Alors que les critères de sélection des donneurs de sang seront élargis en avril, les gays exigent de ne plus être exclus.

(De Montpellier) Devant les camions blancs flottent les drapeaux multicolores de l'association « Lesbian and gay pride ». La communauté gay s'est rassemblée vendredi 13 février à Montpellier pour réclamer l'égalité devant le don du sang.
Alors que le besoin de donneurs se fait de plus en plus pressant, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a signé, le 14 janvier, un arrêté qui élargit les critères du don du sang. Effectif en avril, il permettra aux donneurs de donner plus, pendant plus longtemps et sans limite d'âge pour le premier don.
Mais cette avancée continue d'exclure du don du sang les homosexuels masculins considérés comme « population à risque ». Les propos de la ministre lors de la conférence de presse au ministère de la santé du 26 novembre 2007 avaient suscité des espoirs au sein de la communauté homosexuelle : Bachelot évoquait alors sa volonté de suspendre l'interdiction, datant de 1983, pour les hommes homosexuels d'être donneurs. La ministre s'est expliquée dans Libération le 14 janvier 2009 :
« Les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18% des gays sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels. Les situations épidémiques ne sont pas les mêmes. Il y a un risque, et ce risque est trop élevé. D'où le maintien de cette contre-indication. »
Les hétérosexuelles aussi sont de plus en plus contaminées…
A la suite de quoi des mouvements épars de protestation ont été organisés dans de nombreuses villes. A l'origine de la petite mobilisation d'une trentaine de personnes à Montpellier, l'association « Lesbian and gay pride » suivie par le récent collectif montpelliérain Pink Freak'x. Maïa, co-fondatrice de ce mouvement « trans, gouines, PD » explique l'importance de ce combat pour la communauté gay :
« Cette discrimination fait l'amalgame entre homos et pratiques à risques. Cette restriction serait justifiée par la séroprévalence c'est-à-dire le taux de risque de contamination au VIH plus élevé chez les hommes homosexuels. Mais les études prouvent que les contaminations touchent aussi de plus en plus les femmes hétérosexuelles. Il y a des homos qui sont fidèles, qui vivent en couple et des hétéros qui vont à droite à gauche ! »
La jeune militante dénonce des discriminations au faciès. « Même si on n'est pas homosexuel, ils estiment qu'on a le physique ou le comportement, ils jettent la poche à la poubelle ! » Leur revendication ? La fin de la stigmatisation d'une population dite à risque pour ne parler plus que d'un comportement à risque décelé grâce a un questionnaire adapté.
« S'il existe un doute, il est préférable de jetter la poche »
Devant les camions, elle garde un œil sur les manifestants. Docteur Pierrette Cazal, responsable du site de l'Etablissement français du sang de Montpellier commente l'action menée.
« On sait que les homosexuels masculins le vivent comme une exclusion. Malheureusement, il y a des études statistiques qui montrent que si on les prenait, il y aurait un risque majoré de contamination par le VIH. La prévalence du VIH chez les homosexuels masculins est 100% plus élevé que pour les autres… »
Au sujet des prétendus « délits de faciès » la responsable dément mais préfère justifier ces actes éventuels par le souci de sécurité du malade :
« S'il existe un doute dans la façon dont le volontaire répond aux questions, il est préférable que le médecin jette la poche. »
Le questionnaire repose uniquement sur la bonne volonté des donneurs qui, homosexuels comme hétérosexuels, peuvent choisir de mentir. Les tests biologiques pratiqués sur chaque don ne peuvent pas détecter une infection récente. Il existe une « fenêtre silencieuse » de douze jours pour le VIH, et jusqu'à quatre mois pour le virus de l'hépatite B.
A lire aussi sur Rue89
► Tous les articles sur l'homosexualité
Ailleurs sur le Web
► Pourquoi les homosexuels restent exclus du don du sang, interview à Libération de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
► Le site du collectif montpelliérain LGBT Pink Freak'x
Photo : donneurs de sang à Paramus, New Jersey (Ray Stubblebine/Reuters).




















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De le soudanais
ici et là | 13H17 | 22/02/2009 |
Il n'y a pas que les homosexuels qui ne peuvent donner leur sang. je voudrais bien le faire, mais tout séjour dans un pays à risque (palu, etc…) dans les 3 mois qui précèdent le don rend cette démarche impossible.
