C'est à une « véritable révolution épistémologique » que nous invite Louis-Georges Tin dans ce livre qui rompt avec les conceptions essentialistes de l'hétérosexualité. Parce qu'elle était pensée comme relevant de « l'ordre de la Nature », un invariant jamais remis en cause, l'hétérosexualité a longtemps constitué un point aveugle de la recherche historique.
Historiciser l'hétérosexualité
Paradoxalement, c'est par le biais de l'histoire de l'homosexualité que la « question hétérosexuelle » en est venue à être posée. Parce qu'elles interrogent les normes sexuelles comme les rapports de genre pour en révéler l'historicité, les études gays et lesbiennes ont ouvert la voie à un questionnement des sexualités dites « normales ».
Dans la lignée des travaux initiés aux Etats-Unis par Jonathan Katz, Louis-Georges Tin envisage ici l'hétérosexualité comme un construit, historiquement et socialement daté, dont il convient d'analyser les conditions d'émergence et d'acculturation.
Plus exactement, il entend prouver que « si la pratique hétérosexuelle est universelle, la culture hétérosexuelle, elle, ne l'est pas ». Une comparaison lui permet d'éclairer cette affirmation a priori déroutante : si, dans toutes les sociétés humaines, il y a bien sûr des pratiques alimentaires, indispensables à la survie des individus, toutes les sociétés ne construisent pourtant pas une culture gastronomique, comme c'est le cas en France.
Prenant appui sur la littérature, la philosophie et l'histoire, l'auteur fait ainsi l'hypothèse que la « culture hétérosexuelle » émerge en Occident au début du XIIe siècle, avec la culture courtoise. Aujourd'hui dominante, elle a été elle-même dominée par des institutions comme l'Eglise (qui prône la chasteté), la noblesse (qui valorise l'homosocialité), et dans une moindre mesure la médecine (qui voit dans « l'amour fou » une forme de pathologie).
Relire ses classiques
Certains chapitres relèvent du tour de force. Le premier, sur la culture chevaleresque, revisite des interprétations déjà suggérées par Georges Duby ou Jacques le Goff, mais les éclaire d'un jour nouveau.
Par l'étude minutieuse de textes en apparence aussi connus que « La Chanson de Roland » ou « Lancelot du Lac », Louis-Georges Tin montre que, dans la société féodale, seules les amitiés masculines bénéficient d'une reconnaissance sociale et culturelle, qui se traduit notamment par l'exaltation des relations sentimentales entre hommes dans la chanson de geste avant l'émergence de la littérature courtoise.
Ce n'est que progressivement, par l'intermédiaire des troubadours et des trouvères, que les amours hétérosexuelles, sous la forme dissymétrique de l'amour du chevalier pour sa dame, s'affirment comme un modèle alternatif au modèle homosocial.
Le cas de Tristan et Yseult est à cet égard révélateur. Ce symbole de la culture hétérosexuelle peut en effet être lu comme le récit du conflit entre cultures chevaleresque et courtoise.
Dans les premières versions, la relation entre Tristan et son oncle, le roi, est centrale, comme dans tout roman de chevalerie. La passion que le jeune homme ressent pour Yseult, pourtant promise à son suzerain, est le résultat malheureux de l'absorption d'un philtre d'amour, une occurrence regrettable et accidentelle.
Dans les versions postérieures, le philtre disparaît, et c'est au premier regard, tout naturellement, que Tristan s'éprend d'Yseult…
Egalement victime de la popularité croissante des thématiques courtoises, la culture chrétienne multiplia les ruses pour en réduire l'influence, en vain. D'abord dénoncée, la culture hétérosexuelle fut progressivement intégrée à l'institution religieuse par le sacrement du mariage.
Ultime stratégie, la promotion de la poésie mariale apparaît comme un compromis entre amour spirituel et amour hétérosexuel. Incapable d'empêcher les poètes de chanter les charmes des jeunes filles, le clergé les autorisait à célébrer, à travers Marie, une figure féminine, mais comme privée de sexe et entièrement consacrée à l'amour divin.
Pour mieux imprégner l'esprit des fidèles, des paroles pieuses étaient plaquées sur les mélodies de chansons d'amour populaires, et les vers galants habilement spiritualisés. Le triomphe de la culture érotique hétérosexuelle n'en fut que retardé.
Les médecins échouèrent pareillement à pathologiser l'amour homme-femme. Démission de l'esprit face au corps, échauffement du foie, hystérie, érotomanie, hétérosexualité, désignent tour à tour les variantes d'une maladie d'amour qui alimente la chronique médicale et psychiatrique.
L'hétérosexuel, au début du XXe siècle, c'est celui qui éprouve une attirance morbide pour les personnes de l'autre sexe. Loin d'être dans la norme, il est, au même titre que l'homosexuel, un déviant.
