Tribune 10/02/2009 à 13h18

Facs : un mouvement légitime mais gare à l'hypocrisie !

Hugo Clément | Journaliste

Tout le monde s’accorde pour le dire, c’est la première fois que la grogne est aussi forte chez les enseignants-chercheurs. Des notes retenues, des cours annulés, des manifestations hebdomadaires et relativement nombreuses, une ministre qui ne peut plus mettre un pied dans une université sans être accompagnée de trois compagnies de CRS, autant de signes qui ne trompent pas : ça bloque dans les facs.

A l’origine de la protestation dans un milieu plus habitué aux négociations de cabinets qu’à user les pavés, un décret rattaché à la LRU (loi sur la responsabilité des universités) votée en 2007, qui va transformer le métier des enseignants-chercheurs.

Aujourd’hui, ceux-ci ne sont pas encore obligés de publier un « minimum » d’articles par an (articles censés représenter le fruit de leurs recherches), et peuvent encore gérer à peu près la façon dont ils souhaitent partager leur temps entre recherche et enseignement.

Avec ce fameux décret, les chercheurs qui ne publieront pas assez tous les ans, se verront « punis » en devant pratiquer plus d’heures de cours au détriment du temps consacré à la recherche. C’est ça qui fâche.

Pour les grévistes, l’enseignement devient ainsi une « punition », ce qui introduit une distinction entre bons et mauvais chercheurs. Les « mauvais » seront ainsi coupés de la recherche et leurs cours pourraient donc être qualitativement moins bons. Mais ce n’est pas le seul point d’achoppement.

Les « mauvais » chercheurs en amphi

Ce décret accorde également plus de pouvoirs aux présidents d’université, c’est-à-dire que ceux-ci auront en quelque sorte la responsabilité de déterminer les bons et les mauvais, et donc d’attribuer tant d’heures de cours à l’un et tant d’heures de cours à l’autre. Les grévistes voient ici une « gestion de carrière à la tête du client en fonction des affinités ».

En bref, non seulement la distinction bons/mauvais chercheurs est, pour les grévistes, inacceptable, mais elle l’est d’autant plus qu’elle dépendra d’une autorité locale : le président d’université. Et tout ça se répercutera sur les étudiants, qui devront « se coltiner » les « mauvais » chercheurs en amphi, et qui ne pourront avoir accès aux « bons » que par le biais des livres que ceux-ci auront pleinement le temps d’écrire pour donner de la matière à enseigner aux… mauvais !

Tout cela ne passe donc pas dans les labos. Cependant, malgré l’importance du mouvement, les enseignants-chercheurs semblent être conscient de l’impossibilité pour eux de « gagner » seuls. C’est pour cela que les initiatives en direction des étudiants se multiplient.

Intervention en amphi, assemblée générale profs/étudiants, réunions de mobilisation en commun, distribution de tracts à la sortie des cours, etc. Ces actions commencent apparemment à porter leurs fruits, puisque les AG étudiantes se multiplient et que les étudiants commencent à rejoindre (bien que marginalement pour le moment) les manifestations.

Mais, déjà, des questions se posent quant à l’avenir de cette mobilisation, que les
collectifs d’enseignants et les syndicats étudiants veulent en commun. En effet, les premières plates-formes de revendication votées en assemblées générales étudiantes ont pour point principal le « retrait total de la LRU ». Le mouvement étudiant qui tend à se massifier aura donc pour objectif premier la satisfaction de cette revendication.

Abrogation de la LRU ou seulement du décret sur les enseignants-chercheurs ?

Alors, certes, le décret qui concerne le statut des enseignants-chercheurs est inclus dans la LRU, mais le problème est plus complexe que ça. En novembre et décembre 2007, un fort mouvement étudiant était né pour demander le retrait de la LRU, mouvement qui avait échoué du fait de son manque d’organisation sérieuse.

Or, à cette période, le décret concernant le statut des enseignants n’était pas connu, et les chercheurs grévistes d’aujourd’hui avaient pour la grande majorité d’entre eux soutenu cette fameuse loi sur l’autonomie…

Dans plusieurs endroits, la confrontation avait même été d’une violence inouïe, allant parfois jusqu’à l’affrontement physique entre étudiants bloqueurs et professeurs. Cet épisode, personne ne l’a oublié, autant du côté enseignant que du côté étudiant.

Ce sujet est tabou, évité lors des réunions unitaires, non traité en assemblée générale… Des deux côtés, on est conscient que la mobilisation ne pourra pas se construire en ravivant les « blessures » de l’hiver 2007, et donc on n’en parle pas.

Mais les AG se suivent et se ressemblent : « abrogation de la LRU », « retrait définitif de la loi sur l’autonomie », « suppression immédiate de la LRU », etc. Pour les étudiants, en effet, le décret visant les enseignants-chercheurs s’inscrit dans la logique global de la LRU, et n’est pas détachable de celle-ci.

A l’inverse, pour de nombreux grévistes, le décret n’est qu’un mauvais composant de la LRU, qui elle, est plutôt bonne dans son ensemble.

Les clivages sous-jacents entre étudiants et enseignants-chercheurs

Alors quel avenir pour cette mobilisation ? Si les enseignants-chercheurs réussissent à entraîner massivement les étudiants dans leur mouvement, ne risquent-ils pas de se voir totalement débordés par les revendications étudiantes, qui pour une bonne partie, ne font pas consensus dans leurs rangs ? Si, grâce à la mobilisation de leurs étudiants, les enseignants-chercheurs obtiennent le retrait du décret concernant leur statut, que peuvent-ils faire ?

Appeler à l’arrêt du mouvement ? Ils passeraient pour des traîtres, des corporatistes de pure souche ne pensant qu’à défendre leur statut et rien d’autre, ne se servant des étudiants que pour massifier leurs actions. Après un tel abandon, il serait difficile de réconcilier les deux composantes de l’université.

Deuxième solution : continuer le mouvement, à contre-cœur, puisque pour une bonne partie d’entre eux, les enseignants grévistes sont favorables à l’autonomie.

Cette éventuelle poursuite du mouvement provoquera à coup sûr d’importants conflits entre enseignants, et entre enseignants et étudiants. Cette peur est bien présente chez les enseignants-chercheurs, et elle se traduit par l’insistance faite à chaque assemblée générale sur le fait que le décret concerne aussi les étudiants, ce que certain disent être fait dans le but de donner aux étudiants d’autres raisons de se mobiliser que la LRU.

Enfin, les quelques enseignants-chercheurs qui s’étaient en 2007 opposés à la LRU aux côtés des syndicats étudiants, ne cachent pas leur plaisir, « ils avaient raison », ce qui rend nombre d’assemblées générales des « personnels » très tendues, avec éclats de voix et colère noire de certains.

Nécessaires à la réussite de tout mouvement universitaire, mais dangereux, car incontrôlables et aux revendications beaucoup plus larges. C’est en ces mots que l’on pourrait résumer la vision qu’ont certains enseignants-chercheurs grévistes des étudiants.

Un scénario tel que nous l’avons exposé ci-dessus paraît difficilement évitable en cas de massification et de réussite de la fronde actuelle. Une réelle colère et exaspération existe de toute part dans les universités, aussi bien chez les professeurs que chez les étudiants, mais les raisons de cette dite colère, sont sans aucun doute totalement différentes. Les clivages et affrontements de l’hiver 2007 ne demandent, dans bien des universités, qu’à être réveillés.

