Tribune 06/02/2009 à 10h31

A ceux qui ne comprennent pas la grève des universitaires

Vincent Jouve | Professeur de Littérature



Manif des enseignants chercheurs à Marseille le 5 février 2009 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).


La grève des universitaires qui s'intensifie de jour en jour n'est pas toujours bien comprise. Comme on pouvait s'y attendre, le gouvernement exploite au maximum la méconnaissance que l'opinion a du dossier, pour faire assaut de démagogie : il désigne à la vindicte d'une population confrontée à des problèmes bien réels un nouveau bouc émissaire, le professeur d'université, présenté comme un privilégié profitant honteusement de l'argent public. Que cette communication grossière soit relayée telle quelle par certains journalistes suscite étonnement et indignation.

Parmi les trois raisons qui motivent le mouvement de protestation des universitaires (toutes légitimes), je me concentrerai sur le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs et sur trois contrevérités auxquelles il convient de tordre le cou.


Première contrevérité : les enseignants-chercheurs ne veulent pas être évalués

Les enseignants-chercheurs, entend-on, « ne veulent pas être évalués ». Si tel était le cas, leurs protestations seraient en effet scandaleuses et indéfendables. Mais ce n'est pas le cas.

Ce que rejettent les universitaires, ce n'est pas le fait d'être évalués, c'est la façon dont le nouveau décret envisage de le faire. Le bon sens le plus élémentaire consiste en effet à penser qu'un mathématicien doit être évalué par des mathématiciens, un historien par des historiens, un linguiste par des linguistes. Or, dans le décret qu'on nous prépare, cette évaluation disciplinaire est officiellement préservée tout en étant réduite à néant dans les faits.

Je m'explique : la recherche d'un universitaire sera évaluée tous les quatre ans par ses pairs à travers une instance nationale indépendante (le CNU) ; mais le président de l'université où officie l'enseignant ne sera pas tenu de suivre l'avis du CNU. Chaque président décidera, seul, de favoriser ou non la recherche d'un enseignant en fonction de critères locaux, voire dans le pire des cas -hélas ! rien n'interdit de l'imaginer- de critères entièrement personnels (volonté de punir un enseignant indocile ou politiquement incorrect). Qui ne perçoit pas l'absurdité et le côté pernicieux d'un tel système ?


Deuxième contrevérité : les universitaires veulent en faire le moins possible

Ils s'opposeraient à un décret les obligeant enfin à travailler autant que le reste de la population. Je ne m'attarderai pas sur la vacuité de ce cliché fondé sur l'idée que le temps de travail d'un universitaire se réduit au nombre d'heures qu'il passe devant ses étudiants. Il faut savoir que chacune de ces heures demande souvent des journées, voire, dans certaines disciplines, des semaines entières de travail et que le temps passé à domicile (ou, plus exactement, en bibliothèque ou en laboratoire) est consacré à une recherche qui, pour la plupart d'entre nous, ne s'arrête jamais (tant il est difficile d'interrompre un travail en cours ou le fil d'une réflexion souvent très complexe).

Ajoutons que le temps consacré à la vie personnelle n'a cessé de se raréfier ces dernières années avec l'augmentation insupportable des charges administratives de tous ordres : suivi de stages, commissions, refonte des maquettes d'enseignement, gestion des locaux et du matériel, contacts internationaux, etc. Dans les faits, un universitaire (même lorsqu'il cherche peu) travaille bien plus de quarante heures par semaine.

Or, le projet de décret prévoit d'aggraver cette situation : il laisse au président d'université la possibilité de moduler comme il l'entend la charge d'enseignement de chaque enseignant. Que chacun imagine le cauchemar suivant : il arrive un lundi matin à son bureau ; son patron lui explique que, désormais, un nouveau décret -qui ne s'applique qu'à son secteur d'activités- l'autorise à faire travailler ses employés au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine : il peut, en fonction des besoins de son entreprise, aller jusqu'à la doubler (les heures supplémentaires n'étant évidemment pas rémunérées). Quel individu ayant encore une once de dignité pourrait accepter une telle disposition revenant à le transformer en travailleur corvéable à merci, entièrement soumis aux desiderata de son employeur tout-puissant ?


Troisième contrevérité : la recherche française est calamiteuse.

Cette affirmation est entièrement fausse et quiconque prend la peine de se reporter aux chiffres officiels peut le constater par lui-même (la France est au sixième rang mondial selon le classement de Shanghai, ce qui est très honorable vu qu'elle n'est qu'au dix-huitième rang pour ce qui est de l'investissement dans la recherche académique). L'argument selon lequel le nouveau décret, en encadrant, organisant et contrôlant la recherche, la rendra plus efficace et permettra à nos universités de remonter à un rang décent perd beaucoup de sa force.

