
Le blocage des facs annoncé depuis une quinzaine de jours a bien démarré. Lundi, le Snesup-FSU, premier syndicat de l'enseignement supérieur, annonçait que près d'un cours sur deux (45%) était perturbé -un chiffre tempéré du côté du ministère. Le mouvement, parfois doublé du gel des notes, concerne les grosses universités comme les petits pôles d'enseignement, y compris des IUT, ou encore des instituts d'études politiques et le gros des IUFM.
Ici ou là, on annonce déjà que la mobilisation des prochaines semaines sera « historique », alors que la coordination nationale des universités, qui regroupe 74 universités, écoles et instituts, a appelé lundi à une grève illimitée, à une journée de manifestations en France jeudi 5 février et à une manifestation nationale à Paris le mardi 10.
Sur le net, l'exaspération bat son plein, depuis le discours de Nicolas Sarkozy sur la recherche, le 18 janvier, qui a fait office de catalyseur pour la mobilisation. Un internaute de Rue89 nous a signalé cette vidéo qui circule sur les blogs, mixant graphiques OCDE sur les crédits aloués à la recherche et extraits du discours présidentiel. (Voir la vidéo)
Les enseignants-chercheurs sont à l'amorce du mouvement, pas les étudiants. Et ce, même si, à Rue89, nous recevons de plus en plus de témoignages spontanés d'étudiants qui débattent à leur tour de la réforme et entendent se joindre au mouvement. Mais c'est d'abord la réforme de leur statut qui a stimulé la contestation des 57 000 enseignants-chercheurs que l'on compte en France au total.
Parmi les principaux points d'achoppement, il y a le recrutement des enseignants, qui doit évoluer à la faveur de l'autonomie des facs. Le projet de décret Pécresse, qui remonte à octobre 2008, donne davantage de flexibilité à la hiérarchie d'une fac en la matière. Quitte à entailler largement l'égalité d'accès à ces postes qui relèvent pourtant de la fonction publique.
Ainsi, pour recruter un maître de conférences, certaines facs prévoient des commissions plutôt nombreuses (une vingtaine de personnes à Strasbourg)… alors que d'autres misent davantage sur l'entre-soi (quatre à Aix-Marseille, précise un riverain maître de conférences de la région).
Autre critique adressée par les personnels en grève : le recours possible à des intervenants extérieurs, y compris venus du monde de l'entreprise. Sur ce point, pas mal d'ATER (« attaché temporaire d'enseignement et de recherche », c'est à dire des chargés de cours qui terminent leur thèse et attendent un poste de maître de conférences) ont déjà écrit à Rue89 pour dénoncer « manque de légitimité » des jurés et « risques d'arbitraire ».
Or cette marge de manœuvre nouvelle à la faveur de l'autonomie des facs risque d'accentuer le « localisme », version universitaire et savante du « clientélisme ». Au printemps 2008, Rue89 s'était justement fait l'écho des travaux sociologiques d'Olivier Godechot et Alexandra Louvet. Ils montraient qu'un doctorant a en moyenne dix-huit fois plus de chances d'obtenir un poste d'enseignant-chercheur dans la fac où il a poursuivi son cursus qu'un candidat de l'extérieur.
L'autre enjeu très décrié de la réforme du statut des enseignants, c'est l'évaluation des enseignants et la gestion de leur carrière. C'est ce point qui a mobilisé des pôles pas franchement activistes d'ordinaire. Ainsi, les facs de droit, de sciences économiques, ou encore les Instituts d'études politiques.
Pour le moment, les maîtres de conférence doivent assurer une charge horaire répartie sur l'année, à raison de 128 heures de cours ou de 192 heures de « travaux dirigés ». Ces cours ne sont qu'un volet de leur travail, le reste de leur temps étant en censé être alloué aux travaux de recherche.
Or, selon le projet de décret Pécresse, la hiérarchie de chaque fac aura là aussi davantage de marge de manœuvre pour ventiler les activités de ses personnels enseignants. Notamment en fonction de l'évaluation.
