L'edito

Pérol : Sarkozy ou les périls de l'exercice du pouvoir personnel

Pourquoi tout ce que touche Nicolas Sarkozy déclenche-t-il aussitôt une polémique ? Y a-t-il un acharnement médiatique ? La célèbre difficulté à réformer la France ? Une opposition politique qui se réveille de son coma profond ? La réponse, hélas, tient plus banalement à la manière d'exercer le pouvoir du président de la République.

L'affaire Pérol, du nom du conseiller du chef de l'Etat parachuté à la tête de l'ensemble bancaire qu'il venait de faire accoucher, et le pieux mensonge du Président sur l'avis de la Commission de déontologie, est, de ce point de vue, exemplaire.

On entend déjà Nicolas Sarkozy pester en privé : l'Etat (c'est-à-dire lui-même) a sauvé le système bancaire, il y a un parfum de nationalisation dans l'air du monde occidental, et il ne pourrait pas placer le plus qualifié de ses collaborateurs, un ex-banquier d'affaires, à la tête de l'ensemble bancaire Caisse d'Epargne-Banques Populaires dans lequel il vient d'injecter 5 milliards d'euros d'argent public ? On marche sur la tête, doit penser le chef de l'Etat, avec la certitude d'exprimer le bon sens populaire qui lui réussissait tant au temps de la campagne électorale.

Affaire Pérol et déontologie

Pas totalement faux, sauf qu'il y a des règles et des principes. Et que Nicolas Sarkozy s'est confortablement assis dessus. Et, de surcroît, il l'a agrémenté d'un petit mensonge en déclarant que la Commission de déontologie avait donné un avis favorable, alors que Libération et Médiapart révèlent que la prochaine réunion de la Commission n'est prévue que le 11 mars…

Rectificatif embarrassé de l'Elysée : c'est un avis « off » qui a été donné par la Commission, le Président est allé plus vite que la musique.

L'affaire est symbolique d'un Président qui centralise tout, gère tout, écrase allègrement les pieds de ses plus proches collaborateurs et ministres… avant de les envoyer pantoufler ailleurs (Laurent Solly, David Martinon, Jean-Pierre Jouyet et aujourd'hui François Pérol…).

Les autres accusent le coup et feignent d'être les organisateurs, même lorsqu'ils sont mis devant le fait accompli (Albanel et l'audiovisuel public, par exemple).

Cette attitude, symbolisée par l'emploi du « je » à répétition dans toutes ses interventions publiques, serait acceptée par l'opinion si elle s'accompagnait de résultats. Or, bousculé par la crise, Nicolas Sarkozy est contraint de faire l'inverse de ce qu'il avait promis, et même, reniement suprême, de céder sous pression de « la rue » (lycéens) ou même de ses propres députés (travail le dimanche).

Le résultat est une nouvelle dégringolade dans les sondages, qui le ramène aux pires moments du bling-bling. Pente que le Président avait lentement remontée, avec l'aide patiente de Carla Bruni et de gros efforts sur lui-même.

Cette rechute est d'autant plus préoccupante qu'il n'y a pas de remède à court terme, d'où ce titre drôlatique du Figaro lundi : « Sondages : comment Nicolas Sarkozy veut assumer sa chute de popularité. » Veut assumer ? A-t-il le choix ?

Les faux pas de Sarkozy

Nul ne peut retenir la crise contre Nicolas Sarkozy, mais il est jugé sur sa gestion de cette période douloureuse pour beaucoup, incertaine pour tous et pour le pays. Et il se voit naturellement pénalisé par l'opinion à chaque faux pas : l'« oubli » de la Guadeloupe lors de son intervention télévisée alors que l'on constate que 80% des Français jugent les revendications des Antillais légitimes ; le saupoudrage social accordé aux syndicats alors que les entreprises tirent le gros lot ; et aujourd'hui, cette approche déontologique par-dessus la jambe, qui ressemble une fois de plus au fait du prince.

