Dans Le Monde, le commissaire à la diversité Yazid Sabeg annonce qu'il proposera cette mesure polémique à Sarkozy. Décryptage.

Malgré la polémique qu'elle a déclenchée, l'idée de bâtir un outil statistiques « ethnique », comme le font déjà plusieurs pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, continue de progresser. Dans une interview au Monde, le commissaire à la diversité Yazid Sabeg annonce qu'il va mettre sur la table, dans le cadre du plan d'action qu'il doit remettre à Nicolas Sarkozy le 20 mars, un projet de loi « visant à rendre licite la mesure de la diversité ».
Pour les défenseurs d'une telle idée, au premier rang desquels se trouve Sarkozy lui-même, il s'agit avant tout de se doter d'outils facilitant la lutte contre les discriminations et la mesure des progrès en France. Mais ceux qui s'y opposent dénoncent une mesure contraire à la tradition républicaine.
Ecoutez, par exemple, les arguments de Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, qui, dans une interview à Rue89 en septembre dernier, fustigeait un « vieux relent colonial » et condamnait le lien que l'on fait généralement entre discriminations, couleur de peau et immigration. (Ecouter le son)
Un mois plus tôt, en août, le Cran (Conseil représentatif des associations noires) avait réclamé un comptage ethnique en France, s'appuyant sur le revirement de position de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), qui accepte désormais la collecte de données sur l'origine raciale ou ethnique des personnes.
Dans son interview au Monde, Yazid Sabeg relance la discussion sur le sujet, mais il marche sur des oeufs. Il propose ainsi de soummettre la question à un comité de réflexion, « très pluraliste » et insiste sur le fait que ces statistques seront excusivement fondées sur « l'autodéclaration » :
« Il s'agit de demander aux personnes comment elles se définissent, ce qu'elles ressentent. »
Des mots choisis, qui font directement écho à ceux d'une récente proposition socialiste, qu'il applaudit.
Le commissaire à la diversité relance une autre polémique, celle qui porte sur la place de la culture générale dans les concours. Nicolas Sarkozy, prenant l'exemple caricatural de l'étude de la « Princesse de Clèves », a décidé de réduire l'importance de celle-ci (voir par exemple cette vidéo, filmée en juillet 2008) :
En décembre, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini, avait annoncé qu'il entendait bouter la culture générale hors des concours administratifs, celle-ci ayant pour résultat d'éliminer « tous ceux qui n'ont pas ces codes, souvent hérités du milieu familial ». Il s'agissait, expliquait-il de lutter contre une forme de « discrimination invisible ».
Sa proposition visait alors les concours de fonctionnaires de catégorie B ou C : « A quoi nous sert d'avoir une épreuve d'histoire pour les pompiers ? » Mais Yazid Sabeg va aujourd'hui plus loin, puisqu'il s'agit désormais, en « pondérant différement la culture générale et le français », de « rendre moins discriminants les concours aux grandes écoles ».
Photo : au Musée de l'immigration de Paris le 10 octobre 2007 (Benoit Tessier/Reuters)





















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De Tita
oiseau | 17H20 | 06/03/2009 |
Le nucléaire peut faire des bombes ou des scanners pour les hôpitaux. L'aspect « bien » versus « pas bien » d'une chose dépend souvent de l'usage qu'on se propose d'en faire.
Ici, c'est pareil. Le recueil de données sur l'ethnie, la « race », les origines peut servir à analyser le racisme ambiant, à le dénoncer, à aider les victimes, etc… En cela, c'est sans doute très bien.
Cependant, ce qui est gênant, c'est que ce soit ce gouvernement qui en fasse la proposition. Nous ayant si bien habitué à nous dire une chose pour en faire le contraire et compte-tenu de sa propension à vouloir nous surveiller, on serait tenté d'avoir peur que ces données ne servent pas qu'à des fins scientifiques ou humanitaires, mais aussi à du fichage et du contrôle social. « Procès d'intention que tout cela » me direz-vous ? Alors quelle garantie le gouvernement nous donne-t-il du bon usage de ces données (maintenant et surtout dans le futur) ?
De Eu-re-ka
amoureux des bons journalistes | 18H08 | 06/03/2009 |
Où est la cohérence ? Tout le monde a-t-il oublié l'excellent rapport Veil ?
http://www.elysee.fr/download/ ? mode=press&filename=Rapport_Veil.pdf
Commencer à la page 66.
Il est tellement plus pratique de vouloir mettre les gens dans des cases forcément artificielles. La France est l'un des pays au monde (peut-être LE pays au monde ? ) avec le plus fort taux de mariages mixtes, vouloir nous ranger dans des catégories « claires » est illusoire, trompeur, et rétrograde.
Souvenez-vous des émeutes de banlieue, des politiques divers mettant cela sur le compte de la polygamie ( ! ! ). Depuis, qui oserait nier qu'il s'agissait d'émeutes sociales ? Les groupes n'étaient d'ailleurs pas ethniques, même si une sur-représentation des minorités était logique et obligatoire puisque pauvreté et immigration sont toujours liées pour les premières générations d'immigrés.
Comment arrêter cette mauvaise foi, qui ignore toutes les analyses profondes pour nous entraîner dans le mur ? ?