L'observateur Paalga 28/02/2009 à 19h23

Fespaco : pour le cinéma africain, le numérique plutôt que l'aumône

L'Observateur paalga"


Traque à Ouaga, film à petit budget mais à gros succès (DR)

(De Ouagadougou) La 21e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) s'est ouverte samedi dans la capitale du Burkina Faso, une rencontre qui semble avoir gagné en maturité alors que le 7e art sur le continent noir souffre au plus profond de sa chair.

Le 40e anniversaire du Fespaco sera l'occasion pour les fils du continent vivant sur la terre de leurs ancêtres, ceux de la diaspora et les amateurs du cinéma africain venus des quatre coins du monde de voir et de faire voir au besoin leurs productions.

Pendant une semaine, le parc hôtelier de Ougadougou fera le plein, et les « poulets bicyclettes », dont la capitale burkinabè semble détenir la marque déposée, se vendront une fois de plus comme de petits pains.

Une fois n'est pas coutume, les conducteurs de taxis mettront du beurre sur leurs épinards en flouant au besoin quelques festivaliers peu au fait des tarifs des courses dans notre capitale. Bon an mal an, le Fespaco reste un grand rendez-vous en ce qu'il permet de fouetter, le temps d'un événement, l'économie locale.

Comme de coutume, on va voir une kyrielle de festivaliers qui réaffirmeront toute leur disponibilité à aider ce cinéma africain, présentement au creux de la vague en dépit des grands talents qui caractérisent ses acteurs.

On ne sera pas non plus privé de ces moments où ministres, grands patrons et envoyés spéciaux vont nous assommer de discours grandiloquents dans lesquels ils relateront les succès de leur politique culturelle et ce qui est entrepris dans leur pays ou au niveau de leurs institutions pour sauver le 7e art du naufrage.

Le cinéma africain en crise

En effet, s'il est incontestable que le Fespaco, qui reste un cadre idéal de réflexion et de promotion du cinéma africain, est irremplaçable, il n'en demeure pas moins que, plus que jamais, le 7e art en Afrique tout au moins traverse, ces dernières années, les pires moments de son histoire.

Comme le disait Elisabeth Lequeret, qui s'y connaît en matière de cinéma :

« Si au début des années 90 le continent noir faisait figure de parent pauvre mais prometteur, capable de déployer aux yeux de l'Occident sa singulière vision du monde et du cinéma, aujourd'hui, l'Afrique semble, à tous points de vue, devenue un angle mort cinéphilique, et les films admirables produits ces dernières années ('Bamako », du Malien Abderrahmane Sissako, « Daratt » du Tchadien Mahamad Saleh-Haroun ou encore « Mooladé » du Sénégalais Sembène Ousmane) masquent difficilement l'absence quasi totale de projets de grande ampleur. »

D'ailleurs, Dominique Wallon, l'ancien directeur du CNC, qui reste une référence en matière de cinéma, ne croyait pas si bien dire lorsqu'il faisait le sombre constat suivant il y a déjà quelques années :

« La situation de la production africaine est la plus désastreuse depuis longtemps, et cela va en déclinant depuis cinq ans. La période faste de la production africaine de la fin des années 80 début des années 90 est en effet terminée.

“La France ainsi que l'Europe ont réduit leurs financements, et les fonds sont saupoudrés sur davantage de films et de pays, et les projets ambitieux ont de plus en plus du mal à voir le jour… Côté africain, rien n'a pris le relais.”

Ici l'adage selon lequel celui qui est couché sur la natte d'autrui est couché à même le sol prend tout son sens.

C'est peu dire, donc, que d'affirmer que le ciel cinématographique africain est fortement tenaillé par des tourments. En effet, hormis le nerf de la guerre, qui se fait de plus en rare telles les larmes d'un chien, il y a la situation difficile des salles de cinéma, qui ferment en cascade à travers le continent.

Les réseaux de salles inexistants en Afrique

C'est de notoriété publique, même si un film connaît un succès retentissant, il est impossible d'en amortir les dépenses si les salles sont inexistantes, comme c'est le cas en Afrique. Et pour que ce même film soit programmé en Europe ou dans les salles du nouveau monde, il faut au préalable qu'il soit techniquement irréprochable.