Oui, il y a beaucoup de polémiques autour de ce que fait et dit Nicolas Sarkozy. Mais le premier responsable n'est pas à aller chercher très loin : il habite à l'Elysée…

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Sondages : Sarkozy se prépare à des temps difficiles, sur LeFigaro.fr
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7 commentaires sélectionnés

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H29 | 25/02/2009 | Permalien

Pourquoi tout ce que touche Nicolas Sarkozy déclenche-t-il aussitôt une polémique ?
« à la manière d'exercer le pouvoir du président de la République », dites vous Pierre ?
Si je voulais paraphraser un auteur célèbre, je dirais : « C'est un peu court jeune homme » (ça je sens que vous ferait plaisir - ; )) !

Affaire Pérol et déontologie ; parler de déontologie avec le « petit homme » (dans son acception, sans remarque sur le physique), c'est donner de la confiture aux cochons !
Vous le soulignez bien vous même ; « Pas totalement faux, sauf qu'il y a des règles et des principes. Et que Nicolas Sarkozy s'est confortablement assis dessus. »
Aujourd'hui même la polémique rebondit, puisqu'on apprend que la commission ne s'est jamais réunie, et qu'un simple entretient entre Guéant et le président de la dite « commission » a suffit à leur faire croire qu'ils pouvaient aller outre toutes les conventions.

Il apparait évident, que « l'énervé » de l'Élysée, est prêt à transgresser toutes les règles, en vue d'accomplir un « dessein » personnel.
Dessein qui n'est pas gravé dans le marbre, car en bon « pragmatique », qui s'honore, (qui est devenu sa marque de fabrique), il est manifestement prêt à toutes les compromissions, dans la perspective manifeste, de servir ses « affidés », ses contempteurs, et ses ayant-droits.

Certes, pourquoi penser que tout est mauvais chez ce personnage bondissant et jouisseur !
Il est et représente ce nous méritons.
Il est élu, parce que notre soit disant système Républicain démocratique l'a élu.
Personne ne peut le nier.
Où alors mettons le feu à cet artifice, mettons un grand « bordel », à cette pseudo citoyenneté, qui nous écrase plus qu'elle nous rassemble.
Mais faut avoir des « coui… » pour cela, plus qu'une « grande gueule », serait elle représentative et officielle !
Tous le monde se protège quelque chose, tout le monde se met la tête sous la couette, ou fait l'autruche.
C'est peut être dégueulasse ce que j'exprime, mais « le fait du prince », c'est nous collectivement qui l'avons crée.
Celles et ceux qui ont voté, comme celles et ceux qui ne votent pas ou plus, écœurés, comme celle et ceux qui ne savent même plus pourquoi ni pour qui il faudrait voter.
Cela mis à part, je souscris à la formule :
« Mais le premier responsable n'est pas à aller chercher très loin : il habite à l'Élysée.. ».

Portrait de Jana

De Jana

bretonne en Normandie | 14H40 | 25/02/2009 | Permalien

Bonjour

Je viens d'utiliser cet article , que je trouve très intéressant, pour échanger avec deux personnes qui ont voté pour N.S,
leur avis :
le mensonge n'est, en ce cas, ni pieux, ni petit.

En ce qui me concerne, je l'ai perçu comme une fanfaronnade, en terrain berlusconien, jouant cyniquement sur « polémique » et « problème ».

