Tribune 11/02/2009 à 15h47

Qu'attend-on pour créer l'Université de France ?

Francis Taulelle | Directeur de Recherche au CNRS

Les réformes à l'université sont décidément mal engagées ! Le système de formation intellectuelle de notre pays est en pleine mutation. Les chercheurs, les universitaires sont inquiets. La création et la transmission des connaissances ont un besoin vital de liberté. Pour faire son métier, l'université a besoin d'autonomie et c'est une urgence absolue.

De qui doit-elle se rendre autonome ? D'une vision utilitariste qui la détourne de sa mission. Ces réformes ne sont pas pensées par les politiques. Ils n'en ont ni le métier ni la formation universitaire qui le leur permettraient. Ils les délèguent à des inspecteurs des finances, et quelques conseillers, qui privilégient les aspects budgétaires. Compétence limitée, qui ne nous a pas mis à l'abri de crises financières. Devant cette « force » faible, l'autonomie de l'université est indispensable.

Cette autonomie, le Collège de France l'a depuis sa création en 1530. Aux Etats-Unis, l'université d'Etat de Californie dispose de cette autonomie, inscrite dans la Constitution même de son Etat qui stipule (article 9, section 9f) : « The University shall be entirely independant of all political or sectarian influence and kept free therefrom in the appointment of its regents and in the administration of its affairs » (l'université est complètement indépendante de toute influence politique ou sectaire et reste ainsi libre du recrutement de ses dirigeants et de l'administration de ses affaires).

L'université doit être séparée du pouvoir exécutif, indépendante et protégée aussi rigoureusement que devrait l'être la Justice. Pour cela, créons « l'Université de France », fédérant toutes ses composantes, de l'université de Strasbourg à chaque grande école (devenant « université des Mines », « université des Ponts et Chaussées », etc.), mais aussi le CNRS, l'INSERM, le CEA.

Cette Université de France peut être créée dès aujourd'hui. Les présidents de chaque université, de chaque organisme de recherche, peuvent faire adopter le principe de l'adhésion de leur établissement à l'Université de France, et la créer ainsi par association de leurs compétences.

Ils peuvent allouer les moyens financiers et humains qu'ils jugeront adaptés, recruter dès à présent ses dirigeants au niveau mondial, regrouper les fondations, mettre en place avec les personnels leurs propres procédures d'évaluation, de reconnaissance des métiers, mettre en place leurs négociations dès maintenant avec toutes les catégories de personnel qui seront affectés à une fonction publique universitaire spécifique. En construisant l'Université de France, mettons un terme à la tutelle d'un gouvernement qui ne sait ni ne peut incarner cette dimension de l'intérêt général.

A cette construction de l'Université de France, toute la société est conviée, citoyens, conseils municipaux, généraux, régionaux, associations, afin que la formation de ses enfants, comme de ses élites, puisse être complètement renouvelée. Vive l'Université de France !

Francis Taulelle est directeur de Recherches au CNRS et membre du Conseil d'Administration de l'Université de Versailles Saint Quentin.

  • 4826 visites
  • 25 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • daniel
    daniel
    daniel
    • Posté à 16h27 le 11/02/2009
    • Internaute
      daniel

    C'est bien, mais plus facile à dire qu'à mettre en oeuvre !

    Ce concept d'Université de France reste cependant trop vague et on ne voit pas par quel chemin y arriver.

    Concrètement, le constat est que les étudiants échouent trop en premier cycle et que nos Universités sont laminés dans le classement de Shanghai.

    Ainsi, la solution toute trouvé de Mme Pecresse, en bonne élève d'HEC, c'est le bâton pour taper dans la fourmilière : on punit collectivement ceux qui ne publient pas assez, et on récupère sans payer des heures d'enseignements supplémentaires ce qui permettra de moins recruter d'enseignants chercheurs. Cette logique comptable est implacable.

    Concernant le problème étudiant, le gros point noir est le suivi des étudiants qui sont proprement laissés à l'abandon. Certes ils sont adultes, mais le constat d'années en années est qu'ils manquent singulièrment de maturité pour travailler de façon autnomone et non dirigée.

