Decryptage 20/02/2009 à 16h43

Stanford-Madoff : les escrocs au banc d'essai

François Krug | Journaliste Rue89

Après deux jours de recherches, Robert Allen Stanford a été retrouvé par le FBI. Le financier texan aurait empoché plus de 9 milliards de dollars en trompant ses clients. Mérite-t-il pour autant son surnom de « nouveau Bernard Madoff » ?


Allen Stanford à Miami le 1er mai (Joe Skipper/Reuters) ; Bernard Madoff à New York le 17 décembre (Shannon Stapleton/Reuters)

Le montant

Pas de contestation possible. La fraude de Madoff représenterait 50 milliards de dollars, la plus importante dans l’histoire de Wall Street.

Celle de Stanford, un peu plus de 9 milliards. La SEC (Securities and Exchange Commission, l’autorité américaine de contrôle de la finance) soupçonne le Texan d’avoir gagné 8 milliards de dollars en trompant les acheteurs de ses certificats de dépôt, et 1,2 milliard supplémentaire en falsifiant les résultats d’un fonds de commun de placement.

La méthode

Le principe de départ est le même : attirer les investisseurs en leur promettant des rendements beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Mais Madoff est allé plus loin grâce à une technique ancienne, la « chaîne de Ponzi », consistant à rembourser les premiers clients avec l’argent des derniers.

La SEC affirme n’avoir rien remarqué de semblable chez Stanford, qui se serait contenté de mentir aux investisseurs en leur promettant des rendements « improbables, voire impossibles ». Banal.

Le personnage

Les deux ont de quoi fasciner Hollywood. Madoff est un autodidacte, d’abord maître-nageur, qui est parvenu à présider un temps le Nasdaq et à devenir un des membres les plus influents du très fermé Palm Beach Country Club.

Stanford n’a fait que reprendre et développer la société créée dans les années 30 par son grand-père. Mais le Texan est devenu citoyen d’Antigua et Barbuda, île membre du Commonwealth. Ce qui lui a permis de devenir un des principaux sponsors du criquet en Grande-Bretagne et dans les Caraïbes, d’être annobli par le prince Edward en 2006 et de se faire appeler depuis « Sir Allen Stanford ».

L’impunité

Elle est tout aussi surprenante dans les deux cas. Neuf ans avant la chute de Madoff, un financier plus curieux que les autres avait fourni un rapport détaillé à la SEC. Il était revenu à la charge plusieurs fois, en vain : Madoff était trop respecté pour être soupçonné.

En revanche, la SEC s’était intéressée aux méthodes de Stanford. Selon le New York Times, « Sir Allen » avait écopé de deux amendes de 20 000 dollars et 10 000 dollars en 2007, et d’une troisième de 30 000 dollars l’an dernier, notamment pour avoir fourni des informations trompeuses sur les performances de ses certificats de dépôt.

La chute

Celle de Stanford a offert deux jours de suspense. Mardi, la SEC saisit la justice texane. Le financier reste introuvable à Houston et à Antigua. Jeudi soir, le FBI le retrouve enfin en Virginie, à l’Est des Etats-Unis. Sans l’arrêter : les agents se contentent de lui notifier les poursuites.

Madoff, lui, a été arrêté le 12 décembre à son domicile. Après avoir versé une caution de 10 millions de dollars, il a été équipé d’un bracelet électronique et assigné à résidence. En attendant d’être fixé sur son sort, le Texan pourrait prendre exemple sur le New-Yorkais et son épouse : peu avant l’arrestation, madame Madoff a eu la présence d’esprit de retirer 15 millions de dollars.

Photos : Allen Stanford à Miami le 1er mai (Joe Skipper/Reuters) ; Bernard Madoff à New York le 17 décembre (Shannon Stapleton)

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  • 7 réactions
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  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 19h56 le 20/02/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    La vache ! !
    La photo de Stanford m’a tout de suite fais penser à Hitler vieux, j’ai eu une frousse d’enfer !
    IL l’on cloné ? !
    Presque toutes les semaines nous apprenons que des « financiers » ont grugés des gogos.
    Personne chez nous ? Pas de financier véreux ?

  • arnonymous
    arnonymous
    ambidextre agacé ou ni droite (...)
    • Posté à 23h10 le 20/02/2009
    • Internaute 59966
      ambidextre agacé ou ni droite (...)

    « peu avant l’arrestation, madame Madoff a eu la présence d’esprit de retirer 15 millions de dollars. “

    J’aimerais tellement que madame arnonymous ait un peu plus de présence d’esprit ...

    • DBL8
      DBL8 répond à arnonymous
      Retraité
      • Posté à 06h21 le 21/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Vous avez 15 millions $ de coté ? !
      Pas plus ? mon pauvre ...

  • parousnik
    • Posté à 11h43 le 21/02/2009
    • Internaute 18991

    50milliards + 8 milliards cela n’explique pas la volatilisation de plusieurs milliers de millliards de dollars... Il y a des acteurs du pillage organisé qui ne seront eux pas inquiétés... Que ce soit Madoff ou Stanford...ils ne seront condamné si ils sont condamnés un jour, qu’a une condamnation de principe...car ils détiennent les preuves et connaissent probablement les noms d’autres escrocs que les populations ne doivent pas connaître...
    C’est du foutage de gueule et les voleurs de pommes iront eux toujours en prisons... car il n’ont rien d’autre que leur pauvreté pour faire chanter les oligarchies véreuses...

    • DBL8
      DBL8 répond à parousnik
      Retraité
      • Posté à 12h59 le 21/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      C’est tellement vrai ! que c’en ai à pleurer !

  • parousnik
    • Posté à 13h01 le 21/02/2009
    • Internaute 18991

    LaRouche : chaque semaine d’inaction aggrave l’effondrement

    Lien

  • ysengrimus
    • Posté à 14h44 le 21/02/2009
    • Internaute 12674

    Madoff blanchissait de l’argent...

    Lien

    c’est la seule explication arithmétique de la longévité de sa combine de Ponzi.
    Paul Laurendeau