Menés par Jean-Paul Garraud, 76 députés de la majorité s'inquiètent de la réforme et demandent une commission d'enquête.

Vent de rébellion dans les rangs de l'UMP contre la prochaine réforme de la justice. Les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la suppression du juge d'instruction et la réforme, plus vaste, de la procédure pénale remontent au 7 janvier. Depuis, bronca dans pas mal de juridictions et tollé dans les syndicats, y compris à l'USM, moins marqué dans l'opposition que le le Syndicat de la magistrature.
Mais la grogne gagne maintenant l'Assemblée nationale. Depuis les rangs de la droite, précision pas inutile. Le 28 janvier, Jean-Paul Garraud, député UMP de Libourne a déposé une « proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur la réforme de l'instruction des affaires pénales ».
Le texte, seulement encodé « proposition 1414 » pour l'instant, n'est pas encore officiellement publié par les services du Palais Bourbon mais Rue89 vous propose de le consulter.
Extrait du texte écrit par celui qui fut vice-président de la commission Vallini, après Outreau :
« Mais pourquoi aller plus loin que les conclusions de la commission d'enquête, remettre en cause les pôles d'instruction qui viennent d'être créés, confier toutes les enquêtes pénales aux parquets, changer ainsi totalement de régime procédural sans attendre de voir comment fonctionne ce tout nouveau dispositif, et alors qu'une commission à la Chancellerie travaille depuis seulement quelques semaines sur la question ? »
L'initiateur du texte, Jean-Paul Garraud, se défend de vouloir « polémiquer » ou « prendre le contre-pied de Nicolas Sarkozy ». Pourtant, son texte a un certain succès : à ce jour, 76 députés UMP l'ont signé. Et pas des plus aiguillons envers Nicolas Sarkozy : sur la liste figure par exemple Olivier Dassault, député de l'Oise.
Jean-Paul Garraud a longtemps été juge d'instruction. Aujourd'hui, il précise que c'est en tant que « seul magistrat de l'Assemblée », il ne pouvait pas laisser passer la réforme en l'état. Prudent, celui qui s'est fait réélire sur la plate-forme de la rupture précise que son geste n'est pas motivé par un « conservatisme », mais par « les implications considérables » qu'aurait le texte.
Beaucoup d'adversaires du projet réclament l'indépendance du parquet pour contrebalancer la suppression du juge d'instruction. Lui pas : « Tous les pays qui l'ont fait par le passé font machine arrière, comme l'Italie », explique-t-il, arguant notamment que :
« La suppression du juge d'instruction pose la question de l'enquête à décharge, pour garantir l'égalité des armes dans une procédure de type accusatoire. Or les avocats [si la réforme est adoptée, c'est eux qui devront mener cette enquête, ndlr] n'ont pas de pouvoirs de police judiciaire et n'incarnent pas l'intérêt général.
Et le rôle des parquettiers est d'appliquer la même politique pénale en tout point du territoire, c'est pourquoi ils ne doivent pas être indépendants. Sans compter qu'il faut conserver l'efficacité et le secret de l'enquête, quand on regarde les menaces que représentent les mafias, le terrorisme, la grande criminalité. »
S'il est une fonction que Jean-Paul Garraud accepterait de remettre en cause, c'est celle du « JLD », le juge des libertés et de la détention, créé par la loi Guigou en 2000 -« Outreau, c'est la faillite du JLD ».
Pas le juge d'instruction, n'en déplaise aux directives élyséennes. Il s'efforce donc de mobiliser le reste de l'Hémicycle, quitte a pédaler à sens contraire par rapport au gouvernement :
« La question est trop importante pour qu'elle se tranche à l'Elysée ou à la Chancellerie. L'Assemblée nationale doit débattre de ces questions en amont, et pas se contenter d'une petite discussion autour du texte de loi. »
Côté calendrier, pas de rendez-vous législatif en vue. Le projet de loi actant la réforme ne sera pas débattu avant l'automne, au plus tôt. D'ici-là, la commission Léger, missionnée par l'Elysée, doit rendre ses conclusions. Son pré-rapport devrait arriver début mars, et son document définitif au début de l'été, précise le ministère.
Au cabinet de Rachida Dati, on campe la sérénité, malgré l'initiative UMP dissidente :
« Chacun est dans son rôle, la commission travaille sous la responsabilité du chef de l'Etat qui a donné des consignes très claires. Les parlementaires veulent intervenir, c'est logique. »
Jean-Paul Garraud affirme avoir arraché à Jean-François Copé, le patron du groupe UMP à l'Assemblée, que la question soit débattue à l'intérieur du groupe.
