Le dénuement du créateur d'entreprise en cas d'échec
La création d'entreprise, de son entreprise, est quelque chose de fabuleux, de passionnant. Avoir l'impression de gouverner sa vie, être totalement responsable de ses succès… et de ses échecs, est très responsabilisant et intéressant à vivre. Oui, mais…
Les médias, les organismes, l'Etat… poussent à la création d'entreprise, en font miroiter les avantages, et c'est vrai qu'il y en a beaucoup.
Le statut d'auto-entrepreneur, par exemple, va enlever des chômeurs des statistiques. Mais s'ils échouent dans deux ans ou trois ans, ils n'auront plus rien s'ils n'étaient pas aux Assedic auparavant. Au mieux, un RMI. Ce statut n'est intéressant que si on a un emploi à côté.
Personne n'insiste sur le dénuement total du créateur d'entreprise en cas d'échec. L'échec peut être dû à un manque de fond propre, à un manque de compétences ou de savoir (commercial, marketing...).
Mais l'échec peut être plus simplement dû aux épreuves de la vie. On résiste à une grippe, mais à un cancer, à un deuil douloureux… Comment tout gérer et rester opérationnel lorsqu'on gouverne seul ? Si on lâche la barre plus d'une semaine, les problèmes arrivent déjà.
Créer une entreprise, quel que soit le statut, peut facilement mener à devenir SDF.
Si vous étiez aux Assedic, vous restez couverts quelques années. C'est-à-dire que vous pouvez revenir aux allocations chômage.
Sinon, il y a le RMI ou le RSA bientôt. Ça ne donne pas de quoi vivre vraiment. Quant à trouver un logement en présentant un RMI…
J'ai participé à la création d'une TPE (Très petite entreprise) dont j'étais salariée. J'ai cotisé aux Assedic plusieurs années. La société dépose son bilan.
J'ai attendu plus de quatre mois pour comprendre pourquoi je ne touchais rien. Quatre mois sans aucun revenu !
J'apprends que je suis reclassée « gérante de fait » par le liquidateur.
Je dois faire le deuil du fruit de mon travail, des heures de ma vie à bosser encore et toujours. On ne me paiera pas les quatre mois de salaires dûs.
Je me sens niée dans tout le travail que j'ai fait, dans mon intégrité, dans mon sens des responsabilités…
Pendant ce temps, je n'ai rien pour vivre. J'attends la décision des Assedic… elle viendra... sept mois après !
Il fallait attendre la décision de rejet de ma retraite (j'ai 61 ans). La caisse de retraite a mis quatre mois pour statuer.
Et pendant ce temps, j'avais « faim ». Si je n'avais pas eu d'amis, une propriétaire compréhensive… Je serais dans la rue.
J'ai obtenu un RMI, après huit mois et demi sans ressource. Le découvert bancaire m'a permis de survivre et a permis au banquier de bien vivre (16% de mon RMI est passé en frais bancaires).
Aujourd'hui, je n'ai pas droit à la retraite, pas le droit aux Assedic, mais, créatrice de deux entreprises, j'ai des compétences attestées, de l'expérience dans mon domaine d'activité, du punch et la santé. Alors, je m'apprête à redémarrer, riche d'une énorme expérience supplémentaire.
- Sur lentreprise.comDix conseils aux créateurs d'entreprise sur Lentreprise.com
- Sur boursorama.comLe statut d'auto-entrepreneur à la merci des chômeurs au 1er mai sur Boursorama.com
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C'est effectivement bien beau de nous inciter à créer nos entreprises, mais il y a – une fois de plus – de bien belles anguilles sous roche.
Effectivement, l'une des premières motivations étatiques est que ça diminue le nombre de chômeurs… une fois ça passé, regardons un peu ces micro entreprises qui se cassent bien souvent la figure.
Le problème et que l'Etat fait croire que c'est facile, des exonérations par ci, des statuts simples par là, et hop, roule ma poule, je crée ma boîte, je deviens indépendant…
Mais bien souvent j'ai de la volonté, des idées et des heures à donner à n'en plus finir, mais aucune connaissance en gestion… quand on peut créer aujourd'hui une SARL au capital d'1 €, en investissant si peu, pas trop la peine de s'intéresser au fonctionnement financier qui est pourtant la base de toute activité. J'ai une amie qui siège au tribunal de commerce, depuis que cette loi est passée, elle a jamais vu autant de boites se casser la gueule ! et c'est toujours le même discours, des gens désemparés, qui ont de la volonté, des idées et des heures à donner, mais qui n'ont jamais été conseillés dans leur lancement de boîte, avec souvent des plans de trésorerie approximatifs, un emprunt fait en douce du banquier, à titre personnel (je suis loin de défendre un banquier mais quand vous montez une boite, que vous allez le voir pour emprunter avec des plans de trésorerie pourris, il refuse en vous disant que vous allez au devant des ennuis) et les catastrophes en série arrivent… et oui entrepreneur c'est un métier, ça ne s'improvise pas et il ne faut pas juste avoir un gros cœur pour y aller. Le gouvernement a fait croire que c'était la panacée, nombreux sont ceux qui s'y sont engouffrés en méconnaissance de cause et qui s'en mordent les doigts !




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