Or cette évaluation des enseignants-chercheurs par leur hiérarchie administrative pose un problème de critères. Sur leur blog, Pierre-Philippe Combes (directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille) et Laurent Linnemer (professeur d'économie à Montpellier 1) s'interrogent : « Peut-on mesurer la productivité des enseignants ? »
Economistes, ils mettent en garde sur « la représentation inégale des différents domaines de recherche », un des biais de cette évaluation :
« Le problème central de la mesure des publications des enseignants-chercheurs est l'évaluation de leur qualité. Comment distinguer les découvertes capitales des avancées plus progressives de la connaissance ? Les indices de qualité pondérant les publications donnent en général plus de poids aux premières mais n'ignorent pas les secondes. Une solution souvent utilisée s'appuie sur les citations reçues par les publications. Travailler dans un domaine “à la mode”, où les chercheurs sont nombreux, engendre mécaniquement plus de citations. »
Si économistes et juristes s'émeuvent de la réforme plus que d'ordinaire, c'est parce qu'ils s'estiment menacés. Notamment parce que les juristes travaillent souvent à titre d'expert, dans le cadre de leurs recherches, et pas forcément sous forme de publications académiques.
L'enseignement supérieur apparait moins mal loti que le secondaire, si l'on compare les chiffres Darcos et Pécresse. Toutefois, 900 suppressions de postes sont prévues pour la rentrée 2009. C'est ce que rappelait notamment jeudi dernier le cortège d'enseignants du supérieur venus participer à la mobilisation intersectorielle.
Les enseignants protestent aussi contre la perte de pouvoir d'achat d'une corporation surdiplômée dont le salaire, durant les premières années en début de carrière, ne dépasse pas 2000 euros net par mois. Aucun rapport avec la réforme du statut et l'autonomie des facs ? Pas sûr : si l'on poursuit la lecture des économistes blogueurs de Montpellier et Aix-Marseille, on relève cette analyse :
« On ne peut oublier qu'un directeur de master en France fait souvent ses emplois du temps lui-même ou gère aussi le site Internet de sa formation. Que les enseignants-chercheurs assurent leurs surveillances d'examen. On ne peut oublier non plus à l'inverse que d'autres ont des décharges complètes ou très larges d'enseignement ou ne participent guère à l'administration de leur université.
Nous avons dit que les enseignants-chercheurs du Royaume-Uni publient 63% plus que les Français. Il se trouve qu'ils ont également des salaires moyens 62% plus élevés. Si l'on ajoute l'Allemagne, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas à notre comparaison, la relation entre publications et salaires est fortement positive, avec une corrélation de 0,81. »
Dans les IUFM, c'est la réforme du recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, avec la « masteurisation » qui mobilise.

A lire aussi sur Rue89
► Recherche : Monsieur le Président, vous vous trompez d'indicateur
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► Chers étudiants, voici pourquoi je ne donnerai pas vos notes
Ailleurs sur le web
► Peut-on mesurer la productivité des enseignants ?
► La rémunération des maîtres de conférences
Photo : manifestation à Paris le 24 janvier contre les suppressions de postes dans l'Education (Jacky Naegelen/Reuters).




















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De teo69004
Teo | 22H45 | 03/02/2009 |
Quelqu'un aurait le fameux décret contesté ou fait on encore des articles sur du sable sans rien connaître, se laissant emporter par ceux qui veulent travailler moins pour gagner plus (par travailler moins, j'entends au détriment des étudiants…mais les étudiants en france on s'en fout, ils ne représentent aucun corps….ils peuvent vivre avec des cafards, les profs « enseignants chercheurs » bien payés pour les mépriser ne vont pas être solidaires…) ?
à teo69004
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 23H11 | 03/02/2009 |
Ca fait plus d'un an et demi qu'elle est sortie cette loi… Quant aux revendications elles sont bien plus larges, mais je vois que Rue89 aime à faire le jeu des médias traditionnels en réduisant les mouvements à des annonces médiatiques tronquées. J'espère qu'un des journalistes pourra faire au moins l'effort de travailler vraiment le sujet et de voir que la contestation va bien au-delà de ce décret…
à Le flou stoique
De PauLo anarcho-patriote
10H43 | 04/02/2009 |
Travailleurs… récalcitrants !