On peut d'ailleurs légitimement se demander si ce n'est pas exactement le contraire qui va se produire. Les grandes découvertes scientifiques furent souvent issues d'esprits originaux ayant eu l'audace de rompre avec les cadres de pensée dominants. Une recherche encadrée, corsetée, voire déterminée par des projets d'établissement locaux, ne rendra pas les bonnes surprises impossibles, mais elle ne les facilitera guère. Malheur au chercheur qui sortira des sentiers balisés !

D'une manière plus générale, l'idée que le système actuel n'est pas assez « efficace » repose sur une conception très étroite de l'efficacité. Si l'on entend par là l'intérêt économique à court terme, privilégier l'efficacité signifie, de fait, la mort de la recherche fondamentale en sciences dures et celle de l'ensemble des sciences humaines -qui ne sont pas immédiatement rentables.

On ose à peine avancer qu'à défaut de faire gagner des parts de marché, certaines disciplines favorisent l'esprit critique et l'autonomie de la pensée, ce qui, à terme, ne peut avoir que des conséquences positives sur l'ensemble d'une société. Le comprendre suppose un embryon de réflexion dont on finit par se demander si le cerveau des princes qui nous gouvernent pourrait en supporter le choc.

Pour en finir avec cette « efficacité » dont on nous rebat les oreilles, concédons qu'un président d'université (comme un président de la République) sera d'autant plus efficace dans la mise en œuvre de ses décisions qu'il n'aura de comptes à rendre à personne. Sans contre-pouvoirs, il est évidemment plus facile de faire ce que l'on veut. Mais les choses sont ainsi faites qu'il est également plus facile de commettre une erreur de jugement. Tous les despotes ne sont pas nécessairement éclairés.

La protestation des universitaires était à l'origine un mouvement catégoriel fondé sur une indignation légitime mais qui, a priori, ne concernait que le monde des enseignants-chercheurs. Le mépris affiché par le gouvernement et les provocations incessantes du président de la république sont en train d'en transformer la nature. L'accumulation de déclarations mensongères, s'ajoutant à la logique d'un décret présentant l'enseignement comme une punition, fait du mouvement des universitaires bien plus qu'un combat catégoriel : une résistance à la vulgarité, à la démagogie et, pour tout dire, à la bêtise.

A lire aussi sur Rue89
La tribune de Benoît Apparu « Enseignants-chercheurs : aucune raison de s'opposer ! »
Enseignants-chercheurs : après la grève dans les facs, la manif
Fronde des profs-chercheurs : l'épreuve en trois points
Futurs enseignants : du matériel humain prêt à consommer
Enseignants-chercheurs : les dangers de la réforme

Photo : manif des enseignants chercheurs à Marseille le 5 février 2009 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).

  • 24102 visites
  • 110 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 10h41 le 06/02/2009
    • Internaute
      info-espress.over-blog.com

     »...une résistance à la vulgarité, à la démagogie et, pour tout dire, à la bêtise. »
    Merci !
    Lien

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Infovite
      • Posté à 18h26 le 07/02/2009

      Je peux me joindre à vous, et plutôt dix fois qu'une, dans cette approbation ?

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 10h46 le 06/02/2009
    • Internaute
      doctorant

    N'oublions pas :
    -le démantèlement du CNRS et de l'INSERM (passage à un financement sur projet court de 3-4 ans, disparition d'une coordination nationale de la recherche)
    -le contrat doctoral qui fait des doctorants des travailleurs encore plus précaires pouvant être renvoyés au milieu de leur thèse et pouvant être obligés d'effectuer des travaux annexes (enseignement, mission en entreprise) sans aucune rémunération supplémentaire.
    -les baisses de postes dans la recherche et l'enseignement supérieur (900 en 2009)

  • r_v
    r_v
    • Posté à 11h03 le 06/02/2009
    • Internaute

    Bravo pour cet article mais peut-être faut-il appeler un chat un chat ; il ne s'agit pas de contre-vérités mais bien de mensonges !

  • Irnerio
    Irnerio
    Professeur des universités, «  (...)
    • Posté à 11h40 le 06/02/2009
    • Expert
      Professeur des universités, «  (...)

    Totalement d'accord avec votre analyse. Pour combattre d'autres contrevérités, le jeune blog Lien
    chroniques sur la grève, la réforme du statut des enseignants, la réforme de la formation des maîtres, les dispositifs d'évaluation, le pouvoir exorbitant des présidents d'université, l'autonomie financière, l'orientation, la réforme de la 1ère année des études de santé... et de nombreux albums photos en grand format...