Localement, de plus en plus de juges ont décidé de monter au front, de leur côté, pour convaincre leurs parlementaires. Parfois, ce sont les juges d'instruction qui tentent de convaincre un élu local de leur utilité. Mais, de plus en plus, des intersyndicales émergent, pour faire du lobbying.
C'est le cas à Nancy et Epinal, par exemple, où l'USM et le Syndicat de la magistrature se sont associés pour mobiliser tous azimuts. Si toutes les permanences UMP (par exemple l'UMP 54) n'a pas encore répondu aux sollicitations de l'USM, pourtant réputé proche de la droite, le Syndicat de la magistrature affirme avoir convaincu plusieurs personnalités de droite de militer contre une suppression sans garde-fous du juge d'instruction.
Photo : Jean-Paul Garraud avec Rachida Dati (www.jpgarraud.net)
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► le site de l'USM
► le site du Syndicat de la magistrature





















86
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De Redroom
12H16 | 25/02/2009 |
Les temps sont vraiment étranges, me voilà parfaitement d'accord avec un député UMP maintenant…
à Redroom
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H57 | 25/02/2009 |
Et avec un juge en plus !
à Network 23
De Ryuu
Informaticien parisien | 13H15 | 25/02/2009 |
De gauche, de droite, juge, avocat ou autre, quand il dit « La question est trop importante pour qu'elle se tranche à l'Elysée ou à la Chancellerie. », on ne peut qu'être d'accord.
à Redroom
De Camille Hérin
Dilettante | 17H22 | 25/02/2009 |
Pour être vraiment d'accord avec une UMPiste, ne faudrait-il pas qu'il s'oppose à cette politique abjecte d'immigration ?
« Depuis dix jours, une grève de la faim a été engagée par une vingtaine de retenus du petit centre de rétention de Palaiseau (où sont enfermés 25 sans-papiers). Un de ces grévistes – en France depuis 20 ans ! –, Sissoko Modubo est aujourd'hui menacé d'être expulsé de force, après avoir perdu 9 kilos.
Mardi trois grévistes de la faim avaient déjà été expulsés, trois autres transférés on ne sait où. Aujourd'hui à 16h40 à Roissy, l'un des grévistes devait être expulsé sur le vol Air-France Paris-Bamako, accusé notamment d'incitation à la révolte. Dans le même temps un autre retenu de Palaiseau devrait être expulsé vers la Chine…
Les “retenus” de Palaiseau appellent au soutien le plus large. Ils invitent à occuper les abords du centre, et à prendre contact avec eux, par les cabines téléphoniques et un numéro de portable qu'ils communiquent.
Ce vendredi 20 février, nous, “retenus” de la prison pour étrangers de Palaiseau, nous poursuivons depuis 10 jours la grève de la faim , et sommes tous déterminés dans notre lutte.
Aujourd'hui Sissoko Modubo travaillant en France depuis 20 ans, a perdu 9 kg.
Il a été sorti du centre pour etre expulsé de force pour Bamako.
Nous nous sommes fait arrêter sur convocation en préfectures ou lors de rafles ou comme pour Sissoko par des flics a l'entrée de son foyer.
Nous refusons d'être traités de façon indigne, et nous appelons à nous opposer à cette politique du profit et de la xénophobie.
À Palaiseau, les humiliation policières et les restrictions dans l'accès aux soins sont notre lot quotidien dans l'attente de notre expulsion, alors que la majorité d'entre nous sont présents depuis plus de 10 ans.
Nous ne pouvons pas prendre ni nos affaires ni notre argent ni dire adieu a notre famille et nos amis dont nous sommes arrachés.
La plupart d'entre nous avaient des cartes de séjour mais les autorités nous les ont reprises.
Nous, “retenus” de Palaiseau appelons dès aujourd'hui à occuper les abords du CRA de Palaiseau (13 rue Emile Zola, 91120 Palaiseau) pour soutenir nos luttes.
Ne nous laissez pas isolés et dans le silence.
Nous demandons que ces prisons pour étrangers soient fermées.
Pour connaître la réalité de notre situation, appelez-nous à l'intérieur, afin que chacun entende ce signifie vivre et travailler chez vous pour certains pendant 20 ans, puis jeté sans rien dans un avion,
aux cabines téléphoniques : 01 60 14 74 59 ou 01 60 14 99 77.
Apportez-nous pour ceux qui le peuvent des cartes téléphoniques, des cigarettes et tout votre soutien , nous ne voulons pas que notre grève de la faim soit étouffée dans le silence et les expulsions.
Les “retenus‘de Palaiseau Contact : 06 18 95 57 66.