à le soudanais
De in girum
15H45 | 22/02/2009 |
en fait les dons de sang sont acceptés sur parole ! même ceux des militants de l'UMP. c'est dire que l'auto-transfusion est de bien loin préférable.
De Jack Sullivan
en boule | 13H18 | 22/02/2009 |
Il y a un point qui me pose problème dans les arguments avancés par Roselyne Bachelot pour continuer à refuser les dons de sangs provenant d'homosexuels masculins : je croyais que depuis le scandale du sang contaminé, justement, on chauffait les dons de sang afin d'en éliminer le VIH éventuellement présent ?
à Jack Sullivan
De Tyrian
Informaticien | 14H00 | 22/02/2009 |
Et si jamais le VIH résiste à cette chauffe ? Cette saloperie évolue très vite. Donc il est logique d'éviter un maximum un risque de contamination. Chauffer la poche est une précaution supplémentaire, mais pas suffisante en elle-même. Face à une contamination de cette ampleur, il est logique d'établir un maximum de précaution sanitaire.
Même les associations gays ne contre-disent pas les chiffres du ministère (qui aurait put être sujet à caution, ça reste des propos de politiciens). Donc, vu les chiffres, ça parait logique de prendre ces précautions.
Une chose qui me sidère sur ce sujet, reste l'étonnante absence de traitement capable de soigner ce virus, vu le nombre de découvertes à son sujet dont plusieurs en elle-mêmes aurait du permettre de le vaincre. Mais bon… un sidaique, c'est tellement rentable pour les grosses boites pharmaceutiques.
à Tyrian
De Jack Sullivan
en boule | 15H37 | 22/02/2009 |
« Et si jamais le VIH résiste à cette chauffe ? »
C'est justement sur ce point que je demande des précisions, parce que normalement tout virus est thermosensible.
« Une chose qui me sidère sur ce sujet, reste l'étonnante absence de traitement capable de soigner ce virus, vu le nombre de découvertes à son sujet dont plusieurs en elle-mêmes aurait du permettre de le vaincre. »
Je ne comprends pas cette phrase. De nombreuses molécules susceptibles de bloquer l'une ou l'autre des fonctions du virus ont en effet été découvertes, mais aucune substance, ni combinaison de substance, n'empêche totalement l'infection ou la progression de la maladie. Il est donc totalement faux d'écrire qu'on aurait déjà pu ou dû vaincre le SIDA.
à Jack Sullivan
De Tyrian
Informaticien | 17H00 | 22/02/2009 |
On a juste des individus dont les anti-corps détruisent le virus (pas seulement des porteurs sains, mais des individus dont le corps ne portent plus une trace de VIH après une infection avérée). On a également identifié de quoi le détruire à plusieurs reprises, en bloquant totalement sa capacité à se reproduire, à pénétrer les cellules, etc. En fait, c'est probablement un des virus au monde les mieux compris, vu la quantité de données.
Mais par contre, l'état des choses actuel rapporte un fric monstre au mêmes industrie chargées de produire ce qui pourrait le guérir. Alors réfléchissez. D'un côté, avec des sidaiques, vous avez une rente sur environs 10 ans, voir plus, avec un traitement très couteux, et touchant des millions de personnes. De l'autre côté, vous pourriez produire quelque chose qui flinguerait cette rente, et vous rapporterait une proportion ridicule de la précédente rente… Si vous pensiez en terme de bénéfice pur, il est évident que vous ne produiriez jamais de quoi guérir. En prime, vous tenteriez de développer ce modèle économique avec d'autre maladie, comme par exemple les cancers.
à Tyrian
De Jack Sullivan
en boule | 17H36 | 22/02/2009 |
« Alors réfléchissez. »
Je suis chercheuse en biologie, je pense connaître le sujet puisqu'il fait partie de ma culture générale.
De votre côté vous mélangez beaucoup de choses qui n'ont rien à voir : la quantité de stratégies possibles de lutte anti-virale (qui n'ont rien à voir, encore une fois, avec la réelle capacité de vaincre une maladie), les cas (pas encore totalement compris) de pseudo immunité naturelle (je dis pseudo car on ignore si en fait l'organisme ne contient réellement pas de virus), et enfin les stratégies commerciales appliquées par les laboratoires détenteurs des brevets.
