Droit de suite 12/03/2009 à 17h22

Numéricable : un salarié écrasé mais une « affaire classée »


La plainte pour « violences aggravées »

déposée par le salarié gréviste écrasé par la voiture de son PDG a été classée sans suite.

Y aura-t-il une enquête judiciaire sur l'affaire Numéricable ? Cette semaine, Patrick Bérol, salarié gréviste de l'opérateur qui s'est fait écraser par une voiture de la direction, a reçu une lettre du procureur de la République l'informant que sa plainte pour « violences aggravées » était classée sans suite, « faute d'éléments probants ». Une décision surprenante, alors que plusieurs témoins ont raconté une version qui ne colle pas avec celle de la direction.

Version contre version : les grévistes et la direction s'opposent frontalement

Qui dit vrai ? Patrick Bérol, victime d'une triple fracture après avoir été écrasé lundi 16 février par une voiture de la direction sur le parking de l'entreprise ? Son témoignage a été diffusé sur Dailymotion par les Désobéissants en version longue. (Voir la vidéo à la 2e et à la 4e minute)

Sur le moment même, une première vidéo filmée par les Désobéissants ne montrait pas le choc, mais la course de la voiture du PDG, Pierre Danon, accélérant sur le parking de l'entreprise et, juste après, Patrick Bérol à terre. (Voir la vidéo aux alentours de 3 minutes 44)

Que dire de la version de Numéricable, bien différente de celle des grévistes ? Antoine Boulay, communicant de crise employé par l'opérateur, avait avancé l'histoire suivante, juste après les faits :

« J'ai trois témoins parmi les cadres de l'entreprise qui ont affirmé à la police que la personne a placé exprès sa jambe sous la roue arrière, en criant d'ailleurs “Maintenant ils vont raquer”. Est-ce que vous pensez vraiment qu'il aurait roulé à dessein sur son salarié ? C'est bien que ce dernier a accepté de se faire rouler dessus. »

Quant au délit de fuite reproché au patron par le collectif des Désobéissants, il le balayait d'un revers de main :

« Dans la voiture, ni le conducteur ni le passager ne pouvaient se rendre compte de la gravité de la situation. Ils

ont quitté l'entreprise sans savoir pour la fracture. C'est moi qui ai appelé le PDG quand il est sorti de son rendez-vous à la Défense. Il a décidé d'aller déposer aussitôt au commissariat. »

Un témoin des faits entendu par la police

Pour tirer au clair cette histoire, le parquet de Meaux aurait été inspiré d'ouvrir une information judiciaire. Mais, apparemment, il a décidé de n'en rien faire. En début de semaine, Patrick Bérol a reçu un courrier l'informant que sa plainte pour « violences aggravées » serait classée sans suite, « faute d'éléments probants ».

Pourtant, la police a entendu plusieurs témoins, dont une militante des Désobéissants qui a vu toute la scène. Précision : Caroline, cadre de 35 ans dans le milieu associatif, fait partie du collectif depuis un an mais elle n'est pas une « militante professionnelle ».

« Nous attendions la reprise des négociations avec le PDG. Soudain, vers 16 heures, une voiture part en trombe et fait le tour du parking en U. Nous sommes alors trois ou quatre à le traverser. Patrick s'allonge sur la chaussée pour la stopper, je suis juste derrière lui. Comme il est sur la droite, la voiture essaie de passer sur la gauche. Elle arrive très vite, face à nous.

Elle évite Patrick, mais freine et s'arrête car il y a un vigile dans le passage. Puis elle repart en avant. A ce moment-là, Patrick se relève et court le long de la voiture, côté conducteur, au niveau des portières.
Elle lui roule dessus. Patrick hurle, mais la voiture continue en avant, comme si elle passait sur un dos d'âne. Elle me fonce dessus. Je pose mes deux mains sur le capot et je croise le regard du chauffeur. J'ai compris qu'il fallait m'écarter. J'ai eu très peur et j'ai été vraiment choquée par ce qui s'est passé. »

Sollicité à plusieurs reprises, le parquet de Meaux n'a pas souhaité répondre à nos appels. Quant à Patrick Bérol, hospitalisé dans un centre de convalescence, il a l'intention de porter plainte avec constitution de partie civile. Pour qu'une enquête judiciaire soit enfin ouverte.


Article suivi : La voiture du PDG de Numéricable renverse un gréviste

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  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 18h22 le 12/03/2009
    • Internaute
      http://www.dessins-tox.com
  • Lucide91
    Lucide91
    Secrétaire
    • Posté à 18h34 le 12/03/2009
    • Internaute
      Secrétaire

    Vous êtes pathétiques !
    Je suis secrétaire juridique et quand le parquet classe sans suite, c'est justement parce qu'il y a eu enquête de police. Là, visiblement, le gars était allongé, ou bien il courait à côté d'une voiture en mouvement. Faut pas être con non plus ! Donc arrêtez d'essayer de faire des scandales là où il n'y en a pas. Ce qui est arrivé est triste, dommage pour le gars, dommage pour la boite, dommage pour le patron, mais dans les conflits sociaux il faut pas perdre son sang-froid et marcher à côté d'une voiture qui roule avec cinquante gus autour qui gueulent.
    Non, franchement, Rue89, le journalisme c'est aussi l'équilibre. Vous me dégoutez.

  • zompti
    zompti répond à Lucide91
    futur « départ volontaire »
    • Posté à 19h00 le 12/03/2009
    • Internaute
      futur « départ volontaire »

    Il n'empèche que même si un piéton se jettte sous votre voiture, vous devez vous arréter sinon il y a bel et bien délit de fuite. Et si la personne en question était décédée, serait il toujours aussi normal que la voiture poursuive sa route ?
    de plus si la voiture lui a roulé dessus (ça reste à vérifier) les occupants l'on forcement ressenti, même dans une berline grand luxe.

    Et je ne vois surtout pas en quoi la parole de « cadres » de l'entreprise à plus de valeur que la parole d'autre personne, la aussi la « sécrétaire juridique » devrait nous expliquer cela eainsi que la fuite.
    sans oublier qu'un un parking effectivement est effectivement considéré comme un espace semi-pieton et que la loi dit que face à un piéton, on doit rester maître de son véhicule, en toute circonstance.
    Mais pour du conseil juridique, je préfère m'adresser à un homme de loi qu'à sa secrétaire, même si elle pense pouvoir s'exprimer au nom des compétences de son employeur…