Vous en avez marre… des boniments…
Vous demandez la BAISSE de la TVA, des IMPOTS, des CONTRIBUTIONS…
par la baisse des TRAITEMENTS et PENSIONS des FONCTIONNAIRES…
Donc moins d'inflation… Et un vrai pouvoir d'achat…
Ce jeudi soir… pas de télé… COUPEZ VOTRE ÉLECTRICITÉ…
Manifestez comme nous, anarcho-patriotes ! .. Coupez votre électricité…
Sûr… EDF leur dira… aux gouvernants : « Sont nombreux pas contents, les récalcitrants ! »
Usez de votre liberté… de COUPER VOTRE ÉLECTRICITÉ.
à teo69004
De Marx_attracts
Intermittent de la recherche | 23H30 | 03/02/2009 |
Tout d'abord ce n'est pas un article « sur du sable », le décret est au conseil d'état …
De plus ce sont aussi les étudiants qui vont morfler avec ce décret. On demande aux enseignants chercheurs de publier plus, à budget constant, moyens humains constants et volume d'enseignement à la hausse. Devinez ce qui devient la 5eme roue du carrosse ? L'enseignement. D'ailleurs ce décret le prouve, car l'enseignement devient la sanction d'une recherche jugée insuffisante.
à teo69004
De Xo42
Etudiante en master 1 | 22H13 | 04/02/2009 |
Suite au mouvement national et au mouvement au sein de l'université Jean Monnet de St Etienne, les étudiants de la faculté des Sciences et Techniques se sont réunis le 2 février 2009 pour une assemblée générale à l'issue de laquelle trois motions ont été proposées au vote des quelques 300 à 350 étudiants présents :
- L'annulation de la suppression de 900 postes dans les universités de France.
- Le blocage des maquettes de master pour obtenir une réelle possibilité de négociation avec le gouvernement sur ce point.
- Le retrait du projet de décret concernant les statuts des enseignants-chercheurs.
Ces trois motions ont été votées à une nette majorité, traduisant le soutien et l'implication des étudiants dans ce mouvement.
A également été voté le soutien au mouvement des personnels (enseignants-chercheurs et BIATOSS).
Enfin, la grève a, elle aussi, été votée avec quand même une majorité d'abstention, ce qui illustre l'inquiétude des étudiants vis-à-vis des implications et conséquences du mouvement sur leur avenir.
Les étudiants qui se sont abstenus, ne sont globalement pas opposés à la grève mais attendent de mieux connaître les modalités de celle-ci afin de savoir comment s'y investir.
Le débat a été fourni (3h d'assemblée générale) ; les étudiants, qu'ils préparent ou non les concours de l'enseignement, se sentent tous concernés et souhaitent développer des moyens de mobilisation non pénalisant ainsi, ils pourront maintenir la pression aussi longtemps qu'il le faut pour être entendus et pris en compte.
Etudiants mobilisés de la faculté Sciences et Techniques, Université Jean Monnet, St Etienne
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 22H59 | 03/02/2009 |
le gouvernement est fou , ceux qui sont la pour innover et créer nos futurs emplois ne sont pas considérés , si le gouvernement brade la valeur ajoutée , qu'est ce qui nous reste ?
tous bosser au mac do ?
ils me font peur l » ump et le ps , plus que la crise économique et financière .
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 23H06 | 03/02/2009 |
Je dois avouer que voir ce mouvement, alors qu'il s'agit en fait de la même loi (LRU ou Loi Pécresse) que l'année dernière, lancé par ceux-mêmes qui nous traitaient de sale gauchistes, voire même de Pol-Pot les beaux jours, fait plutôt sourire pas mal d'étudiants qui se sont battus 2 mois dans le mépris général l'année dernière. Est-ce à dire que les professeurs de droit mettent plus de temps à comprendre une loi qu'un étudiant d'art, ou bien alors que les coupes sombres des ministères en font flipper plus d'un ? A vous de voir…
à Le flou stoique
De teo69004
Teo | 23H10 | 03/02/2009 |
QUOI ? un étudiant d'art a lu une loi ? ? ? ? ?
Tout fout le camp…
De Marx_attracts
Intermittent de la recherche | 23H51 | 03/02/2009 |
La loi est effectivement passée, mais ce décret pas encore. Mais il est vrai qu'il découle de la loi LRU et qu'il fallait la refuser dès le début. Et effectivement les enseignants chercheurs n'ont pas soutenu les étudiants. Je ne sais pas si beaucoup ont traité les étudiants de Pol-Pot/sales gauchistes, mais il y a eu au mieux beaucoup d'indifférence.
