Vos réactions 02/02/2009 à 12h51

La panne de Google a surtout illustré la dépendance des internautes

mattfr | Consultant Search Marketing

La mini-panne à laquelle nous avons assisté dimanche sur Google montre bien que la place des moteurs de recherche a pris énormément d'importance pour les utilisateurs :

- Les contenus/sites qui fidélisent sont dotés d'outils permettant de ne pas avoir à effectuer de recherche (RSS, outils communautaires, deli.cio.us, etc.), avec pour conséquence d'augmenter les recherches « profondes », qui ne portent pas sur une marque, exemple « Rue89 », mais sur un sujet « site informations » avec beaucoup plus de pages vues.
- La démultiplication des outils Google : la grande époque des « Beta » (dont nous vivons à l'occasion de la crise, le premier mouvement de repli avec l'arrêt du support de certains services). Ces outils multiplient les points d'entrée vers les moteurs : actualités, plans, e-mail, blogs... et y sont très intégrés.
- La responsabilité des moteurs de recherche, et l'accompagnement des utilisateurs à les utiliser (l'esprit « client ») les incitent à mettre en place un environnement sécurisant. C'est là qu'intervient StopBadWare.org, organisme à but non lucratif, dont les bases de données qui identifient les sites nuisibles sont reprises par Google, qui identifie chaque site dangereux dans les résultats de recherche.

Il faut tout d'abord rappeler que Google, c'est :

- 62% des recherches dans le monde, environ 90% en France, des datacenters légendaires que l'on alimenterait bien à l'énergie nucléaire.
- 1,5 million de clients dans le monde (le chiffre a été révélé du bout des lèvres car la SEC, équivalent US de l'AMF, réclamait un minimum d'informations au titre de la transparence financière). Ce chiffre augmente d'environ 700 000 chaque année en ce moment : le marché des liens sponsorisés représente environ 1,5 milliard d'euros en France en 2008, rare exception dans un contexte où les budgets publicitaires sont en baisse (TV, Presse, Radio…).

Ce contexte étant rappelé, on voit bien que toute une économie s'est développée derrière le nombre massif de recherches réalisé chaque minute. Chaque moteur essayant de s'arroger une plus grande part du gâteau mondial. Et la relation de dépendance est réciproque : les moteurs de recherche ont besoin des utilisateurs pour leur proposer leurs programmes publicitaires, et les utilisateurs tendent de plus en plus à avoir besoin des moteurs de recherche pour trouver les informations qu'ils recherchent.

Lorsque le problème survient, du côté de Google c'est la crédibilité du produit qui est en jeu. Une chance que les utilisateurs soient fidèles pour la grande majorité d'entre eux (l'écosystème Google rend le passage à un autre moteur plus difficile), car parmi les premières recherches qui remontent dans Google Hot Trends (US) durant l'heure fatale, on lit « Yahoo search », « MSN Search »... et on devine la passoire percée que Google devient pendant ce qui devient une longue heure.

Ayant quelques campagnes publicitaires sur Google (mattfr travaille pour une agence de marketing sur le web, ndlr), je me suis intéressé à l'impact que ce problème a eu sur l'efficacité de mes annonces : le taux de clics global (qui mesure le pourcentage d'utilisateurs à qui on présente l'annonce, qui cliquent dessus) a été divisé par deux à 17h00 sur des comptes, qui a du agréger le retour à la normale de 16h30.

La réactivité à communiquer a bien fonctionné : 1h30 après l'arrêt du problème, un post de Marissa Mayer (VP, Search Products & User Experience - Google) explique que l'erreur est « simplement humaine ». On rentre dans le détail : inclusion du « / » dans la base de StopBadware.org, qui conduit à une généralisation des avertissements à l'ensemble des sites indexés.

L'équipe de Google aurait promptement réagi et vite trouvé la faille. Des pirates égyptiens s'emparent de l'affaire et clament être à l'origine du problème. Sérieusement ? ...

La perception du problème est assez mince, mais il faut s'imaginer qu'une presse de cette ampleur a de quoi secouer une entreprise, même une des plus massives d'entre elles. Des procédures seront revues, et on a finalement assisté à la phase 1 : éteindre le feu, rassurer.

En renvoyant la panne à une erreur humaine, on renvoie à la défaillance humaine, naturelle, compréhensible, tellement classique. Pendant ce temps-là, Google lave son linge sale en famille.

A lire aussi sur Rue89
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Google ne fête pas ses dix ans, ne touchez pas 45 euros...

Ailleurs sur le Web
« This site may harm your computer » on every search result ? ! ? ! , la réponse de Google sur son blog officel
« Un bug sous Google déclare tous les sites dangereux », sur PCInpact
Veosearch, métamoteur de recherche qui finance des initiatives de développement durable.

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  • marie 75
    • Posté à 15h27 le 02/02/2009

    dépendance ? Non
    Outil ? OUI
    Qd la machine à laver ou l'ordi tombent en panne ce n'et pas plus drôle.
    Je préfère une panne Google à une panne d'ordi.
    D'ailleurs, j'ai cru que mon ordi « cafouillait » et non google.