La culture hétérosexuelle ne s'était pas moins imposée, depuis le XVIIe siècle, comme la culture dominante, dont le caractère « naturel » était non seulement constamment réaffirmé par l'ensemble des institutions sociales, mais exalté par l'immense majorité des productions culturelles.
Plein d'humour, toujours très clair, Louis-Georges Tin rend limpide ce qui aurait pu être jargonnant. A chaque tir, il fait mouche. Les préjugés volent en éclat, les lieux communs sont jetés cul par dessus tête.
Certes, le livre n'est pas sans défauts. L'analyse reste centrée sur la France. Des siècles entiers sont survolés. La culture des élites prend le pas sur les modes d'expression populaires. La littérature est privilégiée au détriment d'autres sources. Les exemples choisis renvoient presque systématiquement à l'homosexualité masculine, laissant le lesbianisme dans l'ombre.
Conscient de ces faiblesses, l'auteur assume ses choix : ouvrage programmatique, cette première histoire de la culture hétérosexuelle vise davantage à baliser un champ qu'à en creuser tous les sillons.
Ce faisant, elle n'en remplit pas moins son objectif premier : « Eveiller la culture hétérosexuelle à la conscience spéculaire de soi-même. » On ne peut qu'espérer que d'autres viendront assister Louis-Georges Tin dans cette tâche ambitieuse, qui participe d'un vaste procès de dénaturalisation des normes engagé, depuis une trentaine d'années, par les sciences sociales et historiques.
► L'invention de la culture hétérosexuelle de Louis-Georges Tin (éd. Autrement, 201 pages, 20€)
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Comment reconnaître un homo ? (sans son disque de Dalida)
► Tous les articles sur l'homosexualité
► Louis-Georges Tin : « Il n'y a jamais eu de repentance de l'Etat français »
Ailleurs sur le Web
► Le portrait de Louis-George Tin, sur Wikipedia
► L'observatoire de l'hétérosexualité




















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De ysengrimus
15H48 | 27/02/2009 |
Bravo. Enfin. Historiciser hétérosexualité et hétérosexisme est absolument crucial. L'homosexualité aussi, d'ailleurs, doit se voir historicisée.
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/13/homosexualite-masculine-et-ca…
Et une dimension critique, sereine, ouverte, est inéluctable dans les deux cas.
Paul Laurendeau
à ysengrimus
De Tokani
Oldmole | 21H42 | 27/02/2009 |
Hétéro ? Terme forgé et utilisé afin de mettre sur un pied d'Egalité sémantique et psychologique les adeptes d'une sexualité minoritaire … Bon pourquoi pas je m'en Tape ! Mais ne pas être Dupe …
à Tokani
De ysengrimus
23H56 | 27/02/2009 |
Oh, nous sommes tous le minoritaire de quelqu'un…
P.L.
à ysengrimus
De les nuits fauves
. | 15H19 | 03/03/2009 |
« Le cas de Tristan et Yseult est à cet égard révélateur ».
Ah bon ! ? Alors dans les ref
on aurait pû dire, oh D.ieu ! bien des choses en somme, en variant le ton. Par exemple, tenez :
Roméo & Juliet. Chat expire :
« my only love comes from my only hate »
PL, je suis pas très d'accord avec votre affirmation qu'on est tous le « minoritaire » de quelqu'un ? … C'est triste.
En amour, ne serait'on pas TOUS l'objet de la contradiction d'un(e) AUTRE ?
Ca aide au dépassement, à la conscience de soi, à l'ouverture. Non ?
Dans les écritures, la femme n'a t'elle pas été crée pour Adam contre lui-même ?
et aussi féminin, masculin, …
mmm…belle réflexion qui s'ouvre, mais j'aime aussi le sens pratique…A+
Séduction et Radada exigent.
On va vers le « minouritaire » d'un Autre…
De kawaayi
2012??? | 15H49 | 27/02/2009 |
Ce faisant, elle n'en remplit pas moins son objectif premier : « Eveiller la culture hétérosexuelle à la conscience spéculaire de soi-même. » On ne peut qu'espérer que d'autres viendront assister Louis-Georges Tin dans cette tâche ambitieuse, qui participe d'un vaste procès de dénaturalisation des normes engagé, depuis une trentaine d'années, par les sciences sociales et historiques.
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Je sais pas si je pourrais l'aider a resoudre ces questions mais je peux quand meme lui faire par d'un indice de grande valeur…
« Quelle différence y a-t-il entre l'abominable homme des neiges et l'abominable femme des neiges ?
- Une abominable paire de couilles ! » (COLUCHE)
OK…I am off ! ! !