  • Jaycib
    • Posté à 11h44 le 06/02/2009

    Je souscris entièrement aux considérants et aux conclusions de cette tribune.

    (1) Le nombre effectif d'heures de travail d'un enseignant-chercheur et son niveau de formation le qualifient d'emblée comme l'équivalent d'un CADRE SUPERIEUR. Il devrait être rémunéré en conséquence.

    (2) La « liberté académique » – à savoir la liberté de chercher dans n'importe quel domaine choisi par l'enseignant, y compris dans ceux qui ne sont pas jugés « rentables » par le gouvernement – doit être reconnu au moins comme équivalent à la liberté d'entreprendre si chère à la droite (et à la très grande majorité de la gauche).

    (3) La « peer review » (évaluation des travaux de recherche par les pairs) est le seul système d'évaluation qui soit reconu dans le monde, et notamment aux Etats-Unis et au Japon. Pourquoi la France devrait-elle s'éloigner de ce système, qui a fait ses preuves ?

    • Cocoricooo
      Cocoricooo répond à Jaycib
      Chômeur ayant fauté
      • Posté à 19h44 le 06/02/2009
      • Internaute
        Chômeur ayant fauté

      100% d'accord. Mais nous sommes dans un monde productiviste : ne pas produire c'est ne rien faire, ne rien faire c'est nuire à la société, nuire à la société c'est péché mortel.

    • Anvar
      Anvar répond à Jaycib
      Ingénieur
      • Posté à 23h38 le 06/02/2009
      • Internaute
        Ingénieur

      Bon je vais être à contre-courant du discours ambiant mais tant pis. au moins ça créera un débat !

      - un enseignant-chercheur fait beaucoup d'heures certes, il a un haut niveau de formation certes. Mais s'il est moins payé qu'un cadre supérieur dans le privé, c'est aussi qu'il dispose d'un avantage : la sécurité de l'emploi.

      - liberté de recherche pourquoi pas, mais qu'elle soit quand même validée. il faut quand même assurer le « sérieux » de la recherche.

      • Tyrian
        Tyrian répond à Anvar
        • Posté à 18h28 le 07/02/2009

        Ca serait bien de lire l'article avant de commenter... Leurs recherches sont déjà validées par leurs pairs. Et ils sont déjà assez critiques entre eux, et pas toujours pour les bonnes raisons, pour qu'en plus on y rajoute le jugement de quelqu'un qui lui ne pourra juger que sur des critères subjectifs (n'y connaissant rien).

      • Katje Créuse
        Katje Créuse répond à Anvar
        enseignant chercheur
        • Posté à 19h46 le 07/02/2009
        • Expert
          enseignant chercheur

        Je peux pas dire que mon salaire est mon souci principal, mais mon frère est cadre sup, on en a longuement discuté, et je tiens à préciser une chose car j'en ai marre des stéréotypes :
        - un cadre du privé ne finance pas une partie de son travail, par exemple il ne paie pas de sa poche ses réunions clients à l'étranger. Moi, oui : les budgets de recherche sont si bas que sur les colloques internationaux auxquels j'ai participé l'an dernier (évalués : 4 relecteurs anonymes pour décider si ce que j'allais présenter était de qualité suffisante), j'ai payé de ma poches trois d'entre eux (voyage + hotel + repas + frais d'inscription). Je paye pour pouvoir continuer à travailler et contribuer au rayonnement de la recherche française... Je ne prends que cet exemple, parlant me semble-t-il.
        - la sécurité de l'emploi, elle est garantie à vie aux enseignants-chercheurs même dans des pays pas franchement fanas de la « sécurité de l'emploi », comme les Etats-Unis (si l'on a la « tenure », en gros, titularisation), afin de garantir leur indépendance, et ce avec des salaires sans comparaison avec le mien et des conditions de travail autrement plus décentes, à commencer par l'aide en personnels techniques et administratifs et le nombre d'heures de cours. Du coup, les enseignants chercheurs y ont réellement le temps de chercher et de garder « au top » la qualité de leur enseignement et l'encadrement de leurs étudiants. On peut chercher moins loin : suisse, hollande, allemagne, norvège etc. Nos collègues étrangers sont en général moins (négativement) imprssionnés par le manque de qualité de notre recherche que (positivement) par la qualité qu'on arrive à maintenir malgré les conditions dans lesquelles nous travaillons...
        Alors, je sais, c'est un souciqui ne dépasse pas le petit monde universitaire, sans doute, mais quand d'autres se permettent de mettre le sujet sur la place publique avec autant d'idées fausses sur notre métier, on fatigue...