Il en faut beaucoup pour sortir les profs de fac dans la rue. Ils n'ont pas bougé non plus pour le démarrage du démantèlement du CNRS l'été dernier, pas plus que les chercheurs du CNRS eux-mêmes.
J'entends souvent ces jours-ci que ce sont des va-t-en-grève … en fait, contrairement à ce qui se dit dans les médias, c'est plutôt l'inverse.
Depuis 2003 on économise sur la recherche, pour investir dans des mesures futiles sensées relancer la croissance économique et limiter la croissance de la dette publique. En ce sens, la loi d'autonomie est en fait une loi d'économies.
à Marx_attracts
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 00H18 | 04/02/2009 |
Le décret est peut-être tout neuf mais tout était déjà marqué dans la loi. Que je sache, avec mes médiocres connaissances en droit, un décret n'a pas force de loi, et en découle forcément. D'ailleurs je me souviens très bien que ce sujet était déjà connu l'année dernière, tout comme d'ailleurs un certain Rapport Pochard, qui annonçait la « masterisation » des diplômes d'enseignement et à terme…l'autonomie des établissements scolaires quelque peu similaire à celle des Universités. Ne nous en faisons pas trop, de bien plus choses sont dans leurs cartons !
à Marx_attracts
De elLolo
00H22 | 04/02/2009 |
Il faut dire aussi que c'est plus compliqué que le simple refus de la LRU. La modulation des heures et une réévaluation des heures de TP étaient, par exemple, attendues. Par contre, personne n'avait compris qu'il n'y aurait pas d'argent pour les TP et que les modulations viendraient noyer ceux qui seraient moins productifs au niveau recherche.
Quant aux pouvoirs au président, ça a fait tiquer… Dans le même temps, c'était aussi un moyen d'obtenir des prises de décisions locales et d'avoir, donc, des structures plus adaptées aux besoins locaux. Évidemment, la mise en œuvre qui a été proposée est plus que discutable.
à elLolo
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 19H20 | 04/02/2009 |
Une lecture approfondie de la loi donnait clairement l'objectif : réduire la démocratie universitaire : concentration du pouvoir dans les mains du Président, diminution drastique du nombre de représentants étudiants au Conseil d'Administration (qui sont là pour faire tapisserie maintenant), suppression des pouvoirs du CEVU sans compter le Plan Réussite en Licence qui a suivi et qui était une attaque claire contre la pédagogie universitaire. Maintenant, c'est sur qu'ils en parlaient pas à la télé…
à Le flou stoique
De Rokse
chose rousse | 00H13 | 04/02/2009 |
C'est exactement mon sentiment. (L'allusion à Pol Pot, on parle peut-être du même directeur d'université ; ) …Sacré Marco)
Je trouve ça très gonflé de la part de nos profs de nous demander de jouer la chair à canon maintenant que leurs statuts sont dans la balance. Encore plus en invoquant de grands principes de mission éducative, d'égalité républicaine et autres. Je ne dis pas qu'ils ont tort. Mais j'ai du mal à faire l'impasse sur leur hypocrisie. Je me sentirais moins humilié de les suivre si cet émouvant appel à la révolte s'accompagnait d'un mea culpa.
La LRU a été un traumatisme pour moi … C'était une charge directe sur le modèle universitaire français - avec ses qualités et ses défauts - et l'orientation que prenait cette réforme n'a, hélas, inquiété que les étudiants (et pas des facs de droit …) Ici, à Rennes, nous n'avons eu aucun soutien des profs. Certains comprenaient, d'autres s'opposaient ; mais tout le monde se taisait. On peut comprendre qu'ils craignaient de s'attirer des représailles de la direction après le passage d'une réforme poussée avec enthousiasme par les directeurs d'université. Tout de même …
Ne nous voilons pas la face. En 3 années passés en fac, j'ai vu passer des profs qui nous faisaient cours et rentraient chez eux. On ne demande pas l'avis des étudiants, l'administration ne contrôle pas : l'enseignant-chercheur n'a parfois pas à franchir le trait d'union. Je ne pense pas qu'ils soient une majorité. Rentrer dans la logique du « publish-or-perish » n'est pas une bonne idée dans l'état actuel des choses. Demander aux enseignants-chercheurs qui publient peu de faire davantage de cours (par exemple aux premières années et à leur taux de passage cauchemardesque) en est une.
