La bonne nouvelle de notre époque, c'est que rare sont ceux qui s'affichent ouvertement antisémites. La mauvaise nouvelle, c'est l'obsession à les chercher partout. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas, hélas, mais quand ça tourne à l'obsession, ça devient, comment dirais-je, nauséabond.
Il y a évidemment de bonnes raisons de rester vigilants face à toute résurgence de l'antisémitisme. Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver, sur quelque site obscur, la liste des « juifs qui contrôlent les médias », ou des avatars modernes des brûlots antisémites du XIXe siècle.
Sans oublier les dernières outrances de Dieudonné, dont Michel Wieviorka faisait justement observer ici-même qu'elles marquaient plutôt le déclin et la marginalisation de ce courant.
Ce n'est pas tant cette frange marginale qui attire l'attention, mais les incessants débats au sein de l'« élite », qui tournent autour du soupçon d'antisémitisme. Le mot est partout, il empoisonne l'atmosphère, au point qu'on finisse par ne plus faire de différence entre un évêque négationniste qui déclare ouvertement que les chambres à gaz nazies n'ont pas existé, et un journaliste auquel on attribue des arrières-pensées sur la base d'un mot connoté.
Stéphane Guillon, sioniste le matin et antisémite l'après-midi…
Le malaise est plus grand encore quand plus personne ne sait plus comment aborder la question : on en a eu un bel exemple ces derniers jours, avec l'humoriste de France inter Stéphane Guillon qui avait violemment sonné la charge contre Bernard Kouchner la semaine dernière, et qui se sent obligé de se justifier dans une deuxième chronique, aussi drôle il est vrai, sur le fait qu'il serait une semaine antisémite, et une semaine sioniste !
Peut-on rire du sujet ? Oui, on l'espère. (Voir la vidéo)
L'autre exemple est venu de Daniel Schneidermann, l'animateur du site Arrêt sur images, qui a invité Pierre Péan à s'expliquer après la polémique qui entoure la sortie de son livre « Le Monde selon K » (Fayard).
L'émission a mal tourné, et Pierre Péan a quitté le plateau furieux, devant l'insistance de l'interviewer à le « cuisiner » sur ce mot de « cosmopolitisme » qui lui est reproché, et qu'il venait pourtant de regretter en niant tout antisémitisme. (Voir la vidéo)
Revenant sur cet incident sur son site, qui lui a valu un important courrier de ses « asinautes », Daniel Schneidermann reconnaît qu'il a fauté :
« Vous êtes nombreux à me demander de demander des excuses.
J'en demande volontiers à nos abonnés pour cette fin d'émission que je n'ai pas sû gérer, et pour les dernières réponses dont je les ai privés. Comme le remarquent nombre d'entre vous, dans l'histoire, finalement, on a oublié Kouchner, et c'est le principal effet pervers du crash. (…)
Quant à Pierre Péan, journaliste dont je respecte le parcours, je souhaite seulement lui dire, s'il repasse par ici, que je le crois parfaitement sincère, quand il assure ne pas être antisémite. Je souhaite lui dire aussi ceci : il n'y a pas de questions interdites, Pierre, et je sais que tu le comprends. Il n'y a pas d'insistances malpolies.
C'est notre boulot, de faire la lumière, toute la lumière. Encore faut-il le faire habilement, et professionnellement. Et tu dois bien avoir quelques longueurs d'avance sur moi, puisque toi, tu as réussi à garder Mitterrand jusqu'au bout, et à le poser impeccablement dans l'Hudson. Petit Scarabée a encore à apprendre. »
Certains font de l'antisémitisme l'alpha et l'oméga de la vie intellectuelle
Ces incidents sont révélateurs de l'électricité dans l'air. Et de fait, Bernard Kouchner a réussi à faire porter le soupçon sur son accusateur, au point que le quotidien Le Monde reprenne en titre de son article le même mot -« nauséabond“- employé par le ministre pour sa défense.
La polémique avait fait rage, déjà, l'an dernier, lors de l'affaire Siné/Charlie Hebdo, avec l'accusation d'antisémitisme portée contre le dessinateur. La justice tranchera dans quelques jours sur une plainte déposée par la Licra conre Siné. Fallait-il en arriver là ?
L'affaire avait fait des vagues autour de la question de l'antisémitisme : où commence-t-il ? On a ainsi pu voir Bernard Henri-Lévy accuser le philosophe Alain Badiou (‘De quoi Sarkozy est-il le nom ? ’) d'antisémitisme, pour un livre dans lequel le mot juif n'était pas mentionné.