Et rien de tout ceci ne répond par ailleurs à ma question de départ : le chauffage avait été décrété comme étant la précaution de base à prendre pour tous les dons de sang, indépendamment du statut sérologique vis-à-vis du VIH, comment se fait-il qu'on en soit revenu à écarter purement et simplement certaines catégories de donneurs ?
à Jack Sullivan
De layote
18H26 | 22/02/2009 |
Le sang n'est pas chauffé pour la simple raison qu'il perdrait ses qualités physiques en particulier la conservation des globules rouges pour assurer le transport d'oxygène chez des sujets anémiés.Quant au plasma (séparés des glbules rouges ) il peut être traité par solvant détergent et depuis peu par bleu de méthylène mais surtout pas chauffé.Il est décongelé à 37 car au delà lesfacteurs de coagulation et l'albumine qu'il contient seraient détruit.
à Jack Sullivan
De tobernite
14H28 | 23/02/2009 |
Je dirais même plus : tant qu'on y est, pourquoi est-ce qu'on accepte le sang des donneurs qui se nourrissent de produits de l'agriculture industrielle et qui sont, par conséquent, truffés de pesticides et d'antibiotiques ?
Et je n'aime pas, mais alors pas du tout, les dernières lignes du formulaire où l'on nous demande (entre autres choses amalgamées) d'autoriser une utilisation non thérapeutique de notre sang.
Entre les donneurs qui se font refouler sur des critères statistiques et ceux qui n'ont pas envie d'approvisionner les multinationales, faudra pas s'étonner si les messages d'alerte de la Transfusion sanguine provoquent de plus en plus d'amertume et de moins en moins bonne volonté.
à Jack Sullivan
De nono le simplet
gardien de phare en intérim | 17H42 | 23/02/2009 |
j'ai bien peur que l'argument intime soit moins scientifique que ça !
à Tyrian
De mmarvin
socialiste tendace coup-de-pied-au-... | 20H02 | 22/02/2009 |
Le virus du SIDA mute. C'est la raison pour laquelle aucun traitement curatif réel ni aucun vaccin ne peut être mis au point.
En revanche sa résistance à la chauffe ne varie pas. Donc le risque est nul.
La seule vraie raison de notre exclusion en est l'idéologie profondément homophobe de l'UMP.
J'avais des envies de venir à mon prochain en donnant mon sang, mais je me refuse à le faire en cachette. Je préfère encore voir ceux qui en ont besoin en crever et en laisser la responsabilité à nos chers amis de Christian Vannestre. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai déchiré ma carte de donneur d'organe.
Plutot tout laisser pourrir que de se faire exploiter jusqu'à la fin et même après !
De skalpa
actif et militant ? | 13H39 | 22/02/2009 |
Act up avait édité cette affiche…
Rappelons-le pour le président :
« L'homosexualité serait génétique »
http://contreinfo.info/article.php3 ? id_article=816
Alors, de là à ce que cela ne se contamine par le sang…
Jehovah en serait témoin

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Diane67
13H54 | 22/02/2009 |
Oui, je me suis aussi déja fait refouler pour cause de séjour en Afrique
à skalpa
De skalpa
actif et militant ? | 15H02 | 22/02/2009 |
Voici l'affiche qui s'était perdue dans les méandres de la toile binaire
De jano31100
rmiste | 13H53 | 22/02/2009 |
Je donne du sang et des plaquettes depuis des annees mais c'est la premiere fois que j'entand que les test des donts ne sont pas fiables !
Je pensent donc qu'il y a vraiment une volonte de nuire a la communote gay !
Mais bon je vais toujours donne et j'espere que en vous ferais de meme !
De Camille
Mauvais genre | 14H09 | 22/02/2009 |
Il n'y a pas que les homos qui sont interdits de don du sang de façon assez absurde.
Toutes les personnes hétéros qui ne sont pas en couple stable sans relation « extra-conjugale » depuis moins de 3 mois ne peuvent pas donner. Y compris des personnes qui se protègent…
Par ailleurs, toutes les personnes qui ont pris des antibiotiques dans les 3 mois précédents le don ne peuvent pas donner non plus
Entre les fois où je n'avais pas pu donner parce que j'avais été malade 2 mois plus tôt, celles où j'avais voyagé et celles où je n'ai pas pu donner parce que j'avais eu des relations sexuelles (protégées)… en fait, j'ai juste jamais pu donner mon sang !