  • Chansommairus
    • Posté à 11h44 le 06/02/2009

    Je partage votre point de vue, n'étant pas directement concerné il m'a fallu un peu de temps pour faire la part des choses, je pense que vous comprendrez qu'il ne s'agit pas de suivre à l'aveuglette un mouvement dont on a, volontairement ou non, obscurci le sens.
    Bien que l'idée ne soit pas nouvelle, l'envoie par un maximum d'étudiants, de professeurs, de chercheurs et de gens qui s'intéressent à leur pays, d'une carte postale de protestation adressée au président de la république (c'est gratuit) lui ferait mesurer que prendre les gens pour des imbéciles n'est pas une bonne idée.
    Les députés ont des permanences, n'est-ce pas le moment d'aller leur dire que ça suffit ?

  • désinscrit à sa demande
    • Posté à 12h18 le 06/02/2009

    On comprend parfaitement que des réformes, vous en voulez, mais à une triple condition. D'abord qu'elles n'émanent pas du pouvoir légitime de la Nation, à savoir le gouvernement, mais de vous et de vos syndicats. Ensuite qu'elle donnent lieu à des négociations qui durent plusieurs années et qui n'aboutissent à rien. Enfin et surtout que votre statut juteux de chercheur-fonctionnaire reste intact et que vous puissiez être plus chercheur que fonctionnaire... Mais au fait, pourquoi ce rejet viscéral de la noble fonction de prof ? ? Le bonjour à Monsieur Aschiéri et à la FSU !

    • Jack Sullivan
      • Posté à 13h10 le 06/02/2009
      • Internaute
        en boule

      Seulement en septième position, LMD ? Vous vous relâchez mon cher, on sent que le cœur n'y est plus, cela fait au moins deux jours que vous ne nous avez plus refourgué votre citation-porte-bonheur, et depuis hier que nous n'avons plus de nouvelles du « garage » de Mme Curie.
      Quel dommage tout de même que vous ne vous sentiez pas un minimum concerné par le titre de l'article, tout absorbé que vous êtes par votre délire anti-corporatiste ! Vous ne risquez pourtant que quelque chose de très bénin : apprendre quelque chose. Ce qui, à nous chercheurs, nous arrive chaque jour, parce que c'est notre métier.
      Don't feed the troll....

    • Veum
      Veum répond à désinscrit à sa demande
      doctorant
      • Posté à 13h15 le 06/02/2009
      • Internaute
        doctorant

      Edit : Don't feed the troll, c'est mieux en effet.

    • Piedo
      Piedo répond à désinscrit à sa demande
      Assis
      • Posté à 13h53 le 06/02/2009
      • Internaute
        Assis
    • la tite louloute
      • Posté à 18h18 le 06/02/2009

       !

    • shillom
      • Posté à 19h17 le 06/02/2009
      • Internaute

      Luis, recrée un compte stp tu deviens lourd.

      • david vincent 23
        • Posté à 05h50 le 07/02/2009

        ici neuneully,
        c'est le fils réel du naboleon zero cet entrepreneur,
        plus serieusement ça fait vraiment plaisir de lire un article qui explique clairement l'état des choses, et ça fait vraiment plaisir de constater que l'on est tous d'accord sur (entre autre) ce point, ça me redonne presque de l'espoir quant à la possibilité d'un accord entre nous tous.
        il apparaît clairement que l'heure est grave et que si on laisse faire sans resister, on voit tous très bien à quoi ressemblera sa france d'après...
        alors chérs collegues svp RESISTANCE , ne nous laissons pas faire

         
        • david vincent 23
          • Posté à 03h07 le 09/02/2009

          re...
          désolé pour ce peu d'argumentation, mais là je n'ai pas vraiment le temps...
          mais bon, avant de se faire entendre et de commencer un vrai discours, avec dialogues, intelligence et intelligibilité, il s'agit de gueuler très très fort pour qu'il nous entende un tant soi peu lui tout là haut dans les hautes sphères, parce que quoi qu » en disent certains, il plane à 15 milles l'autre chépèr, si si c'est lui qu » est loin loin tout là-bas (là-haut en l'occurence) alors permettez-moi de me répéter, mais pour commencer un dialogue constructif, il s'agit tout d'abord de foutre un bon gros BORDEL bien visible afin qu'il se rende compte que peut-être, on ne se laissera pas faire, peut-être on ne le laissera pas faire...
          une petite formule toute simple, leçon 1 du anarchist-cook-book, pas dur vous verrez, ça fait du bruit, ça fait une petite boule
          « f-m-r » , orange-jaune-rouge et ça permet de répondre à leurs fumées qui font chialer...
          ça vous dit ? ? ?