Revenant sur la tempête de l'an dernier, Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, avait théorisé dans un livre (‘Reviens Voltaire, ils sont devenus fous’, Grasset, 2008) écrit sous le coup de l'émotion sur l'existence de ‘deux gauches’ opposées :
‘L'une ne transigera jamais avec l'antisémitisme, l'autre, compte-tenu de sa géopolitique, prétend que ce n'est pas un problème essentiel.’
Mais à faire de l'antisémitisme l'alpha et l'omega de la vie politique ou intellectuelle, on en vient à une vision manichéenne du monde, qui obscurcit à la fois ce qui se passe au sein de la société française, et brouille toutes les grilles d'analyse des événements qui se déroulent au Proche-Orient.
‘Il y a en France une rumeur anti-Morin’
Le manichéisme, c'est ce que dénonce le philosophe Edgar Morin, qui revient dans son livre d'entretiens avec Djémane Kareh Tager (Fayard, 2008), sur les accusations d'antisémitisme dont il a été victime (tout en étant lui-même d'origine juive) à la suite d'un article sur le conflit du Proche-Orient publié dans Le Monde :
‘C'est une accusation dont j'ai été acquitté et lavé. Quand les esprits sont échauffés, quand ils sont dominés par une psychologie, je dirais mieux : une hystérie de guerre, alors ils voient de la trahison dans toute dissension.
Ecoutez moi bien. L'hystérie de guerre produit le manichéisme, c'est-à-dire d'une part la justification permanente de son camp, d'autre part la chasse au bouc émissaire et la haine de l'ennemi. Or je n'ai jamais cédé et ne cèderai jamais à la haine immonde de l'autre. Mais je la subis.
Il y a en France une rumeur anti-Morin, propagée de bouche à oreille, y compris dans les milieux intellectuels raffinés, lesquels sont parfois capables du pire sectarisme, qui prétend que je veux la destruction d'Israël et que je suis antisémite, ce qui me vaut mépris, insultes et menaces.’
A force de voir des antisémites partout, on risque de ne plus voir les vrais. Pas plus que les autres formes de racisme qui pèsent sur toutes les autres victimes de discriminations et d'ostracisme, dont les juifs sont loin, hélas, d'avoir le monopole.
Peut-on débattre sereinement de cette question sans se faire taxer … d'antisémitisme ?
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De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 11H24 | 10/02/2009 |
Bravo Pierre pour cet article courageux.
Tout y est dit, et semble tellement évident.
C'est vrai, ces derniers temps l'atmosphère est plutôt épaisse, et cette épaisseur profite à ceux qui peuvent épancher leur trop-plein de haine en bonne conscience.
Ainsi, ceux qui ont fustigé un antisémitisme palpable dans les médias et l'opinion ont confortés dans leur position ceux qui se sentent constamment accusés d'être des antisémites institutionnels, et qui, disent-ils, ne s'y reconnaissent pas, et donc, qui réagissent à leur tour, avec surenchère, bien sûr, et ainsi de suite, en abîme…
A trop stigmatiser, on devient caricatural et contre-productif.
Il ne faut pas négliger les arrières-pensées jamais gratuites : en 1967, l'antisémitisme avait (presque) disparu, du moins le pensait-on, et sous l'effet de la guerre des 6 jours, les camps se sont formés (ou reformés), à droite, comme à gauche :
- Les adversaires de l'indépendance toute fraiche d'Algérie apportaient leur soutien à Israel, qui fournissait une revanche à bon compte à ces courageux nostalgiques. ( …c'est bon, « ils » vont « casser » de l'Arabe » ! )
- Les antisionnistes de circonstance, apportaient leur soutien au front arabe, et pouvaient laisser libre cour à un antisémitisme « de bon aloi » qui ne demandait qu'à s'exprimer..( …c'est bon, « ils » vont « casser » du Juif ! »
- Il y a eu - aussi - des prises de position plus nuancées et pourtant courageuses, et il faudrait parler de celles-là !
De Ryuu
Informaticien parisien | 11H27 | 10/02/2009 |
« Plus un débat sur le net dure longtemps, plus la probabilité d'évoquer le nazisme ou Hitler tend vers un », dit la loi de Godwin (d'ou le point Godwin)
Doit-on re-écrire cette loi pour inclure l'antisémitisme dedans ?
