Droit de suite 13/02/2009 à 15h45

Mort de l'opposant togolais AKA : le silence continue

David Servenay | Ex-Rue89

Rien de nouveau. Aucun acte d’enquête, pas la moindre réponse. Les autorités du Togo font le gros dos. Déjà six mois que le corps d’Atsutsè Kokouvi Agbobli (AKA)a été découvert sans vie sur une plage de Lomé.

Six mois que son fils, Ayaovi Agbobli, tente de faire la lumière sur cette curieuse mort, car précédée d’une disparition de vingt-quatre heures. Famille et amis lancent un site internet pour rassembler les volontés et signer une pétition réclamant l’ouverture d’une enquête internationale.

Une mort, deux thèses en débat : le suicide et l’assassinat

En novembre 2008, Rue89 se penchait sur cette affaire qui présente toutes les caractéristiques d’une vaste manipulation. A commencer par les éléments rapportés dans le cadre des deux autopsies pratiquées sur le corps d’Aka.

A l’époque, le fils de cet opposant politique au régime Eyadéma dénonçait avec vigueur l’attitude très attentiste des autorités togolaises. Ayaovi Agbobli se disait convaincu que son père a été assassiné. Preuves à l’appui. (Voir la vidéo)



Pour mémoire, les deux autopsies présentent des résultats contradictoires. Le premier examen, fait par un médecin togolais, valide la thèse officielle du « suicide, consécutif à une intoxication médicamenteuse ». Le second examen, réalisé par un ponte américain de la médecine légale, établit quatre points :

  • Le ministre Atsutse Kokouvi Agbobli a fait un infarctus du myocarde avant la mort.
  • Sa mort n’est pas due à une intoxication médicamenteuse ou à des blessures traumatiques.
  • La cause la plus probable de la mort est la noyade.
  • Le ministre Agbobli était déprimé et avait tenté de mettre fin à ses jours à au moins une occasion. Cette recherche ne permet pas d’expliquer pourquoi le corps a été découvert nu sur la plage, ceci reste une énigme.

Un appel jamais entendu à la constitution d’une enquête internationale

Ayaovi Agbobli ne veut pas en rester là. Pour ce consultant installé en France, « les avocats des enfants du défunt n’ont toujours pas eu accès au dossier d’instruction de la justice togolaise et pour cause : ce dernier est vide ».

Avec quelques amis, il a donc décidé de créer une association relayée sur le Web :

« Afin d’élucider les circonstances de son décès, les enfants d’AKA avaient appelé en novembre dernier à la création d’une commission d’enquête internationale et viennent de créer une association pour la mémoire de leur père dont l’un des objets est la réunion et la centralisation de toutes les démarches en ce sens.

Une pétition pour la création de cette commission est disponible sur le site internet de l’association.


Article suivi : Togo : enquête sur la mort suspecte d’un opposant

Ailleurs sur le web
Le site de l’association pour la mémoire d’Atsutsè Kokouvi Agbobli

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  • 6 réactions
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  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 17h18 le 13/02/2009
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    Peut être devrait-on demander des conseils sur cette affaire à MITERRAND Fils spécialiste bien connu des problèmes africains en tout genre !
    Hier encore surnommé Papamadi !

    A moins qu’il ne soit perturbé par l’actualité judiciaire ces derniers temps ?

  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 22h39 le 13/02/2009
    • Internaute 53099
      si, si

    Pas plus d’un commentaire sur cet article... Eh bien...

    Ne connaissant rien de cette affaire, je n’ai rien à en dire moi non plus.

    En revanche, elle m’en évoque une autre.

    Au cours de l’été dernier, le corps sans vie d’un Allemand a été découvert sur une plage de Plouarzel, dans le Finistère.

    La gendarmerie s’est empressée de classer l’affaire en noyade accidentelle. En conséquence, il n’y a jamais eu ni autopsie ni enquête.

    Problème : le « noyé » portait une blessure profonde et bien visible à la tête, et sa serviette de bain, restée sur le sable, était maculée de sang.

    Voilà. Rien de neuf depuis. Tout est bien enterré.

  • Rodriguez
    Rodriguez
    Papa
    • Posté à 23h11 le 13/02/2009
    • Internaute 55516
      Papa

    Il est clair que M. Agbobli a été assassiné. Les faits sont ce qu’ils sont et toutes contradictions venant du pouvoir sanguinaire du Togo, conseillé par Charles Debbasch sous les auspices de la France, le prouvent. Le rapport du libano-américain Pirwani sur la question a complété la liste de confusions.

    Lien

    Lien

    Les Riverains doivent sortir de leur silence et commenter cet article et interpeller le Tou’Ptit 1er qui il y a quelques mois, avait reçu Faure Eyadema Gnassingbè à l’Elysée.

  • gévaudanais
    gévaudanais
    Ne répondons pas à caniveau (...)
    • Posté à 08h08 le 14/02/2009
    • Internaute 29935
      Ne répondons pas à caniveau (...)

    On est tous prêts à réagir dès que Sarkozy en fait une, là, seulement deux ou trois réactions. On peut mettre cela sur le fait que la politique en Afrique ne nous est pas familière, moi le premier j’ai de la peine à situer le Togo sur une carte, sauf à dire « Togo ? capitale Lomé ». Sincèrement, je me sens honteux, et encore sur le coup parce que je suis persuadé que cela va vite me passer.

  • DEMOCRATIE
    DEMOCRATIE
    adjoint au maire
    • Posté à 12h36 le 14/02/2009
    • Internaute 70026
      adjoint au maire

    En effet, le système instauré depuis 38 ans de règne de Gnanssigbé père, n’ a pas changé avec son fils qui s’est installé au pouvoir avec la complicité de la France sous Chirac, et qui continue avec Sarkozy. Ce système qui consiste à élimer systématiquement celui qui les gêne, à détourner toutes les richesses du Pays à leur seul profit pendant que le peuple meure de faim, de maladie (coléra, sida ...) . Ce pays est la plaque tournante de tafics en tout genres ( armes, drogues prostitutions, esclavage d’enfants,) Notre ami Atsutsé Abgbobli a été surement victime de ce système.

  • Annacelia
    • Posté à 17h13 le 14/02/2009
    • Internaute 23332

    Bonjour,

    Togolaise de sang et surtout de cœur, j’adresse en premier lieu mes condoléances à la famille. Dans un coin éloigné de campagne française, je n’ai été au courant que par ma lecture assidue de RUE 89 que je remercie profondément d’ouvrir son site sur toutes situations dans le monde. Je m’associe à la recherche de la vérité sur cette affaire car j’ai trop vécu avec mon père de morts suspectes au Togo. J’ai toujours été révoltée et je le resterai tant que la démocratie dans ce pays ne se sera pas installée et que le pouvoir s’autorisera le droit de vie ou de mort sur n’importe quel citoyen togolais. Et par respect pour la famille, je tiens à donner mon nom de famille : Folligan Véronique. Mes enfants se joignent à moi pour partager votre douleur.
    Respectueusement