A debattre 24/02/2009 à 22h15

PS : Aubry intègre les royalistes dans une direction en surpoids



Martine Aubry et Ségolène Royal le 26 novembre au siège du PS, rue de Solférino (Charles Platiau/Reuters)

Qu'il paraît loin le temps où Martine Aubry, en campagne pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, promettait une direction resserrée pour mieux contrer la politique de Nicolas Sarkozy. La maire de Lille l'a pourtant martelé à longueur de meetings. Encore le 30 octobre, dans la salle parisienne de la Bellevilloise.

Martine Aubry proposait de créer un « contre-gouvernement » composé de seize membres. Huit femmes et huit hommes, chacun étant chargé de suivre un ministre du gouvernement de François Fillon. Un groupe beaucoup moins nombreux que le secrétariat national du PS sortant, qui comptait 42 membres.

Las, la nouvelle première secrétaire a proposé, et fait voter le 6 décembre, une équipe composée de 38 membres. La promesse de la parité était au rendez-vous. Pas celle d'une direction resserrée.

La faute à des négociations aussi longues que difficiles avec les deux camps qui lui ont permis d'obtenir la majorité : les tenants de Bertrand Delanoë et ceux de Benoît Hamon. Heureusement pour la diététique de la direction, les royalistes n'avaient pas voulu intégrer les instances dirigeantes aux conditions imposées par les aubryistes.

Montrer que la hache de guerre est enterrée

Mais les temps changent vite en politique et les ambitions ne restent jamais tapies longtemps. Difficile pour les soutiens de Ségolène Royal de se contenter de soutenir leur leader jusqu'en 2012, en se coupant du parti et surtout des décideurs pour les investitures aux élections intermédiaires.

Les européennes de juin, couplées à un fléchissement des prétentions de Martine Aubry, auront convaincu nombre d'entre eux que le rassemblement s'avérait nécessaire. Particulièrement en temps de crise (qui a bon dos).

Six de ces royalistes (en plus de l'aubryiste André Laignel à l'aménagement du territoire) ont ainsi intégré le secrétariat national ce mardi. Ce qui porte à 45 les membres de la direction du PS, sans compter les secrétaires nationaux adjoints. François Hollande n'a plus à rougir de l'ampleur du secrétariat national à la fin de ses onze années de gouvernance.

Si Ségolène Royal ou son bras droit, Vincent Peillon, n'en font toujours pas partie, ses représentants sont tout de même des membres éminents de l'équipe royaliste :

  • David Assouline (auprès de la première secrétaire)
  • Najat Belkacem (aux questions de société)
  • Aurélie Fillipetti (aux questions énergétiques)
  • Gaëtan Gorce (à l'exclusion)
  • Philippe Doucet (au droit des consommateurs)
  • Jean-Patrick Gilles (à la famille)

La hache de guerre est donc enterrée, veut-on montrer. Peu semble dès lors importer la lourdeur accrue du dispositif. Et les quasi doublons qui en sont nés. Aurélie Fillipetti devra par exemple faire cohabiter son portefeuille des questions énergétiques avec celui déjà existant depuis le 6 décembre de Laurence Rossignol, chargée de... l'environnement.

Trois fois plus de secrétaires nationaux que de ministres, pas sûr que cela soit le meilleur moyen de constituer un « contre-gouvernement ». Ni que cette tentative de mise en place d'un « shadow cabinet » soit plus efficace que la dernière. Qui a entendu parler de l'action du groupe de socialistes constitué à l'Assemblée nationale en juin 2007 ? Et encore, ils n'étaient que 22...

Photo : Martine Aubry et Ségolène Royal le 26 novembre au siège du PS, rue de Solférino (Charles Platiau/Reuters)

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  • yoye-2000
    • Posté à 22h39 le 24/02/2009

    C'est pas que je veuille défendre absolument les socialistes qui donnent généralement dans le pathétique avec une rare constance, mais combien de personnes au gouvernement en comptant les secretaires d'état plus ou moins bidon. On doit pas approcher une quarantaine aussi, non ?
    et encore je ne parle pas des conseillers de l'Élysée !
    bon ceci dit n quant on voit le bordel que c'est, on se dit que les socialistes auraient été mieux inspirés d'être un poil plus imaginatifs et audacieux, mais il est vrai que c'est rarement leur fort...

    Lien

  • obey-
    • Posté à 00h06 le 25/02/2009

    Hahahaha. Ils nous avaient fait le coup en juin 2007 deja.
    INCROYABLE, PLUS C EST GROS PLUS CA PASSE.

    Rappel (a la fin ceux qui etait de la partie en ... 2007) :
    Le Gouvernement Fantôme

    Mercredi 27 Juin 2007, le parti socialiste a crée un contre-gouvernement !
    Qn'est-il devenu depuis ?

    Cabinet fantôme contre-pouvoir opposition constructive PS
    S'inspirant de la pratique anglo-saxonne du « Shadow Cabinet », les députés socialistes ont décidé de lancer leur Gouvernement fantôme. Cette décision a fait sourire les députés de la majorité présidentielle, et fait grincer les dents des socialistes sérieux. Mais que penser réellement de cette proposition ?

    Il faut savoir que le but du « Shadow Cabinet », est de proposer un gouvernement alternatif à celui en place, en discutant des projets de lois dans les mêmes conditions que le gouvernement. Cette pratique a normalemeent pour but de permettre à l'opposition de se placer dans une perspective assez constructive au lieu de s'enfermer dans une opposition stérile. A en juger les réactions au sein même du PS, ce n'est pas gagné ! seule l'opposition stérile s'exprime.