à Camille
De Pol_Liber
intermittent profiteur | 00H07 | 23/02/2009 |
La même…entre les piercing, tatouages, voyage, relations sexuelle , maladies,soins dentaire les dons qui se passe vers chez moi le Lundi matin (pratique pour ceux qui travaillent ou vont au lycée ou à la fac) j'ai loupé je ne sais combien de session et je me suis fait refoulé 5 fois (j'ai 20 ans) le principe de précaution je veux bien, le don du sang aussi… mais s'il faut vivre comme un mormon pendant 6 mois pour pouvoir donner son sang , faut la chercher loin la motivation
à Pol_Liber
De watashi_baka
... | 09H37 | 23/02/2009 |
C'est justement là ou la question est interessante
d'un point de vue statistique, une fois toutes les autres catégorie rejetée as t'on encore une raison de rejeter les homos ?
Sachant que les gens qui ne déclarent pas des relations sexuelles/Tatouages/Piercing et autre sont aussi ceux qui ne se déclareront pas Homo et qu'au contraire ceux qui se déclarent homo, declareront volontier relation sexuelle tatouage etc…
Est ce que quelqu'un sait si ces critères font sens à l'étranger
Est ce que quelqu'un peut me dire ce que dit la litterature médicale à ce sujet. Car les données épidémiologique sont peut être sans appel, mais dans ce cas là c'est abondamment documenté dans la litterature médicale.
Maintenant même pour les heteros c'est difficile de donner plus d'une fois par an car lorsque le camion vient
-Il faut ne pas être malade (ou prendre un médicament quelquonque)
-quelques mois de chasteté ou avec la même personne
-Ne pas avoir voyager dans les X dernières années dans certains pays à risque (Oui un jour le don du sang m'a recalé car j'avais foutu les pied quelque part en amérique du sud et que leurs machines à test pour un parasite ne fonctionnait plus, le problème c'est que j'avais déjà donner du sang depuis mon retour d'amérique du sud : p )
Bref en hiver les gens ne peuvent pas donner car ils sont enrhumé
Au printemps il ne peuvent pas donner car ils font des rencontre
en été ils ne peuvent pas donner car ils voyagent dans des pays à risque
Bref pour peu que vous fassiez tatouer/percer en automne et vous êtes foutus pour cette année
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 14H24 | 22/02/2009 |
De toute façon, c'est assez hypocrite, car :
à quoi reconnait--on un homosexuel ?
à quoi reconnait--on un hétérosexuel en coupe stable ?
à quoi reconnait--on un hétérosexuel en coupe stable et fidèle ?
Finalement, on prend le risque :
- de refouler des personnes honnêtes qui prennent des précautions et qui avouent leur situation .
- d'accepter des personnes qui mentent sur leur situation et qui prennent des risques dans leur vie sexuelle.
à Pseudo
De Pierrrrre
14H50 | 22/02/2009 |
»…à quoi reconnait—on un homosexuel ? … »
► Il a du sang fluo.
à Pierrrrre
De jabier
consultant dans les Landes | 15H38 | 22/02/2009 |
Et les dents poilues ! Voilà ! Voilà ! Voilà !
Consternant !
à jabier
De Pierrrrre
15H43 | 22/02/2009 |
« Consternant ! »
► Je vous croyais consultant.. mais le dénominateur reste commun.
N'importe quel humour, mais pas avec n'importe qui.
Moi, je me suis trouvé drole.. et c'était mon seul but.
à Pierrrrre
De jabier
consultant dans les Landes | 16H16 | 22/02/2009 |
Raciste et homophobe pas drôle ! Pétainiste
à jabier
De Pierrrrre
18H50 | 22/02/2009 |
»…..Raciste et homophobe pas drôle ! Pétainiste….. »
► Pourquoi pas « Nazi », « phalocrate »..« pervers »..« vicelard »..
Pour vous qualifier à vous, ce serait plus simple..
3 lettres suffiraient.
à Pierrrrre
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 16H58 | 22/02/2009 |
Ah c'est ça votre message jaune fluo ?
