à la forfaiture, car ce n'est pas pour prendre le pouvoir et ainsi influer sur le devenir de ses contemporains que le NPA se soumet à l'épreuve des élections ; même créditée de scores faramineux, la NLCR ne perd pas le nord et sait qu'elle restera probablement minoritaire face aux partis institutionnels. Son objectif en l'espèce est par conséquent d'obtenir tout simplement une tribune à la mesure de la colère dont elle se dit représentative.
Sans doute le NPA ne se montre-t-il pas en cela aussi menteur que je le soutiens ; mais il s'avère par ailleurs volontairement trompeur et manipulateur en sous-entendant que l'élection de députés européens issus de ses rangs permettrait la concrétisation de ses généreuses promesses.
Un totalitarisme peut en cacher un autre
Surfant allègrement sur la vague d'un mécontentement justifié à l'égard d'une droite dite « décomplexée » comme d'une opposition institutionnelle toujours aussi amorphe, le NPA a ainsi décidé de faire cavalier seul lors des européennes, tentant d'en rejeter la responsabilité sur celles et ceux qui lui avaient tendu une main fraternelle.
En réalité, les instances dirigeantes du NPA voudraient bien du pouvoir, mais à une seule condition : ne pas le partager. En se réfugiant hypocritement derrière l'image savamment façonnée de pur chevalier de la foi protestataire, et en attendant le déclenchement du Grand soir dont il serait le guide suprême, le NPA entend ainsi fuir autant que possible ses responsabilités tout en s'imposant toujours plus dans le débat public.
Et le pire, donc, à mes yeux, serait que cette tactique soit prochainement couronnée de succès sur un plan électoral, car cela aurait des conséquences potentiellement catastrophiques sur le processus d'unification de la gauche qui survivra nécessairement à la présente inconséquence d'une NLCR exaltée par sa cote dans les sondages.
Dans l'éventualité où le NPA engrangeait prochainement autant de suffrages qu'il en escompte, il profiterait de sa position de force vis-à-vis des autres formations composant la « gauche de la gauche » pour imposer enfin unilatéralement sa ligne doctrinaire et pour ainsi tronquer l'indispensable et profonde réflexion à laquelle doit urgemment se consacrer ce rassemblement encore virtuel.
Ce faisant, la gauche française dans son ensemble reviendrait à la case départ : l'absence de projet de société autre que capitaliste ou communiste à proprement parler, plus ou moins romantique selon les interlocuteurs rencontrés.
Pérenniser le règne de la droite décomplexée
Le NPA continue de glisser, la tête la première, sur une pente extrêmement savonneuse. En participant de la pérennisation du règne de la droite décomplexée, cette ligue trahit par avance et en connaissance de cause l'espoir que font très logiquement naître ses alléchantes promesses électoralistes chez une population hexagonale littéralement éreintée par le modèle sociétal économiste ou néo-libéral, et met ainsi en péril le présent et l'avenir des masses qu'elle est censée représenter et défendre.
Ceci étant dit, brava et bravo à toutes celles et ceux qui ont défilé en ce jeudi 19 mars 2009 pour défendre des droits sociaux, voire des libertés individuelles, toujours plus foulés du pied, aussi bien en France que dans le reste du monde, par un système ploutocratique et faussement démocratique.
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De Tita
oiseau | 20H05 | 19/03/2009 |
Si je vous ai bien compris, vous nous dites que le NPA n'est pas prêt à assumer le pouvoir légalement car ses projets sont la destruction par la révolution, non un programme social défini et pensé.
Vous regrettez cela car la plupart des révolutions furent accompagnées de massacre et de dictature (risques que vous souligner implicitement aussi).
Vous regrettez donc un parti qui soit anti-capitaliste mais aussi réformiste (et rassembleur, ou du moins prêt à faire des alliances).
Nous manquerait-il alors une sorte de Chavez à la française ?
De 101.7
Promeneur | 20H52 | 19/03/2009 |
Le problème du NPA c'est qu'il a gardé les dépouilles (mauvaises habitudes) de la LCR.
Le besoin de pureté, la préférence de l'entre-soi plutôt qu'un bout de chemin partagé quand les conditions s'y prêtent.
De toute évidence et les responsables du NPA le savent, jamais ce parti n'aura une majorité d'électeurs qui lui donnera le pouvoir.
Même s'il arrivait à devenir le premier parti à gauche de l'UMP il serait battu par la promotion de la peur et de l'insécurité que les tenants du pouvoir actuel ainsi que les socialistes ne manqueraient pas de saisir.
Alors quoi ?
Se présenter seul aux élections pour se compter, certes mais pourquoi ?
Quelles avancées sociales pour ceux qui morflent ?