Quant au « je » à répétition « , même si les résultats étaient positifs, il me semble, pour une démocratie et une république, le “nous” devrait être plus fréquent.
Mais, après tout, dans son discutable et choquant jeu du pouvoir, le “je” contribue à sa mise en scène, et est utile pour “tirer la couverture”.. affaiblir et dépouiller ceux qui, péniblement, de toutes tendances, gravitent autour, en attendant probablement d'être chaussés par des pantoufles

Portrait de Green-Sky

De Green-Sky

Citoyen social-démocrate à Paris | 16H55 | 25/02/2009 | Permalien

Même si je suis personnellement très réservé sur le risque de « mélange des genres » que le cas Pérol comporte, il me semble que c'est surtout le style Sarkozy qui est choquant. Une sorte de caporalisme qui fait fi des formes et aboutit à montrer que toute décision est déjà tranchée même avant que des corps intermédiaires (Commission de déontologie dans ce cas, Sénat dans le cas de la loi sur l'audiovisuel) ne se prononcent.

Ceci est purement insultant, et montre l'arrogance du chef de l'Etat. A cet égard, il mérite tous les reproches qui lui sont adressés. C'est d'autant plus curieux, venant de Sarkozy, qu'il avait (je pense) lui-même souffert personnellement de ce genre de démarche quand Chirac avait déclaré « Je décide, il exécute ».

Portrait de laplote

De laplote

hello | 17H04 | 25/02/2009 | Permalien

Un nouveau président pour la caisse d'épargne BPO

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http://laplote.over-blog.fr/

Portrait de nono le simplet

De nono le simplet

ceinture noire de pétanque | 18H21 | 25/02/2009 | Permalien

Et puis, il y a l'autre
Des éclairs dans les yeux
Qu'a jamais vu un SDF
Qu'est méchant comme une teigne
Même qu'il donnerait sa Rolex
A des pauvres gens heureux
Qui a marié la Carla
Une fille de la ville
Enfin d'une autre ville
Et que c'est pas fini
Qui fait ses petites affaires
Avec son petit manteau
Avec son petit bateau
Avec son p'tit hélico
Qu'aimerait bien avoir l'air
Mais qui n'a pas l'air du tout
Faut pas jouer les chefs
Quand on n'a pas de sous
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne vit pas Monsieur
On ne vit pas on triche

Portrait de égo

De égo

20H04 | 25/02/2009 | Permalien

Beaucoup de polémique mais la vraie question aujourd'hui et la seule qui se pose réellement, c'est : existe -t-il un moyen de l'empêcher de continuer à gérer la France comme un despote ?
Il se sait, se pense, se gargarise d'être le maître du pays. Il se moque des jérémiades de ses opposants. Ils crient mais ne peuvent rien. Ses mensonges ne sont pas relevés dans les grands médias.
La seule solution est d'attendre 2012, je ne suis pas de ceux qui souhaitent une révolte dans la rue, tout en reconnaissant que la colère gronde et que jamais un président n'a suscité autant de haine. Mais c'était déjà écrit avant son élection.

Portrait de pensekipeu

De pensekipeu

enseignant agricole | 08H11 | 26/02/2009 | Permalien

Alerte ! Alerte les gars !
Faites très attention au cinèma Sarkoléon, C'est beaucoup plus scénarisé que ça ; je m'explique : pendant que vous épiloguez sur l'apparence, la gestuelle, les provocations- le fond avance, le sens du film ne vous sautera au nez qu'à la fin ,c-à-d pour moi après 2012 >>>>> traduction :
exemple : petit à petit, plus de juge d'instruction >> c'est la police qui juge (donc qui vous savez)
petit à petit, les gendarmes sous commandement du ministère de l'intérieur = récupération d'un contre pouvoir ( défense) par qui vous savez
pas vu, pas pris, >>> tous les articles de loi qui régissaient les bases du code du travail ont été commués en articles pouvant être modifiés par simple décret, donc pas de discussion ni de vote par les députés >>> Le smic, la durée hebdo, les congés payés etc etc peuvent sauter en quelques petits décrets…. ce sera sans doute pour 2012
ma liste n'est pas exhaustive, je vous invite à continuer …
cherchez donc le fond du film plutôt que les grimaces, cela nous servira à affronter la catastrophe totalitaire qui se prépare
sans rancune Dez, j'ai des enfants et j'ai peur pour eux…..

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