    C'est le gros contraste dans le fonctionnement entre une grande école et une Université où les étudiants sont totalement libres de ne rien faire et donc d'échouer.

    Il me semble que c'est un point crucial qui passe complètement à la trappe dans toutes les réformes à l'Université et qui ne demanderait au fond qu'un minimum de coordination et d'exigences de la part des professeurs afin qu'ils assurent ou qu'ils fassent assurer un suivi des étudiants.

    L'université a beaucoup à apprendre puisque sa fonction a complètement changé au cours des trentes dernières annés où sa vocation académique s'est transformée peu à peu en vocation professionelle tout en tentant de garder la possibilité de former des chercheurs, attention toutefois à ne pas fermer la porte à cette dernière possibilité.

    • PauLo anarcho-patriote
      • Posté à 18h28 le 11/02/2009

      Oui... Le « renouveau de la République et de la francophonie » passe par... le « rétablissement de l'instruction publique'.

      La dissolution du Ministère de l'Éducation nationale et la dévolution de l'ensemble des attributions et responsabilités de “ l'Instruction publique ” à la “ cour sénatoriale des régions ” ((voir notre site)) impliquent :

      > d'une part, le licenciement de l'ensemble des professeurs et de l'ensemble de leur encadrement, “ assis ” (fonctionnaires du Ministère) et “ debout ” (inspection générale et inspections),

      > d'autre part, la régionalisation et/ou la départementalisation de l'instruction publique sous l'autorité et le contrôle de ladite cour sénatoriale des régions,

      > enfin, la participation démocratique et le libre choix des parents s'agissant des crèches, maternelles, écoles, collèges et lycées, et des étudiants s'agissant des universités.

      Il appartiendra à cette “cour sénatoriale des régions” ((voir notre site)) de fixer les règles nationales et d'en rendre compte au Parlement en présence du gouvernement, par exemple :

      > choisir la régionalisation des universités et lycées, la départementalisation des collèges et écoles et la municipalisation des maternelles et crèches, ainsi que la forme juridique des établissements d'instruction publique, par exemple “ association loi de 1901 ” ;

      > choisir de maintenir ou non la mixité particulièrement dans les collèges et lycées et les écoles ;

      > déterminer, en fonction de la dotation nationale par catégorie d'élève ou d'étudiant, le montant du “ chèque instruction publique en crèche ”, du “ chèque instruction publique en maternelle ”, du “ chèque instruction publique en école ” et du “ chèque instruction publique en collège ou lycée ” destinés aux parents, selon le cas de leur enfant, ainsi que du “ chèque instruction publique en université ” destiné aux étudiants ; le montant dudit chèque devrait être des 2/3 de la dotation nationale correspondante, le “ tiers restant ” permettant l'ajustement par les autorités territorialement compétentes aux besoins d'égalisation des chances et d'adaptation des moyens en fonction, notamment, des choix faits par les familles et de leurs catégories socio-professionnelles ;

      > choisir et fixer le mode de sélection, de rémunération et de désignation des chefs d'établissement, ainsi que le mode de leur post-sélection par l'assemblée générale des parents s'agissant des chefs de lycée, collège, école, maternelle et crèche et celle des étudiants s'agissant des chefs d'universités ;

      > choisir et fixer le mode de sélection, de fourchettes de rémunération et de recrutement des enseignants et personnels complémentaires par les chefs d'établissements, ainsi que le mode de leur post-sélection par l'assemblée générale des parents s'agissant des enseignants et personnels de lycée, collège, école, maternelle et crèche, et celle des étudiants s'agissant des enseignants et personnels d'universités ;

      > choisir et fixer les programmes, les règles des examens et concours nationaux et les règles d'entrée au collège, au lycée et à l'université ;

      > choisir et fixer les règles d'attribution des locaux d'enseignement aux crèches, maternelles, écoles, collèges, lycées et universités constitués en fonction de la demande parentale et estudiantine.