[Source : SOS soutien aux sans papiers]
à Redroom
De virgo
Education Nationale | 19H13 | 25/02/2009 |
Il faut dire qu'ils commencent à bouger, les députés UMP ! J'attendais ça avec impatience, MDR ! ! !
à virgo
De MENESIS
Retraitée | 20H11 | 26/02/2009 |
Il ne faut pas rêver, avant que les députés UMP organisent une fronde contre NS beaucoup d'eau aura passée sous les ponts. Ils ont tellement peur de ne plus pouvoir se présenter aux prochaines élections s'ils déplaisent au chef tout puissant, ils sont prêts à renier père et mère pour rester en place.
Pour NS il n'a pas été élu pour servir la France mais pour se servir d'elle..
De sans papier2009
sans papiers | 12H22 | 25/02/2009 |
Désormai, le pouvoir absolue de nain fait déranger même le foyer UMPiste
De marie 75 3563
12H25 | 25/02/2009 |
Un vent de frondre se lève là et ici…
Je crois qu'il grondre contre le Sarkozy ! ! ! ! !
Mazarinade UMP
à marie 75
De marie 75
3563
12H25 | 25/02/2009 |
lire fronde …. sorry
à marie 75
De dalun
14H00 | 25/02/2009 |
l'éléphant umpiste se fissure !
à dalun
De RBWL
Cineaste | 14H29 | 25/02/2009 |
Je répète dans mon entourage à qui veut bien l'entendre, depuis les mois, que c'est la droite qui va nous débarrasser du nain fou.
Je ne suis pas de droite, mais sait d'expérience qu'il y a suffisamment de gens de bon sens de ce côté là de la politique qui ne sont plus d'accord avec l'omni-agitation improductive du président borderline.
à RBWL
De Colonel Fabien
www.get_anxious.com | 16H43 | 25/02/2009 |
Ce ne sont pas les élus de droite qui changeront quoi que ce soit.
Même indignés, révoltés, ils ne sont pas assez nombreux pour agir.
Vous pouvez espérer tant que vous voudrez, il n'empêche qu'il y aura toujours plus de gens dont les intérêts convergent avec ceux de Sarkozy dans les rangs de la droite que partout ailleurs.
Par contre, dans la masse totale de la population, l'équilibre s'inverse.
Reste au peuple à se rendre compte que ses intérêts divergent (ça fait beaucoup…) avec ceux de Sarkozy et qu'un mouvement populaire s'enclenche. On commence à en apercevoir les prémices.
Le reste appartiendra à l'Histoire.
à Colonel Fabien
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 20H18 | 25/02/2009 |
Et en plus,ils sont inconnus médiatiquement parlant,donc,rien à foutre de la part de Sarkozy.On poursuit les réformes comme dirait son succube de premier sinistre…
à RBWL
De Rabelais
10415
17H26 | 27/02/2009 |
De toute façon, je ne vois pas qui, à Gauche, serait en état de nous en débarrasser…Marie Ségolène Palline (je ne sais plus comment cela s'écrit…), peut-être ? …
De personne
12H26 | 25/02/2009 |
« le Syndicat de la magistrature affirme avoir convaincu plusieurs personnalités de droite de militer pour une suppression sans garde-fous du juge d'instruction. »
contre ?
à personne
De Chloé Leprince
(auteur)
Rue89 | 12H31 | 25/02/2009 |
oui, « contre », bien sûr ! merci de votre vigilance
à Chloé Leprince
De Redroom
12H42 | 25/02/2009 |
« Pas le d'instruction, n'en déplaise les directives élyséennes »
De spin590
12H36 | 25/02/2009 |
Comme sur d'autres sujets, les « menaces » merlaixiennes de redéfinition des circonscriptions et des supports, de ces « pasdaccordistes » auront vite fait de les remettre dans le droit chemin petit doigt sur la couture du pantalon.
La modification de la constitution en fût le premier, et hélas pas le dernier exemple.
Impossible de dire le contraire de ce que « souhaite » notre président, que l'on soit dans l'opposition ou dans la majorité.
La raison de l'élu avec 53% des suffrage est toujours la meilleure.
Devrons nous attendre les prochaines élections ?
à spin590
De extralucide
retraite | 16H59 | 25/02/2009 |
Tu as raison. On les a vu à l'oeuvre pour la nomination du PDG de France-télévision et aujourd'hui pour celui de la fusion BP-CE. Tous des arrivistes qui prévoient les prochaines élections. Faire croire qu'ils sont en dehors du parti tout en y étant
à extralucide
De extralucide
retraite | 17H06 | 25/02/2009 |
Oh j'oubliais : un peu comme Rue89, quoi. Faire croire kon est contre le pouvoir tout en étant dans la mouvance des grands groupes médiatiques qui ont fait élire notre nabot
à extralucide
De milou83
neant | 22H01 | 25/02/2009 |
c'est ça l'ouverture
De Al nasr al tair
12H41 | 25/02/2009 |
Le rêve de Giscard c'était de rassembler autour de lui 2 français sur trois. Toupti Prem'entout est en passe de réaliser ce rêve mais à l'envers : Au moins 2 français sur 3 contre lui et pas seulement le péquin moyen mais aussi les élites professionnelles politiques, économiques, civiles, culturelles et intellectuelles.
