13/03/2009 à 12h47

Européennes : Weber, l'épine dans les pieds d'argile d'Aubry



Martine Aubry en janvier 2009 (Audrey Cerdan/Rue89).

Les élections du 7 juin constituent le premier test grandeur nature de la nouvelle première secrétaire. Martine Aubry tente de porter un Parti socialiste uni jusqu'au jour du scrutin, mais la constitution des listes fait des remous chez les 200 000 militants qui votaient jeudi.

Après les pétitions de contestation lancées par plusieurs barons locaux, les résultats ont été plutôt favorables à la direction du parti : tous les départements ont adopté les listes, sauf la Côte-d'Or, l'Ille-et-Vilaine et les trois de la région Limousin. Trois départements qui empêchent Martine Aubry de pousser un « ouf » de soulagement.

La mobilisation très forte dans le Limousin, supérieure de vingt points à la moyenne nationale, a fait gagner le non dans la circonscription du Centre. Résultat : la liste menée par le parachuté Henri Weber est la seule des huit listes à être retoquée par les militants socialistes.

La greffe n'a pas pris. En cause, l'absence de représentant limousin en position éligible dans la liste menée par le fabusien, que Rue89 avait par ailleurs classé tout en bas de son tableau des députés européens socialistes.

Ne pas repasser par la case militants

Ne pas s'attendre toutefois à ce qu'Henri Weber raccroche les gants : « Personne ne me le demande », a-t-il fait savoir dès jeudi soir. Sa solution ? Offrir une position éligible à un socialiste du Limousin.

La première secrétaire avait prévenu mercredi. Deux solutions s'offraient à elle en cas de rejet d'une ou plusieurs listes : « On peut décider soit de passer outre, soit de proposer une nouvelle liste à la convention le 21 mars », qui statuera en dernier ressort.

Manifestement, les responsables socialistes n'entendent donc pas repasser par la case militants. Ce vendredi, Claude Bartolone estime sur France Info que le PS doit « tenir » dans la région Centre, et Vincent Peillon appelle sur France 2 à « arrêter les frais » :

« On va chercher une solution dans la journée, mais moi je ne suis pas favorable à ce qu'on donne raison (...) à ceux qui en permanence jouent contre leur camp. »

Cachez ces dissensions que je ne saurais voir... Mais Jean-Paul Denanot, président socialiste de la région Limousin, veut continuer de porter la polémique sur la place publique. Lui qui considérait que devait lui revenir la tête de liste et qui est à l'origine de la révolte des militants limousins. « Il faut un nouveau vote des militants sur toute la circonscription Centre », vient-il d'exiger sur 20Minutes.fr.

► Mis à jour le 13/03/2009 à 16h22 avec l'interview de Jean-Paul Denanot.

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  • gasper
    gasper
     ? ? ? ?
    • Posté à 13h18 le 13/03/2009
    • Internaute
       ? ? ? ?

    Il ne s'agit pas de nier qu'il existe des dissensions. Bien entendu qu'il y en a, même si cette fois elles apparaissent mobiliser bcp moins de militants. Le problème qui semble poindre son nez dans cette affaire, c'est que Solfé ne semble pas vouloir tenir compte du vote de la région centre (alors qu'il serait très simple de le faire en demandant à la région concernée de proposer un candidat non cumulard pour prendre le 1ere ou la 3eme place sur la liste) et en plus donne l'impression de vouloir jeter de l'huile sur le feu (le vote du centre ayant été qualifié de « mauvais esprit »,« Petite révolte » ou « poussées d'urticaire »)

    Enin bref, au sein de la direction du PS, on se justifie, on relit bien les statuts à voix haute, et on s'oriente vers un « non, vraiment non, le vote du 12 mars ne modifiera en rien la constitution des listes, ou si il le modifiait, ce serait juste à la marge »

    hum... quelque chose me dit que ça va énerver ceux qui on voté « contre », et certainement gêner ceux qui ont voté « pour », et abimer encore un peu plus l'image du PS dans l'opinion.

  • breuillou
    • Posté à 13h50 le 13/03/2009
    • Internaute

    Là, je dis stop ! Les barons locaux, au mépris de tout respect de la démocratie interne de leur parti, ont essayé, en vain, de rouler les militants dans la farine. Echec sur quasiment toute la ligne, sauf en Côte-d'Or, en Ille-et-Vilaine et dans trois départements du Limousin. Pour ce qui est du premier, outre le fonctionnement plus que douteux de la fédération, on voit bien que les deux baronnets locaux, Patriat et Rebsamen, n'ont qu'une petite influence sur leur seul département, pas sur les trois autres de leur région dont, je le rappelle, le premier est pourtant le président. Je trouve que ça relativise la justification même de leur bronca : au nom de leur soi-disant prééminence, ils appelaient à votre contre les listes et, en réponse, ils sont renvoyés dans leurs cordes, les militants socialistes prouvant ainsi qu'ils ont ras-le-bol de ces caciques. Même chose en Rhône-Alpes avec Collomb, qui doit aujourd'hui se poser des questions sur son avenir à Lyon.
    Quant à Weber, il paie bien naturellement son insistance, à 65 ans, à être parachuté !
    Place aux jeunes ! ! !

  • Alain Bertrand
    • Posté à 14h15 le 13/03/2009
    • Internaute
      Prof

    A noter que celui qui brigue la place de Weber n'est autre que Jean-Paul Denanot, Président de la région Limousin, soutenu mordicus par Hollande.
    C'est vrai quoi ! Un pPrésident de Région, ça a plein de temps libre à sacrifier pour le bien de la communauté. Et puis, ça gagne si peu qu'il lui faut absolument un bouche-trou pour les fins de mois.
    L'histoire ne dit pas s'il a le soutien de Ségolène, celle-ci ayant affirmé et prouvé qu'elle était contre le cumul des mandats. Mais dans un affrontement Hollande/Aubry, on s'étonne qu'elle reste si discrète.

  • phil40
    • Posté à 16h29 le 13/03/2009

    Pourquoi nous assistons à un tel mécontentement, tout simplement parce que les militants dont je fais parti devaient se prononcer sur des listes sans qu'à aucun moment ils aient participé à la constitution de ces listes qui je le rappelle sont régionales.

    On nous a demandé uniquement un vote pour entériner mais en aucune façon nous n'avons été associés au choix de nos représentants.
    ces listes n'ont pas été élaborées en concertation avec les élus et les militants des régions concernées.

    Il est là le problème nulle part ailleurs.

    Concernant la région Aquitaine, nous n'aurons aucun représentant dans la mesure où nos députés sortants n'ont pas été choisis par le national alors que Dominique SAVARY a un très bon bilan reconnu par tous....