Harcèlement, précarité et solitude : les affres d'un chercheur
Au côté des universitaires, il existe aussi les chercheurs « précaires ». Je souhaite témoigner de la galère des « précaires » de la recherche et de « choses vues » dans les laboratoires.
A la suite d'un master, puis d'une thèse peu financée, d'une expérience internationale aux Etats-Unis, j'ai « écopé » de quatre ans de chômage dur, c'est-à-dire que j'ai vécu sans un euro des ANPE/ASSEDIC sur 64 mois.
Ainsi, glaner dans Paris ou survivre en zone urbaine sont des notions familières. Heureusement, je suis parvenu à renouer avec la recherche fondamentale par un postdoctorat d'un an « renouvelable ». J'ai donc rempilé.
Au laboratoire, je me suis remis à la paillasse avec performance alors que certains pensaient me voir échouer… Arrivé en milieu de contrat, mon supérieur est parti en congé maladie.
Etant alors sans encadrement, je n'avais plus rien à perdre et j'ai créé un sujet. J'ai opté pour la discrétion afin de voir aussi ce dont j'étais capable en solitaire. J'ai donc fait des « manip » pour vérifier une hypothèse et j'ai tapé dans le mille…
Là, j'en ai référé à ma hiérarchie et obtenu un feu vert pour des expériences nouvelles. On me promettait alors un renouvellement assuré et ceci jusqu'à une semaine de la fin du contrat.
Transformé en stakhanoviste
Heureux hasard, mon unité devait être recréée autour d'une fonctionnaire de 40 ans sous l'appui d'un patron plus vieux… et, miracle, le projet que j'ai lancé seul est devenu un sujet phare de la future unité.
En détail, mon initiative représente neuf pages sur vingt du dossier scientifique proposé à l'évaluation. J'étais alors confiant et je me disais que le renouvellement était acquis. Transformé en stakhanoviste, je bossais dix heures par jour, m'acharnant les week-ends, aidant une postdoctorante en difficulté et une étudiante en master laissée à elle-même par son encadrant.
L'été est venu, je n'étais pas inquiet… on m'avait dit qu'au pire on me financerait par l'ARC ou une fondation… C'est alors que les statutaires sont venus vers moi et m'ont posé énormément de questions sur mon projet. J'ai participé à ces réunions nombreuses. Ces brainstormings étaient inhabituels… toujours à deux ou trois. Enfin le verdict est arrivé : mon CDD ne fut pas renouvelé.
On ne m'a plus proposé d'autres financements mais « mon projet » a été présenté pour créer l'unité à l'AERES, une instance d'évaluation… J'ai appris qu'on m'a mentionné dans ce document qu'en tant que postdoctorant ayant « apporté une technique » (ce qui est pure fiction) et non en tant que découvreur.
Faisant confiance, je me suis inscrit à l'Apec et j'ai pensé qu'on allait m'aider à avoir un autre postdoctorat, mais ceux qui présentaient mon projet n'ont rien fait ou presque…
A vrai dire, j'ai pris du recul par rapport à cette résilience sociale avortée. La logique aurait voulu que je sois mieux traité, à moins que cette expérience soit l'illustration d'un mode d'utilisation des précaires en recherche.
Harcèlement en tout genre et piston
Quand je fais le bilan, j'ai passé dix ans en recherche. Je sais ce qu'on vit dans les laboratoires. J'ai vu tant de chose dans les centres que j'ai traversé. Le harcèlement est si souvent utilisé pour récupérer des travaux, écarter des candidats embarrassants et pousser des impétrants bien choisis.
J'ai vu ainsi un directeur « flécher » sa fille vers un poste en cassant toutes les velléités qui se présentaient contre elle. Dans ce laboratoire, on a l'impression de voir des victimes du syndrome de Stockholm : ces chercheurs essaient de justifier cette réalité père-fille dans les mêmes locaux.