A lire sur Rue89 :
Tous les articles sur la recherche
Tous les articles sur les universités

A lire ailleurs sur le Web :
la LRU (loi sur la responsabilité des universités)

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  • FREDERIC 67
    • Posté à 13h44 le 10/02/2009
    • Internaute 9970

    Précisions quant à ce paragraphe simplificateur « Avec ce fameux décret, les chercheurs qui ne publieront pas assez tous les ans, se verront “punis” en devant pratiquer plus d’heures de cours au détriment du temps consacré à la recherche. C’est ça qui fâche. “
    non même pas vous oubliez l’esssentiel, l’alinéa scélérat 6 de l’article art 7 II du projet de décret

    qui vous énonce que la répartition des cours ne peut pas conduire à dégrader le potentiel global d’eneignement prévu :
    donc les heures à faire sont réparties entre les enseignants présents bons ou mauvais chercheurs, ce qui va entraîner étant donné les suppressions de poste que nul ne conteste une augmentation des heures d’enseignement à faire, et donc une diminution globale du temps universitaire à la recherche.

  • vol19
    • Posté à 14h12 le 10/02/2009
    • Internaute 13492

    L’écho des manifestations actuelles dépasse sans doute le simple décret pour des origines plus profondes ces trente dernières années.

    Certes, le fonctionnement organisationnel et social de la recherche en France, de même l’enseignement supérieur est dans certains secteurs très frustants, parfois (pas toujours) peu efficient, malgré le dévouement de certains, et malgré le cynisme d’autres... Bref, beaucoup de gâchis. Une superposition de modèles d’organisation bureaucratiques, corporatistes, claniques, charismatiques, et maintenant managériaux se superposent,...enfermant titulaires, vacataires, enseignants dans des modèles ambigus, parfois des injonctions contradictoires, en tout cas de nombreuses frustations.... A chaque décret, on rajoute des couches de contraintes mais rarement semble t-il cherche t-on à simplifier, cadrer sur des principes plus simples.

    En outre la crise actuelle, procède à un changement de paradigme, nombreux métiers ont pendant longtemps « mangé leur chapeau » en acceptant la contrainte croissante des financiers et des modèles managériaux, voire de ces mêmes experts et élites internationales. La savoir des univeristaires et classes moyennes,intellectuelles étant tout à fait dévalorisées. Désormais, la faillite de la financiarisation, le ridicule des grands experts, les limites un peu partout de la rationalité managériale fait soudainement échos aux frustrations croissantes depuis ces trente dernières années de la classe intellectuelle traditionnelle qui s’est vue au cours des années dévalorisée et dans ce projet encore plus mise sous contrainte.
    Sans doute, ce qui se passe aujourd’hui dépasse les strictes intérêts catégoriels mais peut être s’intègre dans une prise de conscience collective, un mouvement plus global que l’on ne mesure pas encore... mais qui appelle bien le besoin de diversité de pensée et d’expérimentations dans le contexte actuel.

  • Yoann79
    Yoann79
    Etudiant
    • Posté à 15h15 le 10/02/2009
    • Internaute 62420
      Etudiant

    Un mouvement légitime ..... A voir !

    Les profs ont les boules parce qu’on va enfin leur demander des comptes. Quand je pense à tout les incapables que j’ai eu durant ma scolarité, j’en rigole d’avance. Ça va faire bizarre à ces gens là.

    Dans l’entreprise ils auraient pas fait long feu.

    Il y en a marre de cette université qui sert de bouée de sauvetage à tout ceux qui ont peur de l’entreprise.

    Les bon profs, et c’est plus que la majorité n’ont pas à s’inquiéter.

    • glt
      glt répond à Yoann79
      Chercheur
      • Posté à 16h21 le 10/02/2009
      • Expert 68671
        Chercheur

      Moi, c’est marrant, parce que je suis chercheur et j’ai récemment eu affaire à une entreprise pour une commande.
      Mais alors, la nullité du service après vente et la médiocrité du produit (par rapport aux caractéristiques promises dans la plaquette...), effarant.
      L’excellence, c’est un mot que ne doit pas connaître l’entreprise.

      • Yoann79
        Yoann79 répond à glt
        Etudiant
        • Posté à 17h08 le 10/02/2009
        • Internaute 62420
          Etudiant

        L’année dernière j’ai eu un enseignant chercheur qui lorsque l’on était en TP, passait son temps à aller sur des dialogues en direct (4h de suite).

        On avait aussi un autre enseignant chercheur qu’on surprenait, chaque fois qu’on allait dans son bureau, sur le jeu le solitaire.

        Bien sûr tout le monde était au courant, y compris leurs collègues.

        Je doute que dans une entreprise on aurait pu accepter d’un employé, et à la vue de tous, un comportement de ce genre.

        Je vais pas non plus vous parler de l’absence de présence de ces enseignants pour nous expliquer certaines notions techniques très difficiles.

        J’imagine que leurs travaux de recherche les occupait assez (dialogue en direct, solitaire...).

        Le plus amusant, c’est que l’un des deux profs en question était délégué syndical. En effet, il devient vital pour sa survie de lutter contre les réformes.

        Ensuite, on a les enseignants chercheurs qui nous donnent des cours mais seulement par nécessité. Ils viennent, parlent vite, ne font pas l’effort d’être pédagogue et s’en vont sans qu’on puisse poser de questions, parce que enseigner ça les saoule et ils préfèrent faire de la recherche.

        Je vous laisse imaginer comment dans ce cas là on arrive à préparer un examen.

        Par ces exemples, je veux juste apporter une autre réalité du monde universitaire. Je sais que cela constitue des excès minoritaires, mais ils existent et ne sont pas négligeables.

         
        • marie 75
          marie 75 répond à Yoann79
          • Posté à 18h10 le 10/02/2009
          • Internaute 3563

          au bureau de l’UNI, tu es tjrs responsable ? ? ? ?

          • Yoann79
            Yoann79 répond à marie 75
            Etudiant
            • Posté à 19h37 le 10/02/2009
            • Internaute 62420
              Etudiant

            Non et si jamais c’était le cas ça changerait quoi ?

            La réforme de l’éducation est un sujet qui ne concerne uniquement les enseignants et les étudiants de gauche ?

            Je constate et votre précédent commentaire le prouve :
            « écrit par qq qui n’est pas dans le circuit et qui cause »
            que c’est sans doute là votre point de vue.

            Belle argumentation que celle de dénigrer les propos d’une personne uniquement en présentant sa prétendue origine politique ou professionnel etc..

            L’éducation nationale est un service publique, nous passons tous par ce système, chacun à en conséquence le droit de s’exprimer sur le sujet.

            Si vous êtes enseignante ou même étudiante (vos commentaires m’en donnent l’impression), je trouve ça très choquant de devoir vous rappeler ces principes là.

        2 autres commentaires
    • Léonard
      Léonard répond à Yoann79
      chercheur (errer humanum est)
      • Posté à 16h35 le 10/02/2009
      • Expert 24584
        chercheur (errer humanum est)

      A Yoann79 :

      encore un message basé sur le ressentiment. Au moins votre message a le mérite de l’indiquer clairement :

      « Quand je pense à tout (sic) les incapables que j’ai eu durant ma scolarité, j’en rigole d’avance. »

      Mais est-ce là la seule jauge dont vous disposez ?

      « Dans l’entreprise ils auraient pas fait long feu » : parce que vous, vous y êtes dans l’entreprise, probablement. Ou elle vous attend. D’où la preuve que vous êtes au-dessus de tous ces incapables vous avez eu dans votre scolarité (au fait, scolarité, c’est plutôt collège et lycée, non ?). D’accord. CQFD.

      « Il y en a marre de cette université qui sert de bouée de sauvetage à tout (sic) ceux qui ont peur de l’entreprise » : si vous acceptez de lacher votre ressentiment un instant, vous verrez qu’il y a une autre dimension à l’université et aux hommes et aux femmes qui la font.

      « Les bon profs, et c’est plus que la majorité n’ont pas à s’inquiéter » : après votre sortie contre les « mauvais » qui ont gâché votre scolarité, vous reconnaissez que ces « incapables » sont moins que la majorité. Appréciable. Pourtant l’extrême majorité des profs reconnaissent l’urgence de résister au démantèlement de l’université. Les bons aussi. Les très bons aussi (comme A. Fert, prix Nobel de physique).

