Lors de la discussion sur la réforme de l'hôpital, les députés ont rejeté un amendement qui devait renforcer les droits des victimes de refus de soins. Le président du Collectif interassociatif interpelle la ministre.
Madame Bachelot, à défaut d'avoir résisté aux députés, saurez-vous convaincre les sénateurs ?
Le système de santé français ne parvient plus à garantir l'objectif constitutionnel d'accès aux soins. Nos concitoyens le vivent concrètement. Les associations recensent ces nombreux cas de refus de soins. Les discriminations en raison de la santé sont devenues la deuxième cause de saisine de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).
Le Médiateur de la République vient de mettre en place un « pôle santé » pour toutes les situations où nos concitoyens sont en mauvaise passe avec le système de santé.
L'affaire est donc entendue : le système de santé n'accueille plus avec la même bienveillance chacun d'entre nous. Deux chiffres pour en prendre la mesure : il y a près de trois ans maintenant une enquête par testing du Fonds pour la Couverture maladie universelle (Fonds CMU) a révélé que 40 % des spécialistes écartaient la clientèle bénéficiaire de la CMU. Il y a quelques jours, le baromètre du Collectif interassociatif sur la santé vient de montrer que 13% de nos concitoyens vivant avec des revenus inférieurs à 1 000 euros s'étaient vu opposer un refus de soin.
Les droits des victimes devaient en sortir renforcés
Devant ce spectacle choquant, cette faillite morale au pays du principe d'égal accès aux soins, qu'était-il proposé de faire ? L'article 18 du projet de loi Hôpital Santé Patients Territoire devait renforcer les droits des victimes de refus de soins. C'est une bonne idée.
En effet, en droit français c'est à la victime de prouver qu'elle a été écartée des soins pour une raison prohibée par la loi. Sauf que ce n'est pas si simple. Personne ne songe à enregistrer l'appel téléphonique pour prendre rendez-vous ou à venir avec un huissier à la consultation !
En outre, les victimes de refus de soins sont aussi assez souvent ceux qui sont le moins bien insérés et le moins à même de faire valoir leurs droits. Dans le projet de loi Bachelot devait être créé un régime d'aménagement de la charge de la preuve afin qu'elle ne repose plus uniquement sur la victime.
Les députés ont cédé au lobby médical
Fureur chez les médecins qui ont immédiatement réagi en avançant qu'ils ne sont pas des délinquants ! Certes, mais les propriétaires et les employeurs non plus… et pourtant la charge de la preuve a aussi été aménagée en cas de refus de bail ou de refus d'emploi en raison de l'état de santé. Il y a environ dix ans maintenant.
Pourquoi les médecins bénéficieraient-ils d'une protection particulière face à la méconnaissance d'un droit fondamental, le droit d'accès aux soins, protégé par la Constitution ? Le fameux discours présidentiel sur la protection des victimes ne s'appliquerait donc pas aux victimes des refus de soins ?
Il n'y a aucune raison. Sauf le lobby médical, fortement mobilisé à l'Assemblée Nationale comme on l'a vu. Comme d'habitude, il y a peu de monde en séance, mais parmi la cinquantaine de présents 90 % sont des médecins ! Qui a-t-on choisi comme rapporteur de la loi ? Un médecin, bien sûr, en la personne de Jean-Marie Rolland. Cette petite entreprise de solidarité médicale a produit ses effets : la Commission des affaires sociales a produit un amendement supprimant l'aménagement de la charge de la preuve… amendement qui a bien entendu été adopté lors de son examen à l'Assemblée nationale ce jeudi 5 mars !
Il est donc finalement retenu que les patients exclus des soins aient accès à une sorte de commission de conciliation composée notamment de membres du Conseil départemental de l'ordre des médecins (qui n'a pourtant pas montré de grande capacité à faire la police de la profession au cours de ses cinquante ans d'existence, malgré sa responsabilité en ce domaine) et de représentants de la Caisse primaire d'Assurance maladie.
Que feront les sénateurs ?
L'indécence a gagné : nous mettons donc 206 milliards d'euros sur la table pour soigner nos concitoyens et nous ne pouvons pas exiger en contrepartie des outils légitimes pour lutter contre les refus de soins ! Si les droits des patients ont été reconnus en 2002 par l'Assemblée nationale, toutes couleurs politiques confondues, ce n'est pas pour servir de paillasson aux médecins quelques années plus tard !
