Document 18/02/2009 à 15h27

Profits : les « trois tiers » de Sarkozy sont loin du compte

François Krug | Journaliste Rue89

Le calcul de Nicolas Sarkozy est simple : les profits devraient se partager en trois tiers, entre l'entreprise, ses actionnaires et ses salariés. Une note de l'Insee révèle que l'objectif est loin de la réalité. Aujourd'hui, les salariés touchent moins de 6% des bénéfices.


L'idée des trois tiers n'est pas neuve. Lors de son interview du 5 février, Sarkozy l'a reprise à son compte et promis d'en discuter avec les syndicats ce mercredi :

« Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l'argent avec l'entreprise et la demande des salariés d'être associés aux bénéfices de l'entreprise dont ils ont contribué à créer la richesse ? Je vais vous dire une chose : le compte n'y est pas ! »

Ce compte, l'Insee l'a fait. Dans une courte note datée du 16 février, il décortique les bénéfices réalisés par les entreprises françaises en 2007 :

  • Part conservée par l'entreprise : 51,8%
  • Part versée aux actionnaires et aux propriétaires des terrains : 42%
  • Part distribuée aux salariés : 5,5%

Mardi, la présidente du Medef a voulu couper court au débat, en rappelant que les bénéfices ne se partagent qu'en deux : « les dividendes et l'auto-financement ». Pas besoin de discuter d'un troisième tiers, puisqu'il n'existe pas.

Pas faux, selon les normes comptables habituelles. L'excédent brut d'exploitation ne prend normalement pas en compte l'intéressement et la participation des salariés. En les prenant en compte, l'Insee a fait apparaître ce mystérieux troisième tiers. Et démontré que le compte n'y était décidément pas.

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  • Monsieur patate
    Monsieur patate répond à Keldan
    • Posté à 16h36 le 18/02/2009

    Oui sur le principe d'un investissement permettant de poursuivre d'autres objectifs que la rentabilité (comme l'amélioration du cadre de travail, ou d'assurer une pérennité à long terme plutôt que d'importants profits à court terme (exemple : recrutement dans des secteurs qui ne se développeront pas immédiatement)).

    Sauf que cela n'est possible qu'en réduisant la part des actionnaires qui par principe et pour la quasi-totalité ne recherchent que la rentabilité de leur titre. Aujourd'hui les actions ne sont plus achetées par des gens qui veulent aider à ce que se développe une entreprise ou un secteur d'activités.

  • yalienx
    • Posté à 18h50 le 18/02/2009
    • Internaute

    Le principe du partage par tiers est peu réaliste. En théorie (je dis bien en théorie), le partage dépend de la conjoncture. En période de crise, on devrait avoir peu (ou pas) de dividendes, pas d'allocation de profit aux salariés, et beaucoup d'investissement.

    En période de croissance solide, la règle des 3 tiers pourrait se comprendre. Mais à mes yeux, les tiers revenant aux salariés ne devrait pas être une simple allocation des profits de l'année (ou seulement en partie). On devrait développer beaucoup plus l'actionnariat salarié, trop faible en France, et associer ainsi les salariés à la prise de valeur, mais également aux risques, de leurs entreprises.

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 22h11 le 18/02/2009
    • Internaute
      http://www.dessins-tox.com