Le projet de Nadine Morano d'étendre le statut du beau-parent aux homosexuels fait grincer des dents dans son propre camp.

La levée de boucliers était à prévoir. Après la ministre du Logement Christine Boutin et le FN, dont SOS homophobie souligne dans un communiqué la forte similarité des propos, ce sont désormais les députés qui s'indignent contre le projet de loi porté par Nadine Morano.
Un avant-projet de loi « mal venu », estime Christian Vanneste (UMP), qui le commente sur son blog, dans un post intitulé « Ni beaux… ni parents ! » :
Le texte « combine le souci de complaire au très médiatique lobbie de “la cause homosexuelle” avec une remise en cause d'une institution essentielle à notre société (…) : la Famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme ».
Le « lobby homosexuel » est à l'origine du texte aussi pour le député Jean-Marc Nesme (UMP), instigateur en janvier 2006 d'une entente parlementaire « pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de pouvoir s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère ».
Dans un communiqué, il accuse la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano d'avoir « plié sous la pression » de ce « lobby » qui « n'a pas hésité à publier un communiqué de victoire comme si le Parlement avait tranché » :
Le texte « crée la confusion en niant l'importance de la filiation et en légitimant le déni de la différence sexuelle. En bref, il souhaite bouleverser le droit de la famille en affirmant que le désir d'enfant serait suffisant pour créer la parenté ».
Curieuse affirmation quand on sait que le texte évoque la filiation uniquement pour évoquer la nécessité de l'accord des parents légaux et qu'il n'y ait nullement question de « désir d'enfant“…
Un texte qui apporte peu de nouveautés
A regarder le texte de plus près, on s'étonne quelque peu de cette levée de boucliers. En effet, il n'apporte que peu de nouveauté à la loi du 4 mars 2002 relative à la délégation-partage de l'autorité parentale, fait remarquer l'avocate Caroline Mécary sur son blog :
‘Désormais le partage de l'autorité parentale, qui se fait aujourd'hui par le dépôt d'une requête devant le juge des affaires familiales (JAF), qui vérifie le consentement des parties et s'assure que la demande est faite dans l'intérêt de l'enfant, se fera par le dépôt devant le JAF d'une convention conclue entre les parties, le JAF homologuera cette convention si le consentement des parties est éclairé et si c'est l'intérêt de l'enfant. Quelle révolution ! ’
Pour l'avocate, il s'agit donc d'une simple modification de procédure qui ne changera guère la donne :
‘Dans les deux cas, le JAF à un pouvoir d'appréciation via la notion d'intérêt de l'enfant, dont on sait qu'elle reflète souvent la pensée de celui qui l'invoque.’
De son côté,le député-maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère, juge que le projet de créer un statut de beau-parent est ‘une petite étape’, mais qu'un ‘écueil’ demeure, l'interdiction de l'adoption simple pour les homosexuels.



















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De sarkophile
observatrice hilare | 20H21 | 05/03/2009 |
La droite libérale, la vrai droite en quelque sorte, va encore une fois faire progresser la société française.
On peut jouissivement remarquer que la droite libérale a toujours été à l'avant-poste des progrès sociétals, en particulier dans la défense des minorités.
Pour preuve, la contraception, l'IVG et maintenant les droits des homosexuel(les). Et puis observons la couleur et le genre de notre gouvernement : voila de quoi faire pâlir la vieille gauche aseptisée.
La gauche encore une fois se retrouve à la traine, bloquée sur le passé et les vieilles luttes des classes, concept suranné et périmé.
Vive notre Président.
De sinclair
21H02 | 05/03/2009 |
Nième écran de fumée. Il s'agit du statut de beau parent ? du statut de parents homosexuel ? ou de délégation d'un partie de l'autorité parentale ? Quelle confusion.
Pour le dernier cas celui de la délégation comme il est indique cela existe déjà et c'est même encore plus simple puisque le JAF ou le JE n'ont a intervenir qu'en cas de conflit. Si tout le monde est d'accord il est inutile et contreproductif de faire intervenir la justice. Une simple lettre manuscrite suffit a prouver sa volonté pour les actes courant de la vie de l'enfant.
De plus on discute sur un possible projet de loi qui n'a fait l'objet d'aucun écrit. De qui se moque t on ?
De Hautpoul
21H06 | 05/03/2009 |
Quid du droit de l'enfant à avoir un référant père et mère ? On parle de l'intérêt de l'enfant mais on voit de plus en plus que c'est l'égoïsme des adultes qui est mis en avant. L'égoïsme de couple homo qui veulent « leur » enfant alors que la nature ne peut le leur donner mais aussi égoïsme de célibataires ou de personnes qui ne sont plus en âge de procréer.
Vous trouverez toujours des couples maudits hommes-femmes. Mais utiliser de tels prétextes pour vendre l'homo-parentalité est absurde et de mauvaise fois.
De Pierrrrre
21H24 | 05/03/2009 |
de la même manière que le couple homme-femme se doit d'être remis en cause par le couple homme-homme ou femme-femme,
pourquoi ne remettrait-on pas en cause la notion de couple aux références bien trop bourgeoises et judéo-chrétienne :
il faut être moderne et se tourner vers de nouveaux modèles citoyens :
une famille ne se réduit pas à un homme et une femme ; je propose qu'elle puisse être constituée par un groupe de sexe indéfini dont les individus s'aiment entre eux de manière croisée et multilatérale.
Ainsi, les enfants pourraient être adoptés par trois pères et deux mères, et nous aurions ainsi des familles à construction matricielle, le frère d'un frère n'étant pas fatalement un frère.