    • mattfr
      mattfr répond à marie 75
      Auteur(e) de l'article Consultant Search Marketing
      • Posté à 16h06 le 02/02/2009
      • Internaute
        Consultant Search Marketing

      On peut distinguer outil et dépendance, mais cela ne veut pas forcément dire que l'on ne peut pas devenir dépendant aux outils ! : )

      Un joli parallèle avec la tempête du Sud-Ouest et l'électricité.

  • watashi_baka
    • Posté à 16h14 le 02/02/2009
    • Internaute
      ...

    La dépendance à google, oui mais non
    -Le moteur de recerche c'est pas la concurence qui manque (Yahoo/Exalead par exemple)
    Pour les autres service il y a un peu plus de dépendance mais il reste assez simple ( même si il faut quelques jours d'adptation)
    de changer d'adresse e-mail ou de gestionnaire de photo/vidéo ou d'Agenda ( d'ailleur que fais mon Agenda dans google et pas dans ma sacoche ou dams mon PDA et ma vie privée dans tout ça)

    Ce qui en ressort c'est que google n'est pas parfait (mais bon comme ils disent eux même le service est en beta), qu'il est hégémonique mais aussi qu'il est très simple de changer.
    J'avoue être curieux des statistiques à long terme suite à ce problème, les utilisateurs vont il perdre la confiance qu'ils ont dans google et aller voir ailleur ou continuer à utiliser google

    Une question d'ailleur google a t'il besoin de me dire que le site est dangereux, les utilisateurs sont suffisament grand pour savoir tout seul si il vont sur des sites dangereux,

    • daniel
      daniel répond à watashi_baka
      daniel
      • Posté à 18h45 le 02/02/2009
      • Internaute
        daniel

      C'est cela, la concurrence en trop en retrait.
      J'adopté google dès ses débuts à cause de son efficacité et sa relative transparence.

      Naturellement, il n'est pas bon de ne dépendre que d'une seule source, mais là il n'y a plus de concurrence crédible : yahoo est d'ailleurs en vente.

      Seule la chine résiste pour le moment à google, mais pour combien de temps ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h49 le 02/02/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    C'est dingue, mais je ne dois pas connaitre plus de 10% des fonctionnalités de Google.
    Pour moi, ce n'est rien de plus qu'un moteur de recherche. Le seul extra que j'utilise c'est le nombre de réponses par page et la recherche limitée au site anglophones et francophones.

    Moteur de recherche que j'utilise par simple habitude, car un jour, il y a dix ans de cela, au moment où 95% des Français n'avaient jamais vu une page web, un pote nous a dit qu'il y avait un moteur autre que Altavista et que c'était génial et comme c'était nouveau ça faisait « nous pas comme les autres ».
    Et ce n'est pas parce que les autres ont fait comme nous que je vais changer : D

    Mais pour le reste, je vois même pas ce qu'il propose.
    Les mails j'en ai entendu parler, mais je vois pas l'intérêt et j'ai pas confiance, mieux vaut ceux de son FAI ou mieux, son propre site.
    Ha si, j'admets que je m'amuse parfois avec Google Earth, mais on est loin de l'outil et plus dans le ludique.

    Et bien que ce soit bloquant de ne pas avoir de moteur de recherche, ce n'est pas bien dur d'en utiliser un autre, ne serait-ce qu'une fois.
    La célébrité de Google n'est quand même pas si balèze que personne ne connait Yahoo ou MSN ?

    Enfin, plus rien ne me surprend maintenant, surtout que je lis encore une fois qu'il existe vraiment des gens qui cliquent sur les pubs...

    • jck
      jck répond à Keldan
      • Posté à 13h41 le 03/02/2009
      • Internaute

      Pour moi le monde est diviser en deux parties. Ceux qui utilisent le lecteur rss (les gens normaux) et les autres (les extraterrestres).

      Et vous n'utiliser pas youtube ?

      • Keldan
        Keldan répond à jck
        Now future & karpe diem
        • Posté à 14h48 le 03/02/2009
        • Internaute
          Now future & karpe diem

        Je ne vois pas l'utilité du RSS, vu que je ne fais pas partie des accros de l'information qui ne veulent pas louper la moindre publication.
        Partir de la une et suivre l'enchainement de liens est la meilleure façon de satisfaire ma curiosité.

        Quant à YouTube et ses frères, je ne l'utilise jamais.
        Du moins pas directement, puisque je vais sur des sites qui l'utilisent (comme Rue89) mais je regarde rarement les vidéos (c'est lent, linéaire et ça demande une complète concentration).
        Et quand j'ai besoin de partager un fichier, qu'il soit audio, vidéo ou texte, je le dépose sur mon site web et je transmets l'URL.

  • Aurus
    Aurus
    Lycéen
    • Posté à 18h44 le 02/02/2009
    • Internaute
      Lycéen

    Vive les favoris et les autres moteurs de recherches disponibles dans ma barre (exalead, Ixquick). \O/

  • kebra
    • Posté à 12h45 le 04/02/2009

    Tiens, Bob Spontex est passé par là... Je ne souviens pourtant pas d'une grosse énormité dans mon post... Zarbi...

  • mattfr
    mattfr
    Auteur(e) de l'article Consultant Search Marketing
    • Posté à 10h19 le 06/02/2009
    • Internaute
      Consultant Search Marketing

    A lire à ce sujet, une étude XiTi (organisme de mesure d'audience et de trafic) vient de mettre en évidence le ralentissement des recherches au moment de la panne à hauteur de 90% :
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