De tlaloc
Retraité | 11H45 | 10/02/2009 |
D'accord avec Morin le dialogue n'est plus possible si le fait d'être en desaccord avec quelqu'un on est traité d'antisémite.
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 12H00 | 10/02/2009 |
Voilà un débat difficile que Pierre Haski aborde, avec beaucoup d'à-propos. Comme certains en ont fait la remarque, le reproche d'antisémitisme devient de plus en plus une sorte de « point Godwin », ou de « moyen de faire taire », selon le point de vue que l'on adopte.
Le plus troublant dans tout ceci, est que l'abus d'accusations d'antisémitisme revient à banaliser le reproche et joue, in fine, contre ceux qui sont la cible de véritables attaques antisémites. Personne n'y gagne, finalement : à force de trop crier au feu sans raison, les pompiers ne se dérangent plus quand un véritable incendie se déclare…
De STEFFEN Louis
ancien enseignant réformateur | 12H06 | 10/02/2009 |
Pour ce que j'en sais, la chasse aux présumés antisémites n'a pas encore fait autant de victimes que l'antisémitisme lui-même. Il ya donc quelque malignité à les mettre en parallèle. Il est vrai que l'atmosphère actuelle est nauséabonde parce que l'intolérance semble admise dès lors qu'on se réclame de la gauche de la gauche. Notre petit héros national, Olivier B., le chouchou des médias branchés, en est l'illustration la plus éclatante avec ses invectives sans cesse réitérées contre tout ce qui ne pense pas comme ses maîtres en trotskisme. Tout réformiste est invariablemnt taxé de « droitiste » quand ce n'est pas de social-traitre. Hors du marxisme-léninisme il n'y a pas de salut. Comment s'étonner que fourmillent les mini-inquisiteurs de la ?
De chengyang
12H09 | 10/02/2009 |
Vraiment surréalistes ces débats intellectuels à la française …
Un monde qui coule, un crack de l'ampleur de celui de 29 qui se profile à l'horizon, le fric et la corruption qui gangrènent tout, le pouvoir de la finance, un monde qui redevient dangeureux.
Et pendant ce temps, on danse la valse sur le pont du Titanic ; on se chamaille pour l'emploi de mots connotés, on insinue, on s'accuse à demi-mot …
… et pendant ce temps, les ennemis de l'humanité, que ce soient les nostalgiques du nazisme et les véritables antisémites (certains à 2 pas de chez nous, comme en Tchéquie) ou les tenants du nouvel apartheid en Israël, se tapent sur les cuisses et peuvent mettre en oeuvre leurs politiques criminelles sans être inquiétés.
Please, wake up !
De Martin32
Entrepreneur. | 13H14 | 10/02/2009 |
On connait bien les vrais antisémites…
Je lis Haski …
« La bonne nouvelle de notre époque, c'est que rare sont ceux qui s'affichent ouvertement antisémites. La mauvaise nouvelle, c'est l'obsession à les chercher partout.. »
je me marre….
Il suffit de penser à tous ceux qui sont contre l'Etat d'Israël et ont manifesté pour la Hamas dans les belles rues de France…
« Un certain nombre de journalistes se sont abaissés à reprendre l'argumentaire honteux de Bernard Kouchner insinuant que le livre de Pierre Péan est limite, voire antisémite… »
« Qu'il continuent, ces idiots inutiles, gonflés de leurs ego de résistants de la 25° heure, à prétendre qu'évoquer la
fortune d'une personnalité est antisémite ; qu'ils persistent à défendre les juifs de cette façon et alors là, oui, ils rendront un fier service à tous ceux qui veulent montrer que les juifs sont des intouchables …. »
« Qu'ils dispensent Bernard Kouchner de vraiment répondre aux
critiques émises à son endroit au prétexte qu'elles viennent d'un goy et concernent un juif, alors oui, ils auront suscité, stimulé, provoqué le risque de rmontée d'un antisémitisme d'un type nouveau, d'un antisémitisme post-Shoah. “
De grâce, tous les biens pensants du politiquement correct et autres hypocrites.., oubliez les juifs…
Ils se passent bien de vos services, vous qui êtes prêts à servir la soupe des islamistes du Hamas en critiquant Tsahal et on l'a bien vu lors de l'action héroïque et de légitime défense de Tsahal dernièrement…
Il faut dénoncer cette arme de terrorisme intellectuel qu'est devenue l'accusation fallacieuse d'antisémitisme
Les antisémites, pas besoin d'aller les chercher bien loin, ils manifestent pour la Hamas dans les belles rues de France en criant Allah Akbar…..
sur ce..
cqfd
De Franade
Internaute | 14H53 | 10/02/2009 |
Il y a un grossier amalgame dans votre article, Pierre Haski : la présentation de la faute de Daniel Schneidermann. Elle ne porte nullement dans le fait de demander une explication à Pierre Péan sur l'emploi du mot « cosmopolitisme » dans son bouquin ou, n'ayons pas peur des mots, de le soupçonner a priori et quasi ouvertement d'antisémitisme mais bien dans son insistance à ne pas se satisfaire des réponses pourtant claires de Pierre Péan.