        1 autres commentaires
    • Gyl
      • Posté à 21h17 le 06/02/2009
      • Internaute

      Il semble que vous ne savez guère de quoi vous parlez Monsieur l'entrepreneur. Il est bien possible qu'il y ait beaucoup plus de jus dans votre escarcelle que vous n'en imaginez dans celle des autres ! Quant à répondre à vos allégations, c'est probablement peine perdue. Aucune argumentation logique fondée sur des réalités avérées n'a jamais fait bouger votre type de discours. Au fait, pourquoi venez vous user votre plume ici ?

    • pancho
      • Posté à 10h26 le 07/02/2009

      @ LMD (comme ce pseudo est bien choisi, en la circonstance ! ) :

      Je vous signale que Dominguín était anti-franquiste. Vu le niveau de votre argumentaire et son contenu, je doute fort que vous l'eussiez été à sa place. Rebaptisez-vous donc « El Cordobés », ô torero d'opérette !

  • marie 75
    • Posté à 12h28 le 06/02/2009

    enfumage des media à propos de l'info....
    Hier ITV ou BFM TV : à paris 1000 personnes se sont rassemblées à Jussieu...
    J'entends cela, j'enfile mes baskets pour faire « plus 1 »....
    Nous étions au moins 10.OOO ...
    Mais voyez-vous .... la médiacratie préfère mentir...
    On les paye bien ?
    Ils onbt une c

    • marie 75
      marie 75 répond à marie 75
      • Posté à 12h29 le 06/02/2009

      lca saute ... comme l'anse du panier à l'Elysée !
      a soupe est bonne ?
      Ils ont une carte SNJ ? ? ? ? ?
      Merdiques media ! ! ! ! !

    • ninas
      ninas répond à marie 75
      • Posté à 20h45 le 06/02/2009

      Pécresse vous a t-elle entendu ? car comme je vois le président qui nous prend pour des pauvres nases j'ai peur qu'elle même soit dure de la feuille, les médias étant muselés vous n'avez pas accès aux informations et nous sommes obligés de passer par les blogs mais c'est sûr que ce n'est pas que des oreilles mais aussi la vision et comme il a toute sa cour, de gens qui lui lèchent les bottes ainsi que des journalistes et la télévision dont il a pris le contrôle il ne reste plus que la rue pour s'informer, alors, entre illusion et poudre aux yeux il n'y a rien à en attendre sinon continuer à se battre alors à bientôt !

      • demilune
        demilune répond à ninas
        • Posté à 10h34 le 07/02/2009
        • Internaute

        Non Valérie Pecresse ne nous a pas entendu ! Elle propose simplement de recevoir les représentants des syndicats de l'enseignement supérieur pour discuter de la mise en œuvre d'une charte de « bonne pratique » pour éviter les dérives de son décret.

        Autrement dit, elle se fout de nous !

  • FREDERIC 67
    • Posté à 12h58 le 06/02/2009
    • Internaute

    excellent article ! merci
    on a tellement de mal à expliquer ce que nous sommes ce que nous faisons. Les gouvernants comme la population méprisent souvent ce que nous faisons et en général tous les métiers de l'éducation. Et en même temps comme on aime passionnement ce qu'on fait on a l'impression d'être des privilégiés et c'est parfois difficile de se défendre mais comme nous sommes maintenant une société dominée par l'argent il y'a un point à relever : cette liberté que nous revendiquons, nous la payons car si l'on voit ce que gagnent nos collègues de promotion dans le privé il n'y a aucune comparaison.

    • Chansommairus
      • Posté à 13h44 le 06/02/2009

      Votre problème, ce me semble, vient du fait que vos revendications portent en même temps sur vos conditions de travail et sur la qualité de l'enseignement. Même si le lien est « évident » ce n'est pas la même chose de discuter de l'enseignement en tant que tel et de discuter « condition de travail/salaire, retraite, etc.
      Faites deux types de grève : le premier défendrait votre statut, le second défendrait la cohérence des programmes.
      Cela vous semblera peut-être paradoxale, mais les enseignants semblent trop souvent juges et partis d'où le sentiment qu'ils participent à une confusion qui vise à maintenir des acquis sous le prétexte que les “réformes” sont d'un point de vue technique, contestables.
      Je dis bien “le sentiment” pour souligner l'aspect non raisonné des choses.
      Les politiques passent leur temps à jouer la dessus ! ! !

