A débattre 05/03/2009 à 13h36

« Embauchez-moi, je vous offre 50000 euros »

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Un cadre de 51 ans, au chômage depuis neuf mois, verserait cette somme à son employeur contre une embauche.


A Hambourg, emballage de billets de 50 euros fraichement imprimés (Ho New/Reuters).

Cinquante mille euros. C'est la somme que touchera le futur employeur de Jean-Pierre Le Floch, ou la personne qui lui aura permis de le rencontrer. Ce directeur financier de 51 ans, au chômage depuis 9 mois, a eu le temps de gamberger, en attendant les réponses aux 200 candidatures qu'il a envoyées, ou en patientant avant la quinzaine d'entretiens qu'il a obtenus. En vain.

« Une fois qu'on a fait tout ça, on finit par se demander que faire », raconte ce père de famille diplômé de l'université Dauphine, puis passé par les directions financières de Danone et du BHV avant de prendre la tête de celle d'un fabricant de matériel médical. « La filiale où je travaillais a été vendue, et j'ai été licencié. »

Trois mois plus tôt, la vente étant prévue, il avait débuté ses démarches. Soit un total d'un an de recherche. Le quotidien d'un chômeur de catégorie « senior », avec ce paradoxe : expérimenté, mais jugé trop vieux.

« A un forum pour l'emploi senior à la bourse de Paris, il y avait une queue d'une centaine de mètres, c'était impressionnant. C'est curieux ce qui se passe : aujourd'hui, on nous demande de travailler pendant 45 ans, alors que les entreprises recrutent surtout sur une tranche d'âge d'une quinzaine d'années, entre 30 et 45 ans. »

Aucune animosité dans la voix de Jean-Pierre Le Floch quand il dit cela. Simplement, posément, un constat. Il a alors eu cette idée de proposer 50 000 euros à son futur employeur, ou à la personne qui lui permettra de le rencontrer. Une « prime d'un montant maximum de 50 000 euros, basée sur une durée de travail de dix ans, versée par mensualités », précise-t-il sur son blog.

« Bien sûr, j'ai fait ça pour qu'on en parle, mais pas seulement », assure le cadre. « Ma démarche est sérieuse, c'est un signe de ma motivation très profonde à trouver un emploi. Un travail est évidemment une ressource financière, mais c'est aussi l'intérêt d'une fonction, et celui d'être en contact avec des gens en entreprise. »

Jean-Pierre Le Floch a initié cette démarche avant d'apprendre qu'un jeune diplômé s'était mis en vente sur e-bay pour obtenir un emploi (que Martin Hirsch lui a finalement offert). « Il a osé, ça m'a encouragé. »

Photo : à Hambourg, emballage de billets de 50 euros fraichement imprimés (Ho New/Reuters).

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  • léo solo
    • Posté à 13h55 le 05/03/2009

    Il cherche un emploi de chauffeur de buzz ?

  • TARPON
    • Posté à 13h57 le 05/03/2009

    Pourquoi ne pas avoir le courage de creer son entreprise ,il ne semble manquer ni d'experience ni de cash ,et à 51 ans on peut encore marcher. ?
    Son probleme semble etre celui de beaucoup de salariés qui ne peuvent concevoir le travail que dans une structure hierarchisée et face à la perte d'emploi n'arrivent pas à sauter le pas .
    Pourquoi ne propose t'il pas ses services dans l'interim par exemple,on recherche ce type de cadre ,il a l'âge rassurant de l'experience ,cela lui permettrait d'avoir les contacts humains dont il a besoin et petit à petit de s'assumer avant de sauter le pas.C'est le mieux que je puisse lui souhaiter.

  • shillom
    shillom répond à TARPON
    • Posté à 14h50 le 05/03/2009
    • Internaute

    Pour monter une entreprise, il faut une idée, un secteur d'activité connu, et un carnet d'adresses. En tant que directeur financier, je pense qu'il a bien plus à offrir à une entreprise que des critères nécessaires pour monter sa boite.

    Après, passer par le service en version intérim peut être une idée. Mais un directeur financier travaille plutôt sur le long terme je pense.

  • kanute
    • Posté à 15h25 le 05/03/2009

    Il est con, à 51 ans il devrait plutôt s'acheter une pitite Rolex avec 50000 €.
    Il s'endormirait bien mieux chaque soir, satisfait d'avoir réussi sa vie...

  • Thierry Seguin
    Thierry Seguin
    Journaliste spécialisé
    • Posté à 16h00 le 05/03/2009
    • Journaliste
      Journaliste spécialisé

    Moi je suis ex cadre, ex profession libérale, salarié-journaliste pour deux employeurs et je lance une activité très prometteuse et très interessante mais très gourmande en fond de roulement. Pas question de me ficeler avec un banquiers escroc. Si ce monsieur Le Floch souhaite s'associer plutôt que de verser 50 000 euros à perte ...