Cette réforme s'inscrit dans un processus qui verra d'autres étapes créer progressivement un système, un ordre établi dans lesquels certaines solutions s'imposeront d'elles mêmes. Il faut faire reculer cette réforme tant qu'on le peut encore, et en proposer une autre qui prend en compte la recherche, le financement et l'enseignement dans le supérieur.
Nous avons perdu un an, mais la partie n'est pas encore terminée.
à Rokse
De Le flou stoique
Cf fiche n°15673B | 00H31 | 04/02/2009 |
Merci d'avoir mieux traduit que moi mes pensées : ).
Je n'étais pas à Rennes, mais apparemment certaines pensées circulent mieux que d'autres. Je suis totalement d'accord avec toi : que les enseignants ne s'étonnent pas que les étudiants gardent une certaine réserve dans cette histoire, ce qu'ils ont compris apparemment (certains sont même venus faire amende honorable ! ). Malgré tout, il reste difficile d'oublier ces professeurs qui, à l'exception de deux ou trois qui ont eu le courage de s'interposer, regardaient, certains souriants, les CRS charger violemment des étudiants manifestant pacifiquement…
à Le flou stoique
De anarchy
glandeur | 02H56 | 04/02/2009 |
Pol pot je m'en souvenais plus …Et le reportage de 66minutes de m6 à l'époque il était bien gratiné avec cette allusion (étudiant bloqueur =chomeur voire clochard ) .
Un autre jeune s'était pris une poubelle de la part d'un président de fac.Déjà à l'époque je me suis dit que les profs et l'administration cramaient leur cartouche avec leur attitudes réac.Ils vont avoir du mal maintenant.
à Rokse
De dodu
Ménagère surdiplomée | 09H36 | 04/02/2009 |
Il n'y a pas que vis à vis des étudiants que les profs d'Université ont montrer de l'indifférence ; ils ne se sont guère sentit concernés par le sort de leurs chers collègues des petits Instituts (comme L'IRD par exemple) Ces instituts ont été transformées en Agences de Moyens dans l'indifférence générale et il a fallu que le gouvernement s'attaque au CNRS pour que les universitaires s'émeuvent un tant soi peu et que les médias commencent à en parler .
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 23H24 | 03/02/2009 |
Ça y est, j'ai enfin mis le nez dans les communiqués de Sauvons la Recherche !
Je n'avais que les médias et donc le gouvernement comme source d'info…
(c'est la photo et sa pancarte qui me font penser à ça. Faites l'effort, on comprend tout de suite les enjeux)
De caro
délinquante avérée | 23H38 | 03/02/2009 |
il n'y aurait pas un léger problème dans le titre, ou vu l'heure, c'est moi qui ai du mal à comprendre ?
Gronde des profs-chercheurs
Ce ne serait pas fronde ?
Il est vrai que le gouvernement gronde les profs pour leur mouvement, que les profs grondent contre la réforme …
à caro
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 00H13 | 04/02/2009 |
J'imagine que Chloé Leprince a mixé « fronde » et « grogne », les deux étant justes !
à caro
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 10H31 | 04/02/2009 |
Bonjour Caro,
non non ce n'était pas une erreur, j'ai bien titré « la gronde », comme dans « la gronde se lève », « la gronde des supporters »… Je trouve ça plus poétique : -) et c'est vrai que quand j'édite la nuit, sous la lune, j'ai tendance à me rapprocher de Ronsard et Baudelaire.
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 23H38 | 03/02/2009 |
Merci Chloé pour cet article clair, pédagogique et qui rappelle les points les plus importants. Heureusement que Rue89 est là pour informer correctement les gens…
Pour en savoir plus et mieux se rendre compte à quel point les réformes sont dangereuses (dans la lignée de la LRU, en effet) :
http://www.sauvonsluniversite.com/
http://www.fabula.org/actudebats.php
Jeudi, à Strasbourg, nous accueillerons -sauf rebondissement-, V. Pécresse… Avec respect mais surtout, avec DETERMINATION ! Il FAUDRA qu'elle nous écoute et nous comprenne…
à PhiPoePsy
De la tite louloute
précaire | 19H07 | 04/02/2009 |
Contre un soutien aux enseignants chercheurs s'ils ne défendent que leur statut comme c'est le cas à Grenoble.