Pour moi, votre article démontre le contraire de ce qu'il cherchait à prouver, il démontre qu'il faut à tous prix ne rien laisser passer en matière d'antisémitisme, éclaircir les choses au plus vite dès que le doute s'installe pour ne pas laisser des journalistes ou des écrivains banaliser des mots, des attitudes que nous savons nauséabonds.
Je peux facilement pardonner l'attitude quasi infantile de Schneidermann (ce n'est d'ailleurs pas à ses « asinautes » qu'il devrait demander des excuses mais à Pierre Péan pour ce refus d'écoute qu'il lui a fait subir). J'aurais du mal, par contre, à pardonner à un journaliste de ne pas chercher TOUTE la vérité sur les motivations d'un écrivain à employer de tels termes connotés.
A bon entendeur…
De On the road
ici et ailleurs | 18H05 | 10/02/2009 |
Merci de cet article. Il y a en effet une forme de tyrannie intellectuelle insupportable.
Il y a une pensée critique qui dérange une certaine gauche, qui déstabilisée, lance l'anathème dévastateur de l'antisémitisme. Une riposte intellectuelle s'impose (La Découverte à publié il y a qq années un excellent ouvrage sur le sujet, sous la direction de Denis Sieffert).
Le seul mérite qu'on peut reconnaître à Philippe Val (qui mettrait Schneiderman dans le même panier que Péan ! ) dans ce débat c'est d'avoir tenté d'objectiver un peu la querelle. Oui il y a deux traditions de gauche, mais évidemment pas (comme il le prétend) l'une imperméable à l'antisémitisme, et l'autre prête à toutes les complaisances avec lui.
Primo, il est désastreux de dire qu'elle sont irréconciliables. C'est un contre-sens historique, et surtout c'est ériger un aspect d'une divergence, en une différence essentielle applicable à tous les plans. L'avenir de la gauche se joue sur la sérénité qu'on saura mettre dans ce débat.
Secundo, s'il y a des traditions différentes, je vois plutôt (s'il faut schématiser) celle qui provient de la défense de la république contre le cléricalisme, l'antisémitisme, et une autre qui a porté son attention sur la question sociale et la violence coloniale. Donnée structurante ancienne de la gauche française, puisque la question politique en France, a été résolue avant la question sociale.
Du coup les perceptions des faits sont très différentes.
La question israélo-palestienne (qui divise la gauche depuis longtemps, depuis 1967 en particulier) cristallise ce débat.
Quand certains y voient une résurgence d'une forme de coercition coloniale (inégalité structurelle et répression), d'autres y relisent la défense du modèle démocratique contre la barbarie antisémite (voir le commentaire de Martin32). Un des points communs aux tenants de cette seconde lecture, est en général qu'ils ont passé peu de temps dans les territoires occupés.
Bref. Oui il finir avec la chasse aux sorcières. Mais pour la contre-argumentation, il faut être fin (peut-être plus que Péan qui a néanmoins mis le doigt sur un vrai sujet, la vision du monde de Kouchner) et éviter les outrances (façon Dieudonné) qui fournissent des armes faciles aux lanceurs d'anathème.
Enfin, il faut noter que ce débat est une spécificité française.
De moteks
observateur | 00H54 | 11/02/2009 |
cher pierre asky, je lis avec interet que l'antisemitisme n'existe pas ou tres peu en france.
alors cher monsieur, ne vous en déplaise, mais vous avancez des propos que je ne peux que contredire.