      Il appartiendra ensuite, selon le cas, à la région, au département ou à la commune de mettre en œuvre la sélection et la désignation de locaux et de chefs d'établissement et d'ouvrir aux parents ou étudiants la pré-inscription dans un seul établissement de leur choix. La “ carte scolaire ” étant abrogée, un “ périmètre ” de liberté de choix pourra être éventuellement substitué, pour maintenir un ordre certain, selon le cas en “ cercle ” ou en “ tranche de camembert ” ou selon toute autre formule innovante ou préconisée par tel ou tel des multiples rapports existants sur le sujet dans les archives du Parlement.

      > Nota 1 : Il va de soi, dans le respect de la liberté et de la laïcité républicaines, que tous les projets et candidatures de chefs d'établissement et d'enseignants devront être examinés mais aucun projet d'établissement “ confessionnel ” ne pourra être bénéficiaire du “ chèque instruction publique ” ni participer à un quelconque examen ou concours de l'instruction publique.

      > Nota 2 : Il est probable que le personnel central, l'inspection générale et l'inspection de l'ancienne “ Éducation nationale ” auront peu de chance d'être embauchés par “ l'Instruction publique ” eu égard au rôle déterminant qu'ils ont joué dans la dérive de cette institution et, surtout, dans l'échec scolaire durant les années du régime socialogaulliste.

      > En fonction des pré-inscriptions recueillies, aucune ne pouvant être refusée, le chef d'établissement présélectionnera les enseignants et personnels nécessaires et suffisants et présentera son projet d'instruction et d'équipe enseignante à l'assemblée générale des parents ou étudiants ayant effectué leur pré-inscription.

      > Les parents ou étudiants pourront approuver ou non par autant de votes à bulletin secret (avec autant de voix aux parents que d'enfants pré-inscrits) que nécessaires tout ou partie du projet d'enseignements et du projet d'équipe de mise en œuvre.

      > Lors de cette étape de cette procédure démocratique, participative et responsable, les parents ou étudiants confirmeront ou non définitivement leur inscription. S'ils la confirment, ce sera pour l'année scolaire et par la remise, au chef d'établissement qui ne pourra le refuser et pour chaque inscrit, de leur “ chèque instruction publique ”. S'ils ne confirment pas leur inscription, il leur appartiendra de trouver, dans un autre établissement de leur choix dans le périmètre permis mais en fonction des possibilités dudit établissement, l'inscription souhaitée contre remise, au nouveau chef d'établissement et pour chaque inscrit, de leur “ chèque instruction publique ”.

      > Le chef d'établissement, muni du projet d'instruction et d'équipe enseignante, approuvé ou au moins non rejeté par l'assemblée générale des parents ou étudiants, et des “ chèques instruction publique ” reçus, évaluera les besoins spécifiques éventuellement nécessaires et établira son “ justificatif de budget ”, avec salaires des nouveaux enseignants et personnels sélectionnés, en proposant de recevoir soit normalement le tiers restant de la dotation nationale de sa catégorie, soit moins, soit davantage.

      > L'autorité territorialement compétente (assemblée régionale, départementale ou municipale) approuvera ou rectifiera ce budget en fonction de la répartition qui lui incombera du “ tiers restant ” de dotation sur son territoire.

      > Muni du budget ainsi arrêté pour son établissement, le chef d'établissement fixera le salaire des nouveaux enseignants et personnels sélectionnés et signera avec eux leur contrat CDI, et mettra en place la rentrée dans son établissement. Il tiendra informés par écrit les parents ou étudiants de son budget et des modalités de la rentrée.

      > Chaque trimestre, le chef d'établissement rendra compte, dans les mêmes termes, aux parents et aux présidents de région et de départements et maires concernés de la bonne marche de son établissement, du bon déroulement de son projet d'enseignements et de leurs résultats.

      > Les chefs d'établissement organiseront les examens et concours prévus selon les modalités fixées par la cour sénatoriale des régions.

      > En fin d'année, une assemblée générale des parents ou étudiants entendra le chef d'établissement sur le bilan tant d'instruction publique que budgétaire de l'année et sur le projet de l'année suivante. Les votes de post-sélection du chef d'établissement et de chaque enseignant seront organisés en présence de représentants des autorités régionale et départementales et mairies concernées. L'indemnité légale de rupture du contrat d'un chef d'établissement ou d'un enseignant sera à la charge de l'établissement concerné.