Ainsi dans cette diversité déduée de toute contrainte culturo/catho/bourgeoise, les enfants pourraient être éduqués dans un cocon multi-protecteur et à géométrie variable, dans un esprit d'ouverture à un monde alternatif.
De Aladinea
Etudiante | 22H09 | 05/03/2009 |
La question des parents homosexuels est très compliquée. Pour ma part, je ne pense pas qu'avoir deux papas ou deux mamans puisse nuire à l'enfant. Par contre, le regard des autres et les questions des autres enfants du style « mais tu n'as pas de papa/maman ? “(rayez la mention inutile) pourrait, éventuellement, causer un traumatisme.
Enfin, je dis ça, je suis très loin d'être spécialiste.
La société évolue, les mentalités évoluent (lentement), et le droit à l'adoption pour les homosexuels est déjà reconnu dans certains pays. Qu'est-ce que ça donne ? Ces enfants là sont-ils tous des sociopathes ? Je pense que la réponse est évidemment non, mais, je ne sais pas, n'y a-t-il pas eu d'études sur le sujet ? Pourquoi une telle peur, c'est ce que j'ai du mal à comprendre.
De unagi
Fatalitas | 00H17 | 06/03/2009 |
De nono le simplet
gardien de phare en intérim | 05H06 | 06/03/2009 |
je me pose une question simplette :
comment on peut avoir des beaux-parents homosexuels puisque l'adoption est , à ce jour , interdite ?
A part quelques cas de divorces d'héteros devenant homos aprés avoir eu des enfants , je ne vois pas !
A moins que ce cas ne soit pas si rare …
On veut légiferer sur un cas qui , d'autre part, est pratiquement rendu impossible par la loi …
J'aimerais être éclairé !
De vaugoubert
12H04 | 06/03/2009 |
Vous m'avez l'air de confondre un peu libéralisme politique et libéralisme économique, qui vont parfois mais pas toujours de pair !
On peut remercier Giscard pour l'IVG, le droit de vote à 18 ans, la saisine du Conseil constitutionnel par 60 députés et sénateurs (qui ouvrait de nouveaux droits à l'opposition parlementaire, mine de rien), et Mitterrand pour la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité. Sur l'abolition de la peine de mort, justement, sans Badinter et si on avait laissé choisir l'opinion publique, on exécuterait encore en France…
Les intellectuels et les militants ont un rôle dans la propagation de certaines idées, certes, mais encore faut-il que des politiques aient le courage de les reprendre et de les imposer. Même si je suis loin d'être fan de Sarkozy, je lui sais gré de cette réforme qui offre un statut juridique solide à pas mal de familles recomposées, notamment homoparentales.
Si j'avais compté sur la gauche pour le faire, j'aurais attendu jusqu'à 2012 voir plutôt 2017… Dommage pour les citoyens concernés par cette réforme, non ?
De Tita
oiseau | 13H53 | 06/03/2009 |
Bien sûr qu'il y a et aura de la résistance contre cette miette de droit jeté aux homosexuels. La double mécanique est d'ailleurs toujours la même :
- faire une confusion entre accorder un droit (aux homosexuels) et perdre un droit (aux hétérosexuels). Non Monsieur Christian Vanneste, même si le mariage homosexuel était accordé, il ne menacerait pas le mariage hétérosexuel. Les hétérosexuels auront toujours le même droit : celui de se marier. Ainsi, vous pourrez vous marier avec la femme de votre vie sans empêcher un homme se se marier avec un homme ou une femme de se marier avec une femme. D'ailleurs en quoi le mariage des autres fait-il de l'ombre au votre ?
- nous faire croire que le le mariage est « naturellement » le lien entre un homme et une femme. Outre que cette idée s'inspire largement du sacrement chrétien du mariage (sacrement récent dans l'histoire du mariage car au début, l'Église ne s'en occupait pas), c'est nous faire croire aussi que les homosexuels ne sont pas « naturels » et donc normaux. Il me semble que l'histoire montre des homosexuels célèbres depuis longtemps et cela à travers différentes cultures. Ainsi, c'est le fait qu'il n'y aurait pas d'homosexuels qui serait anormal. En quoi votre normalité d'hétérosexuel est-elle plus légitime que celle des homosexuels ?
Dans les deux cas de cette double mécanique, c'est un étalage pathétique d'intolérance.
De jondegre
(grouillot) | 14H04 | 06/03/2009 |
Bonjour,
Il semble bien curieux d'envisager d'un statut de beau-parent dans les familles recomposées alors que le simple statut de parent, lui, est très loin d'être garanti en cas de séparation et divorce.Dans 90% des séparations, le père ne peut plus voir son enfant qu'un week-end sur deux. Dans 30% des cas de droit de visite et d'hébergement, le parent « non-gardien » ( le père donc ) perd tout contact avec son enfant au bout de 3 ans en moyenne. La situation est dramatique.
Ce projet de « statut du beau parent » semble donc bien dangereux compte tenu de l'état catastrophique de la famille en France.Il serait indispensable de commencer par garantir et pérenniser le statut de parent, de garantir à l'enfant son droit à aimer ses deux parents.Sinon, il est clair que ce « statut de beau parent » va sérieusement entrer en conflit avec le rôle de « vrai » parent non gardien.Cette « fausse bonne idée » de « statut de beau parent » est très révélatrice d'un certain manque de connaissance de l'état de la famille aujourd'hui, des « guerres parentales » que notre justice familiale crée quotidiennement et de la destruction de notre jeunesse que cela entraine.Aujourd'hui, beaucoup de parents « gardiens » utilisent leur nouveau conjoint ou ami(e) pour « effacer » l'autre parent dans la mémoire et le cœur de leur propre enfant : qu'en sera t il demain si ce projet de « statut de beau parent » voit le jour ?