Mais, j'ai été plus choqué par le harcèlement contre une mère de trois enfants pour la virer, le harcèlement d'une statutaire en congé maternité laquelle était tellement stressée qu'elle n'a plus eu de lait pour son bébé, les brutalités morales s'exerçant aussi sur des futures retraitées pour qu'elles ne s'éternisent pas de trop, l'acharnement contre un maître de conférences pendant trois ans…
Je me souviens d'un jeune père qui fut viré la semaine de la naissance de son enfant, un autre qui était soutien de famille avec deux gamines à charge. Une secrétaire avec vingt ans de service victime d'un délit de « salle gueule » à l'arrivée d'un futur mandarin. Je pense à une stagiaire, atteinte de sclérose en plaque qui fut démolie moralement et si peu encadrée qu'elle dut redoubler.
Il s'agit de quelques exemples illustrant ces moments dont on ne parle pas. La plupart du temps, tout cela est connu de la médecine du travail, des doyens, des responsables de centre.
La particule élémentaire d'un fascisme social
Au sujet des réformes, je suis sceptique. Dans mon vécu, le trouveur est chômiste, les autres font tourner le projet… Ceci est un versant assez abrupt de la recherche au quotidien.
En conclusion, je vous épargnerai la digression sur Albert Einstein qui fut précaire et exclu des laboratoires européens malgré les lettres désespérées de son père essayant de lui trouver une situation.
On doit revenir à la notion d'éthique au quotidien et sur ces mauvaises pratiques… Ces patrons irascibles et brutaux sont des assoiffés de pouvoir qui jugulent les talents par des attitudes despotiques.
Ils sont la particule élémentaire d'un fascisme social, mineur politiquement mais tellement destructeur au sens scientifique. Il est crucial de réparer l'effet désastreux de ces pratiques qui détruisent une évaluation correcte.
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De supprimé à la demande du riverain 27.02.09
13H41 | 20/02/2009 |
Vous venez nous en raconter de belles. A écouter les grévistes, la seule chose qu'il faut contester, c'est la réforme Sarkozy, mais vous venez nous dire, ce que nous cachent soigneusement les enseignants-chercheurs, que le CNRS est une vraie marmite de sorcière, une organisation à la soviétique, avec des petits chefs fonctionnaires syndiqués, du népotisme, du piston, de basses manoeuvres inavouables… On comprend alors qu'il y ait tant de chercheurs incompétents dans notre pays, 20% dit-on, chercheurs à vie, incompétents à vie, mais grassement payés juqu'à leur dernier souffle, par le contribuable qui n'est pas très regardant ! Vive la réforme Sarkozy qui vient mettre la Recherche au service de la Nation et non pas au service des petits intérêts corporatistes des chercheurs !
à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
De Jack Sullivan
en boule | 15H32 | 20/02/2009 |
Taisez-vous, votre tentative d'assaisonner les mésaventures d'autrui à la vinaigrette de vos obsessions est tout simplement obscène !
Il n'est pas précisé qu'il s'agit du CNRS, et par ailleurs ce genre de pratiques brutales est de mise dans toutes les entreprises (bienvenu dans un monde ultra-libéral). Quant au problème de la précarité, il est récurrent depuis longtemps dans le monde de la recherche, il est au coeur de nombre de revendications actuelles, il n'y a guère qu'un bouffon comme vous, seulement avide d'agiter le grelot de la controverse facile et garantie sans réflexion ni connaissance du sujet, pour l'ignorer.
à Jack Sullivan
De Disciple
16H33 | 20/02/2009 |
Mais, monsieur Jack, mon maître n'ignore rien. Simplement il ne fait pas toujours étalage de son savoir.
à Disciple
De Jack Sullivan
en boule | 16H36 | 20/02/2009 |
Vous non plus : c'est « madame » Jack, petit vermisseau. Allez en paix.
à Jack Sullivan
De Disciple
16H55 | 20/02/2009 |
Mille excuses, madame.
J'irai donc en paix, dans l'ombre de mon maître,
et partout ferai ses boniments connaître.
à Jack Sullivan
De supprimé à la demande du riverain 27.02.09
20H50 | 20/02/2009 |
Je me demande parfois si vous n'êtes pas Madame Judith Bernard !