à kawaayi
De pablico
16H12 | 27/02/2009 |
comme quoi même sur ce sujet, que l'on pourrait croire naturel et normal il s''avère que l'on agit (mariage, amours, amitiés etc) par paradigmes implantés au moyen age… intéressant.
Où est la normalité ? dans nos paradigmes(culture) dictés par l'église du moyen age ?
donc l'hétérosexualité n'est qu'une tendance, comme une autre si l'on lit bien.
à pablico
De Quidamdidam
Etudiant | 19H06 | 27/02/2009 |
hop hop hop attention !
le paradigme installé n'est pas celui de l'église moyen-âgeuse, mais celle des trouvère et troubadour (notamment la cours d'Aliénor d'aquitaine et de sa fille), à savoir l'amour courtois.
Il y a d'ailleurs a une période un conflit autour de ce paradigme. En très bref, trois versant :
- Blanche de castille (la fille d'Aliénor) l'amour courtois est charnel et adultère (je me suis toujours demandé qu'en pensais son mari ^^)
- Chrétien de Troye, l'amour courtois est charnel, spirituel et inscrit dans le couple marié (le mariage ne passait à l'époque pas à l'église)
- Une autre conception dont j'ai oublié le représentant, l'amour courtois est adultère mais uniquement spirituel. Le sexe menant à la damnation, si on aime l'autre on ne le touche pas pour le sauver.
Tout ça se ressent dans les roman de chrétiens de Troye. Erec et Enide lui est très personnel et correspond à son idéal. Le chevalier à la charette est une commande de blanche de castille.
Quand a la troisième, il faut voir dans les continuation de la quête de perceval. Non écrit pas chrétien de Troye donc. Sans doute l'église comptais déjà faire la main mise dessus.
Je conseille la lecture de Duby d'ailleurs, très instructif !
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H06 | 27/02/2009 |
L'hétérosexualité est peut être naturel, mais si ce qui est naturel est autorisé, j'ai donc le droit de tuer les mâles et de violer les femelles…
On pourrait aussi dire que si le Moyen Age a voulu faire disparaitre l'homosexualité, c'était parce qu'il a cherché à faire disparaitre l'Antiquité, tout ce qu'avait fait les Romains et les Grecs, ce qui inclus aussi une certaine liberté sexuelle.
Mais bon, honnêtement, je m'en fous de ces histoires et de ces tentatives d'explication. Pas étonnant que notre société soit totalement complexée, déprimée et psychotique, accro aux psys et aux médocs, elle est incapable de faire quoi que ce soit sans s'inventer des raisons de culpabiliser et chercher ensuite des pseudos justifications. L'Univers contient assez de questions, pas besoin d'en inventer des faciles juste pour trouver des réponses évidentes.
Alors autant bruler ce livre et aller niquer homme, femme, soi même ou personne. Et envoyer chier ceux qui ne sont pas d'accord (et leur mettre une balle en pleine tête si ils insistent trop).
à Keldan
De pablico
16H24 | 27/02/2009 |
sur le plan affectif voir sexuel (le fond de commerce de Freud et des psy)
si l'on enlève le sentiment de fautes, d'interdit, on devrait vider pas mal de clients mal dans leur peau.
Ceux qui vivent une vie pour laquelle ils ne sont pas fait, qui par normalité se sentent obligés de vivre. Qui de ce fait s'emmerdent la vie, et emmerde la vie de leur partenaire (sans compter la vie de leur entourage).
à Keldan
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H18 | 27/02/2009 |
Oui ,Keldan , c'est vrai qu » il y en a un peu ras le bol de toute cette masturbation historico hystérico cucul hétéro homo et bi .
je préfere relire un bon Johan et Pirlouit ..
à Numerosix
De ysengrimus
16H32 | 27/02/2009 |
Pas d'accord avec Numerosis.
P.L.
à ysengrimus
De déluge
menuisier | 16H46 | 27/02/2009 |
Un petit Alix et Enak alors ?
à déluge
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H55 | 27/02/2009 |
Excellent Déluge .
Mais dans le genre BD grande Menace de Jacques Martin , ne pas oublier le journaliste Lefranc et Jean-jean
à Numerosix
De déluge
menuisier | 16H57 | 27/02/2009 |
C'est celui où sur la couverture on voit Lefranc courir avec la chemise déchirée ? Je l'avais quand j'étais mome..
Tant que j'y suis, tu as bouffé du lion aujourd'hui (rapport à la poésie plus bas) ?
à déluge
De ysengrimus
16H56 | 27/02/2009 |
J'ai pas de problèmes particulier avec les dessins… Le capitalisme commercial b(p)édéiste se donne l'Antiquité de toc et les transpositions latérales qu'il veut bien… Cela ne l'affranchit en rien de l'obligation historienne effective…
P.L.