      Mais même sans l’appui catégorique de personnalités comme Fert, votre argument reste discutable : « les bons n’ont pas à s’inquiéter ». Sous-entendu, 1) la chasse aux mauvais est justifiée et (implicitement) 2) le critère de qui est mauvais est aussi simple que l’expression de votre ressentiment (que je ne remets nullement en cause).

      Même en allant dans votre sens, même en supposant que 2) soit consensuellement résolu (il ne l’est pas, ce gouvernement fait les choix désastreux qui s’imposent et la société finira par le payer), le point 1) n’est toujours pas acquis. Car le point 2) n’est pas indépendant du 1) et de ses causes politiques, bien entendu, comme des articles sur ce site tendent à le montrer...

    • Autre raleur
      Autre raleur répond à Yoann79
      • Posté à 14h17 le 11/02/2009
      • Internaute 39310

      En fait si, les bons enseignants-chercheurs ont aussi à s’inquiéter. C’est là tout le problème (voir tous les arguments de ci de là, en faisant le tri).

      Amicalement.

  • gsourima
    • Posté à 16h37 le 10/02/2009
    • Internaute 23224

    « Tout cela ne passe donc pas dans les labos. Cependant, malgré l’importance du mouvement, les enseignants-chercheurs semblent être conscient de l’impossibilité pour eux de “gagner” seuls. *C’est pour cela que les initiatives en direction des étudiants se multiplient.* »

    Partiellement faux.

    Exemple à Rennes : les premiers étudiants que l’on a rencontré dans les AGs des enseignant sont principalement ceux qui sont en Master plutôt orienté Recherche. Ce décret les concerne également.

    [Petit hors sujet]
    Le problème principal à mon avis vient du manque d’informations, qui passent assez mal d’un milieu à l’autre. Par exemple, certains avec qui j’ai discuté la semaine dernière pensaient que la modification du contrat doctoral impliquait qu’un doctorant serait dorénavent en contrat type CDD d’un an renouvelable 2 fois, avec période d’éssai en début de chaque année. « Choking » me direz-vous. Sauf que ça c’était l’état *avant* le changement du contrat doctoral, maintenant c’est un CDD de 3 ans.
    C’est juste un petit exemple qui peut illustrer aussi d’où peuvent venir les divergences de revendications entre les différents corps. Ce n’est pas juste une « immaturité passionnée » des étudiants qui joue ; -)

    Pour le reste je suis relativement d’accord : -)

    • marie 75
      marie 75 répond à gsourima
      • Posté à 17h01 le 10/02/2009
      • Internaute 3563

      article sans grand intérêt ... écrit par qq qui n’est pas dans le circuit et qui cause. Ca tire à la ligne !

      Bio de « l’auteur » abs ? ? ? ?
      Bof .....

      La manif ? 50.000 (au moins ) à Paris.
      Défendre l’enseignement, l’école, l’ université ... la démocratie !
      Un flot de protestation...

      • loreme
        loreme répond à marie 75
        (Ingénieur)
        • Posté à 00h36 le 11/02/2009
        • Internaute 69005
          (Ingénieur)

        bel exemple de sectarisme ! que vous vous sentiez agacée parce que cette article n’abonde dans votre sens ne justifie que vous qualifier comme « sans grand intéret » .les gens du serail ne sont pas nécessairement ceux qui ont la vue la plus réaliste d’une situation....quant à votre harangue finale elle relève plus des propos d’une millitante irrationnelle et deconnectée du sujet et qui se fourvoit dans de jolis amalgames ! si vous etes un representant des enseignants chercheur alors vous en etes une caricature ! et la recherche n’en sort pas grandie ! ! !

    • NF2000
      NF2000 répond à gsourima
      -
      • Posté à 01h47 le 11/02/2009
      • Internaute 68870
        -

      Sur le contrat doctoral, justement il me semble que c’est l’inverse ce qui est proposé :
      - avant (disons à la rentrée 2007) : on signait un contrat de 3 ans
      - avant plus près (à la rentrée 2008) : on signait DEJA un contrat de 1 an renouvelable 2 fois mais tacitement
      - maintenant : on signe bien un contrat d’un an renouvelable 2 fois.
      Mais plus tacitement : le contrat pourra être rompu chaque année « de plein droit ».

      Ce contrat introduit d’autres changements très importants, peut-être beaucoup plus importants :
      1- possibilité pour les 2 parties de rompre le contrat sans indemnités ni préavis.
      2- pour pouvoir se réinscrire chaque année en thèse (formalité institutionnelle qui existe bien sûr déjà), il faudra que les doctorants justifient d’un financement académique.
      Cela veut dire que :
      - les gens qui font une thèse en parallèle d’un autre travail (enseignement dans les lycées, mais aussi beaucoup d’autres activités) et qui font une thèse pour différentes raisons (projet personnel, retour d’un professionnel sur sa pratique, effectuation d’une thèse pour postuler à d’autres emplois) ne pourront plus la faire.
      - le décret rationalise les profils des doctorants qui, jeunes et moins jeunes, nourrissent une bonne partie de la recherche innovante par leur fraîcheur et leurs expériences variées.
      3- disparition du système antérieur qui couplait (pour certains doctorants) allocations de recherche et monitorat (=enseignements dans l’université).
      Le monitorat permrttait à nombre de titulaires des concours d’enseignement de valider ceux-ci dans l’enseignement supérieur. Dans le projet proposé, cela ne sera plus le cas.
      Même : le projet prévoit clairement que pour TOUS les doctorants, même les non-titulaires de ce concours, une charge d’enseignement ou de tâches administratives sera automatiquement à effectuer pour les doctorants.
      Ce que cela veut dire :
      - mise en place d’une petite main d’oeuvre pour assurer tous les cours supplémentaires de l’université pour pas cher.
      - utilisation des doctorants (déjà largement soumis à des pressions hiérarchiques de tous ordres) pour effectuer les taches administratives en plus que les enseignants et les personnels admnistratifs des universités ne pourront clairement pas faire, parce que 1/ ils n’en auront pas le temps parce qu’ils feront déjà beaucoup d’autres cours et beaucoup de taches administratives et que 2/ on aura pas embauché des gens compétents pour faire spécifiquement ces taches essentielles pour le fonctionnement des facs.
      - séparation nette entre enseignement secondaire (et enseignants du secondaire) et enseignement supérieur et recherche.

      Je ne vais pas développer plus (il y a encore des éléments à éclaircir : on peut aller lire les présentations
      Lien
      ou le projet lui-même
      Lien
      )

      Ce qui est terrible avec ce gouvernement et ce ministère, c’est qu’ils ne respectent même pas un de leurs leitmotivs : la souplesse et la mobilité.
      Ils veulent rationaliser et simplifier une situation qui permet à certains jeunes doctorants de se réorienter à l’issue de leur thèse et qui permet à des personnes venant de sphères d’activités différentes de réorienter leur carrière et leur travail en cours de route.

  • marie 75
    • Posté à 17h10 le 10/02/2009
    • Internaute 3563

    Claire BAZY MALAURIE : la médiatrice de pécresse.

    Une universitaire ? Non !
    Une « comptable » marketing ! ! ! ! ! ! !
    of course ! ! ! !
    Pour des universités rentables ds la sté libérale !