à Jack Sullivan
De Coldo
pas là | 17H13 | 20/02/2009 |
Pourquoi accusez-vous le libéralisme ? Puisqu'on parle justement ici du monde de l'université, tout sauf libéral…
à Jack Sullivan
De supprimé à la demande du riverain 27.02.09
20H29 | 20/02/2009 |
Ayez l'obligeance, madame la chercheure, de me répondre sans m'insulter. Je pensais naïvement qu'une chercheure était un être civilisé.
à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
De Juanita Pablo de Tagéno
Epouse virtuelle de Tagada | 08H27 | 21/02/2009 |
Tout à fait Paul-Marie chéri. Il aurait fallu dire à Pasteur d'aller un peu plus souvent devant les étudiants, ça lui aurait évité de nous casser les pieds avec sa découverte du virus de la rage.
à Juanita Pablo de Tagéno
De supprimé à la demande du riverain 27.02.09
08H33 | 21/02/2009 |
C'est sûr que chercher sur canapé c'est plus relaxe que préparer des cours ou corriger des copies… je suppose, ma chérie…
à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 08H51 | 21/02/2009 |
justement tagada tfoin tfoin
parle pas la bouche pleine
et fi de tout ce foin
fais la vaisselle pour la peine !
De vol19
ailleurs | 14H32 | 20/02/2009 |
Pour avoir fréquenté cet environnement pendant quinze/vingt ans davantage enseignement supérieur que recherche, il est assez patent que le mode de fonctionnement peut se révêler traître, violent, frustant dans certaines institutions en tout cas n'allant pas toujours dans le sens de la recherche, de l'enseignement, du bien collectif mais vise à promouvoir la carrière de certains.
Tout dépend, de la « surface sociale », publications, degré d'intégration dans des réseaux. Dans un système un peu communautaire l'étranger qui n'a pas le même statut et s'il n'est intégré au réseau est une « non-personne » …à qui toutes vacheries peuvent être faites s'il n'est pas un « pair ».
Malheureusement, vous n'avez pas été assez parano en vous protégant de la paternité du dispositif en le déposant, publier ou s'envoyer une enveloppe cachettée recommandée en AR avant d'en présenter les résultats à d'autres. Faire lanterner est somme toute très fréquent, piquer des idées de recherche, ou dans des articles ou même les recopier partiellement pour alimenter ses propres bouquins… Ca m'est arrivé, c'est arrivé à d'autres. Ce qui est souvent très vache, c'est lorsque une responsable administratif vous promet une échéance pour un paiement de vos cours ou indemnités et que celles-ci sont en fait payée bien plus tard, et que vous découvrez que la personne en question ne pouvait tenir l'engagement qu'elle avait donné…
La matière grise en « électron libre » n'a pas beaucoup de valeur… et comme par hasard, le modèle mandarinal produit l'intégration de clercs assez conformistes et souvents (pas toujours) moins impliqués et créatifs… C'est ainsi.
De jexiste
si, si | 16H38 | 20/02/2009 |
Rue89 aurait pu, en complément à ce témoignage, renvoyer aussi le lecteur à ses précédents articles sur le harcèlement, et notamment les deux derniers que voici :
http://eco.rue89.com/2009/02/12/du-harcelement-moral-strategique-pour-vi…
http://eco.rue89.com/2009/02/15/victime-de-harcelement-quelques-conseils…
Comme j'y ai été très bien notée, je remercie au passage ceux qui m'ont topée s'ils me lisent toujours, ça me remonte un peu le moral…
Victime de harcèlement alors que j'étais ingénieur d'études en informatique, à plusieurs reprises je me suis vu confier des missions réputées impossibles pour diverses raisons (« techniquement infaisable », contexte ou environnement trop délicats, trops sensibles, etc…). C'est un grand classique parmi les diverses techniques de harcèlement mises en oeuvre dans le privé. Généralement, comme prévu, celui qu'on envoie ainsi au casse-pipe échoue, puis se faire virer, voire carrément griller dans toute sa profession comme « gros nul ». Or, relevant à chaque fois le défi, j'ai toujours réussi, si bien qu'au final, je me suis retrouvée avec un CV peu banal, comportant une liste d'exploits qui auraient dû en toute logique me permettre de rebondir par le haut alors qu'on ne cherchait qu'à me couler. En conséquence, mes harceleurs ont révisé leurs plans me concernant et sont passés à la vitesse supérieure en organisant à mon encontre plusieurs tentatives d'assassinat avec lequelles je les ai encore nargués en y échappant ou m'en sortant vivante à tous les coups… Ils en sont devenus complètement fous, nous y sommes toujours…
Passons…
Je reviens plus précisément à l'objet de cet article.