Le rêve du nabot est un cauchemar ! ! !
» Fronde à L'UMP » ça devrait très vite devenir pléonasme.
Sarko est un bordélique hyperactif superficiel égocentrique m'as tu vu. C'est à dire le contraire d'un grand politique.
De paysan2
retraité actif | 12H45 | 25/02/2009 |
Chez nous, à la campagne, on n'est pas nés de la dernière pluie. Faire croire que des députés de l'UMP sont contre Sarkozy, c'est tout simplement du pipeau. C'est une imposture, un coup monté pour faire croire que le débat existe au sein de cette parodie de démocratie tenue d'une main de fer par un nain irresponsable. Non, tout ce qu'il a décidé pour assouvir son appétit de pouvoir absolu, et son corolaire l'appât du gain, tout est bon pour mener le troupeau à l'abattoir.
Nous le paierons très très cher, Mesdames et Messieurs les 53% qui ne sont déjà plus que 36% d'ailleurs.
à paysan2
De Mr_Quiconque
19H54 | 25/02/2009 |
Et au cas où, autant préserver ses arrières en prévoyant une extension du secret défense, comme ça on aura un droit de regard encore plus limité et les scandales politico-financiers finiront tous par un non-lieu, déjà que ce n'est pas brillant :
« Du secret défense à la défense des secrets d'Etat »
http://lajustice.blogs.liberation.fr/barella/2009/02/du-secret-dfens.htm…
De Carmagnole
retraité de l'Education Nationale | 12H51 | 25/02/2009 |
Que restera t-il de cette « fronde »,comme ce fut avec bien d'autres à l'UMP,quand le chef aura « froncé » les sourcils et menacé ces élus de non-investiture en 2012 ?
à Carmagnole
De zorbec
9945
retraité | 16H38 | 25/02/2009 |
Ces élus se rendent peut-être compte que la pancarte« $arkozy »
est l'assurance d'une non-réélection,encore trois ans de conneries à ce rythme effrené est la garantie d'une veste sur mesure !
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H56 | 25/02/2009 |
Un exemple de réforme « mal expliquée » ?
Ou plutôt une illustration d'une réforme qui a pour moteur l'ego et « la réforme pour pédaler vite » ?
Comprendre les enjeux de cette réforme suppose de connaître les arcanes judiciaires ; les seuls qui peuvent se mobiliser sont les juristes, alors qu'elle va toucher l'ensemble des Français - la justice étant une chose trop sérieuse pour la laisser aux juristes…
De verotanf
père de famille | 13H11 | 25/02/2009 |
Bernard Bertossa, ancien procureur général de Genève, pourfend le projet français de suppression du juge d » instruction, car cette réforme « favoriserait l » absence de poursuites contre des coupables dérangeants pour le gouvernement ».
De plus, il « prône une justice internationale pour lutter contre la délinquance financière ». En effet, selon lui, « La corruption est la cause principale de la pauvreté ». (entretien rapporté par « La Croix » du 13/02/2009)
Interessant non ? .
Des précisions sur l » avis de Bernard Bertossa à propos de la suppression des juges d » instruction sur : http://www.pensezbibi.com/tag/bernard-bertossa
De lokidor
méfiez-vous... | 13H15 | 25/02/2009 |
Les Conquérants (version 2009)
Comme un vol de juristes hors de leur tribunal
Fatigués de plaider pour des causes malsaines
Du Parquet de Paris, magistrats à bedaine
Partaient, ivres d'un rêve juridique et légal
Ils allaient réformer enfin le Code Pénal
(Peu de Napoléon et bien trop de Bazaine)
Et tous les prévenus, détachés de leur chaînes,
Voueraient à la Justice un amour sans égal
Chaque jour édifiant une Loi utopique
La belle jurisprudence, à la douce musique,
Berçait leurs ambitions pour mieux les conforter
Ou peaufinant leurs textes plein de subtilités
Ils regardaient éclore en consonnes et voyelles
Un bel amendement promis à l'Eternel…
http://lesdamesdabord.blog.lemonde.fr/
à lokidor
De virgo
Education Nationale | 19H21 | 25/02/2009 |
Quel beau sonnet, Jose Maria ! Bravo !