à la tite louloute
De la tite louloute
précaire | 12H54 | 07/02/2009 |
ca a changé sur Gre …
De caro
délinquante avérée | 23H46 | 03/02/2009 |
ça y est, c'est parti dans les facs et pas seulement chez les enseignants chercheurs. Une coordination nationale s'est réunie à Paris hier, adoptant 3 motions :
Motions votées par la Coordination Nationale des Universités réunie en Sorbonne (Amphi Richelieu) le 2 février 2009
196 délégués présents
313 participants présents en Assemblée Générale Texte seulement
Voici les textes des trois motions votées le 2 février 2009 par la Coordination Nationale des Universités.
Motion n°1
Comme celle du 22 janvier 2009, la Coordination Nationale réunie le 2 février 2009 condamne la mise en place d'une politique d'affaiblissement structurel de l'enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l'individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d'emplois.
Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d'emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche. Elle soutient les mobilisations en cours.
Elle constate que les Ministères n'ont, à ce jour, pas retiré :
- le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
- la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés.
En conséquence, la Coordination Nationale appelle l'ensemble des universités à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans certaines universités.
Le 2 février 2009, l'Université et la Recherche s'arrêtent.
Votée à l'unanimité moins 2 abstentions
Motion n°2
La Coordination Nationale du 2 février appelle toute la communauté universitaire et le monde de la recherche (enseignants, chercheurs, étudiants, ITA, personnels administratifs, techniques et de bibliothèque, ainsi que les contractuels et vacataires) à entrer dans une lutte active. Elle appelle la communauté universitaire et le monde de la recherche à :
- une journée nationale de manifestations et d'actions le jeudi 5 février ;
- une manifestation nationale qui mène au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (1 rue Descartes, Paris), le mardi 10 février ;
- une cérémonie nationale de non remise des maquettes de Masters le vendredi 13 février devant le Ministère et les rectorats ;
- boycotter les expertises pour l'Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES) ;
- faire cours en dehors des cadres habituels ;
- appeler les organisations syndicales et intersyndicales à faire le lien avec le primaire et le secondaire ;
- imaginer toute forme d'action et de lutte qui alerterait collègues et citoyens sur le démantèlement du service public d'éducation et de la recherche.
Elle encourage chaque université à élire, pour la Coordination, trois représentants enseignants-chercheurs/enseignants/chercheurs, un représentant BIATOSS et un représentant étudiant (5 personnes maximum).
Votée à l'unanimité moins 2 abstentions
Motion n°3
Depuis près de deux ans, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :
- la loi LRU ;
- la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;
- le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l'Université ;
- la remise en cause des statuts nationaux ;
- le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés, et le projet de « mastérisation » de la formation des enseignants ;
- le projet de contrat doctoral.
Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque.
Pour mettre fin à cet autoritarisme, la Coordination Nationale des Universités réunie le 2 février 2009 exige :
- le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants-chercheurs, et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;
- le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
- l'arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;
- le retrait du contrat doctoral ;
- la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;
- la titularisation des personnels contractuels.
La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l'Université n'est pas une entreprise et le Savoir n'est pas une marchandise.
Votée à l'unanimité moins 1 contre et 4 abstentions
De Benoux59
Etudiant en économie / gestion | 23H56 | 03/02/2009 |
>> Le décret : http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2009/89/2/Decret_sta…
Je suis étudiant à Lille 1 en économie / gestion et je l'ai lu entièrement.
Les enseignants-chercheurs se mobilisent de plus en plus sur notre campus (de sciences dures mais aussi économie gestion et sociologie et géographie même, très mélangé donc ! ) et interviennent dans les cours pour nous expliquer la situation, les doctorants aussi se mobilisent et expliquent aux étudiants… mais d'une UFR à l'autre les réactions des étudiants sont très différentes : alors que les étudiants mathématiciens et sociologues s'y intéressent réellement, j'ai été surpris de voir que les étudiants en économie pensaient plus à leurs notes retenues qu'à la loi et ses conséquences. Les enseignants-chercheurs font donc bien de nous parler de tout ca. Mais le mieux serait de lire le texte de première main… car parfois on déforme un peu…
Intéressant aussi de voir une mobilisation différente des enseignants-chercheurs en économie selon les tendances des différents laboratoires de recherche… certains hésitent encore à rejoindre le mouvement.