Je me suis donc fait voler, moi aussi, toutes mes productions intellectuelles. Sur mon dernier poste, celui-là même qui, sur ordre de mes harceleurs, venait de me descendre en flèche et me retirer la charge du projet que je menais, toutes les étapes d'analyse et de conception en ayant été bouclées, ne s'est pas gêné pour remplacer mon nom par le sien sur tous mes dossiers alors que je n'avais pas encore quitté l'entreprise, provoquant ainsi bien des ricanements dans son dos…
Ce n'était pas une première.
Quels que soient le cadre légal ou le contexte dans lesquels ils surviennent, les conflits ou contentieux relatifs à la propriété intellectuelle sont tout à la fois suffisamment fréquents et sensibles pour que les plus puissants en aient depuis longtemps parfaitement codifié, normalisé le traitement ou le règlement dans leur intérêt exclusif.
Pour vous en convaincre, je vous propose cet extrait d'un abrégé de médecine, « Psychiatrie de l'adulte », par Th. Lemperière, A. Félin, A. Gutmann, J. Ades, et C. Pilate (Masson, mai 2003), portant sur les délires paranoïaques systématisés des paranoïaques du type passionnel, les malades mentaux les plus irréductibles et plus dangereux aux dires des psychiatres, ceux pour lesquels les internements psychiatriques à titre préventif (hors la loi, donc) auraient un sens :
« Il s'agit de délires “en secteur” procédant d'un postulat initial. “Le malade ne délire que dans le domaine de son désir”. La participation affective y est dominante, inflationniste, prenant le pas sur toutes les capacités de raisonnement. La subjectivité du délirant passionnel commandée par une idée prévalente réduit à néant toute objectivité : elle le conduit parfois de par l'hypersthénie, l'exaltation et l'exacerbation du sentiment de frustration, à des conduites extrêmes dont l'incidence médico-légale ne doit pas être sous-estimée et impose alors les mesures de placement administratif. »
Suit la description détaillée de ces délires passionnels caractéristiques. Je vous passe les deux premiers (l'érotomanie ou délire érotomaniaque, et le délire de jalousie), pour filer tout droit à la troisième et dernière catégorie de ces délires, de loin la plus intéressante, les « délires de revendication » :
« Ils sont fréquents, essentiellement basés sur des interprétations, reposant sur la conviction d'un préjudice subi ; ils conduisent tôt ou tard les patients à déposer des plaintes, à intenter des procès. Le sentiment de persécution mobilise l'hypersthénie, la quérulence et l'agressivité, et fomente une seule idée : faire triompher la vérité, réparer le préjudice subi, punir le ou les responsables.
- Les quérulents processifs affirment qu'ils ont été lésés, que leurs biens ont été spoliés ; ils multiplient les procès, font appel, refusent toute conciliation, suspectent la corruption des juges, la complicité ou la mauvaise foi des témoins. De nombreuses affaires d'héritage, des querelles de voisinage à propos d'un mur mitoyen, de la cour commune, du droit de passage dans un champ sont le fait de paranoïaques revendiquants.
- Les idéalistes passionnés centrent leur délire sur une idéologie mystique, sociale ou politique qu'ils veulent transmettre. Ils fondent des associations, écrivent des pamphlets, lancent des diatribes. Quelques orateurs du “Speaker's Corner” de Hyde Park sont de ces réformateurs fanatiques et missionnaires qui essaient à toutes forces de propager leurs idées : toujours prêts à lutter voire à risquer leur vie, leur prosélytisme est infatigable.
