Ridet a-t-il eu raison de vouloir être déchargé de la politique ?
« J’ai lu avec attention le livre de Philippe Ridet, et ce qu’il raconte est assez ébouriffant, surtout quand Sarkozy termine une conversation au téléphone en lui disant ’Philippe, je t’embrasse’. La ligne jaune est largement franchie, on est au-delà de la proximité, on est dans le copinage. Et c’est donc très bien et assez cohérent de la part de Philippe Ridet d’avoir demandé de faire autre chose.
Sarkozy n’a pas son pareil pour instrumentaliser les journalistes, comme on l’a vu avec la fameuse photo en Camargue. Il connaît très bien la manière dont fonctionnent les rédactions. Il est capable, dans la même phrase, d’engueuler un journaliste, voire de l’insulter comme c’est déjà arrivé, puis de le cajoler. C’est vraiment une question de colonne vertébrale du journaliste, afin de savoir résister à cette câlinothérapie de Sarkozy. » (Voir l’intégralité de la réponse dans la vidéo)
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Désagrégé de l'Université
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Très bien ! Bruno Masure y insiste : le journaliste doit avoir une « colonne vertébrale » et conserver son « quant à soi », il n’existe pas d’autre guide d’action par rapport aux princes qui nous gouvernent. Aucun code d’éthique ne peut finalement imposer une manière d’être à l’homme de presse. Je suis d’accord sur ce principe, mais dans la réalité, ce doit être difficile à appliquer, surtout quand on sait que l’on est « employé » par certains directement ou indirectement, ou qu’on risque de déplaire à leurs proches, qu’ils soient ou non de la profession.
Personnellement, je ne vois pas comment je pourrais m’affranchir de mes goûts ou dégoûts à volonté et maintenir une égale distance entre des gens dont j’apprécie ou j’estime l’action et d’autres que je vomirais en privé. Je crois que mon sentiment profond se verrait trop facilement ! Aussi suis-je suffisamment naïf pour croire que l’on est en droit d’exiger une stricte « neutralité » autant que faire se peut, et donc maintenir une saine distance. Un bon nombre de patrons de presse ont été rigoureux sur ce plan dans le passé, et je m’en réjouis.
Cette distance est aujourd’hui battue en brèche plus que jamais, et je frémis à la pensée que des comportements farouchement indépendants ne soient désormais plus de mise.
Vive la presse libre !




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