A entendre Michel Ouédraogo, le Délégué général du Fespaco, si les salles ferment, c'est parce que les Africains ne vont pas au cinéma ; et la fermeture de ces salles serait la conséquence de la désaffection du public africain pour son cinéma. C'est peut-être vrai, mais cette désaffection n'est-elle pas plus liée à la mauvaise qualité de certaines œuvres produites qu'à autre chose ?

S'il est indéniable que quelques films de belle facture ont été produits par des Africains, il reste également vrai qu'elles sont nombreuses, les productions qui restent de véritables navets, où la consolation d'avoir pu au moins sortir quelque chose prend le pas sur la qualité. Nous nous garderons d'en citer, mais certains films, même du Burkina, qui fait pourtant office de phare à l'échelle continentale en la matière, restent du théâtre amélioré.

Or, si on abandonne le confort douillet de son salon où on peut zapper sur plusieurs chaînes, pour aller au cinéma, ce n'est vraiment pas pour voir un navet. Nous sommes les premiers à reconnaître le professionnalisme des cinéastes africains et, plus qu'à toute autre chose, la mauvaise qualité de certaines productions serait imputable à la baisse constante des financements.

Compter sur ses propres forces pour le cinéma africain

Si fait qu'avec un maigre budget glané et débloqué au compte-gouttes, et ce, au prix de plusieurs rendez-vous et de longues palabres auprès de quelques “généreux donateurs”, on ne peut que produire du techniquement incorrect.

Mais cela ne saurait être imputable aux cinéphiles que nous sommes et qui vont préférer suivre tranquillement les télénovelas dans un cadre familial. Véritablement, nous pensons qu'en Afrique, où tout (éducation, santé, agriculture etc.) reste d'une impérieuse priorité, financer le cinéma demeure la quadrature du cercle.

Au lieu de tendre tout le temps la sébile pour quémander les centaines de millions de francs CFA pour une bonne production à l'image de “Mooladé” de Sembène Ousmane, il faut plutôt qu'on puisse désormais s'orienter vers des productions à petits budgets, avec des moyens presque dérisoires, tournés en DV comme “Traque à Ouaga” ou “Sofia” du Burkinabè Boubakar Diallo ou “l'Arnaque” du Malien Ousmane Dadié Touré.

L'expérience a montré que ces films à petits budgets trouvaient facilement leur public sur place, et que leur rentabilité ne pouvait être sujette à caution.

Ainsi, le cinéma peut facilement s'autofinancer. Qu'on se le dise une fois pour toutes : au lieu de se transformer en mendiant parcourant les différentes institutions occidentales pour trouver péniblement les moyens de sortir un seul film à grand budget, mettons plutôt le cap sur le numérique léger.

Face donc à la rareté des aides à la production, il faut bien se faire une raison, car, à défaut de ce que l'on veut, il faut au moins se contenter de ce que l'on a.

Photo : traque à Ouaga, film à petit budget mais à gros succès (DR)

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Ailleurs sur le Web
Le site officiel du Fespaco, sur fespaco.bf
Interview d'Alimata Salambéré, l'une des fondatrices du festival, sur afrik.com
Le grand rendez-vous du cinéma africain, sur rfi.fr

Publié initialement sur
L'Observateur paalga
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  • Tofraziel
    Tofraziel
    Orwellien
    • Posté à 21h10 le 28/02/2009
    • Internaute
      Orwellien

    Si vous vous intéressez au cinéma africain, un festival a lieu en région parisienne depuis deux ans, en novembre. Vous êtes les bienvenus !

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  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 22h02 le 28/02/2009
    • Internaute
      Wouaooouh!

    Haute-Volta, devenu BURKINA FASO (Terre des hommes intègres)
    grâce au grandissime THOMAS SANKARA (assassiné par les sbires de son « compagnon » de révolution Blaise COMPAORE, toujours au pouvoir...).