    ACTIVITES PROFESSIONNELLES
    depuis janvier 2006 : Rapporteur général et Président de Chambre à la Cour des comptes
    septembre 2002 - décembre 2005 : Rapporteur général à la Cour des comptes
    juillet 1995 - avril 1998 : Directeur des hôpitaux - Ministère de l’emploi et de la solidarité
    avril 1994 - juillet 1995 : Directeur des affaires financières et de l’administration générale - Ministère de l’équipement
    avril 1990 - avril 1994 : à la Cour des comptes
    avril 1985 - janvier 1990 : Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale :
    . Directeur (1987-1990)
    . Chargée de mission pour les affaires financières et interministérielles (1985-1987)
    juin 1980 - avril 1985 : à la Cour des comptes
    janvier 1978 - juin 1980 : à l’École nationale d’administration
    juillet 1972 - décembre 1977 : au Ministère des finances :
    . à l’administration centrale DREE (1976 - 1977)
    . attaché commercial adjoint à l’ambassade de France à Moscou (1972-1976)

  • Jyscall
    Jyscall
    Etudiant
    • Posté à 17h10 le 10/02/2009
    • Internaute 50478
      Etudiant

    C’est quoi l’intérêt de cette tribune Mr le journaliste ?
    Faire en sorte qu’on se renvoie à la gueule les événements de l’hiver dernier ?
    On en a parlé dans les ag et on s’est intelligemment dit que ça ne sert à rien d’en tenir compte cette année. De plus, les conditions annexes ont changé.

    • marie 75
      marie 75 répond à Jyscall
      • Posté à 17h30 le 10/02/2009
      • Internaute 3563

      Journaliste ? Et moi dresseuse de Vaches chez Medrano.
      Ne T’affole pas !
      C’est un « bouche colonnes », aux objectifs pas très nets.

    • Rokse
      Rokse répond à Jyscall
      quelle nonchalance
      • Posté à 18h23 le 10/02/2009
      • Internaute 49110
        quelle nonchalance

      Vous avez peut-être intelligemment fait une erreur. L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est-ce pas ?

      Se renvoyer à la gueule les évènements de l’hiver dernier, oui.
      J’y vois au moins deux bonnes raisons :

      Premièrement, la clarté des revendications. Avec la médiatisation du mouvement viendra la question qui tue : « pourquoi ils font grève ? » Les EC répondront que la condition principale est le retrait du décret, ou, alternative moins séduisante, qu’il soit réduit de sa substance par une « médiation » qui tuerait un mouvement global dans l’oeuf. C’est vers cette solution qu’on semble se diriger. Alors que les étudiants n’ont à gagner dans une grève des facs que l’abrogation pure et simple de la LRU - à part pour la minorité qui va justement choisir de devenir enseignant-chercheur ...

      Deuxièmement, j’y vois une nécessité dans l’instauration plus globale d’un front commun contre la casse généralisée de la fac. On ne peut pas continuer dans le flou.
      Les étudiants ont leurs syndicats, leurs meneurs, leurs bloqueurs - toujours les mêmes, d’ailleurs. Les profs sont plus dispersés, et leur force de frappe médiatique est insignifiante comparée à celle des étudiants ... ça explique peut-être pourquoi ils ne s’impliquent pas dans les rapports de force avec le gouvernement ? La liste des exemples des rendez-vous manqués serait longue. La réactivité et l’engagement des profs d’université devient pathétique. Et je ne parle des divisions et conflits d’intérêts entre sciences humaines et sciences dures ...

      Dans un contexte de projet assumé de démolition de l’Université, c’est à ça qu’il faut remédier. Je ne vais pas m’engager dans un rapport de force avec le ministère si je sais que mes profs garderont systématiquement le silence pudique de celui qui n’est pas concerné. Le conservatisme des enseignants d’université tient davantage à des manquements dans l’organisation et le dialogue interne - y compris avec les vacataires et chargés de cours - qu’à des divergences fondamentales d’opinion.

      Personnellement, c’est très simple : pas d’implication sans clarification.

      • Jyscall
        Jyscall répond à Rokse
        Etudiant
        • Posté à 18h50 le 10/02/2009
        • Internaute 50478
          Etudiant

        Je voulais dire : inutile de parler plus longtemps de ces choses là.

        je ne sais pas si la question a été abordée dans toutes les ag, mais pour ce qui est de celle de mon Université, elle l’a été dès les premiers jours.
        Bien sur certains argumentent encore sur le fait qu’il faut demander des choses précises, mais ils sont très minoritaires maintenant.
        Tout le monde comprend bien que ce décret n’est qu’une des incroyables possibilités en nombre et en intensité que permet la LRU.
        C’est pourquoi les élections de l’an dernier étant passé, le Snesup ayant fait le plein chez nous, il peut désormais abandonner son jeu d’équilibriste et se prononcer clairement avec les étudiants mobilisés (car d’autres s’en foutent ou encore sont pour la LRU, ce qui est leur droit) contre la LRU.

         
        • Rokse
          Rokse répond à Jyscall
          quelle nonchalance
          • Posté à 21h30 le 10/02/2009
          • Internaute 49110
            quelle nonchalance

          Je n’ai pas pu assister aux AG de ma fac (Rennes II) pour des raisons personnelles mais j’irai à celles de demain. Je me pose encore beaucoup de questions sur les motivations des enseignants grévistes.
          Clarifions, clarifions ...
          Luttons, luttons ...

        1 autres commentaires
  • marie 75
    • Posté à 17h18 le 10/02/2009
    • Internaute 3563

    Un défi pour toto Sarko

    –––––––––––––––––––––––––––––––-

    Le 22 janvier, devant un parterre d’hommes politiques, de présidents d’universités et de chefs d’entreprise, M. Nicolas Sarkozy s’est longuement exprimé sur le thème de la recherche en France. La vidéo de son discours est disponible en ligne : Lien...

    Entre autres choses, M. Sarkozy affirme que la recherche française est « médiocre », que les chercheurs sont entrés dans la carrière « parce qu’ils ont vu de la lumière et qu’il faisait chaud », et qu’en somme, ce sont des fainéants, des planqués et des parasites.

    Il y aurait beaucoup à répondre à M. Sarkozy. Mais à quoi bon ? Car, à proprement parler, Monsieur le président, quand il parle de la recherche, ne sait pas de quoi il parle. Nulle allusion ici au fait qu’il ait été ou non un brillant étudiant, mais à son incompétence à parler d’un domaine – la recherche – dont, s’il clame haut et fort qu’il est l’avenir du pays, il ne mesure aucun des enjeux véritables, aveuglé par le dogme du profit à très courte vue, par l’idéologie du CAC 40, par l’idée aussi largement installée dans les consciences qu’elle est fausse qu’on pourrait rendre immédiatement « rentables » les investissements destinés à la recherche, et par un concept de la « rentabilité » strictement financier. Pour M. Sarkozy, le savoir doit devenir une marchandise comme les autres, l’université et les organismes de recherche une entreprise parmi d’autres.

    Comme au bon vieux temps, en réponse aux diffamations de notre président envers les chercheurs et envers la recherche, je lui lance un défi, je le provoque en duel. Un duel de mots, bien évidemment, au cours duquel, s’il le relève (lui en personne, et pas un de ses acolytes) , je le confondrai, démasquant aux yeux de tous, en quelques répliques, qu’il ignore ce dont il parle et n’a aucunement le souci de l’avenir bien compris de ce pays.

    Ci-après, la lettre que je lui ai adressée le 8 février 2009.

    Monsieur le Président de la République,

    En tant que citoyen de ce pays et acteur de la recherche et de l’enseignement supérieur, suite à votre discours du 22 janvier concernant la recherche en France, je vous défie en débat public contradictoire. Un duel verbal, loyal, entre vous et moi, sur un sujet clairement énoncé : « la recherche ».

    Les Français ont le droit d’entendre autre chose que les approximations dédaigneuses dont vous avez usé à propos d’un métier et d’une mission de service public qui, chacun s’accorde à le proclamer, portent des enjeux décisifs pour l’avenir de notre pays.