      > Un bilan communal, départemental, régional et national sera fait sous le contrôle de la cour sénatoriale des régions qui en tirera toutes conséquences de droit ou de fait, notamment recommandera à la région, au département ou à la commune, la fermeture de tel ou tel établissement et/ou la mise en place de nouveaux établissements dans les mêmes ou d'autres locaux. La cour sénatoriale des régions rendra compte au Parlement, en présence du gouvernement, de l'état de l'instruction publique sur le territoire de la République.

      Ainsi “ l'instruction publique ”, sous l'autorité et le contrôle des régions, sera déconcentrée, décentralisée et subordonnée à l'assentiment ou à la désapprobation des élus et des parents ou étudiants ; parents et étudiants étant impliqués et responsabilisés par une participation démocratique et le “ chèque instruction publique ” qu'il leur appartiendra de bien utiliser.

      Nul doute que, certes progressivement mais résolument grâce à l'émulation inhérente au dispositif et au bon sens et à la vigilance de toutes et tous, le niveau d'instruction publique s'améliorera et les meilleurs chefs d'établissement et enseignants seront confirmés, et celles et ceux vraiment mauvais seront éliminés et remplacés. Tout le contraire des méfaits de l'Éducation nationale socialogaulliste.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 20h48 le 11/02/2009

        OAS veille...

         
        • Animateur
          • Posté à 01h58 le 12/02/2009

          Le SPP pète les plombs depuis qu'il a appris la reconduction de la grève de façon illimitée de la part dans enseignants-chercheurs à l'université. Il dérape encore plus depuis que les étudiants les ont rejoint et désirent la convergence des luttes !

          ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––-

          Lancement du Syndicat Pouet-Pouet (SPP), venez nous donner votre avis sur cette étrange initiative en vue du 19 mars prochain : Lien

          « Le Syndicat Pouet-Pouet c'est la crème de la crème du syndicalisme jaune ! Nous sommes le meilleur partenaire social du gouverne-ment-sarkozy, nous ne trahirons jamais Laurence Parisot notre mère, nous sommes le sponsor officiel du coiffeur de Bernard Thibault. La rumeur prétend que François Chérèque aurait pu adhérer au SPP. Avec le SPP, la non-satisfaction des revendications est assurée ! »

          Et pourquoi pas y prendre part ? Lien

          Et si on allait chercher la reconduction « avec les dents » ?

        1 autres commentaires
    • cat123
      cat123 répond à daniel
      • Posté à 19h09 le 15/02/2009
      • Internaute

      Réponse intéressante, à laquelle j'aimerais ajouter quelques précisions.

      Commençons par l'échec en premier cycle. Bien sur, on ne peut jamais trop lutter contre l'échec étudiant et tant qu'il y a des gens qui sortent sans rien de notre système on peut s'interroger sur comment mieux faire. Mais les comparaisons internationales dans ce domaine montrent que, contrairement aux idées reçues, le système des études supérieurs français est plutôt performant vis-à-vis de l'échec. Il y a un taux d'abandon des études supérieures en France de 21%, comparé à une moyenne OCDE de 31%. Bien sur, le chiffre pour la France mélange le résultats de la fac et des grandes écoles : mais le chiffre pour les autres pays de l'OCDE mélange, lui aussi, des universités d'élite (équivalentes de nos grandes écoles pour ce qui est de l'enseignement) et des universités de base (équivalentes de nos universités). Les chiffres comparant les universités françaises aux institutions équivalentes internationales n'existent pas, mais je vois mal comment le système dans sa globalité pourrait afficher de très bons résultats si sa composante principale était très mauvaise.

      Revenons sur le classement de Shanghai. Pour être dans le peleton de ce classement une université doit être excellente dans tous les domaines. Aux Etats-Unis c'est effectivement le cas qu'il y a certains universités d'élite qui sont beaucoup plus riches que les autres et qui regroupent les meilleurs départements dans toutes les matières. En France, ce n'est pas le cas : une université de classe mondiale en physique peut très bien être très médiocre en lettres et vice versa. Je ne trouve pas que c'est une mauvaise choses que les très bons labos soient repartis sur le territoire mais il en découle qu'on ne peut pas être très bien noté dans le classement de Shanghai.

  • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
    • Posté à 16h30 le 11/02/2009

    C'est une blague, ou quoi ? Donne-nous ton fric, contribuable, et laisse-nous faire notre petite popote entre nous... On s'arrangera toujours ! Il n'y aura plus d'évaluation, plus de contrôle : tout ça c'est de l'affreux ultralibéralisme. Aboule ton pèze et tais-toi ! Y a que nous qui comprenons quelque chose à la Recherche et à l'Université : c'est à nous de faire la LOI dans ce domaine. Point final !

  • efji
    • Posté à 16h48 le 11/02/2009

    Un avantage non négligeable de la création d'une « université de France » c'est qu'elle taquinerait facilement la première place du classement de Shanghai vus les critères qui sont en jeu dans ce classement : 90% de la note d'un établissement n'est pas pondérée par la taille de l'établissement. Par exemple la nouvelle université de Strasbourg va automatiquement grimper dans le classement. Il serait alors difficile à un président de la république grossier et vulgaire de nous traiter publiquement de « médiocres ».

    • marc44
      marc44 répond à efji
      • Posté à 20h48 le 11/02/2009
      • Internaute

      Mais bien sûr, c'est tout l'intérêt des PRES. J'ai vu du jour au lendemain le progrès. Disons que ça va compresser les filières redondantes...

      • Network 23
        Network 23 répond à marc44
        • Posté à 22h44 le 11/02/2009

        PRES qui ont été l'une des rares mesures des Etats généraux de la recherche qui ont été reprises par le gouvernement.

        Comme quoi... peut mieux faire !

    • greg26
      greg26 répond à efji
      ingénieur
      • Posté à 05h20 le 12/02/2009
      • Internaute
        ingénieur

      Juste un petit rectificatif sur le classement académique des universités (« Shangai »). La classification d'une institution s'effectue « per capita » pondérée sur le nombre de professeurs de constituant cette université (ou grande école), donc normalisée (« … universities ranked by several indicators of academic or research performance… per capita academic performance of an institution… The weighted scores of the indicators is divided by the number of full-time equivalent academic staff »). Une université avec staff important n'est donc pas avantagée par rapport à une petite université.

      L'impact factor des articles est compté. Les publications en premier auteur comptent beaucoup ainsi que l'auteur correspondant. Les auteurs classés en 2ème, 3ème etc… comptent nettement moins. Les prix Nobel de 1910-1922 comptent dix fois moins qu'un prix Nobel des 6 dernières années.

      En résumé, ce classement, toutefois imparfait, peut procurer une indication sur la performance, mais pas sur la raison de cette performance. Le budget est un facteur aléatoire non pris en compte dans ce classement. Cependant, le budget d'un chercheur est défini directement par ses grants obtenus de manière compétitive avec principalement un budget public aux USA. Des compléments par placements… volatils… peuvent compléter ces grants publics ainsi que des budgets du privé.

      Une dernière remarque : j'ai lu récemment sur un blog (je ne sais plus lequel), que les universités publiques américaines n'étaient pas performantes en tous les cas moins que les universités privées américaines – Assertion fausse. En ce qui concerne le derby Stanford (privée) et Berkeley (publique), elles sont en course au coude à coude. Les universités publiques des Etats sont aussi très performantes – UCLA, UCSD, U-Penn, UCSF, U. Washington, U. Michigan).

      Les frais d'inscription pour les étudiants des universités publiques américaines sont moins élevés que ceux des universités privés. Différents types de bourses sont délivrées : 1) pour les étudiants brillants sur le plan académique, défavorisés ou non, 2) pour les étudiants défavorisés, et 3) pour les sportifs de haut niveau. Cependant, les frais d'inscription restent chers pour une famille de revenus moyens et ont beaucoup augmenté ces dernières années. En outre, la sélection à l'entrée des universités est très stricte en ce qui concerne les critères académiques. Bill Clinton et Barack Obama : Absence de père, absence d'argent pendant l'enfance, école publique, lycée public, études/universités top niveau et la réussite que l'on connait. Les exemples de ce type sont multitude. Je peux témoigner sur d'autres exemples anonymes, plus ou moins proches ou très proches…

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 17h56 le 11/02/2009
    • Expert
      Etudiant-Chercheur

    Même si la mise en oeuvre s'annonce difficile, je trouve cette proposition pleine de bon sens !