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 13h13 le 06/02/2009
    • Expert
      Etudiant-Chercheur

    Autre exemple d'analyse claire et précise sur les conséquences dangereuses du décret statutaire : Lien

    Mais n'oublions pas que l'autre décret n'est pas moins insupportable, ne serait-ce qu'en repoussant les concours à bac+5 (dépendant de l'obtention du Master 2) et en supprimant l'année de stage pédagogique rémunérée, importante pour le rapport aux étudiants... N'oublions pas non plus que la LRU est le cadre légal dans le quel ont pu s'inscrire ces dérives et qui a permis de très fortement augmenté les pouvoirs du Président d'Université... Enfin, n'oublions pas que le Processus de Bologne et la LMD, sous couvert d'une harmonisation européenne (qui aurait de toute façon été obtenue, et dans de meilleures conditions) ont contractualisé le rapport de l'Etat à ses entreprises, prodromes du désengagement national... C'est dans cette direction-là que toutes les réformes s'orientent depuis : vers davantage de privatisation (fonds privés), davantage de précarisation (surtout pour les vacataires et les doctorants), davantage de marginalisation de la recherche (surtout dans les sciences humaines) et -cela concerne tout le monde-, le risque d'augmenter le nombre d'enseignants devant faire plus de cours contre leur gré (ce qui nuit toujours aux étudiants)...

  • jean breton
    • Posté à 13h16 le 06/02/2009

    Excellent article.
    En démantelant la recherche française, on cherche quoi : à faire des économies de bouts de chandelles ? à favoriser la recherche américaine (qui se nourrit des compétences du monde entier) ?
    Les grands pas scientifiques proviennent d'une recherche indépendante ;
    Mais c'est vrai aussi des applications : ce sont lorsque les cadres de travail permettent l'originalité que les inventeurs s'expriment.
    On cherche à finaliser la recherche, sans savoir que la finalisation suppose l'indépendance et l'esprit d'enquête ;
    On la rend dépendante d'agences de projets comme l'Anr ou l'Europe, sans se rendre compte que l'efficacité provient bien plus de l'originalité qui ne peut s'exprimer dans ce cadre.
    Bref on a tout faux.
    Mais volontairement.

    • marie 75
      marie 75 répond à jean breton
      • Posté à 13h39 le 06/02/2009

      tuer la recherche est suicidaire.
      La recherche fondamentale est indispensable !
      L'UMP cherche à mettre la recherche aux genoux du grand capital (sorry pour cette expression d'un autre temps)... mais mon clavier n'en trouve pas d'autre !

      • jean breton
        jean breton répond à marie 75
        • Posté à 13h51 le 06/02/2009

        Non Marie 75, c'est Un mot précis et juste, tout à fait moderne, tout au contraire.
        Dans le capital, il y a de petits détenteurs et puis de grands opérateurs.
        C'est très exactement le grand capital qui veut asservir à ses besoins immédiat toute la recherche publique à vocation collective.
        Exemple en médecine dans NY review of books du 15 janvier qui montre comment la recherche universitaire est mise à contribution par les fabricants de médicaments.
        Lien

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 15h08 le 06/02/2009

          Cela dit, dans l'absolu, mieux vaut que ce soit un universitaire plutôt qu'un laboratoire planqué au sous-sol d'une « société financière » (appelons un chat un chat, le dernier ressort d'entreprises comme Syngenta ou Bayer est de faire du fric, pas de la recherche).

          Et c'est à ce titre que l'affaire relatée dans votre article est à se cogner la tête contre les murs !

          Quel état de délabrement mental ! se servir de gamin de 2 ans, handicapés, pour refourguer une came pourtant interdite et dont soi-même on ne sait même pas ce qu'elle contient ... ! ! !

          • jean breton
            • Posté à 17h19 le 06/02/2009

            Exact Blaise 11
            Ne perdons pas de vue le débat.
            Recherche encadrée ou recherche inventive.
            Du point de vue de l'avancement brut des connaissance, cela ne fait pas un pli : la recherche inventive est à privilégiée.
            Mais ce que je voulais dire c'est que, même du point de vue de l'application, c'est vrai (je travaille dans l'application).
            Le mythe du géotrouvetou est rigolo, mais sa face vraie la réalité c'est un de nos plus grand scientifiques qui était aussi un de nos plus grands inventeurs PG De Gennes car c'était un esprit libre dans une structure ouverte qui « détestait toutes les barrières qui entravent la quête de la connaissance » comme disent les auteurs du wiki le concernant et c'est bien dit.