    Il y aurait de votre part un vrai courage, que le peuple français saurait certainement reconnaître, à accepter un véritable débat avec un enseignant-chercheur de base, qui (comme la très grande majorité des Français) ne brigue aucune charge ministérielle, ne cherche aucune gratification personnelle, n’appartient à aucun parti et à aucun syndicat et ne dispose d’aucun conseiller pour l’aider à préparer ses discours. Il y aurait, surtout, un geste propre à montrer, aux esprits chagrins qui en doutent, votre profond respect de la démocratie : premier citoyen du pays, vous n’en restez pas moins, en vertu de la devise et de l’esprit de notre République, un citoyen parmi d’autres, qui, je ne saurais en douter, a de ce fait d’autant plus à cœur de faire une place à la parole concurrente que la sienne résonne plus puissamment. Je ne peux me résoudre à croire que, maintenant que différents acteurs et organismes de la recherche en France vous ont signifié leur déplaisir après votre discours du 22, vous puissiez supporter plus longtemps l’idée que vous auriez abusé de votre position pour abuser nos concitoyens. Je vous offre une occasion à nulle autre pareille de signifier au peuple que vous représentez qu’il aurait tort de douter de votre équanimité.

    Président de tous les Français, vous ne pouvez bien évidemment leur donner la parole à tous. L’accorder, publiquement, à un universitaire quelconque, mû par le seul désir de débattre avec vous sur un sujet capital, voilà qui cependant attesterait votre ouverture d’esprit, votre souci réel de tenir compte de la grande diversité du monde et des opinions, votre passion de l’avenir de la France.

    Comptez sur le fait, si vous acceptez ce défi, que notre débat ne sera pas faussé par ma complaisance. De votre côté, en homme d’honneur, je sais que vous ne vous défausserez pas sur tel ou tel de vos collaborateurs.

    Avec mes salutations républicaines.

    Christophe Mileschi

    Professeur des universités

    Paris Ouest Nanterre (Paris10)

    Lien...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 17h33 le 10/02/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    La crise des universités en France est profonde et ancienne.
    On peut dire qu’elle dure depuis 30 ans.

    Symboliquement, on considèrera qu’elle date du jour où on a fermé Vincennes pour déménager Paris VIII en Seine St-Denis (le fameux 9-3).

    Toute volonté de changement et d’évolution des facultés va disparaitre du champ politique.

    Et personne ne s’en est plaint. Surtout pas ceux qui en sont les principales victimes, les jeunes personnes, surtout des jeunes femmes.

    Car le dédain de l’élite à l’égard de l’université tient du sexisme le plus élémentaire mais aussi le plus irréductible.

    La féminisation des effectifs tant des étudiants que des enseignants a conduit les différents gouvernements à privilégier les grandes écoles au détriment des facultés.

    Les grandes figures intellectuelles du siècles dernier sont masculines. Quelles femmes figurent au panthéon de la culture et
    du savoir ?

    Et pourtant elles pensent et travaillent durement. Elles publient dans l’indifférence.

    Marie Curie. Prix Nobel avant la guerre de 1914 et depuis ?
    Simone Weil, une marginale. Simone de Beauvoir, une exception tellement controversée.

    Et puis, rien, pas une quelques auteurs littéraires assez peu récompensés, finalement.

    Et puis les chiffres sont là :
    Dépense moyenne par étudiant du supérieur, environ 11000 € l’an. Pour un étudiant en université, c’est environ 7000 €. Beaucoup moins que pour les autres universités de l’U.E qui dépassent les 9000 € l’an par étudiant.

    Et il faut constater que la progression de la dépense pour l’enseignement et l’éducation a cessé depuis 2002 et qu’elle est à peu près stable depuis.

    Encore une fois le gouvernement conservateur français, décidément peu en phase avec le savoir et la culture ne respecte pas les engagement de la France au Traité de Lisbonne.

    Ce n’est pas la droite française qui instaurera une économie de l’intelligence et de la culture.
    C’est mal, très mal parti.

    Non intelligence et droite ce n’est pas un oxymoron.
    Je n’ai pas écrit ça.
    Du tout.

  • marie 75
    • Posté à 17h38 le 10/02/2009
    • Internaute 3563

    une « lecture marathon » de La Princesse de Clèves est ainsi prévue lundi prochain devant le Panthéon, à 15h00.
    cf libre belgique

    Qu’on convoque les UMP incultes !
    Ca v

    • Yoann79
      Yoann79 répond à marie 75
      Etudiant
      • Posté à 19h41 le 10/02/2009
      • Internaute 62420
        Etudiant

      Pourquoi les membre de l’UMP seraient plus incultes que les autres ? Sur quoi vous basez vous pour affirmer ceci ? Études ? Examens ?

      Répondez je suis curieux de connaître la raison.

      • Cirdec
        Cirdec répond à Yoann79
        Cadre qui commence à comprendre (...)
        • Posté à 14h14 le 11/02/2009
        • Internaute 8798
          Cadre qui commence à comprendre (...)

        Pourquoi les membre de l’UMP seraient plus incultes que les autres ?

        Deux réponses faciles, mais tellement faciles que j’en aurais presque honte : frédéric lefebvre. Et darcos qui a tellement de culture, qu’il n’a aucune idée de la règle de proportionnalité (et ça, c’est de la culture arithmétique de base, enseignée au collège).

      • Vingtras
        Vingtras répond à Yoann79
        Membre des 47%
        • Posté à 21h52 le 11/02/2009
        • Internaute 8509
          Membre des 47%

        Parce qu’ils ont élu un type qui prétend que connaître la littérature française, c’est inutile. Vous pourriez au moins connaître les sorties du chef de votre parti, notamment sur La princesse de Clèves, ce n’est pas aux gauchos à vous informer de ses frasques quand même.

    • loreme
      loreme répond à marie 75
      (Ingénieur)
      • Posté à 00h43 le 11/02/2009
      • Internaute 69005
        (Ingénieur)

      Quelle vanité ! décidément je confirme vous etes une caricature et j’ose espérer que vous ne sevissez pas dans une université (en tant qu’enseignante.....ou bien étudiante d’ailleurs vous pourriez contaminer d’autres de vos camarades)

  • Servais-Jean
    • Posté à 17h52 le 10/02/2009
    • Internaute 4591
      43

    « Avec ce fameux décret, les chercheurs qui ne publieront pas assez tous les ans, se verront “punis” en devant pratiquer plus d’heures de cours au détriment du temps consacré à la recherche. C’est ça qui fâche. »

    Encore un article basé sur la conclusion de celui qui l’écrit et qui se présente comme journaliste.
    C’est ça le journalisme ?

  • Marx_attracts
    Marx_attracts
    Intermittent de la recherche
    • Posté à 18h02 le 10/02/2009
    • Internaute 67086
      Intermittent de la recherche

    « (...) puisque pour une bonne partie d’entre eux, les enseignants grévistes sont favorables à l’autonomie. (...) »

    J’ai quelques doutes sur ce point. Est-ce que vous avez des chiffres, un sondage par exemple ?

    Mon sentiment est que la LRU, les enseignants-chercheurs ne s’y sont pas opposés, « pour voir ». Là, ils ont vu : suppressions de postes, qui vont créer un surplus d’heures d’enseignement réparties sur les EC restants selon des critères de recherche largement bibliométriques et arbitrés in fine par les présidents d’université.

    La situation est la même pour le CNRS, son découpage en instituts : ok pour voir (pas vraiment d’opposition a priori), mais le gouvernement a parlé petit à petit d’une transformation en agence de moyens, et là je ne suis pas sûr qu’une bonne partie des EC soient d’accord.

  • lauent
    lauent
    homme libre
    • Posté à 18h27 le 10/02/2009
    • Internaute 62262
      homme libre

    Pour mémoire :
    « identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
    identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
    repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
    décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
    anticiper les risques de contagion et de crise. »
    ...