    Cela permettrait d'avoir enfin un contre-pouvoir digne de ce nom -en plus d'Internet-, face aux pouvoir exécutif, législatif, judiciaire et médiatique qui tendent à ne faire plus qu'un...

  • Coldo
    • Posté à 18h01 le 11/02/2009

    Ce long article peut se résumer en une seule phrase : « filez-nous du pognon, mais surtout ne nous demandez pas de nous justifier sur ce qu'on en fait ».

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 22h05 le 11/02/2009

      tout à fait monsieur coldo ! je salue votre présence d'esprit ! ce n'est pas aux banques qu'on en donnerait autant...d'ailleurs c'est de l'argent prêté (aux banques...pardon...aux institutions financières je veux dire) que les citoyens récupèreront avec les intêrets, cela va sans dire.

    • Marx_attracts
      Marx_attracts répond à Coldo
      • Posté à 23h56 le 11/02/2009

      Troll.

  • pepereduchesne
    pepereduchesne
    étudiant/salarié, ou salarié en (...)
    • Posté à 18h02 le 11/02/2009
    • Internaute
      étudiant/salarié, ou salarié en (...)

    Je relève que M. Taulelle appelle toute la société à construire cette nouvelle mais non moins immanente (a priori) « 'université de France' », moi j'appelle toutes les universités de France à construire une nouvelle société.
    Nous vivons dans une société en guerre, guerre sociale d'une élite bourgeoise contre l'ensemble des citoyens qu'on appelle (invoque) pour construire une nouvelle université.

    Mais dites-nous, pourquoi un ouvrier viendrait-il soutenir la lutte d'un directeur de recherche au CNRS, quand les intellectuels ont depuis au moins 20 ans abandonné la classe ouvrière et rallié les principes indépassables de la société de marché, avec telle ou telle inclinaison libérale/libertaire et autres monstruosités des année 80-90 ?
    Pourquoi les universitaires (et notament pour ceux des sciences humaines et sociales) n'ont-ils pas assumé le rôle politique que vous revendiquez dans votre texte au nom de « 'l'intérêt général'' ?
    Pourquoi tant d'émulations cette année, quand rien ne vînt des enseignants-chercheurs, si ce n'est reproches et critiques lors du mouvement sur la LRU en 2007 ?
    Et enfin, et surtout, pourquoi encore se fatiguer à parler de réformes à l'université ?
    Alors que le temps politique et social est celui d'une contre-révolution, la Restauration d'un ordre social, politique, économique anti-républicain et a-libéral, où se prépare la pire répression politique que la France ait connu depuis Vichy.
    Votre appel, M. Taulelle, ressemble à la prise de conscience d'un savant, qui perché dans sa tour d'ivoire, n'a même pas vu l'eau, qui plus bas noyait la population, éroder les fondements mêmes de l'édifice dans lequel il évoluait. Vos pieds sont mouillés ? Mais c'est que l'université a perdu ses dernières défenses quand on y a achevé la solidarité de cette “'communauté'”, en y envoyant des CRS tabasser des étudiants en lutte en 2007. Autour d'elle c'est la société qui est ravagée par 20 ans d'ultralibéralisme, l'université aussi était depuis longtemps dans la ligne de mire . Et ce gouvernement, même s'il fait des pas de côté, n'a pas l'air décider à reculer, et encore moins à laisser des projets d'université “'indépendantes'” et “'anti-utalitaristes'” voir le jour. Vous passeriez pour le pouvoir comme un dangereux “'marxiste-keynésien''.