à ysengrimus
De déluge
menuisier | 16H58 | 27/02/2009 |
A vos souhait !
: -)
à déluge
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 20H10 | 28/02/2009 |
mignons , que c'est dommage !
à Numerosix
De Un compte supprime
nc | 17H11 | 27/02/2009 |
Parlons-en de Johan et Pirlouit, tiens…
à Numerosix
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 17H28 | 27/02/2009 |
C'est sûr que tu crains moins la censure qu'avec Manara. : -))
Quoique les p'tits bruns et les grands blonds, quand ils sont entre garçons, rient comme des fous…
à Numerosix
De fantome de la nuit
insomniaque | 20H13 | 27/02/2009 |
Ah bon ? Ils sont pédés Johan et Pirlouit ?
à Keldan
De JAMBON.BEURRE
"Soyons realiste , demandons l'impo... | 16H30 | 27/02/2009 |
Vous pouvez faire aussi le contraire violer les mâles et tuer les femelles.
à Keldan
De alicejul
thésarde | 16H56 | 27/02/2009 |
Il ne s'agit pas de dire que les institutions du Moyen-Age ont voulu faire de disparaître l'homosexualité, mais bien qu'elles ont construit l'hétérosexualité comme norme. L'objectif n'est pas d'expliquer mais de démontrer les mécanismes sociaux qui instituent certaines pratiques comme la seule voie « normale », souvent par le biais de l'argument du naturel. On peut appliquer ce même genre de déconstruction aux discours sur la race du 19ème siècle par exemple, ou sur la nature des femmes etc.
Cela dit, si vous préférez brûler les livres (et mettre des balles dans la tête)…
De mioumiou
16H23 | 27/02/2009 |
Du grand n'importe quoi !
De thomas2
historien | 16H28 | 27/02/2009 |
A ceci près que les straight studies et l'étude de l'hétérosexualité existent depuis maintenant presque 15 ans déjà aux Etats-Unis….et que beaucoup de travaux existent donc déjà sur la question. Rien de bien « révolutionnaire » ni de bien neuf dans le travail de ce Louis george tin donc…
à thomas2
De TH.
multicontractuel flexisécurisé | 19H00 | 27/02/2009 |
Tout à fait d'accord, j'allais le dire ! C'est un peu énervant cette capacité de certains à vendre leurs recherches en se spectacularisant sans considération pour le travail de ses confrères et consoeurs. Cela me rappelle, en sociologie, le « sale coup » de P. Bourdieu aux féministes avec « La domination masculine » dans les années 90 : pas un mot des travaux des féministes qui trimaient sur la question depuis les années 70 (Nicole Claude Mathieu, Christine Delphy, etc). Même si l'analyse bourdieusienne était intéressante, on ne peut s'instituer inventeur comme cela !
à TH.
De puresonic
Contempteur irascible | 10H02 | 28/02/2009 |
»« Même si l'analyse bourdieusienne “”
Je m'intéroge : ne dit on par “Bourdivin” au lieu de “Bourdieusien” ?
De Al nasr al tair
16H29 | 27/02/2009 |
« Louis-Georges Tin à la recherche des racines de l'hétérosexualité »
Les chercheurs cherchent, quand ils cherchent des racines forcement ils creusent…
Es ce cela un puits de science ?
De Tita
oiseau | 16H47 | 27/02/2009 |
C'est intéressant. Cela me rappelle que la notion d'individualité (comme on l'entend aujourd'hui) est relativement récente. Beaucoup de choses qui nous paraissent normales, naturelles, aller-de-soi, sont en fait le résultat d'une longue évolution historique et sociale.
à Tita
De Enki
Alchimiste | 02H30 | 28/02/2009 |
Récente… et locale…reçemment locale, localement récente…
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H46 | 27/02/2009 |
pop
vulgaire
OH MON BERGER FIDÈLE
REFRAIN
Ah ! fous-moi donc ta pine dans le cul,
Et qu'on en finisse !
Ah ! fous-moi donc ta pine dans le cul,
Et qu'on en parle plus !
O mon berger fidèle,
Viens t'en reposer sur mon coeur.
A ma voix qui t'appelle,
Viens t'en me donner du bonheur.
Refrain
Ta langue me chatouille,
Jusque dans le fond du gosier.
Et ton doigt me trifouille
Bien plus bas que le gésier.
Refrain
Je sens tes testicules,
Battre contre mon gros pétard.
Je crois que tu m'encules.
Ah ! le vigoureux braquemart.
Refrain
Mais ta queue devient molle,
Tu ne peux plus bander.
De désir je suis folle,
Passe-moi donc le godemiché !
Ah ! fous-moi l'godemiché dans le cul,
Et qu'on en finisse !
Ah ! fous-moi l'godemiché dans le cul,
Et qu'on en parle plus !