    Le pouvoir est obsédé par le pouvoir : il en cherche partout, de Tarnac aux profs de facs...
    Et la vague de fond monte, monte.
    Que fera-t-il contre l’horizon réouvert ?
    Millions de frères laissant tomber leurs préjugés !
    Lien

  • jma14
    • Posté à 19h10 le 10/02/2009
    • Internaute 31729

    Décidément la gauche n’aime pas classer les gens selon leur compétence.

    Mais quel pays veut-on ? Une civilisation qui refuse de voir que dans la vie, il y a des premiers et des derniers.

    Tout le problème vient des mauvais résultats des chercheurs (en nombre de dépot de brevet par exemple) par rapport aux pays voisins. Surtout ne nous posons pas la question sur ce fait et continuons à discuter des acquis. Des chercheurs qui refusent l’évolution des choses ? C’est bien antinomique.

    Tout le monde sait que les meilleurs chercheurs partent à l’étrangers depuis des années parce qu’ils sont mieux payés.

    • Marx_attracts
      Marx_attracts répond à jma14
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 00h11 le 11/02/2009
      • Internaute 67086
        Intermittent de la recherche

      Tout le monde le sait, peut-être, en tout cas c’est faux, les salaires ne font pas partie des revendications. La plupart du temps les chercheurs vont chercher à l’étranger des moyens de travailler dans de bonnes conditions.

      Mauvais résultats ? Est-ce qu’il faut encore sortir les chiffres, pour la n-ième fois ?

      Ne pas se poser de questions ? On ne fait que ça. Les compte-rendus des états-généraux de la recherche sont disponibles sur internet.

      • jma14
        jma14 répond à Marx_attracts
        • Posté à 16h26 le 11/02/2009
        • Internaute 31729

        Ce n’est pas le salaire que je mettais en évidence, mais le fait que les meilleurs sont ailleurs.
        Effectivement les moyens de travail sont importants, ils sont d’ailleurs proportionnels avec le salaire.

        Oui, il faut les sortir. Vue le contexte en France, où tout le monde bidonne les chiffres (gouvernement, syndicat...), je préfère lire les deux versions pour me faire une idée objective. Et oui, on en est là !

        Avez-vous le lien internet ? Merci d’avance.

         
        • Marx_attracts
          Marx_attracts répond à jma14
          Intermittent de la recherche
          • Posté à 05h16 le 12/02/2009
          • Internaute 67086
            Intermittent de la recherche

          Vous trouverez ici les chiffres de l’OCDE commentés par le collectif « Sauvons La Recherche » :

          Lien

          Les interprétations n’engagent que l’auteur et SLR, mais les chiffres proviennent des publications de l’OCDE, qui n’a pas un intérêt flagrant à survendre la recherche française.

        1 autres commentaires
  • Mojique
    • Posté à 19h19 le 10/02/2009
    • Internaute 56020
      *

    Pecresse n’a pas lescompétances intellectuelles pour occuper son poste et c’est le cas de la plupart des guignols commerciaux de la bande à Sarko. Face à ses incapables, il faut défendre l’intelligence et donc le projet de loi de Pécresse aux ordres de Sarko l’imposteur va devenir très vite caduc. C’était assez facile.

  • Thierry Seguin
    Thierry Seguin
    Journaliste spécialisé
    • Posté à 00h47 le 11/02/2009
    • Journaliste 20610
      Journaliste spécialisé

    Le peu que j’ai vu de l’université, c’est qu’on s’y masturbe beaucoup l’intellect en vase clos. J’ai vu quelques soutenances de thèse de doctorat (de droit notamment) à Toulouse, c’était effarant. Des mentions distribuées pour des travaux certes colossaux, mais sur des thèmes éculés ou en déphasage complet avec le réel. Avec pleurnicheries des thésards (si si), solliloques de présidents qui n’avaient à l’évidence pas lu les thèses, retard du jury drappé d’hermine de plus d’une heure sans explicatons... Des filières entières partent en vrille car on est sur un modèle de répétitions de savoirs fondamentaux sans mise en perspective avec le réel. On retrouve ces diplomés à des postes importants. Dans la magistrature notamment : des gens surs d’eux, de leur savoir, de leurs relations. Ayant la certitude de faire partie d’un cénacle de gens qui en savent plus que nous.

  • meli
    meli
    rêveuse
    • Posté à 19h46 le 10/02/2009
    • Internaute 58071
      rêveuse

    un point qui n’est pas souligné concernant la loi sur l’autonomie des universités....
    désormais le budget de chacune des universités ne se fera plus sur la base d’un financement d’Etat, mais sur un mode contractuel.

    L’université devra s’auto-financer en :
    1) jouant sur son patrimoine : louer par exemple des salles de cour,

    2) faisant appel au mécénat d’entreprise, qui va privilégier certaines filières au détriment d’autres, qui va favoriser certaines universités au détriment d’autres,

    3) jouant sur des variables d’ajustement d’une année à l’autre en fonction des ressources de disponible : le personnel précaire et contractuel renouvelable ou pas, les droits de scolarité/d’inscription des étudiants, qui, à mon avis, vont augmenter pour compenser l’énorme perte du financement d’Etat.

    A terme, le mécénat d’entreprise et la politique locale de l’université vont entrainer une spécialisation encore plus poussée : des filières vont disparaitre des universités au profit de celles qui vont attirer plus facilement les financements.

    Adieu la philo, l’art, à tous ces domaines qui, d’habitude, encouragent la réflexion, la mise en place de corpus d’idées, etc. bref matériel dangereux pour les gouvernants, la pensée fait et à toujours fait peur...

    Ou alors ces filières rares ne seront accessibles que dans certaines universités au financement solide, aux droits de scolarité particulièrement élevés pour soutenir ces filières non rentables....

    Dans tous les cas, cette autonomie des universités va pousser à une précarisation encore plus poussée des « personnels » de l’université, et à une diminution des masses d’étudiants progressive sous l’effet de l’augmentation constante de ces droits d’inscription (la vanne avait été ouverte après 1968, n’est-ce-pas ? et bien là, ils sont en train de la refermer !),

    Voilà pour le point....

  • ADCR
    • Posté à 20h07 le 10/02/2009
    • Internaute 14797

    Cher Hugo Clément.

    Vu dites juste lorsque vous dite que les enseignants chercheurs ne s’étaient pas vraiment mobilisés en 2007 lorsque les étudiants s’étaient mis en tête de se battre contre la LRU (moi y compris, mais diantre, je n’étais plus étudiant, simple travailleur). A l’époque visiblement les profs n’avaient pas jugés utile de se pencher dessus, ils faisaient confiance aux médias qui faisaient confiance au gouvernement. A l’époque par contre les étudiants étaient, dans mon ancienne fac, tres au courant de ce qu’était la LRU et avaient alerté les profs, comme le personnel BIATOSS (dont on ne parle jamais, qui ne cherche même plus malheureusement a se faire connaitre). De rares profs s’étaient mobilisés, beaucoup de BIATOSS avaient compris ce que signifiait pour eux comme pour l’université cette loi. Il est certain qu’en 2007 le mouvement souffrait d’un manque d’organisation. En grande partie parce LES ORGANISATIONS n’étaient pas fortement mobilisé quand la principale même organisation étudiante approuvait la LRU (l’UNEF ! !). C’était un mouvement sans étiquette, donc avant tout difficilement assimilable par les médias. Mais les étudiants étaient fortement mobilisés, et ont tentés de s’inspirer des luttes du CPE (manifs sauvages, distance vis à vis des organisations, occupations des facs). Les médias n’ont pas suivis, les profs non plus.

    Aujourd’hui dans certaines facs (Censier par exemple) il y a une méfiance énorme vis à vis des profs. Les BIATOSS sont peu motivés a rejoindre le mouvement car ils s’estiment trahis par les profs. Les chargés de cours sont trop précarisés pour oser rejoindre le mouvement.