J'ai cru comprendre que la stratégie (chez nous en tout cas) était de ne pas griller toutes ses cartouches d'un coup par une grève illimitée décrédibilisante (« profs. faignants sur leurs acquis » etc) mais en faisant un jour de grève par semaine et ce jour changerait la semaine suivante etc. En effet, on cherche à éviter à trop pénaliser les étudiants, notamment ceux en licence 3 qui auront connu 3 mouvements de suite : CPE, LRU et celui-là…
à Benoux59
De lapin
étudiant | 15H25 | 04/02/2009 |
C'est certain que les avis divergent énormement selon les UFR, cela dit j'ai toujours été surpris de voir dans les comités de grèves la même proportion d'étudiant en philo, math, physique et bio.
D'instinct j'aurai pensé que les philo et bio plus ouvert à leur environnement se sentiraient plus concernés (moi, je suis en math et c'est attérant de voir à quel point les gens s'en foutent dans la majorité).
A par contre je voulais réctifier un petit détail. les étudiants en L3 n'ont connu que 2 mouvements, j'étais en première année pendant le CPE et je suis en M1. On vient justement de rompre avec une sorte règle assez mystique qui veut que l'on fasse la grève un an sur deux. Mais bon sous Sarko les règles changent forcément
De ledreneufe
prof | 00H04 | 04/02/2009 |
A quand une VRAIE mobilisation de TOUS, public et privé ?
Marre de voir régulièrement des frileux rester sur les trottoirs. Attendre jeudi ? Mais il va encore se foutre de nous. Les prof chercheurs montrent l'exemple : la grève illimitée.
à ledreneufe
De elLolo
00H31 | 04/02/2009 |
Certains sont en grève illimitée, pas tous.
Et comme l'a expliqué Benoux59, il faut faire attention à ne pas abattre toutes ses cartes dès le début. Surtout que l'image des enseignants-chercheurs n'est pas forcément bonne en France (alors que dans beaucoup de pays occidentaux, il s'agirait presque de demis-dieux…) , voir par exemple là :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/02/01016-20090202ARTFIG0…
De kpa93
enseignant-chercheur a l'etranger | 02H31 | 04/02/2009 |
Je ne vois rien dans tout ce que j'ai pu lire a propos de cette reforme des Universites des choses vraiment inquietantes, je trouve meme que c'est plutot un mouvement dans la bonne direction. Trois points ont attire mon attention :
1) Serieusement, on mentionne l'arbitraire d'un systeme ou le CA de l'Universite prendrait toutes les decisions (embauche et evaluation en particulier, qui sont des points « sensibles »), on ne mentionne pas l'arbitraire des decisions similaires prise par les comites nationaux en ce qui concerne l'embauche, et l'absence totale d'evaluation serieuse (i.e. evaluation qui viendrait avec des consequences), c'est pourtant bien la preuve que meme le systeme actual a ses limites ? Un systeme plus local (gere par l'Universite) fonctionne tres bien dans le reste du monde….pourquoi la France ferait-elle exception ?
2) On mentionne l'horreur d'avoir des intervenants exterieurs (du monde de l'entreprise en particulier) qui pourraient prendre part au fonctionnement (et a la prise de decision) des Universites. On ne mentionne pas que les diplomes Universitaire sont totalement meconnus dans l'entreprise en France (en fait, meme meprises) et qu'un debut de communication entre enseignement/monde du travail ne serait pas forcement nuisible ; ca avait commence il y a 10-15 ans, et puis ca a stagne… Il est de plus ridicule de penser que la presence des entreprises dans les universites va tuer la recherche dite « inutile'. Un contre exemple est encore une fois de voir comment fonctionnent les Universites a l'etranger, en amerique du nord en particulier : il existe des tas de departements “inutiles” dans toutes les facs ! elles ont juste ce plus avec l'entreprise qui fait cruellement defaut en France.