Quel sera le résultat, concrètement, dans l'évolution de notre société vers un vrai socialisme fraternel et non totalitaire ?
Aucun, sinon être complice, par absence d'un rassemblement positif, par la pratique habituelle du repli, d'un capitalisme au bout du rouleau mais alimenté par la force d'inertie de l'autisme politique.
Nous sommes en 2009, hélas il y a des mots qui ont tellement été galvaudés que d'y faire référence est un suicide. Pourtant ces mots sont beaux et porteurs de sens.
Le vrai sens de ces mots ne peut être porté que par un rassemblement populaire, pas par un parti qui finira par se rabougrir, même si le vent le pousse un peu en ce moment. (dans les sondages, mais doit-on s'y fier)
S'il y en a un qui devait être repris c'est « UNION ».
Pas une union débile dans le vide de toute convergence profonde de conviction politique, non une union ponctuelle sur des luttes et un positionnement politique clair. Par exemple le rejet du projet libéral européen actuel.
Dans ce cas il est possible que la LCR et même LO se joignent au Front de Gauche, ils n'y perdraient ni leur âme ni leur pureté et feraient preuve de maturité politique utile… enfin !
Ensuite les régionales, il est grand temps d'en discuter entre les forces de la vraie gauche, sans que personne ne renie ses convictions, avant même de penser à toutes alliance de circonstance avec le PS qui, de toute évidence, sera toujours un peu moins à droite que l'UMP. (enfin on peut l'espérer)
Le NPA ne doit pas devenir le « marteau à casser l'espoir » de Sarko et l'UMP. Ne pas devenir un Front national en rouge.
J'apprécie votre article, un peu confus parfois dans quelques phrases, mais comment pourrait-il en être autrement quand on se questionne sur un sujet pareil, quand on a un idéal et non pas un vague penchant momentané. Merci d'avoir ouvert cette discution.
De Maria Rosa
21H09 | 19/03/2009 |
Aujourd'hui, le NPA apparait comme un diviseur, affaiblissant la riposte populaire aux agressions sociales, en refusant l'union de toutes les forces antibérales qui pourraient lors des européennes se faire entendre beaucoup plus fortement si c'était d'une même voix. Les conditions posées par la NPA étaient hors de propos et n'avaient qu'un but, refuser l'union pour tenter de passer pour le seul opposant. C'est une grave responsabilité, et cela montre que ce parti est incapable de se situer dans un contexte pluraliste où il n'est pas le seul à détenir la vérité. Doit-on en déduire que pour le NPA, hors du parti unique, point de salut ?
C'est politiquement dangeureux, porteur de dérives antidémocratiques.Cela montre que le NPA, ou plutôt sa direction actuelle, n'a pas su tirer certaines leçons de l'histoire. Pas encore…
Que tous ceux qui l'ont compris à l'intérieur du NPA et dans les autres formations d'extrême gauche continuent à faire entendre leur voix.
De Ernst_T_Tho (auteur) 59906
ermite | 22H02 | 19/03/2009 |
Tita, vous avez raison de situer le débat au niveau du sempiternel antagonisme entre orientations révolutionnaire et réformiste. Le NPA n'a pas réellement tranché cette question, ce qui le rend dangereux à mes yeux, du moins irresponsable.
Alors qu'une frange des adhérents critique la direction jugée trop molle, réformiste puisqu'elle joue visiblement le jeu de « l'élection : piège à cons », je considère pour ma part qu'il ne s'agit là que d'une façade et que même derrière d'importantes velléités électorales demeure profondément ancrée la volonté de procéder à d'historiques bouleversements matérialistes par la violence.
Ce dilemme est source de confusion qui est elle-même source de dangers d'autant plus grands que nous nous trouvons à l'une de ces croisées de chemins de l'histoire humaine où l'exaltation se substitue aisément à la raison. Et le fait est que dans un sens comme dans l'autre, réformiste ou révolutionnaire, le NPA ne s'est absolument pas donné la peine de penser l'avenir, pas plus qu'il n'a voulu prendre le temps d'analyser objectivement le présent.
Les seuls bons sentiments font office d'arguments qui justifient perpétuellement l'absence de travail de réflexion pour mieux la dissimuler. Mais une fois la glorieuse révolution déclenchée, une éventuelle guerre civile engagée si la révolte n'est pas tout simplement écrasée (permettant au passage au pouvoir en place d'accentuer plus encore son despotisme), il faudra bien gérer et gagner ce conflit armé. Or rien n'apparaît dans la litanie du NPA qui puisse renseigner le lecteur-électeur sur les modalités de l'insurrection qu'il appelle clairement de ses vœux. Rien non plus sur le lendemain d'une hypothétique victoire mise à part une collectivisation de fait dont, là encore, les modalités ne sont pas arrêtées, encore moins détaillées, pas mêmes débattues.