- Les inventeurs méconnus sont convaincus d'avoir fait la découverte du siècle, cherchant par tous les moyens à protéger leur invention et à la faire reconnaître. Comme ils échouent dans l'obtention d'un brevet ou lorsqu'on leur dit que leur “trouvaille” n'en est pas une, ils estiment être dépossédés, volés, expropriés.
- Cetains délires de filiation sont à rattacher à ces délires de revendication. Ils se fondent sur la conviction d'une ascendance aristocratique, princière ou royale (faux-dauphin).
- Le délire de revendication hypocondriaque s'organise à l'occasion d'une intervention chirurgicale ou de soins médicaux jugés insatisfaisants. Le patient poursuit alors le médecin ou le chirurgien rendus responsables de sa haine et de ses exigences de réparation.
- La sinistrose délirante, après accident du travail ou traumatisme de la voie publique : le malade réclame avec acharnement une pension, un redressement du taux d'invalidité qu'il a obtenu et persécute de ses récriminations et menaces les employés de la Sécurité Sociale, les avocats et les médecins-experts ou contrôleurs : il multiplie les demandes de contre-expertise et les procédures de recours, arguant avec sthénie de l'importance du handicap qu'il a subi du fait du traumatisme. »
Revendiquons-nous donc paranos !
De watashi_baka
... | 16H41 | 20/02/2009 |
Témoignage très interessant.
Je devine que ta thèse a été financée par le système (Catastrophique) de liberalité ou comment l'état a des employés au noir payé avec l'argent du théléton (Ou autre asso). Au dernière nouvelle la situation à bien avancée et les gens financé par les associations ont desormais de vrais contrats.
D'ailleur pour les petits jeunes qui me lisent
-N'accepter Jamais de commencer une thèse sans financement, si votre futur directeur de thèse n'est pas fichus de remuer ciel est terre pour vous trouver un contrat de travail, et vous laisse travailler bénévolement ne vous attendez pas à quoi que ce soit de bon de la part de ce type.
-Si votre financement ne viens pas directement de l'état (CNRS/Fac/Ministère) soyez tres attentifs aux conditions du contrat (Par exemple pour votre couverture sociale et vos cotisations retraites)
Après cet article nous montre le pire du système de la recherche.
-Des directeurs de recherches frustré, Jaloux et dominateur (J'ai connus une thesarde qui se faisait engeulé par son chef si elle parlait boulot à quelqu'un d'autre du labo sans son autorisation)
-Des thesards poussé à la démission, car ils quittent le labo à 17h une fois par semaine à cause de l'entrainement de foot/volley/rugby etc…
-Des Labos ou il est normal de venir le dimanche, et oui il est normal de partir après 22h
-Des grands pontes qui font la pluie et le beau temps (Il est interessant de regarder la corrélation entre les gens reçu au concours et les personnes qu'il y a derrièrre pour pousser, certe ces gens sont souvent très bon, mais avoir choisis le bon directeur de thèse leurs fait gagner 5 ans de carrière)
-On peut aussi parler des critères de recrutements obscurs, en particulier au CNRS (Pour avoir été recalé fac et le CNRS, j'ai trouver le système de recrutement de la fac bien logique et bien plus humain) / Oui j'ai postuler dans des facs ou le candidat recruté n'était pas local, mais avait clairement plus d'expérience et un profil parfaitement adapté au poste la ou j'était plus limite/
-Je ne parle même pas des gens qui ont eu la mauvaise idée d'aller dans le privé après leurs thèse et qui par conséquent se sont fait démolir lors de la soutenance…
Je travaille actuellement dans un labo Allemand et je doit dire que je n'ai pas vu ce genre de travers.
D'un autre coté il est rare de voir tous ces travers là au même moment dans le même labo.
Mais malheureusement ça existe aussi.
Attention il y aussi des groupes avec une super ambiance, des gens excellent et un directeur de recherche plus préocupé par la qualité des resultats du groupe que par sa carrière.
De Servais-Jean
alpha-béta | 17H42 | 20/02/2009 |
« Ces patrons irascibles et brutaux sont des assoiffés de pouvoir,… ils sont la particule élémentaire d'un fascisme social »
C'est pas pour rien qu'ils sont encartés à l'UMP le parti de type soviétique où les apparatchiks prospèrent en écrasant tous ceux qui ne sont pas de leur caste. Ils se reproduisent entre-eux comme les « békés » en Guadeloupe.