            • Anvar
              Anvar répond à jean breton
              Ingénieur
              • Posté à 23h49 le 06/02/2009
              • Internaute
                Ingénieur

              C'est peut-être un peu extrème ou idéaliste ce genre de discours.

              J'ai travaillé dans le recherche publique, aujourd'hui dans la recherche industrielle.

              Il faut quand même rappeler certains constats :
              - la recherche est pas dans un état terrible : manque de moyens, peu de considération et il faut le dire, une partie du personnel démotivée. Il n'y a pas de honte à ce qu'une partie de la recherche soit appliquée et bénéficie de subventions industrielles.
              Pour moi il faut trouver un équilibre entre recherche libre et fondamentale, recherche/innovation à moyen terme, et recherche/expertise à court terme. ça permet de laisser les chercheurs au contact des rélités industrielles et d'obtenir des financements supplémentaires.
              Une recherche 100% appliquée me semble pas bonne. mais une recherche 100% publique et fondamentale me parait être aussi une erreur.

              • jean breton
                jean breton répond à Anvar
                • Posté à 11h20 le 07/02/2009

                Assez d'accord avec toi anvar.
                Mais la seule chose que je veux souligner est que dans le développement aussi (la recherche industrielle ou appliquée étant encore en amont peut-être), l'inventivité et la liberté de penser sont les qualités majeures d'un chercheur.
                Ma (maintenant) longue carrière dans ce domaine m'a fait rencontrer beaucoup d'excellents scientifiques manquant de fantaisie, révérentieux face aux mandarins et donc incapables de faire progresser l'innovation (j'entends l'innovation industrielle).
                Donc c'est bien à tous les niveaux du processus qui va de la recherche fondamentale au développement en passant par la recherche technologique que l'inventivité et la liberté de penser doivent être favorisées et considérées comme les valeurs fondamentales.
                C'est d'ailleurs une question majeure aux USA, traitée publiquement dans des colloques.
                Ils sont partiiculièrement concernés car beaucoup de leurs étudiants venant de pays étrangers ont une excellent culture de base mais manquent de cette fantaisie mêlée d'esprit critique qui permet la production des hypothèses.
                La question est comment assurer cette liberté.
                Certainement pas en tout cas en caporalisant les labos d'université.

              • barbouille
                barbouille répond à Anvar
                • Posté à 16h29 le 07/02/2009

                je partage aussi cette opinion. Pour avoir travaillé dans le public, j'ai pu voir l'ambiance terrible que peut provoquer le manque de crédit ( dans tous les sens du terme ). La recherche française etait deja delabrée il y a 12 ans.

                Au fait en quoi être évalué par ces pairs est il une garantie de justesse ? n'importe quel copain de tel ou tel ponte faisant parti du jury peut tout à fait s'octroyer le droit d'enfoncer tel ou tel chercheur pour en favoriser un autre, pas besoin de décision administrative pour ca.

                les chercheurs savent tres bien se bouffer entre eux.

                Lien

                • jean breton
                  jean breton répond à barbouille
                  • Posté à 22h34 le 07/02/2009

                  Très juste barbouille.
                  D'une part les chercheurs passent de plus en plus de temps à répondre à des appels d'offre, mais surtout ce pourcentage de temps devient de plus en plus grand au fur et à mesure qu'ils montent en compétence.
                  En fin de compte, un chercheur de haute qualité à 40-45 ans ne passe plus de temps à la recherche (lire, concevoir, faire des hypothèses, interpréter, reconcevoir) et l'essentiel de son activité c'est : déposer des projets, coordonner des projets, rendre compte financièrement.
                  Plus tard c'est : évaluer des projets, sélectionner des projets, faire des appels d'offre.
                  Comme tu le dis, le cercle de dettes qui entoure les mandarins (je t'évalue, tu m'évalues ; tu es mon referee, je suis ton refferee ; très cher collègue n'oublie pas que je te tiens par la barbichette) incite la science à tourner en rond.
                  Bien sûr et heureusement les personnalités orignales s'en sortent quand même...

                • Léonard
                  Léonard répond à barbouille
                  • Posté à 23h04 le 07/02/2009

                  « Au fait en quoi être évalué par ces pairs est il une garantie de justesse ? n'importe quel copain de tel ou tel ponte faisant parti du jury peut tout à fait s'octroyer le droit d'enfoncer tel ou tel chercheur pour en favoriser un autre, pas besoin de décision administrative pour ca.

                  les chercheurs savent tres bien se bouffer entre eux. » (barbouille)

                  Réponse :

                  1) La question de la compétence est tout de même vitale.