3) Je lis des choses sur l'impossibilite de pratiquer une evaluation correcte et sur le fait que l'on pourrait “punir” les mauvais MdC en leur assignant plus d'enseignement. Bien, d'abord il est tout a fait possible d'evaluer, dans chaque domaine de recherche, par comparaison a ce qui se fait ailleurs dans le meme domaine, et en recherchant l'avis des pairs (exterieurs et etranger si possible, autrement l'evaluation ne vaut pas grand chose si elle est faite completement en interne). Quand un chercheur n'a rien publie au bout de 3 ans et ne montre aucun signe d'activite (pas de bourse, pas de collaborateurs), alors il y a de quoi se poser des questions…il y a en France (CNRS et universites) un nombre visible de tels chercheurs. Ensuite il ne s'agit plus de “punir” les enseignants. En fait le probleme en France c'est que des le depart l'enseignement est vecu par les MdC comme un fardeau qu'il faut supporter pour pouvoir faire de la recherche (ah, le bonheur d'etre au CNRS… ! ). C'est delirant comme point de vue : il y a bon nombre de MdC a l'etranger qui preferent l'enseignement et qui sont bien content de pouvoir en faire plus au detriment de la recherche, et d'autres font plus de recherche. Pourquoi ne pas donner cette possibilite aux MdC francais… ? ? ? Il s'agit de donner de la flexibilite, pas de punir. La seule “tache” ingrate d'un MdC pourrait etre a la rigueur les taches de service, et pourrait eventuellement servir de punition (encore que pour qu'un comite fonctionne, il necessite un nombre minimum de gens de qualite qui font leur travail serieusement). Or la, effectivement je ne vois pas en quoi une personne qui ne fait plus de recherche, qui souffre d'enseigner, voire meme n'est pas un bon enseignant(e), alors quoi de plus normal d'assigner a cette personne plus de taches de service ?
Incomprehension, voila ce qui me vient a l'esprit quand je vois le mouvement des MdC en France…
De Schtroumpf perplexe
physicien | 09H46 | 04/02/2009 |
Je voudrais reprendre votre premier point à propos des décisions du CA d'une université sur les charges des enseignants chercheurs.
Je vais donner l'exemple, l'université d'Orsay. Y travaillent 2800 enseignants chercheurs ou chercheurs, répartis dans120 laboratoires. 26000 étudiants y étudient, il y a 26 écoles doctorales, et plus de 2400 étudiants en thèse.
Le conseil d'administration est composé de 30 membres, dont 14 enseignants chercheurs.
Ces quatorze ou trente personnes sont-elles capables de statuer, ou même de renseigner le président, sur la répartition des enseignements des 2800 enseignants, plus celles des thésards en monitorat et les ATER (contrats précaires d'enseignement) ?
Cela est d'autant plus préoccupant que le CA doit aussi s'occuper du budget, des bâtiments (responsabilités renforcées dans le cadre de la LRU où la fac serait propriétaire de ses locaux), des carrières des BIATOS (tout le personnel hors enseignement et recherche) et du fonctionnement général de la boîte.
Le président de la République dit souvent qu'il faut prendre exemple sur le monde de l'entreprise. Je ne pense pas que le PGD ou le CA d'une grande entreprise décide directement de la promotion et du plan de travail de chacun de ses salariés.
Malgré les nombreux défauts du système actuel, il est quand même plus sain que ce genre de répartition soit établie lors d'un débat contradictoire dans un conseil d'UFR (unité d'enseignement) où sont représentés les pairs qui connaissent le travail de leurs collègues.
Certes, les décisions des comités nationaux (mais là il s'agit du CNRS pas de la fac) ou les Comités de Spécialistes (conseils pour le recrutement dans les facs) sont loin d'être parfaits… surtout lors des recrutements où ils doivent choisir une ou deux personnes parmi vingt qui ont déjà prouvé qu'elles feraient l'affaire. Ces comités ont néanmoins l'avantage de faire appel à des personnes qui consacrent assez de temps, qui étudient les dossiers, et font face à des contradicteurs dont les intérêts sont opposés, ce qui les force à un compromis. Un compromis est toujours mieux qu'un abus de pouvoir ou une décision rapide et arbitraire.