A débattre 25/02/2009 à 20h20

Google-Microsoft : la guerre des monopoles

François Krug | Journaliste Rue89


Sergey Brin, cofondateur de Google, lors de la présentation du navigateur Chrome à Mountain View (Kimberly White/Reuters)

Google a décidé de soutenir la procédure lancée par Bruxelles contre Microsoft. Mais aux Etats-Unis, il pourrait devenir la cible du gouvernement d’Obama. La nouvelle responsable américaine de la lutte anti-monopole l’affirme : le danger, ce n’est plus Microsoft, c’est Google. Qu’en pensez-vous ?

En Europe, Google contre Microsoft

Mi-janvier, la Commission européenne a bouclé son enquête sur les méthodes de vente d’Internet Explorer, le navigateur web de Microsoft. Extrait de ses conclusions :

« La vente liée de l’Internet Explorer avec Windows, qui a pour effet d’équiper de l’Internet Explorer 90% des PC dans le monde, porte préjudice à une concurrence par les mérites entre navigateurs web concurrents dès lors qu’elle confère à l’Internet Explorer un avantage artificiel en matière de distribution (...).

L’omniprésence de l’Internet Explorer incite artificiellement les fournisseurs de contenu et les développeurs à concevoir des sites web ou des logiciels essentiellement pour l’Internet Explorer, ce qui risque, à terme, de compromettre la concurrence et l’innovation en matière de fourniture de services aux consommateurs. »

La Commission avait été saisie par les créateurs du navigateur Opera. Début février, Firefox s’était associé à la procédure. Et mardi, Google a annoncé sur son blog officiel qu’il les rejoignait. Mais est-il vraiment le mieux placé pour défendre la libre concurrence ?

Aux Etats-Unis, Obama contre Google ?

C’est à Christine Varney qu’il reviendra de répondre à la question. Cette avocate a été choisie par Barack Obama pour diriger la lutte contre les pratiques anti-concurrentielles au ministère de la Justice. Et en juin dernier, lors d’un colloque à l’American Antitrust Institute, elle semblait déjà avoir arrêté son opinion :

« Pour moi, Microsoft, c’est le siècle dernier. Le problème, ce n’est pas eux (...). Mais il reste un problème potentiel - avec Google. »

Christine Varney se montrera peut-être plus modérée dans ses fonctions officielles. Mais à l’époque, elle s’inquiétait ouvertement d’un risque de monopole sur le marché en plein développement du « cloud computing ». Selon elle, l’abandon des logiciels traditionnels (comme ceux de Microsoft) au profit de systèmes en ligne rendra Google incontournable :

« Si toutes les entreprises se mettent au “cloud computing” et si une seule société leur offre une solution complète, vous allez voir se répéter la situation qu’on a connue avec Microsoft. »

Depuis, l’inquiétude provoquée par les pannes de Google et de Gmail a démontré la dépendance d’une bonne partie des internautes à l’égard de l’entreprise.

Et pour imposer sur le marché son navigateur Chrome, Google serait même prêt à adopter les pratiques de vente liée qu’il combat à Bruxelles. Dans une interview au Times, le vice-président de Google semble s’inspirer de l’exemple de Microsoft et d’Internet Explorer :

« Nous allons probablement commencer des partenariats de distribution (...). Il se pourrait que nous travaillions avec des fabricants afin qu’ils vendent des ordinateurs sur lesquels Chrome serait pré-installé. »

Selon vous, Google va-t-il se transformer en nouveau Microsoft ?

Photo : Sergey Brin, cofondateur de Google, lors de la présentation du navigateur Chrome à Mountain View (Kimberly White/Reuters)

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  • Fenrir
    Fenrir
    Ingénieur en informatique
    • Posté à 09h01 le 26/02/2009
    • Internaute 54922
      Ingénieur en informatique

    Autant je suis d’accord qu’il faille garder un œil sur Google et essayer d’avoir une vue d’ensemble sur leurs produits et notre dépendance à ces derniers, autant la fin de l’article me semble confus. J’ai beau réfléchir, je ne vois pas en quoi le fait que Google signe des partenariats avec, disons, HP et Dell, résulterait en la mise en place d’une situation condamnable au sens de la vente liée.

