Vos réactions 15/02/2009 à 12h14

Victime de harcèlement ? Quelques conseils pour en sortir


Suite à notre article sur le harcèlement stratégique comme méthode pour réduire les effectifs des entreprises, voici le commentaire -instructif- d’une riveraine boissonzyskind.

J’ai été harcelée, je suis juriste en droit du travail et ancienne élue du personnel. C’est pour ces raisons que je m’autorise à prodiguer quelques conseils.

  • Effectivement garder des traces écrites quand elles existent, voire les créer : par exemple, votre chef a mis en cause votre travail, n’hésitez pas à lui envoyer un écrit dans lequel vous reprenez ses reproches puis lui demandez des exemples concrets ainsi que des conseils afin de mieux lui donner satisfaction à l’avenir. Parfois ça suffit à désarmer. Quand vous procédez par mail, pensez à envoyer une copie (cachée) à un délégué syndical ou du personnel.
  • Procédez de cette façon aussi souvent que possible. Eventuellement émaillez discrètement vos courriers des formules légales que l’on trouve dans le code du travail.
  • Informez les instances représentatives du personnel quand elles existent : le délégué du personnel doit alerter la direction. En outre quelqu’un sera au courant.
  • N’hésitez pas à vous faire arrêter par un médecin : trop de salariés ont fini par commettre une faute grave à cause de la pression qu’ils subissent. Mieux vaut être absent : les arrêts courts à répétition constituent en outre un bon message.
  • Demandez au médecin de vous prescrire des anxiolytiques et autres antidépresseurs (dont vous gardez les ordonnances) et de vous faire des attestations sur votre état et le lien qu’il établit avec le stress subi au travail.
  • La médecine du travail peut aussi être une bonne solution, surtout si le harcèlement est systématique dans l’entreprise : le médecin finira par s’alerter et les employeurs n’aiment pas trop avoir la médecine du travail sur le dos.

En appliquant ces différentes recettes, j’ai réussi à tenir assez facilement, à désamorcer le processus et à éviter de démissionner ou d’être licenciée pour faute grave.

A lire sur Rue89 :
Du harcèlement moral stratégique pour virer facile
Tous les articles sur le harcèlement

Ailleurs sur le Web :
Le site de l’association Harcèlement Moral Stop (HMS)

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  • 125 réactions
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  • survivant
    • Posté à 12h50 le 15/02/2009
    • Internaute 25864

    Pardonnez moi mais vos pistes risquent de se solder par un échec. La médecine du travail a toujours roulée pour l’employeur. Envoyer un salarié pleurer chez elle c’est donner le bâton à son bourreau pour se faire taper dessus. Un moyen plus radical , porter l’affaire devant le pénal. Article 222-33-2 (inséré par Loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 art. 170 Journal Officiel du 18 janvier 2002) . Ça calme tout de suite. Il faut savoir que généralement un harcèlement moral aboutit à un licenciement.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 15h31 le 15/02/2009
    • Internaute 16256

    En appliquant ces « recettes » je n’ai réussi qu’une chose, à prendre la porte.

    Les arrêts médicaux ça peut facilement constituer un message mais aussi sûrement vous faire prendre le chemin de l’Anpe par les temps qui courent.

    Face au harcèlement, un seul remède : la solidarité de groupe. Lorsqu’elle n’existe pas, soit il faut comprendre que le problème peut venir de soi, soit il faut comprendre qu’il ne vient pas de soi mais que faute d’intégration on n’a plus rien à faire dans l’entreprise tout simplement parce que l’alchimie ne peut pas prendre.

    S’obstiner en se croyant courageux est une perte d’énergie et au contraire une forme de renoncement, de lâcheté.

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 15h48 le 15/02/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    Très bonne contribution, malheureusement assez « datée », avec des recommandations données dès le 1er livre de Ravisy...

    1 - les écrits sont « obligatoires », et c’est même la première chose que l’inspection du travail ou n’importe quel aidant et avocat sérieux vous demandera, avec obligation de les provoquer s’ils sont inexistants...

    2 - très utiles ces formules légales...

    3 - voir un syndicat (n’importe lequel), ne serait-ce que pour vous rendre compte s’il sera de votre côté, le cas échéant...

    4 - très important... ! ! ! Il vaut mieux se faire arrêter, si nécessaire, plutôt qu’y être forcé par un hopital après avoir été ramassé à la petite cuiller dans la rue par le SAMU...
    Un arrêt doit être au moins de 21 jours consécutifs pour obliger l’employeur à une visite à la médecine du travail... En outre, même remarque que pour les syndicats, vous pourrez tester pour qui roule le toubib...

    5 - vous n’avez pas à faire de l’auto-prescription via le médecin, il est assez grand pour prescrire ce qui vous sera utile, et surtout, ne pas faire de lien avec le travail, c’est à lui de le faire, et toujours sous cette réserve : « aux dires du patient »... Il ne peux pas attester de ce qu’il n’a pas vu, et le harcèlement ne présente pas (encore) une pathologie particulière et unique permettant une certitude...

    6 - si le médecin du travail est de votre bord, n’hésitez pas à le revoir comme la loi vous le permet... Ils ont parfois un dossier épais de cas similaires dans votre entreprise, et beaucoup agissent, quoique certains pensent... S’il est vrai qu’un nombre de médecins employés directs d’une entreprise se laissent mener, d’autres résistent ( cf : « journal d’un médecin du travail » de Dorothée Ramaut. Edit. le cherche midi )...

    Au-delà de cela, chaque cas est unique et doit être traité individuellement...

    Une seule consigne : ne JAMAIS prononcer le mot « harcèlement », sauf si on a en mains la confession écrite du harceleur... C’est aux juges de dire si c’en est, ou pas... Les plaintes pour harcèlement on déjà perdu 50% de leurs chances d’aboutir...