    Et puis à l'heure ou le simple mot ‘'grève générale'’ met dans les rues 2,5 millions de personnes, malgré même les syndicats, changer l'université, ne peut se faire que par le projet de société que l'on veut mettre en oeuvre.
    l'amorce d'un mouvement étudiants-enseignants, malgré la grande trahison de 2007, va devoir dépasser les amertumes, dépasser, aussi, la vision limitée des simples mot d'ordre ‘'retrait du décret'’ ou ‘'retrait de la LRU''.
    Dans plusieurs pays d'Europe il y a contestation du processus de Bologne, ce qui en soit est déjà une meilleure appréciation de la situation et de l'enjeux du conflit. L'ennemi n'est pas seulement Pécresse ou Sarkozy, c'est d'abord une mutation des rapports de force entre le monde économique et l'ensemble de la société..
    Mais, si la mobilisation qui semble naître ne se détache pas d'une vision centrée sur l'université, quelle sera sa justification morale, politique ?
    Si votre appel laisse bien entendre que les problèmes de l'université sont les problèmes de la société, n'oubliez pas que les problèmes de notre société sont avec plus d'empire, ceux de l'université.
    Assez de couvrir pauvres, indigents, chômeurs, rmistes, sans-papiers,licenciés, précaires, d'un regard compatissant, leur précarité, leurs angoisses, leur terreur, sont chaque jour un peu plus les vôtres, et les nôtres aussi.
    Changer l'université c'est d'abord changer la société,étudiants et enseignants en lutte, ensemble, prêts à dépasser l'enferment catégoriel,voilà qui pourrait laisser présager un grand mouvement de convergence des luttes, avec l'arrivée massive de nouveaux acteurs, longtemps mis à l'écart, oubliés, figés dans une stature de victime que la société s'empressait de leur assigner avant d'en faire des marginaux.
    La tendance est à la lutte, politique, économique, sociale, l'université a sa pierre à y apporter, qu'elle commence en abandonnant des mots d'ordre corporatistes.

    • fran
      fran répond à pepereduchesne
      • Posté à 18h37 le 11/02/2009
      • Internaute

      @ pepereduchesne
      et alors ? blablabla. Pour une fois que quelqu'un propose quelque chose pour avancer un peu (je dis bien un peu), vous allez nous rechercher tous les vieux arguments de la révolution culturelle : les intellectuels à l'usine et après on verra. Du haut de l'Etat jusqu'en bas de la société française on n'aime vraiment plus les intellectuels dans ce pays. Et pour moi « intellectuel » est un compliment. Continuez à étudier encore un peu, et on verra pour les leçons de morale politique.

      • pepereduchesne
        pepereduchesne répond à fran
        étudiant/salarié, ou salarié en (...)
        • Posté à 19h12 le 11/02/2009
        • Internaute
          étudiant/salarié, ou salarié en (...)

        Alternativement, agent de sécurité et ouvrier depuis 9 ans, étudiant depuis 4 ans, je ne me sens ni « 'anti-intellectuel' » ni ouvriériste.
        Je ne critique pas le fait d'être un intellectuel, je combat et m'oppose à ceux qui mettent la science au service des pouvoirs économiques et politiques, ou qui s'isolent de la société, (surtout encore shs) ne portant sur le peuple (et oui ça existe) qu'un regard distant, tantôt cynique (genre économistes) tantôt apitoyé (genre socioligues).
        J'en appelle à l'esprit de responsabilité des enseignants-chercheurs, car ils ont une responsabilite (et pas La responsabilité) dans l'affaiblissement et l'aporie théorique des mouvements sociaux.
        Il y a tant de chercheurs qui ont travaillé sur tant de sujets, qu'il est évident que le problème ne concerne pas leurs qualifications, mais bien la mutualisation/médiatisation de leurs travaux.
        A quoi bon bosser des mois sur des sujets tels que le licenciment, le chômage, le management, si ce n'est pour offrir aux premiers concernés (les travailleurs) des connaissances pouvant servir à leurs luttes et résistances ?
        A quand un laboratoire de recherche appliquée dans le cadre d'un syndicat de lutte ? Ce que certains peuvent faire avec et pour les patrons(type cellule de reclassement), pourquoi ne pas le faire avec des syndicalistes et des travailleurs en grève ? Je parle pour les sociologues, les psy et même, avec une autre approche, les historiens.