    La composition du « contre-gouvernement » socialiste a été rendue publique le 27 Juin 2007. Jean-Marc Ayrault a été élu président, en charge de la coordination affaires étrangères et européennes. Parmi les autres membres, on compte Arnaud Montebourg (commission prospective), Philippe Martin (développement durable/agriculture), Patrick Bloche (culture/communication), André Vallini et Aurélie Filippetti (porte-parole), François Brottes (responsable commission affaires économiques), Patricia Adam (responsable commission de la défense), Jérôme Cahuzac (responsable de la commission des finances), Manuel Valls (responsable commission des Lois), George Pau-Langevin (immigration/codéveloppement), Sandrine Mazetier (Education), Jean-Yves Le Bouillonnec (logement

  • adaunis
    • Posté à 07h53 le 25/02/2009

    Bonjour Julien ; Je me permets de décrypter, votre titre !
    « PS : Aubry intègre les royalistes dans une direction en sur-poids »
    Cela pourrait se lire ainsi :
    L'intègre Aubry, digère, (puisqu'elle ne peut les désintégrer), pour mieux les contrôler, les « royalistes ».

    « Montrer que la hache de guerre est enterrée »
    Probablement que c'est un armistice conjointement assumé et conjoncturel.
    La hache, les couteaux, accessoires divers de mitraille sont déposés et remisés à portée de mains.
    Martine aux fourneaux fait la « tambouille » avec les « légumes » quelle a sous la main, en ces temps de crise et de diète.
    La soupe risque d'être insipide.
    Elle voulait des « éléphantos » pour diriger le parti, (en comité restreint), elle accouchera, (non de l'or), mais d'une « marmaille » de futurs cornacs, en quête de respectabilité.
    Ce pauvre parti reste fidèle à lui même, n'arrive pas à se projeter ni à s'imaginer dans le futur.
    Il reste engoncé dans ses manies et habitudes séculaires, manœuvres et batailles d'une autre époque.
    Il ne mérite pas ses adhérents, ni ses fidèles, ni ses sympathisants.

    Ceci dit j'aime assez la fin du commentaire De Airinys Adhérent PS, (ça se soigne, ; -)))
    « le “ shadow cabinet ”, son but n'est absolument de subtiliser le pouvoir au gouvernement légitime, mais surtout d'entretenir des expertises et de maintenir une connaissance fine du fonctionnement des différents ministères. C'est vital pour un parti de gouvernement, dans l'opposition .
    Il a un rôle formateur, mais pas subversif contrairement à ce que laissent penser les médias. »

    C'est assez juste, (mais à mon humble avis), hélas une vue de l'esprit,en l'état actuel des choses, et ce qu'ils nous montrent.

  • gasper
    gasper
     ? ? ? ?
    • Posté à 08h59 le 25/02/2009
    • Internaute
       ? ? ? ?

    oui bon... on a donc 11 Royalistes sur les 70 membres de la direction, ce qui fait grosso modo 15%... voila un rassemblement bien symbolique qui n'engage réellement ni les uns, ni les autres... dommage qu'ils n'aient pas pu s'entendre sur une base plus large. Tant pis, à l'impossible nul n'est tenu... je vous avoue ne pas être très optimiste sur la suite...

  • Airinys
    • Posté à 23h57 le 25/02/2009
    • Internaute

    Il fallait intégrer des royalistes à la directions du PS pour équilibrer les instances dirigeantes et réaliser une forme de rassemblement. La mise en scène de la guerre des chefs a été calamiteuse en terme d'image. La réconciliation marque une forme de retour à la normale dans un parti dont les forces principales restent le rassemblement, la cohésion et la discipline.

    Le prix à payer pour cette paix est évidemment une plétore de « secrétaire à ». En même temps, il aurait été mal compris et mal accepté que des fidèles de la première heure perdent des postes en vue au bénéfice d'opposants jusqu'au boutiste. Les impératifs politiques imposent bien souvent de faire passer l'efficacité au second plan. Cela, tout le monde peut le comprendre.

    Le timing de cette annonce m'interpelle, à un moment où Royal n'est plus sur le territoire métropolitain, semble légitimer les excès de la révolte ultra-marine en Guadeloupe. Son action pourrait apparaître comme une tentative de récupération. (Je n'accuse pas, je m'interroge sur son manque de subtilité.)

    On savait depuis quelques temps, que la hache de guerre avait été enterrée. Mais jusqu'il y a peu, la participation des royalistes à la direction ne semblait pas pouvoir se faire au rabais, ce qui semble à présent le cas ... Pourquoi sa garde rapprochée accepte des strapontins ? Royal perdrait-elle en influence ? Peut-être s'agit-il de manifester une forme de malaise avec sa façon de s'imposer dans le dossier de la Guadeloupe ?

    Pour l'instant ce ne sont que des interrogations, qui tranchent avec la radicalité des positions du Congrés 2008. L'avenir nous dira si effectivement la page Ségolène Royal se tourne. Les dernières vagues de sondages de popularité nous donnent une première indication sur la tendance : à la baisse.

    Concernant plus spécifiquement le « shadow cabinet », son but n'est absolument pas de subtiliser le pouvoir au gouvernement légitime, mais surtout d'entretenir des expertises et de maintenir une connaissance fine du fonctionnement des différents ministères. C'est vital pour un parti de gouvernement, dans l'opposition : écartés depuis trop longtemps du pouvoir pour s'appuyer sur les savoir faire passés. Il a un rôle formateur, mais pas subversif contrairement à ce que laissent penser les médias.