    Les étudiants eux se sont dans un premier temps également sentis trahis, se sont sentis doublés par des profs dont l’intéret a se mobiliser n’avait rien avoir avec l’idéal de l’université mais bien plus par corporatisme (j’en suis désolé, mais si certain profs ont tout de suite soutenu les étudiants, beaucoup prêchent pour leur chapelle et se conduisent exactement comme le cliché qu’ont pu construire les médias depuis 20 ans). Aujourd’hui les étudiants de censier paris III ont pris le parti non plus de suivre le mouvement protestataire des profs mais de le dépasser. Leurs revendications sont plus interessantes que celle des professeurs qui ont depuis quelques jours acceptés, après plusieurs AG, d’integrer certaines revendications étudiantes ou celles des rares BIATOSS en lutte.

    Et c’est là ou monsieur Hugo vous êtes dans l’erreur, les AG a Censier ne se gènent pas pour aborder les tensions des premières mobilisations de la LRU. Les étudiants de censier n’hésitent pas a souligner l’hypocrisie des professeurs.

    Les BIATOSS mobilisés ne se gènent pas non plus pour critiquer la façon dont les profs ont essayés ces dernières semaines de manipuler le personnel pour faire croire aux médias que toute la communauté universitaire était derriere eux. Car c’est faux. Les BIATOSS sont malheureusement peu mobilisés et cèdent de plus en plus au reflex corporatiste ce qui aide bien le gouvernement.

    Mais maintenant le mouvement est, à Paris III, bien engagé. Les tensions des premières AG ont en grande partie disparues. Si les BIATOSS ne sont pas bien nombreux, ils le sont de plus en plus. Si les étudiants soutiennent toujours les profs, ils sont bien décidés a les OBLIGER a suivre le mouvement même si Pecresse cède devant la mobilisation « universitaire contre LE décret ».

    La grande interrogation actuellement c’est l’attitude des profs a censier. vont ils continuer dans leur corporatisme au risque de radicaliser les étudiants, ou bien vont ils soutenir le mouvement avant tout étudiant et réussir ce qui n’avait pas été possible de faire en 2007. Retirer la loi LRU, comme ce fut le cas avec le CPE.
    De la motivation des profs viendra celle des BIATOSS. Et il me parait clair que se ne sont plus les profs qui tirent le mouvement, mais les étudiants...
    bientot les lycéens...
    et ils ont bien d’autre revendications que le retrait de la LRU.

    BIATOSS (tout le personnel administratif : Bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers, de service et de santé)

    • OliP
      OliP répond à ADCR
      gaulliste
      • Posté à 13h56 le 11/02/2009
      • Internaute 69640
        gaulliste

      D’après ce que j’ai pu en voir (en suivant l’affaire de loin) voilà comment j’ai compris les mouvements de l’hiver 2007/2008.
      Sarkozy a été élu en annonçant qu’il ferait une loi sur l’autonomie des Universités.
      À l’été 2007 immédiatemment après son élection, il lance le mouvement, en mettant les syndicats devant le fait accompli.
      La réaction de l’UNEF en juillet et septembre 2007 est la suivante : « Sarkozy avait annoncé cela avant son élection, il le fait donc il a la légitimité pour cela. D’ailleurs, comme on nous propose de négocier des rallonges budgétaires pour les Université à cette occasion, attrapons la perche qui nous est tendue est négocions. Certes, on n’apprécie pas d’être mis devant le fait accompli mais on n’est pas opposé à-priori à l’autonomie des Universités, tout dépend comment ce sera fait ».

      Là dessus, en octobre novembre 2007, des « collectifs d’étudiants », semble-t-il issus de la mouvance extrême-gauche anarchistes, lancent un mouvement à Rennes et Nanterre (c’est toujours les mêmes facs qui lancent les mouvements) pour le retrait de la loi sur l’autonomie des Universités. La grogne persiste plusieurs semaines, et là-dessus, surprise, l’UNEF, qui avait grosso-modo la position que je viens de décrire, découvre que l’autonomie des Universités est intolérable, et se met à mobiliser pour demander le retrait de la loi.
      C’est donc une parfaite illustration de la symbiose entre l’UNEF (filiale universitaire du si sage Parti socialiste) et la mouvance d’extrême-gauche qui fait figure de « base militante » pour l’UNEF.

  • NF2000
    NF2000
    -
    • Posté à 01h14 le 11/02/2009
    • Internaute 68870
      -

    Il y a des éléments justes dans votre analyse, notamment le point concernant le rapport à la LRU et aux « blessures » et rancoeurs liées au mouvement de l’année dernière.
    Cependant, pour affiner cette analyse, il serait aussi utile de prendre en compte plusieurs points :
    - le fait qu’une des revendications principales (voire premières pour certains UFR et universités) est le retrait du projet de « réforme » des modes de recrutrement des enseignants du primaire et du secondaire.
    (la fameuse réforme de « masterisation »).
    - le fait qu’un des autres décrets combattus est celui de la réforme du contrat doctoral qui concerne un certain nombre de ces étudiants (futurs thésards, futurs jeunes chercheurs).

    Certes, il y a une peut-être une part de calcul stratégique dans l’appel de certains enseignants-chercheurs à la mobilisation commune des étudiants quant à la question de leurs statuts.
    (et encore).
    Pourtant, quand les enseignants-chercheurs en appellent à la solidarité et/ou à la mobilisation des étudiants, comme à celle des enseignants du primaire et secondaire et des parents d’élèves, ce n’est pas pure stratégie : c’est parce qu’un des projets du ministère qui est combattu, la réforme des concours de recrutement des profs, concerne et les étudiants, et leurs familles, et les futurs enfants, et globalement l’ensemble de la société.

    Alors, oui, les enseignants-chercheurs défendent certains de leurs acquis. Mais, même si cela semble absolument inadmissible pour un certain nombre de personnes, ce n’est pas uniquement du corporatisme : c’est, comme d’autres luttes sur le travail dans d’autres domaines d’activités, une défense commune pour des conditions de travail futures bonnes/le moins pires possibles.
    (Et qu’on ne ressorte pas l’argument à la Barbier : « oui mais les ouvriers eux ils ont vraiment des conditions de travail dures et des bas salaires, alors pourquoi ils se plaignent les nantis de l’enseignement ». Si on veut jouer à ça, on peut retorquer aussi simplistement : « oui mais les chefs d’entreprises ils défendent bien leurs acquis, leurs conditions de travail eux aussi et ils gagnent beaucoup plus que les enseignants du supérieur », « oui mais les banquiers etc etc... »)

    Mais AUSSI, les enseignants-chercheurs défendent plus largement quelque chose qui, si on se met à penser la société de manière divisée, si on pense seulement à son propre intérêt, ne devrait Normalement pas les concerner : l’enseignement des écoles primaires, des collèges, des lycées.
    On leur demande (avec des méthodes à la limite de la provocation par ailleurs) de prendre la responsabilité de former vite, mal, les futurs professeurs des écoles et enseignants des collèges et lycées. On leur demande de jouer le jeu de la formation de gentils étudiants en « métiers de l’enseignement » qui n’auront jamais tous les concours mais qui pourront venir remplir les heures supplémentaires de cours dans les collèges et lycées en ne coûtant pas cher à l’Etat.
    On leur demande de brader la formation des futurs enseignants, d’en brader le contenu théorique comme pratique. On leur demande de participer de la mise en pièce du service public d’enseignement assuré, AH malheur par des fonctionnaires honnis. On leur demande de mettre en place tous les éléments pour foutre en l’air l’enseignement public dès le primaire.

    C’est aussi cela qu’ils refusent.
    Et c’est AUSSI cela que les étudiants, qui sont loin d’être les sauvages et écervelés que l’on présente hâtivement partout, refusent et contre lequel ils se mobilisent eux aussi.

    • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
      • Posté à 06h49 le 11/02/2009
      • Internaute 69200

      Dites-nous la vérité au lieu de venir nous raconter des salades. Jusqu’à maintenant les enseignants-chercheurs étaient évalués pour leur activité de chercheurs mais pas pour leur activité de prof. La réforme veut introduire une évaluation « pédagogique » et ces messieurs-dames la refusent. On ose vouloir les évaluer ? Quel scandale ? Moi, ce que je trouve scandaleux, c’est qu’on accepte de payer à vie des fonctionnaires chercheurs dont tout le monde sait qu’ils ne trouveront jamais rien. Un chercheur a évalué ces mauvais chercheurs à 20% du total. Ce qui est scandaleux, c’est que 20% des postes de chercheurs soient ainsi stérilisés et que des doctorants chercheurs capables attendent au portillon que des postes se libèrent !

      • NF2000
        • Posté à 11h34 le 11/02/2009
        • Internaute 68870
          -

        Effectivement jusque là les enseignants-chercheurs n’étaient pas évalués pour leur enseignement.
        Je ne pense pas que la majorité des universitaires en grève en ce moment refusent d’être évalués pour cela.
        Dans leurs propos et revendications sur l’évaluation : souvent ils s’attaquent d’abord aux mensonges du chef de l’état lui-même (le fameux : « les chercheurs ne sont jamais évalués ». Alors que, c’est répété sans cesse : ils sont en permanence évalués pour leur recherche). Ensuite ils s’attaquent aux modes d’évaluation.
        A ce propos, sur l’évaluation de l’enseignement, le problème c’est aussi que dans le projet de décret, il n’y a aucun élément bien Précis sur les critères, les acteurs, les modalités de cette évaluation.
        S’il y en avait, on pourrait en discuter calmement et raisonnablement.

        Quant aux mauvais chercheurs : 1/ j’aimerais que vous m’expliquiez comment vous savez que « tout le monde sait qu’ils ne trouveront jamais rien ». Ce raisonnement pas l’évidence et en assénant des phrases chocs ne fait pas avancé le débat. Vous en êtes ici quasiment au niveau rhétorique de notre chef de l’état.
        2/ sur l’intégration réelle des doctorants chercheurs capables qui attendent des postes, je suis d’accord avec vous pour pointer ce gros gros problème.
        Il met cependant en jeu d’autres facteurs que uniquement le statut fonctionnaire/pas fonctionnaire des enseignants-chercheurs. En allant vite parmi ces facteurs : nombre de postes ouverts chaque année (moins y en a moins on donne aux jeunes chercheurs la possibilité de travailler dans de bonnes conditions) ; du même tonneau, actuellement, il ya comme dans d’autres secteurs la logique du non-remplacement des chercheurs retraités (on fait exactement déjà ce que vous attaquez).
        J’ai l’impression que vous détestez le statut des fonctionnaires, donc je ne vais pas m’amuser à arugmenter sur ce sujet. Je vous dirais juste pour compléter que les projets actuels de réforme ne vont clairement pas aller du tout du tout dans le sens d’une meilleure intégration des jeunes chercheurs, d’un meilleur salaire, de meilleurs conditions de travail. Que ce soit le nouveau contrat doctoral, l’absence de moyens de l’université (qu’elle soit encore publique ou semi-autonome n’y change rien), les relations hiérarchiques et de copinage qui vont se maintenir voire se renforcer, la précarisation des jeunes chercheurs ne va cesser de se renforcer.

      • Cirdec
        Cirdec répond à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
        Cadre qui commence à comprendre (...)
        • Posté à 14h17 le 11/02/2009
        • Internaute 8798
          Cadre qui commence à comprendre (...)

        « La réforme veut introduire une évaluation “ pédagogique ” »

        Ha bon ? Ou cela est-i ldit ? D’après ce que j’en ai compris, c’est tout le contraire, un chercheur qui ne publie pas assez se verra attribuer plus d’heures de cours. Où est l’évaluation pédagogique ?

      • egide
        • Posté à 19h15 le 11/02/2009
        • Internaute 45067
          Littéral

        Finalement, les experts de l’OCDE sont, au choix, ou des crétins ou des trotskistes infiltrés.

        Parce qu’en ce qui concerne la recherche française, ils la classent à son rang de puissance économique, 6ème.
        Par contre en terme de financements publics, la France pointent à la 18 ème place. Consulaire , que dis-je impérial !

        Depuis 2002, mais c’est un hasard, une simple coïncidence, les budgets consacrés à la recherche stagnent, voire diminuent.

        Vive la gestion comptable, vive le marketing !
        Et le traité de Lisbonne, le gouvernement, il l’a jeté à la poubelle ?

  • grouchomarx
    grouchomarx
    enseignant-chercheur
    • Posté à 15h20 le 11/02/2009
    • Expert 22312
      enseignant-chercheur

    « Tout le monde s’accorde pour le dire, c’est la première fois que la grogne est aussi forte chez les enseignants-chercheurs. »
    S’il s’agissait d’un mouvement des journalistes, l’auteur de cet article utiliserait-il le terme de « grogne » dès la première phrase ?
    Les enseignants-chercheurs, comme tous les acteurs d’un mouvement social quel qu’il soit, ne grognent pas. Ils protestent, réprouvent, contestent, résistent. Que ce soit dit une fois pour toute.

    • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
      • Posté à 15h37 le 11/02/2009
      • Internaute 69200

      En période de crise, la France ne peut pas se permettre d’entretenir des « danseuses », comme la pléthore de sociologues-chercheurs !

      • egide
        • Posté à 19h34 le 11/02/2009
        • Internaute 45067
          Littéral

        Bourdieu de Bourdieu !
        Vous n’avez pas pu dépasser la page 2.
        Mal à la tête ?

        Vous savez apprendre, c’est souvent souffrir.
        Et ce qu’on ne comprend pas, c’est pas
        forcément de l’aporie.

        Sans sociologie, pas d’organisation, pas de système,
        pas d’échanges, pas de commerce.

        Des danseuses, j’imagine Durkheim en tutu !

        Quand on vous lit, c’est à un voyage dans le passé qu’on
        est convié. Un autre siècle, l’antépénultième.
        On dirait du Flaubert.
        Quand Bouvart s’entretient avec Pécuchet, ou l’inverse.

        C’est du même tonneau que la réforme universitaire :
        Des clichés consternants, des préjugés ineptes, des slogans aberrants, une doxa où l’incompétence le dispute à la pitrerie politique.

        Les universitaires d’Amérique du Nord et de l’U.E. assistent effarés au suicide d’une institution millénaire.

    • Chansommairus
      Chansommairus répond à grouchomarx
      bipède
      • Posté à 11h17 le 13/02/2009
      • Internaute 63541
        bipède

      Puisque vous êtes enseignant, vous allez pouvoir m’expliquer quel avantage il y a à maintenir une pareille confusion !
      S’agit-il d’un mouvement social qui agit dans le cadre de la « revendication professionnelle » pour les conditions de travailles, les salaires, les échelons, etc.

      S’agit-il d’un mouvement de protestation contre une réforme qui, techniquement, par son contenue, va à l’encontre des buts visés, i.e, une meilleurs efficacité de l’enseignement et de la recherche par une meilleurs distribution des tâches, une meilleurs évaluation des besoins.

      Je lis, dans cet espace de discussion beaucoup d’informations contradictoires, des propos souvent souvent agressif et des allusions selon lesquelles à l’université, le copinage biaiserait les conditions d’évaluation, donc les résultats.

      Serait-il donc impossible d’obtenir de la part de l’élite intellectuelle de la nation un compte rendu plus mesuré ?

      N.B. Oui, je me rends compte qu’il y a un lien entre les 2 aspects cités, mais à vouloir les traiter en même temps n’est-ce pas vous condamner à l’échec ?

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