    Le Burkina est un pays idéal pour le cinéma avec ses paysages, ses techniciens, l'accueil qui est fait au 7e Art, les grands cinéastes du Burkina : Souleymane Cissé et Idrissa Ouédraogo, évidemment, récompensés à Cannes (et à Berlin, Melbourne, Taormina, etc.. pour Ouédraogo) mais aussi Adama Drobo, et Gaston Kaboré et le « petit » Tahirou Ouedraogo... Plus tous ceux qui ont des projets et qu'ils faut aider à les accomplir. Beaucoup viennent en France pour obtenir des aides, il est vrai qu'il est difficile de les aider à les monter.

    Le FESPACO, où j'ai eu la chance de me rendre à deux reprises, est LE grand festival du CINEMA AFRICAIN.
    J'espère que les professionnels du monde entier iront y faire leur marché et des affaires, bien sûr.. dans l'intérêt des cinéphiles..

  • lebocksson
    • Posté à 22h55 le 28/02/2009
    • Internaute

    Je vous conseil de voir ce site
    Lien
    Site du Festival International du Film d'Amiens ( Picardie, département de la Somme, au nord de la France).
    Depuis 1980 que ce festival est jumelé avec le Fespaco. Ils éditent une revue qui s'appelle « Vues d'Afrique ».
    Venez nombreux car ce Festival est un espace de liberté où la dignité humaine est respecté. Cette année le festival se déroule du 13 novembre au 22 novembre 2009.

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à lebocksson
      Wouaooouh!
      • Posté à 00h16 le 01/03/2009
      • Internaute
        Wouaooouh!

      Excellent Festival, rendez-vous utile de tous les cinéastes africains
      ou de la méditerranée et festival « à taille humaine » où tous les amateurs de cinémas du monde peuvent accéder (Comme à Nantes ou La Rochelle, par exemple).

  • jujuairplane
    • Posté à 08h28 le 01/03/2009

    Cet article est on ne peut plus intéressant sur l'état de délabrement du cinéma africain contemporain que j'ai souvent eu à déplorer lorsque je vivais au Sénégal, cependant est aussi extrêmement hypocrite :

    -De 1°, le cinéma africain crée souvent des petits joyaux et a un potentiel énorme, ce qui est vrai, mais cet article oublie de dire qu'une des principales raisons pour lesquelles le cinéma africain est depuis toujours en difficulté, c'est que ce ne sont pas les africains eux-mêmes, mais le plus souvent un public occidental ou africain éduqué qui va voir ces films.

    Exemple : « Mooladé » de Sembène Ousmane, que j'ai vu à l'affiche comme un des films les plus populaires du box-office même en Australie lorsque j'y étais, était impossible ou presque impossible trouver au Sénégal quand j'y vivais. Des merdes (pardon du langage) d'action hollywoodiennes du genre « Bad Boyz 2 », des films de Bollywood (quatre heures de musiques et de danses soporifiques), ou des telenovelas brésiliennes (« Barbara, est-ce que tu m'aimes ? Oh oui mon Rodriguo d'amour »), on trouve sans problème, mais pas des films d'auteur.

    J'ai demandé pourquoi à un cinéaste africain (un de ceux qui ont envie de faire bouger les choses), sa réponse était simple : les films comme « Mooladé » ou « Daratt » qui se passent dans des villages ou des banlieues africaines et montrent la vie (et parfois les horreurs et la misère) de tous les jours, les Africains s'en branlent. Et les trucs politisés comme « Bamako » passent tout simplement au dessus de la tête de l'Africain lambda, qui lui veut voir quoi ? Ben du rêve ma cocotte.

    De 2°, le seul cinéma africain qui marche, en dehors de l'Afrique du Sud, cas particulier, c'est le très, très petit budget, et la très très mauvaise qualité des films du « Nollywood » Nigérian, produits directement sur DvD voire VHS pour être visionnés à la maison sans passer par le cinéma.

