Dans le rétro avec l'INA 04/03/2009 à 19h33

Eurotunnel : vingt ans d'attente pour toucher 4 centimes

François Krug | Journaliste Rue89



Dans le rétro avec l’INA

Pour la première fois depuis son entrée en Bourse, en 1987, Eurotunnel va verser des dividendes à ses actionnaires : 4 centimes d’euro par titre. Comment ce placement de bon père de famille s’est-il transformé en catastrophe financière ? Retour en images sur l’étrange histoire du tunnel sous la Manche.

Le rêve de Napoléon

En inaugurant le tunnel sous la Manche, en mai 1994, la reine d’Angleterre et François Mitterrand réalisaient un des rêves de Napoléon : relier la Grande-Bretagne au continent. Des travaux avaient même été engagés en 1880. Ce début de tunnel avait été vite abandonné. Et dans ce reportage de 1948, le couple chargé de veiller sur son entrée a l’air bien mélancolique.

Comme dans le métro

L’Eurostar, ce n’est finalement guère plus impressionnant que le métro. Les premiers voyageurs à traverser la Manche en train semblent presque blasés, même si dans ce reportage, l’un d’entre eux avoue s’être « bourré de médicaments pour pouvoir venir ».

Les petits actionnaires qui ont financé le « chantier du siècle » commencent, eux, à s’inquiéter. Vendu 35 francs (5,3 euros) lors de l’introduction en Bourse, en 1987, l’action a atteint un record de 128 francs (19,5 euros) deux ans plus tard. Depuis, la sous-estimation du coût du chantier et les besoins de refinancement n’ont pas cessé de faire chuter le titre : 30 francs (4,5 euros) en 1993, plus de deux fois moins en 1995.

« Tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu »

En 1996, la faillite n’est pas loin. Les actionnaires en colère manifestent devant l’entrée du tunnel à Coquelles, dans le Pas-de-Calais. La société annonce des pertes supérieures à un milliard d’euros et n’est plus capable de payer les intérêts de sa dette d’une dizaine de milliards d’euros. Les soupçons de délits d’initié contre deux banques ayant participé au projet n’arrangent rien.

Les petits porteurs s’interrogent : faut-il vendre ? « Tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu », juge l’un d’eux. Un autre est prêt à suivre le plan de refinancement qui diluerait leur part du capital : « Je préfère avoir 50% d’un truc qui marche que 100% d’un truc qui fait faillite. »

Bronca à l’assemblée générale

En 2007, les risques de faillite ne sont toujours pas écartés. A l’assemblée générale d’Eurotunnel, les petits porteurs ruinés laissent éclater leur colère. Les dirigeants successifs de la société n’ont pas réussi à redresser la situation.

Aujourd’hui, est-ce « la fin des incertitudes financières pour Eurotunnel », comme l’affirme son PDG ? Après avoir réduit ses coûts (et ses effectifs), le groupe affiche un bénéfice de 40 millions d’euros pour 2008. Pour les petits actionnaires, ce n’est pas encore le pactole : avec 4 centimes d’euros de dividende, on est encore très loin des promesses du « chantier du siècle ».

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  • Al nasr al tair
    Al nasr al tair
    L'aigle en vol...
    • Posté à 20h07 le 04/03/2009
    • Internaute 69210
      L'aigle en vol...

    QUOI ! ! ! ! Je viens de gagner 8 € ?
    Diantre fichtre ! D’un coup la crise ne m’apparait plus aussi sinistre !

    ( Encore faut il que je retrouve les dites actions... Peut être avec les emprunts russe de pépé... ! ? Me rappelle plus, c’est si loin !)

    Après l’euphorie (bien compréhensible) une grosse inquiétude : Quel sera le cout bancaire pour enfin jouir de la juste rétribution de mon placement ?
    Ne vais je point changer de tranche d’imposition ? ( Non finalement le bouclier fiscal devrait me protéger efficacement, merci qui ?)
    Je ne vous fait pas le ratio investissement/ rendement j’ai trop honte de ma nullité crasse en économie... Déjà pépé... en son temps...

    Dites docteur ça s« rait pas génétique des fois... ?

  • La Grenouille
    • Posté à 20h51 le 04/03/2009
    • Internaute 30444

    Joli pied de nez, verser des dividendes après 20 ans de gouffre financier mais en pleine crise financière !

    Le capitalisme boursier n’est pas à une incongruité près...