pour etre marié avec une juive israelienne (pardon seigneur), je peux vous dire qu'entre les blagues vaseuses que mes vieux potes me font parfois, la violence raciste et antisemite de ma famille et les repas qui se terminent systematiquement sur « le lobby juif qui domine le monde, etc etc » quelquesoit le milieu dans lequel on trâine, (et plus si alcool) je peux vous dire, que oui, à ma grande surprise, l'antisémitisme est bel est bien profonndemment ancré dans la société française, not. à gauche, ce qui me surprend et me désole etant moi meme militant. Pas une conversation de politique internationale ne glissant pas par miracle apres quelques minutes sur le lobby, le fric des juifs, etc etc…et mon epouse est systematiquement obligée de commencer chaque conversation par « j'ai honnnnnnte de controler le mooonde », un comble pour une militante refuznik pro palestinienne dans son pays qui est assez attérée de voir le délire franco francais sur la question, délire auquel vous participez grandement monsieur, autant que le crif de l'autre coté.
le racisme antijuif est l'antisemitisme c'est tres different et feindre de le reconnaitre est de la malhonneteté intellectuelle. le premier est un racisme, haine raciale qui touche malheureusement autant les bretons que les indiens d'amerique. le second est un délire politique qui tend à prouver que derriere tout probleme national ou international se trouvent des juifs. ce concept est tres particulier…et tres tres en vogue aujourdhui (en tous les cas autour de moi donc à gauche). je trouve donc que l'antisemitisme est bel et bien vivace aujourdhui, cher monsieur, ne vous en deplaise.
ceci dit, vos deux dernieres phrases etant uniquement là afin de continuer à attiser la haine entre les gens, je ne pense pas que les juifs aient et ne cherchent un quelconque monopole sur la question du racisme. mais l'antisemitisme est un truc particulier qui les concerne bien je pense…un privilege monsieur !
si vous n'etes pas antisemites, permettez moi de croire que vous n'etes pas particulierement judeophile vue vos articles dernierement…en meme temps, si rue89 veut se mettre au niveau des ogres.info, c'est bien parti avec ce genre de debats…
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 05H45 | 11/02/2009 |
Sujet casse gueule par excellence, mais mise au point salutaire.
Les marchands de haine ne se sont jamais aussi bien porte, mais ces jours-ci, les pires ennemis des Juifs sont Juifs (ex les faucons qui ont eu la peau de Rabin et ont parfaitement orchestre le retour de l'extreme droite ces derniers mois), les pires ennemis des Chretiens sont Chretiens (ex le Pape fondamentaliste qui rehabilite les partisans des guerres de religions), et les pires ennemis des Musulmans sont Musulmans (ex les Islamistes qui suppriment en priorite les Musulmans moderes)
http://e-blogules.blogspot.com/2007/08/universal-declaration-of-independ…
De Emma T
TBBT addict. | 08H38 | 11/02/2009 |
Daniel Schneidermann demande en somme à Pierre Péan s'il a employé le mot « cosmopolitisme » en conscience ou en inconscience.
Pierre Péan répond que « s'il avait pensé aux conséquences », il n'aurait pas utilisé ce mot. Mais il ne répond pas à la question « Pourquoi avez-vous employé ce mot en sachant (il suppose acquis que Pierre Péan sait) que c'est une mot très connoté ? » D'où l'insistance de D.S.
Je pense que c'est là que Daniel Schneidermann se trompe : Pierre Péan utilise dans son livre l'expression « cosmopolitisme anglo-saxon ». Il est très possible qu'il ait voulu décrire la fluidité anglo-saxonne. Et que pris dans son sujet il ait « oublié » une autre utilisation dévoyée du mot cosmopolite.
Ce qui est sûr, c'est que Daniel Schneidermann aurait mieux fait de demander à Pierre Péan ce qu'il avait voulu dire exactement par là avant de lui demander pourquoi il l'avait dit comme ça.
Parce que c'est tout de même là le plus important.
De Pierre Haski (auteur)
Rue89 | 00H38 | 12/02/2009 |
Je n'ai pas dit que l'antisémitisme n'existait pas en France, bien au contraire. Mais celui dont nous parlons ici, ce n'est pas celui de la rue, de la blague entre potes aux dépens des juifs, ou pire, du gang des barbares - vous vous souvenez il y a deux ans ? … C'est de celui des « élites », c'est celui-là qui fait la chronique de l'affaire Val/Siné à l'affaire Kouchner/Péan en passant par BHL/Badiou et autres querelles des dernières années. Mon sentiment, et je le dis en tant que Français juif moi-même, c'est que cette obsession de l'antisémitisme est contreproductive et rend aveugle à la souffrance des autres, voire alimente cet antisémitisme ordinaire que vous dénoncez à juste titre. Elle empêche même de traiter à sa juste mesure l'antisémitisme ordinaire, qui doit être traité de pair avec les autres racismes ordinaires dans la société française, et ils sont légion.