Quant à l'option réformiste, je vous le répète, il me semble qu'il s'agit tout simplement d'une plaisante façade que la LCR était bien obligée mais aussi contente de mettre en place pour accoucher du NPA et ainsi attirer le chaland à moindre coût. La NLCR, consacrée en février dernier, a une conception autocratique du pouvoir politique qu'elle « n'acceptera » qu'à condition d'en être la seule détentrice (pureté sacrale oblige). Et de toute façon, là encore, pas de projet de société à la fois alternatif et viable pour tous (du moins l'écrasante majorité du genre humain dans une perspective internationaliste, sans oublier l'ensemble de l'écosystème dont l'humanité n'est qu'une insignifiante et non moins destructrice composante).
En somme, je regrette, Tita, que le NPA soit anticapitaliste sur un mode simpliste qui le conforte dans ses certitudes mais n'apportera, en l'état, absolument rien à celles et ceux qu'il prétend défendre, et ceci qu'il triomphe ou non. Quant à l'idée d'un Hugo Chavez à la française, je ne suis pas sûr justement qu'il s'agisse de la meilleure option qui s'offre à nous… Cordialement.
De Autist Reading
Plombier/Electricien | 03H22 | 20/03/2009 |
Je me pose quelques questions :
-Pourquoi la LCR a lancé le NPA (comme à anal+, génial ! ) quelques mois après que le Parti des Travailleurs ai lancé le Parti Ouvrier Indépendant, au lieu d'intégrer celui-ci tout en gardant ses positions propres (l'eventail est large au POI…trotskystes-PCF-PS- et la discussion y est fraternelle) ?
-Pourquoi le NPA refuse-t-il de condamner l'Union Européenne alors qu'elle est l'outil du capital pour liquider la laïcité, la Sécu par répartition et les services publiques qui défigurent la Vème République monarchique ?
-Pourquoi le NPA est-il visible dans tous les médias capitaliste alors qu'il est censé être anti-capitaliste ?
-Pourquoi le NPA n'a-t-il que 10 000 adhérents (selon les organisateurs), c'est-à-dire autant que le POI, alors que celui-là a le soutien de la presse bourgeoise pendant que celui-ci est boycotté à outrance ?
Je précise que je suis un jeune électron libre qui est prêt à apprendre de tous ceux qui ont de la bouteille et qu'à part la CNT et le POI (qui ne sont pas franchement amis ! ) il n'y a que des analphabètes en matière de recherche en révolution.
Pour ce qui est du POI je conseille le site d'un électron libre qui a la cinquantaine et qui a construit un site bourré d'information précieuse sur tous les trotskysmes. www.meltl.com/
Bises affectueuses à tous les riverains qui cherche sincèrement une alternative à la barbarie capitaliste…
De david_d
auxiliaire de vie | 07H30 | 20/03/2009 |
Entre se poser des questions et faire du démontage systématique il y a tout de même un monde que l'auteur n'hésite pas à franchir. Ce que je signalais, c'est qu'on ne peut pas accuser le NPA de tous les maux et rester solidaire de celui-ci comme le prétend l'auteur. Si j'avais ne serait-ce que la moitié de ses doutes, je ne me poserai pas de question et j'aurais tôt fait de prendre mes valises. Ce que je dénonce, c'est la volonté évidente de l'auteur de vouloir rejoindre la Gauche Unitaire de Christian Piquet les valises pleines de nouveaux adhérents prêts à écouter la bonne parole de l'éternel permanent (qui s'apparente plus à un politicien professionnel qu'à un militant).
Ce que je dénonce, c'est que cette diatribe n'est pas une critique constructive comme celle de militants qui souhaitent la création d'une tendance unitaire au sein du NPA, mais bien la volonté de descendre un parti afin de pouvoir trouver une place de choix juste à côté. Pour faire une comparaison, l'auteur ressemble à un Eric Besson qui se sentant griller montre à son nouveau maître quel pouvoir de nuisance il a à l'égard de son ancien bastion.
Je réitère : Risible donc !
De david_d
auxiliaire de vie | 07H53 | 20/03/2009 |
Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de lire. Voici donc ce que nombreux appellent un refus de l'unité par le NPA :
Le congrès fondateur du NPA est favorable à un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme, un accord qui pourrait donner un élan supplémentaire aux mobilisations et aux luttes pour faire payer leur crise au patronat, aux banques et aux gouvernements tant à l'échelle nationale qu'européenne. Tout en encourageant la lutte contre la politique de la droite sarkozyste malgré les démissions de la direction du PS, un tel accord porterait avec plus de force le projet d'une Europe des travailleurs et des peuples. Le NPA entend agir comme force d'unité et est prêt, de façon publique, à en explorer immédiatement et sans exclusive les voies, y compris pour les élections européennes, en particulier avec les forces avec lesquelles nous avons mené campagne aux dernières élections municipales.