    De 3° donc, cet article se mange la queue car le seul cinéma africain qui aurait une chance de marcher, le numérique, ne peut pour l'instant produire et surtout, surtout, commercialiser que des films de mauvaise qualité. Pour distribuer des petits budgets africains de bonne qualité il faudrait, étant donné les attentes du public africain, subventionner à mort des films d'auteurs distribués par DvD ou subventionner à mort des salles de cinéma (comme c'est d'ailleurs fait à Ouaga). Or pour cela, même en utilisant le numérique peu coûteux, il faudra tendre encore et toujours la sébille aux Occidentaux (voire aux Chinois et Indiens si ils sont intéressés par cet investissement, mais pour l'instant j'en doute)...

    L'exemple type du cinoche africain qui se meurt est l'ancien cinéma « Le Paris ». Dernier vrai cinéma de Dakar au Sénégal (vrai dans le sens où il ne projetait pas des films pornos pour se renflouer et était à moins de 500 mètres de la présidence sur la principale place de Dakar), il est devenu relativement célèbre après avoir été mentionné dans une chanson d'Amadou et Mariam dont je ne sais plus le nom au sujet du Sénégal, de Dakar et de l'émigration. Au moment même où il acquit une relative célébrité en dehors de Dakar ce n'était plus qu'une immense salle vide qui projetait vaguement des films qui ne s'assuraient qu'une petite clientèle d'expats et de quelques Sénégalais (« Harry Potter »...) pour ceux qui ne craignaient ni les rats ni les cafards. Deux mois après la release de ladite chanson il était démoli.

  • A déménagé le 6-10
    • Posté à 00h17 le 02/03/2009
    • Internaute

    Merci pour cet article sur le Fespaco.
    Avec 5 commentaires en quelques jours, tout est dit quant à l'intérêt que suscite le cinéma du continent africain.
    les commentaires disent que Nollywood ne commercialise que des films de piètre qualité, certes, mais ces films existent ont un public et participent ainsi à une culture cinématographique. Le public, les réalisateurs de talent, et un jour les productions ne peuvent pas naitre sans cela. Pour moi Nollywood est comme un avant pont, ou une génèse. Les navets nigérians me font beaucoup penser au films indiens des 60/70's. Et puis, un jour, Lagos aura ses frères producteurs, comme Hong Kong eut ses frères Shaw.
    Ce cinéma existe sur le continent et c'est important, comme un terreau d'où fleuriront des talents. cette production n'est pas destinée à marcher hors du pays, au plus hors de la région, et puis ce qui compte n'est ce pas que se crée une économie autour de ce cinéma ? Il faut mesure garder certes, mais si marcher veut seulement dire être reconnu en occident, c'est ethnocentrique. Je ne fais pas de procès d'intentions, et puis il est tard, je suis fatigué. Encore merci pour cet article A Douala en 2002 il y avait aussi une salle, vieille, pourrie, projetant des films US en général.... Et désespérément vide. Si les films de Nollywod remplissent ces salles, c'est le début de tout. et si on l'appelle Nollywood, ce n'est pas un hasard.. ;

    • jujuairplane
      • Posté à 09h29 le 02/03/2009

      Mais le problème c'est que peu de films indiens de qualité sont jamais sortis de Bollywood, et que les films indiens de qualité se sont fait en dehors des grands studios...

      Je ne dis pas que le fait d'être vu par un public occidental fait qu'un film africain est un bon film, je dis que malheureusement les bons films africains sont regardés surtout par des occidentaux, pas par des africains. On peut bien sûr espérer une évolution à la Hong Kong, mais bon, j'ai pas envie d'attendre cinquante ou soixante ans pour voir le cinéma africain fleurir^^

      Sixième commentaire...

  • silas_ivory
    silas_ivory
    Etudiant
    • Posté à 06h05 le 03/03/2009
    • Internaute
      Etudiant

    Il faut faire la distinction entre cinéma africain francophone et anglophone......Le Nigeria par exemple .......

    Mais il est clair que de monter un projet cinématographique en Afrique, et par expérience, au Burkina Faso, relève du parcours du combattant. (On compte les gouttes pour reprendre l'article.)