: -))
à Pseudo
De Pierrrrre
18H42 | 22/02/2009 |
: -((
à Pseudo
De in girum
15H24 | 22/02/2009 |
en fait le seul truc qu'on peut repérer c'est un sarkosiste en couple stable et fidèle, éventuellement homosexuel hypocrite. son nom est Paul Marie du Gaétan et Pierrrrre est son ami.
à in girum
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 17H26 | 22/02/2009 |
Et on risque quoi à la transfusion ? Ca craint un peu, non ?
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H16 | 22/02/2009 |
Je ne vois pas ce qu'il y a de répréhensible dans la position de Roselyne Bachelot (pour une fois…). Elle exprime le consensus des professions médicales.
Il est très regrettable que les homosexuels de sexe masculin se sentent exclus alors qu'ils veulent faire un acte citoyen qui les honore, mais la décision finale appartient de toute manière aux médecins préleveurs, qui rejettent les dons des personnes dont le parcours personnel suscite un doute, pas seulement en ce qui concerne le VIH. Il existe un certain nombre de pathologies « dormantes » indétectables au moment du don (hépatites B ou C, notamment), sans parler des personnes ayant été traitées pour des affections diverses et qui conservent dans leur sang, souvent pendant des périodes prolongées, des métabolites de médicaments pouvant présenter un danger pour les receveurs.
Il ne faut pas non plus oublier le cas des personnes atteintes par une forte augmentation de l'hématocrite (permanente ou temporaire). Les gens frappés d'hémochromatose (hématocrite pouvant dépasser un taux de 60%, alors que la norme est 44% chez les hommes et 42% pour les femmes) se font régulièrement ponctionner le sang afin d'abaisser ce taux anormalement élevé. On pourrait penser que ce sont des candidats idéaux au don de sang, mais ce n'est pas le cas car on craint que leur pathologie sous-jacente se transmette aux receveurs ; le sang de leurs phlébotomies est donc jeté à la poubelle.
Il faut également penser aux donneurs potentiels prenant des fluidifiants du sang à cause de problèmes de thrombose potentielle. Un médicament comme le Préviscan, par exemple, est consommé par un grand nombre de personnes. Le Préviscan fait peser un tel risque hémorragique chez la personne traitée que les chirurgiens exigent une durée de sevrage de sept jours avant toute intervention. On imagine les ravages que pourrait causer une poche de sang provenant de telles personnes chez un malade ou accidenté nécessitant une transfusion en urgence !
Les questionnaires pré-don sont d'autant plus utiles que les médecins traitants n'informent généralement pas les patients des dangers que leur don pourrait faire courir à autrui, se contentant de les avertir des risques encourus par le patient lui-même. Il y là un vrai problème.
En conclusion, si l'on peut déplorer toute discrimination (réelle ou supposée) des gays, il faut toujours garder à l'esprit que les médecins français (pour ne citer qu'eux) excluent du don de sang plusieurs millions de personnes pour diverses raisons, dont celles indiquées ci-dessus.
à Jaycib
De irenedelse
18H48 | 22/02/2009 |
« la décision finale appartient de toute manière aux médecins préleveurs, qui rejettent les dons des personnes dont le parcours personnel suscite un doute, pas seulement en ce qui concerne le VIH »
Ce qui serait logique si le critère d'exclusion était les partenaires multiples ou les rapports non protégés, pas l'orientation sexuelle… Mais là, c'est le cas.
Je lis sur le site d'Act-Up Paris, par exemple :
« Les critères de sélection des donneurs ne permettent pas d'évaluer le fait d'avoir eu ou non des rapports systématiquement protégés ou le fait d'avoir effectué un test de dépistage. Données qui pourtant constituent les seules bases fiables à une évaluation efficace du risque transfusionnel, objective et non discriminante, du niveau de risque d'infection. »
Et pourquoi supposer a priori que les homosexuels serait moins francs dans leurs réponses au questionnaire pré-don que les hétérosexuels ? C'est tout cela qui pose problème, dans la décision de Bachelot. Ça, et le fait que les statistiques pour justifier cette décision ont été contestées : elles n'auraient pas été actualisées récemment, donnant donc un tableau obsolète de la prévalence du VIH utilisées.
Or ce sont maintenant 2/3 des contaminations qui ont lieu entre hétérosexuels, à présent… Outre la discrimination qui perdure, c'est une mauvaise évaluation du risque transfusionnel que risque de favoriser ce genre de circulaires.