La balle est maintenant dans le camp des sénatrices et sénateurs à qui les associations de patients demandent solennellement de rétablir les dispositions d'aménagement de la charge de la preuve initialement prévues dans l'article 18 afin de créer, enfin, un cadre réellement protecteur pour les victimes de refus de soins. Il en va de la santé des femmes et des hommes de ce pays. Il en va aussi de l'ordre républicain.



















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De caro
délinquante avérée | 14H51 | 07/03/2009 |
je suggère aussi à Mme Bachelot de se pencher sur l'Aide Médicale d'Etat qui devrait permettre à tous les sans papiers de se soigner. Or c'est de plus en plus difficile pour eux. Pour obtenir ce fameux papier à la préfecture, il faut un passeport en règle que beaucoup, réfugiés, ne peuvent obtenir de leur consulat.
Il faut voir aussi ce qui se passe dans les hôpitaux, depuis qu'ils sont soumis à des critères de rentabilité … ne refusent-ils pas, parfois, des malades sans ressources et sans assurance maladie ?
Notre système de santé que beaucoup de pays nous enviaient est en train de se disloquer et toute la faute n'est pas à mettre sur le dos des médecins. Dans cette profession, il y en a des tordus qui ne pensent qu'à l'argent, et il y en a d'admirables qui soignent tout le monde.
De Hulk_
nc | 20H11 | 07/03/2009 |
Un médecin qui pratique un dépassement d'honoraire ne peut pas l'appliquer à un bénéficiaire de CMU. Donc s'il prend le gars à la CMU au lieu d'un autre, il y perd.
Encore une belle loi socialiste…
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 00H22 | 08/03/2009 |
Que feront les sénateurs ?
« L'indécence a gagné : nous mettons donc 206 milliards d'euros sur la table pour soigner nos concitoyens et nous ne pouvons pas exiger en contrepartie des outils légitimes pour lutter contre les refus de soins ! »
Exactement comme pour les banques.
Allez-y tous ne vous gênez pas, interpellez-les :
http://www.senat.fr/elus.html
http://www.senat.fr/somelus.html
De Camille
Mauvais genre | 00H52 | 08/03/2009 |
: -( Autant je suis d'accord avec vous sur le fait qu'un médecin a des responsabilités et doit être rémunéré autant le jour où vous serez malade, j'espère pour vous que vous tomberez sur un médecin qui vous verra comme un patient et non comme un business !
Accessoirement votre raisonnement ne tient pas la route parce que les médecins s'engagent à soigner. Ils n'ont pas le droit de laisser mourir quelqu'un sous leur yeux. En ce sens, ce qui est arrivé à Gastaud est scandaleux.
A partir de là, c'est mieux de pouvoir les payer le mieux possible dans la limite de ce que nous, contribuables, sommes prêts à /pouvons payer.
De JAMBON.BEURRE
"Soyons realiste , demandons l'impo... | 03H23 | 08/03/2009 |
Je peux vous assurer que chez les spécialistes beaucoup n'acceptent pas les patient qui sont à la CMU,moins il est vrai chez lzs généralistes,et il existe une vrai discrimination,un exemple dans une salle d'attente un jour j'ai lu une affiche disant :
Toute personne étant à la CMU qui ne viendra pas à son rendez-vous sans avertir ne sera plus accepté.
Qu'un toubib n'accepte plus les patient qui agissent de la sorte c'est son droit ,mais pourquoi agir ainsi qu'avec les patients qui sont à la CMU ?
De GASTAUD
photographe | 07H56 | 08/03/2009 |
A l'attention de toutes et tous les Camille : au sujet des pharmacies.
Lorsque vous beneficiez de la CMU, les medicaments sont directement regles par la Securite Sociale.
Une pharmacie de la rue Daguerre (qui marche tres tres bien) a refuse de me servir, sous le pretexte que la Securite sociale rembourse avec difficulte les CMU.
J'ai du changer de medecin, j'ai du changer de dermato., j'ai du changer de dentiste, j'ai eu droit a des sous-entendus a Cochin…
Donc je le repete les clients ont remplace les patients, dans la tete du corps medicale. Tete qui a pris la forme d'une carte de credit !