    Si tel est le cas, alors les assembleurs ne pourront plus vendre Windows que « nature », avec éventuellement des logiciels de leur cru. Et bien sûr, à ce moment-là, on sera sûr qu’Internet Explorer sera le seul navigateur disponible sur l’installation par défaut. Sauf si l’Union Européenne force Microsoft à afficher une fenêtre d’information au premier démarrage pour permettre à l’utilisateur de choisir son navigateur. Mais à ce moment-là, qui décidera des navigateurs à lister, et de ceux à omettre ? Genre indiquer Firefox et Chrome, mais pas Opera (vengeance - bon pas forcément bien vu de l’UE si ça se fait comme ça) ni Safari (alors que la dernière beta est plutôt bonne). C’est pour cette raison-là que je ne suis pas derrière l’UE sur cette question.

  • watashi_baka
    • Posté à 09h47 le 26/02/2009
    • Internaute 47330
      ...

    Il y a une grosse différence entre google et microsoft.
    Google utilise des technologie standard, là ou Microsoft utilise sa propre technologie.

    Pour prendre 2 exemples

    Google Talk est basé sur le protocole jabber, si je veux parler avec mes copains qui sont sur google talk, j’ai le droit de me crée un compte sur le serveur de l’apinc et d’utiliser Kopete ou Gajim ça fonctionnera.
    Au contraire MSN (Pardon Windwos Live Messenger) est basé sur un protocole fermé.
    Si je veux parler avec mes potes sur MSN, je doit me crée un compte chez MSN et les CGU m’impose d’utiliser le client MSN officiel.

    Google Document enregistre les documents au format opendocument qui est une norme ISO, par conséquent si je veux bouger mes documents c’est très simple vu que le format est standardisé.
    Au contraire du format doc de Microsoft qui est difficile a exploiter (Et vu que l’oiseau nous a déjà fait le coup avec RTF je ne croie pas que OpenXML aie un avenir)

    Bref il me semble beaucoup plus simple de quitter google que de quitter Microsoft.
    Pour autant google n’est pas un ange.

  • shillom
    shillom répond à Fenrir
    • Posté à 11h49 le 26/02/2009
    • Internaute 22134

    Je vois surtout un gros problème dans l’obligation d’utiliser Internet Explorer pour se connecter au site de mises à jour de microsoft. Tant que ce sera le cas, IE resterera indispensable sur un PC utilisant Windows, vente forcée ou non.

  • ron-ron
    • Posté à 13h40 le 26/02/2009
    • Internaute 37198

    Article intéressant. Simple remarque en passant :
    Il aurait pu être intéressant de rapprocher ces deux phrases, qui se trouvent chacune a un bout de l’article :
    « Google cherche à nouer des partenariats industriels pour que son navigateur devienne standard » (car ceux qui n’aiment pas IE utiliseront de préférence firefox ou autre logiciel gratuit et à peu près sécurisés - la sécurité d’un logiciel ggogle étant loin d’être acquise)
    et
    « Google se joint à une plainte qui vise à réduire l’influence de microsoft sur l’exploration internet, via l’installation par défaut d’IE. »

    Etrangement, jusque là, le « monopole » d’IE ne les dérangeait pas plus que ça, et google était le moteur de recherche par défaut ...

  • jck
    jck répond à touko_2
    • Posté à 14h43 le 26/02/2009
    • Internaute 27688

    Google a un quasi-monopole de la publicité en ligne c’est un fait.
    Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas les clients de Google (de même que nous ne sommes pas client de TF1 ! les clients c’est coca-cola etc...)