        Mais je le répète, l'heure n'est plus à « 'sauver l'université' », ce n'est pas un hâvre de paix dans une tempête « 'ultra-libérale' », il faut oser voir les choses en face, ce qui commence par ne pas travestir les textes publiés ici par exemple, car je ne suis ni maoïste, ni guevariste ou tout autre isme de votre cher passé soixante huitard. Les mouvements sociaux et leurs acteurs ont changé, seul reste face à nous ce capitalisme devant lequel vous avez capitulé.
        Alors, aidez-nous à faire quelquechose qui soit à la hauteur des enjeux du présent, ou alors, arrêtez vos commentaires faussement effarouchés, et qui évitent (toujours ? ) l'essentiel.

         
        • daniel
          daniel répond à pepereduchesne
          daniel
          • Posté à 08h46 le 12/02/2009
          • Internaute
            daniel

          Votre question, pleine de bon sens, suggère que la recherche doit être utile à la société, vous proposez ainsi un sujet d'étude car il vous intéresse et que vous pensez qu'il est utile à la société.

          Nombre de chercheurs font des recherches parce qu'elles sont belles, on peut légitimement se demander pourquoi on doit financer de telles recherches.

          On peut cependant multiplier les exemples de recherches a priori inutiles qui aboutissent à des boulversements technologiques ou/et à notre connaisssance de notre monde : on peut citer l'etude des petits pois à poils par Mendel qui donnera naissance à la génétique.

          Dans l'antiquité, les Grecs ont étudiés les propriétés de courbes elliptiques et les nombres premiers car ils trouvaient cela beau, il se trouve qu'aujourd'hui, ces connaissances sont à la base de tous algorithme de cryptographies sans lesquelles le commerce electronique n'existerait pas.

          La clé est que dans la recherche fondamentale, on ne peut pas prédire a priori quelles seront celles qui seront utiles on non car comme disait un vieux philosophe Chinois : le propre de l'inutile est qu'on en ignore l'utilité.

          Naturellement, il est toujours possible, et c'est son devoir, au pouvoir public (et donc au citoyen) de réclamer à ce que les chercheurs fassent plus de recherches dites appliqués, c'est à dire dont on devine les applications industrielles ou techniques, il le fait par le biais de financement ciblé de projets.

        1 autres commentaires
  • Tinhinane
    Tinhinane
    Médiatrice scientifique
    • Posté à 22h16 le 11/02/2009
    • Internaute
      Médiatrice scientifique

    En France, l'État s'est montré précocement et intensément impliqué dans les sphères stratégiques : L'éducation, la culture, la recherche, la santé… Son modèle a essaimé dans diverses régions du monde dont ses nombreuses ex. colonies.
    Pour ceux qu'un éclairage, bref survol, historique intéresse, je recommande une série d'émissions (cf. liens ci-dessous) que France Culture a consacrées aux rapports entre science et politique. On retrouve, avec un éclairage historique, les enjeux des relations université –enseignement-recherche-industrie etc.

    Entre les lignes on peut voir également la nature, la qualité et les motivations des collaborations entre des hommes qui appartenaient pourtant à des partis politiques…

    Lien
    Lien
    Lien
    Lien

  • admirateur-
    • Posté à 11h59 le 12/02/2009

    on attend le retour du roi
    votre université éclatée, à diplômes locaux, non merci

  • Chansommairus
    • Posté à 12h21 le 12/02/2009

    En lisant votre article, je me trouve dans la situation bizarre de ressentir que « quelque chose cloche ».
    Les universités et les centres de recherches sont financés par l'argent public, le débat actuel n'est-il pas avant tout autres choses, une discussion sur les ressources ?

    Naturellement, les finances influent directement sur les « moyens » de la recherche et « naturellement » à force de les réduire on atteint la qualité de cette dernière, alors proposer un organisme de plus, un label de plus, est-ce vraiment la solution ?
    Pourquoi, par exemple ne propose-t-on pas une « petite modification du CNRS qui deviendrait le CERS, centre européen de la recherche scientifique ?
    Le collège de France, n'est-il pas l'exemple d'une “petite” structure administrative qui obtient de “grands” résultats scientifiques ? N'y aurait-il pas une corrélation ?