Sur le terrain 28/02/2009 à 20h25

« La lutte n'est pas finie », disent les Antillais de métropole

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Ils étaient environ 4000 à manifester ce samedi à Paris afin de maintenir la pression sur le gouvernement.


Manifestation de soutien aux Antillais à Paris samedi 28 février (DR)

En métropole, les Antillais font ce qu'ils peuvent pour maintenir la pression sur le gouvernement et le patronat, alors que la crise semble sur le point de se dénouer outre-mer.

Ce samedi place de la Nation, il y avait moins de monde que samedi dernier. Mais il y avait quand même 3500 à 4000 Guadeloupéens et Martiniquais de l'Hexagone réunis à l'appel du collectif DOM (et d'autres associations et mouvements politiques tels que LO, le NPA et le PCF). Et si la manifestation était immobile et pouvait donner l'impression que le ton était descendu d'un cran, il n'en est rien.

A écouter Joss Rovelas, porte-parole de Continuité Liyannaj Kont Pwofitasyon, qui représente le LKP guadeloupéen dans l'Hexagone, « il y aura des suites au mouvement, et si Sarkozy veut être le président de la rupture, qu'il le prouve ».

Entre musique et discours, il s'agissait de dire au gouvernement que le combat continue et que la crise en Guadeloupe a ouvert la voie à une réflexion de fond sur l'identité des Domiens, qui ne cessent de répéter leur demande de respect et leur aspiration à l'égalité, au-delà de la question du pouvoir d'achat. (Voir la vidéo)


Samedi, des négociations ont repris sur les services publics et l'emploi en Guadeloupe au lendemain de la signature d'un accord entre le LKP et certaines organisations patronales. Accord que le Medef local continue de dénoncer.

Un « effet Obama »

Si certains confient que leur famille aux Antilles en a « ras-le-bol » de la grève générale et souhaite reprendre une activité économique normale, la tonalité générale est que les Antillais « n'ont pas le choix » s'ils veulent que le gouvernement « les prenne au sérieux ». Pour Jocelyne :

« Le gouvernement aurait pu régler cette crise plus vite, il a laissé pourrir se disant que les Antilles c'est la fête, le zouk, le punch... et oubliant qu'on est confronté à de vastes problèmes, pas seulement de vie chère, mais de développement et de pouvoir d'achat. »

Pour Viviane, il y a aussi un « effet Obama » : l'élection du président américain a fait prendre conscience qu'ailleurs, il y a des responsables de toutes les couleurs mais pas chez nous.

Son mari, Léon, estime que « au-delà du conflit social, le malaise est identitaire », et lui va jusqu'à demander plus d'autonomie pour ce territoire.

Quoi qu'il arrive « le combat n'est pas fini », clament tous les manifestants. Car c'est sur une « véritable politique de développement pour sortir de l'assistanat qu'il nous faut », insiste Léon.

Modifié le 01/03/2009 à 09h00 avec l'ajout de l'interview en vidéo de Joss Rovelas.

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  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 20h47 le 28/02/2009
    • Internaute
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Maintenant qu'ont quasiment été obtenues les augmentations de 200 € demandées par les Guadeloupéeens, les Martiniquais entrent dans la danse, mais en demandant cette fois 350 €....

    * ainsi qu'une baisse des tarifs du Gaz, de l'électricité, et des carburants.

    ¤ Pourquoi ne pas exagérer, puisque ça donne l'impression de « marcher »...mais il ne faut pas oublier qu'en échange des 200 € obtenus par les Guadeloupéeens, on envisage de mettre à la porte près de 12 000 personnes, leurs entreprises déposant le bilan. C'est donc probablement une réussite pour ceux qui ne perdent pas leur job, mais pour les autres...c'est une autre histoire.

  • JEAP
    • Posté à 21h05 le 28/02/2009

    les Media courant se gardent bien de parler d'une crise dans les Antilles mais plutôt d'une situation en Guadeloupe et d'une autre en Martinique en séparant bien les deux comme s'ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre. Dans les sujets TV il y a un retour au plateau entre Martinique et Guadeloupe avec une transition à la « Monty Python » comme pour dire :
    - Et maintenant, un sujet sans aucun rapport avec celui que vous venez de voir...
    - And Now For Something Completely Different...

  • nemo3637
    nemo3637 répond à Yvon le Zébulon
    Déchoukeur
    • Posté à 02h38 le 01/03/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    « Maintenant qu'ont quasiment été obtenues les augmentations de 200 € demandées par les Guadeloupéeens, les Martiniquais entrent dans la danse, mais en demandant cette fois 350 €…. »

    En se tenant un peu au courant on saurait que le mouvement de grève en Martinique date du 5 février. Les Martiniquais ne sont pas « entrés dans la danse » à la suite de la grève de la Guadeloupe. Depuis l'été dernier une Intersyndicale organisait des réunions dans l'île et avançait une telle revendication - et d'autres. Il s'agissait d'une augmentation de 354,16 euros calculé par rapport au SMIC et à la différence du coût de la vie en Martinique par rapport à la métropole, encore plus élevé qu'en Guadeloupe.
    Cela dit, vous m'accorderez bien la prochaine : la Guyane voit se dérouler le même scénario, et à la Réunion de nombreux préavis de grève ont été déposés.
    Eh oui, vous l'avez remarqué comme moi : il manque Saint Pierre et Miquelon.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon répond à Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h31 le 02/03/2009
    • Internaute
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Le lien que vous proposez est du hameçonnage, voire un Hoax !

  • Sophie Verney-Caillat
    Sophie Verney-Caillat
    Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
    • Posté à 10h48 le 03/03/2009
      rédacteur
    • Journaliste
      Journaliste

    Oups. Je présente mes excuses à ceux qui auraient remarqué un souci sur l'interview de Joss Rovelas : la vidéo que j'ai mise en ligne dimanche matin, puis retirée mardi matin, faisait 19 minutes car, pour une raison que j'ignore, mes « rushs » (c'est-à-dire mon brouillon en langage vidéo) s'étaient collées derrière l'interview en question au montage. Je n'ai pas retrouvé l'original pour la « nettoyer » et du coup l'ai dépubliée.
    Désolée encore. Ca m'apprendra pour la prochaine fois.
    Sophie