                  2) Le copinage existe partout, certes, y compris dans la recherche. Mais la mise en concurrence forcée et stupide, avec des pouvoirs politiques sans compétence scientifique, va certainement faire empirer les choses... et là, précisément, pour les quelques miettes qu'on va leur jeter, « les chercheurs [pourront] très bien se bouffer entre eux ».

        7 autres commentaires
  • SupercalifragilistiC
    • Posté à 14h03 le 06/02/2009

    Merci pour cet article clair et qui enfin explique quels sont les problèmes, tant au niveau du projet de décret qu'au niveau de la façon dont ce gouvernement essaie de le mettre en place.

    Par contre je doute que publié sur Rue89, ce genre d'article fasse réfléchir beaucoup de gens. Je pense, qu'ici, Mr.Jouve vous prêchez (majoritairement) des convertis...et que le public qui devrait lire ce genre d'article n'y accède pas.

    Le problème à mon avis est là.

  • qubit
    qubit
    none
    • Posté à 14h39 le 06/02/2009
    • Internaute
      none

    le sentiment qui se dégage de tout cela, c'est beaucoup de bruits ... pour rien.

    1/ les enseignants-chercheurs acceptent l'évaluation, mais pas les modalités. on ne peut à la fois exiger l'autonomie et interdire à l'université ses choix de développements ou de ne pas suivre l'avis du CNU... il apparait normal qu'un président d'université soit impliqué dans les « critères locaux ». c'est le contraire qui serait absurde. imaginez un instant... charge aux présidents d'arbitrer et si c'est la crainte, il n'est pas si sûr que les plus dictatoriaux seront les plus performants et efficaces.

    2/ opposer le fait que l'universitaire est supposer vouloir « en faire le moins possible » n'est pas la question. le fonds s'est d'arbitrer la charge entre des cours et les travaux de recherche. ça n'a pas de sens de parler d'heures « non rémunérées », elles le sont toutes : si ce n'est pas de la recherche c'est de l'enseignement.

    3/ on s'appuirait maintenant pour démontrer l'efficacité de la recherche, sur le classement de Shanghai dont les critères ont été contesté (à juste titre) par la plupart, quand ce classement est sorti. cette approche ne conduit elle pas à s'interroger sur l'honneté des arguments ? objectivement.
    par ailleurs, que l'on nous cite un seul chercheur de réputation mondiale, qui n'aurait pas « l'esprit critique » et « l'autonomie de la pensée ».
    c'est bien cette voie qui devra être encouragée.

    • FREDERIC 67
      FREDERIC 67 répond à qubit
      • Posté à 15h01 le 06/02/2009
      • Internaute

      relisez vous n'avez pas tout compris

      • qubit
        qubit répond à FREDERIC 67
        none
        • Posté à 15h24 le 06/02/2009
        • Internaute
          none

        expliquez moi où, vous seriez gentil...

  • tromasocial
    tromasocial
    Dessinateur/illustrateur
    • Posté à 14h52 le 06/02/2009
    • Internaute
      Dessinateur/illustrateur

    Bien d'accord avec cet article ! Je suis étudiant en arts plastiques, un secteur (mot horrible) pour lequel la réforme en question serait particulièrement absurde ! Cela va dans le sens d'une conception d'un art marchand que nicolas sarkozy entend naturellement défendre.
    Lien

    • unilux
      unilux répond à tromasocial
      Etudiant
      • Posté à 15h21 le 06/02/2009
      • Internaute
        Etudiant

      Plutot d'accord avec l'ensemble des commentaires sur la methode sarko
      cependant, en ce qui concerne la reforme, je ne trouve pas que l'autonomie financiere soit un danger, je suis a dauphine ou les cours se font en classe de 30 eleves max., ainsi chacun peut avoir sa place et se faire accompagner par le prof chercheur.
      Mais cela a un cout pour la fac (j'etais au CA...) et pour pouvoir continuer et encourager les universités a travailler sur le meme modele, il faut laisser au fac le pouvoir de capter une partie d'argent chez les entreprises.En plus de cette reforme on a legerement augmenter les frais de scolarité (plafond à 1500 euros pour un master2, pas grand chose comparé aux autres ecoles) ce qui nous permet de rembourser notre deficit, d'investir dans des renovations , et d'augmenter le nombre d'heures et de master,.
      Sans cette reforme dauphine avait 2 ans d'existence pour cause d'insolvabilité...heuresement qu'on a pas attendu les negociations nationales

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3