Cette unité, nous la souhaitons féconde et utile à une montée des luttes tant sociales, écologiques que politiques. C'est dans cette perspective qu'il convient d'en définir le cadre :
1) Une unité sur un contenu réel qui développe les raisons pour lesquelles nous avons combattu le TCE, qui couvre à la fois les questions sociales et écologiques, tout comme les questions démocratiques. La crise est venue souligner la pertinence de notre combat. L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système qui réponde aux besoins de la population.
2) Une unité qui doit se retrouver sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire. La crise du capitalisme exploiteur et productiviste est une crise de civilisation que la démarche électorale seule ne pourra résoudre.
3) Une unité qui ne soit pas un cartel électoral sans lendemain mais un instrument pour les luttes des travailleurs, et qui ne se limite pas aux élections européennes, mais s'étende aux élections régionales qui suivent de quelques mois à peine, toujours dans l'indépendance vis-à-vis du PS, parti qui, par son programme et sa pratique, s'inscrit dans la gestion du capitalisme et a renoncé à toute transformation sociale.
De Ernst_T_Tho (auteur) 59906
ermite | 10H16 | 23/03/2009 |
Il est tout à fait normal que vous vous interrogiez sur la véracité de mon appartenance à une formation que je m'escrime par ailleurs à critiquer ici. Aussi quelques précisions s'avèrent-elles sans doute nécessaires.
J'affirme être adhérent du NPA du fait que j'ai versé ma cotisation et ai reçu en retour une carte de membre fondateur. Je ne prétends pas en revanche toujours militer activement au sein de cette ligue, en tout cas plus depuis que le congrès fondateur a consacré une forme d'organisation à laquelle je ne comptais pas originellement adhérer.
Sans m'investir plus avant dans la vie de la ligue, je m'intéresse cependant à celle-ci du fait qu'elle s'inscrit dans un domaine qui me tient à cœur, à savoir le combat politique contre l'actuel système économiste. Je profite effectivement du fait d'être toujours adhérent pour me tenir informé de la manière dont se développe cette formation ; et puisqu'il s'avère impossible de la faire évoluer à court terme de l'intérieur, puisque le public n'a en outre pas ouïe dire de ce qui se passe en interne, je lui fais part des éléments dont je dispose afin qu'il se fasse sa propre idée.
Ainsi, je compte finalement plus sur l'esprit critique de chacun que sur le mien pour faire la part des choses. D'un côté, un furieux isolé qui dénigre une formation à laquelle il appartient encore pour un temps ; de l'autre, des camarades tout aussi sincères que lui, qui se sentent à juste titre trahis et le font gracieusement savoir ; au lecteur préoccupé par la question qui fait débat entre eux de prendre en considération les arguments de chacun pour distinguer le vrai du faux.
Si ce que j'écris ici est une condamnation du NPA tel qu'il existe aujourd'hui, que cela ne serve tout de même pas trop vite d'excuse à mes détracteurs pour en tirer la conclusion que mon engagement n'a jamais été sincère et que mon actuelle désaffection prouve la fragilité de mes convictions. Je suis aujourd'hui encore adhérent parce que j'ai voulu participer activement au processus de construction du NPA, parce que j'avais le sentiment qu'il s'agissait d'un devoir citoyen relatif à une nécessité politique et sociale. Vierge de tout encartage préalable, je voulais modestement contribuer à une entreprise collective relevant à mes yeux de la salubrité publique, absolument pas la noyauter pour le compte de mystérieux commanditaires.
Parce que le NPA n'est en définitive pas ce qu'il prétendait devenir et parce qu'il ne le deviendra pas à court terme en raison de la direction dont il s'est doté et du carcan idéologique dont il est prisonnier, en tant que membre informé je me permets simplement d'en souligner subjectivement les défauts dans le secret espoir, il est vrai, qu'au-delà des heurts présents, cela pourra l'amener, même très indirectement, à se bonifier, ne serait-ce qu'en le poussant à approfondir son timide travail de réflexion sur ses fondements idéologiques, ses objectifs politiques et leurs modalités d'application. Ce n'est que dans ces conditions à mon sens que le NPA pourra se montrer plus efficace que néfaste dans la lutte contre le modèle de société capitaliste contemporain qui demeure au cœur de mes préoccupations.