    Aussinon :

    « Tambao ou le rêve d'Adama » le premier film de Jean Elliot Ilboudo est sélectionné pour le Fespaco 2009.
    Le court métrage est en avant première à l'adresse suivante :
    Lien

    Un film à soutenir, à partager et à commenter ..........
    Merci

  • cath2009
    cath2009
    Etudiante
    • Posté à 12h43 le 04/03/2009
    • Internaute
      Etudiante

    Où sont passés les 2.5 Million d'Euros du budget d'organisation du Fespaco 2009 ? Certainement pas dans les salles de projection, où les films projetés sont souvent flous et le son aléatoire. Pas non plus dans les affiches, pour la plupart rédigées à la main sur un papier grossier et scotchées à la va vite sur les murs des cinémas. Non plus dans le développement d'un site web attrayant et informatif. Et certainement pas dans la rédaction des synopsis de films…inexistants (sauf sur le site de RFI) alors que le festival a démarré depuis 4 jours ! Les festivaliers choisissent donc leurs films à l'aveugle, sans en connaître le sujet, ni savoir s'ils sont en français ou en anglais, sous-titrés ou pas, ni même s'ils pourront voir le film qu'ils ont choisi. Belle organisation que celle-ci, où la séance de 20h30 hier soir au Ciné Burkina a été annulée à la dernière minute et sans explications, où la projection du film Katanga Business au Neerwaya a démarré avec 2 heures de retard, en raison d'un incident technique lors de la projection du film précédant…les spectateurs – ceux qui avaient réussi à trouver le guichet de vente, bien dissimulé derrière les toilettes - ont dû patienter debout à l'extérieur de la salle sans être avertis du retard, ni de la durée de leur attente…

    Cette organisation (ou devrais-je dire inorganisation ? ), renforce une fois de plus l'image de joyeux capharnaüm que se fait le reste de la planète des manifestations organisées en Afrique. On avancera sans doute comme excuse, comme d'habitude, l'absence de moyens… mais il est difficile de croire qu'avec 2.5 Million d'Euros de budget, les organisateurs n'aient pas été capables de faire le strict minimum pour donner une image professionnelle de ce festival. Monsieur Ouedraogo, délégué du festival, dans une interview au journal Sidwaya du 27 Février 2009, nous explique que cette édition verra une programmation de qualité. Les films en compétition sont peut être de qualité, encore faudrait-il pouvoir les visionner dans de bonnes conditions. Dans cette même interview, Mr Ouedraogo se félicite de la construction d'un escalier central pour une montée des marches lors de la remise des prix du festival, et d'avoir mis en place un plateau artistique et un spectacle événementiel. Malheureusement, au détriment de la qualité des projections et de l'organisation du festival. Il aurait fallu avertir les festivaliers qu'ils ne venaient pas pour voir des films dans de bonnes conditions, mais pour admirer un escalier, écouter des chanteurs et voir un spectacle de danse…

    Ouagadougou, malgré les ambitions de Mr Ouedraogo, n'est ni Cannes ni Hollywood. Les festivaliers ne sont pas à Ouagadougou pour voir les stars locales monter un escalier bancal, mais pour apprécier un cinéma africain inventif, drôle et original, qui diffère des super productions hollywoodiennes. Plutôt que de chercher à en mettre plein la vue, avec les résultats que l'on sait, les organisateurs de ce festival devraient modérer leurs ambitions et nous épater avec une organisation bien ficelée, des projections de bonne qualité, des séances démarrant à l'heure, et un programme bien présenté, informatif et disponible plusieurs semaines avant le démarrage du festival. Cela démonterait au reste du monde, que malgré des moyens limités, les organisateurs du Fespaco sont capables d'organiser un évènement avec professionnalisme et inciterait les bailleurs et les sponsors privés à mettre la main à la poche pour les prochaines éditions. En l'état actuel des choses, je ne vois pas quelle société privée accepterait d'associer son image, au risque de la ternir, à un tel flop. Et en tant que contribuable européenne, j'ai du mal à accepter que l'argent de nos impôts soit gaspillé de la sorte…