De jexiste
si, si | 10H52 | 21/02/2009 |
Jean Nicolas appréciera…
Mais bien d'autres aussi, n'en doutez pas…
De Nax
doctorante | 13H47 | 21/02/2009 |
C'est impressionnant de voir à quel point des jeux destructeurs de pouvoir peuvent varier d'un labo à l'autre.. il doit en exister dans tous à plusieurs niveaux et il faudrait qu'un véritable équilibre de compétence et d'éthique apparaisse enfin. Le problème c'est que ces transmissions, le modelage de ces « petites cours » -qui font qu'on évacue et prend ceux qui ne correspondent pas aux critères des « grands seigneurs“- forment un système qui est en place depuis longtemps, et qu'une fois à l'intérieur, les chercheurs qui ont galéré peuvent se dire qu'ils doivent s'y conformer pour se protéger et ceux qui y sont entrés par la porte dérobée ont une dette de loyauté, on peut aussi assister à un savant mélange des deux. Après que ce soit du muselage mental ou symbolique, ou un instinct protecteur, voire de la lâcheté dans certains cas… le résultat est le même. C'est un schéma qui s'installe de façon plus ou moins importante selon les labos et qui peut difficilement se casser vu les circonstances de transmission.
C'est un équilibre de force où les quelques éléments perturbateurs peuvent se voir rapidement submergés par tous. Non-soutenus et/ou écrasés, ils sont évacués. Je suis doctorante (en sciences humaines et sociales - ce système est probablement moins prononcé- et quand je lis ça je suis d'autant plus contente de faire partie de mon labo) et je sais que je ne veux pas d'une recherche organisée autour d'une cours de grands seigneurs, pour la simple raison que même si on arrive à rentrer dans l'une de ces petites cours, ça sera vivre dans le muselage, une crainte constante de perdre ce pourquoi on s'est battu, dans des rapports interminables de jeux de pouvoir, de non-dits et de mensonges.. et au final cette lueur de passion qui anime tout ceux qui font de la recherche ne sera plus qu'un mirage d'étincelle pour ceux qui peuvent rester (quoi qu'il en soit, je suis là ou je voulais être ? facile de s'en convaincre…), et une lueur brisée pour ceux qui seront évacués. Et sans ça comment travailler ? Comment avancer ? De façon isolée ? Une chose est certaine, beaucoup moins bien que quand on l'a.
Je suis peut-être idéaliste, mais ceux qui diront que c'est un système nécessaire ont dû perdre toute objectivité pour leur part. Nécessaire jusqu'à quel point ? Où se situent les limites ? Dans l'éthique du directeur qui se dit ‘je le prend lui parce que malgré tout il est quand même compétent, je suis bien placé pour le dire, il pourra nous faire avancer (nous’ étant la nouvelle forme du ‘je’ au bout de quelques années, mais ça on finit par le trouver normal aussi) ou ‘c'est un bon élément, mais à long terme il peut menacer notre système de pensées ou faire trop de vagues, je l'évacue pour l'intégrité du labo ? ’. Je pense qu'il y a des nouvelles générations de chercheurs qui veulent que tout cela change… et qui n'attendent pas des réformes la création d'un énième système dans lequel de grands seigneurs pourront développer leur pouvoir, mais un renouveau dans lequel la Recherche sera ce qu'elle aurait toujours dû être : le résultat de coordinations, d'échanges, de partage de pensées et de réflexions placé sous le signe d'une véritable éthique et pas d'une mascarade de cours seigneuriales.
Je ne suis pas partisane du démantèlement du CNRS, ni de cette vision que semble avoir notre président de la Recherche, quand on entend les propos insultant qu'il tient à son égard. Car malgré tout, il y a beaucoup moins de grands manipulateurs dans ce milieu comparé à ces milliers d'individus qui suivent le mouvement en se disant que c'est le système à accepter, le ‘prix’ pour faire ce qui nous passionne. Et ce prix là, personne ne devrait avoir à l'accepter !