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Voiture brûlée, matraquages : fin de cortège tendue à Paris

Il est un peu plus de 20 heures quand les 300 personnes entourées d'un epais cordon de CRS depuis plusieurs minutes sont autorisées à se disperser, place de l'Opéra a Paris.

Mais le climat reste électrique et la confrontation entre CRS (très nombreux) et manifestants (environ 200 sur la place elle-même) est vraiment tendue.

Pas mal de provocation des deux côtés au début, mais pas tant que ça d'épouvantails issus de la prétendue « mouvance ultra-gauche » cette fois-ci a priori. En revanche, beaucoup de manifestants entre 25 et 50 ans qui sont restés en queue de manif, sans doute un peu plus véhéments. (Voir la vidéo)



Jean-Jacques Reboux, connu sur le site comme « outrageur de poulets » appelle : il est coincé en queue de manif entre deux cordons de CRS et raccroche précipitamment : « Ça charge ».

« Trois personnes emmenées sur une civière »

Un peu plus tard, Sébastien Ledoux, un de nos internautes, enverra deux messages : il raconte à Rue89 qu'il était sur place et que « trois personnes dont une femme ont été emmenées sur une civière par les pompiers entre 20 heures et 21 heures sur le boulevard des Italiens. »

Il précisera par e-mail :

« Dans un état de demi-conscience, lorsqu'ils ont été emmenés, tous trois étaient blessés à la tête et au visage (hémorragie) à la suite de charges de CRS avec gaz lacrymo et coups de matraques. »

Etant sur place, je n'ai pas vu de civières : sans doute ailleurs dans le quartier, où la confrontation s'émiettait à ce moment-là en de micro-grappes assez éparses. Cependant, j'ai bien vu des coups de matraque, y compris à terre (c'est toujours impressionnant). (Voir la vidéo)



Il n'en fallait pas tant pour chauffer à blanc ces quelques dizaines de manifestants qui s'egayaient encore sur la place. On notera au passage que ces derniers n'avaient pas grand chose de « racailles » ou de piliers des « black blocks » de fin de cortège. Un peu plus tard, certains entonneront la Marseillaise et alpagueront les CRS sur « leur rapport à l'Etat ». (Voir la vidéo)



Il est 21 heures passées quand deux cordons de CRS encadrent sur le boulevard des Italiens une vingtaine de jeunes, tandis que le reste de la contestation anti-policière est repoussée au pas de course dans les ruelles allentours ou vers le parcours officiel de la manif. Au milieu du boulevard, devant le Crédit Lyonnais, une Smart crâme. (Voir la vidéo)





Une manif de plus qui dégénère sous le poids d'autonomes survoltés ? Pas franchement : une vingtaines de militants (dont un bon tiers de filles, comme au contre-sommet de Vichy) sont certes pris en étau entre deux cordons de CRS sur le boulevard des Italiens. Ici ou là, on voit aussi quelques représentants de l'ordre courser un ou deux individus.

Mais le gros de la foule qui s'amasse encore sur le trottoirs alors que la manifestation est finie depuis longtemps n'a pas grand chose des bataillons ultra-gauchistes (tendance casseurs, nous dit-on) qui hantent la Une des médias depuis quelques mois.

Sur les flancs de l'avenue, plutôt des « intellos-gauchos » bon teint qui discutent le bout de gras sur « le rôle de l'Etat » voire « le sens de l'Histoire ». Après la Marseillaise, on chante un bout d'Internationale, histoire d'afficher complet, mais on est surtout là pour regarder et prévenir les CRS (« attention, on vous filme »). A vingt mètres de là, les compagnies chargent encore à 21 heures 30.

Une petite heure plus tard, en sortant du ciné, Anne-Sophie, stagiaire à Rue89, tombera, boulevard des Italiens, sur des dizaines de poubelles calcinées dont les détritus jonchent le sol. Un peu plus loin, « un policier apparemment blessé au bras ». Deux cars de police étaient arrivés et on commençait à embarquer une vingtaine de manifestants.

2 commentaires sélectionnés

Portrait de Fabienne Gallaire

De Fabienne Gallaire

Journaliste | 02H13 | 30/01/2009 | Permalien

Les charges ont commencé bien avant 20h passés : plusieurs personnes sont arrivées vers 19h30 aux urgences de l'Hôtel-Dieu, suite à une charge sans sommation, ni gaz lacrymo préalable.

Portrait de Arnaud

De Arnaud

étudiant | 02H33 | 30/01/2009 | Permalien

Devant le cortège éducation, qui avait l'air assez gros (je n'en voyais pas la fin), on est arrivé au niveau de Grands boulevards. Le cortège avait été scindé en deux, sans trop de raison apparente (mais depuis un certain temps ça en devient banal). Les manifestants étaient plutôt calmes, les anars étaient bien en rangs, service d'ordre de la CNT bien efficace… bref, même les autonomes se faisaient discrets.

Quand il y a encerclement, peu de temps après les manifestants chantent des slogans peu en faveur des condés. La suite on la connait : gazage puissant (en grèce ils ont reçu de nouveaux gaz ultra agressif, je ne sais pas pour celui là, mais j'ai vu bien des filles et des mecs en train de chanceler, complètement aveugles), lancés de bouteilles sur les flics, charges des CRS, gazage lacrymo à main, tabassage à l'intérieur de la manif par des flics en civil - avec de vrais têtes de voyous eux - et matraques télescopiques, et puis on monte les barricades (des poubelles) qu'on enflamme ce qui a trois intérêts : faire barrage aux charges de police violentes et dangereuses, annuler l'effet des gaz, et se réchauffer !

J'ai vu une personne le crâne en sang, il s'était pris un coup de matraque (ou plusieurs plutôt) sur le haut du crâne. Bon nombre de personnes faisaient leur baptême de fin de cortège (en général c'est les étudiants qui trinquent, là ils ont tapé avant), assez hallucinés de ce qu'il se passait, découvrant la pratique sarkozienne de la police. Et les cannettes de bières qui volaient n'étaient pas le simple fait de jeunes… ni de fonctionnaires !

Et également lors d'une charge ratée, un chef de CRS a donné un violent coup de pied dans un scooter garé là, l'envoyant valdinguer, avec un air arrogant. Avant de se faire acclamer ironiquement par les manifestants.

Au final, tout le monde s'est peu à peu dispersé, ça partait en manif sauvage, avec des barricades enflammées jusqu'à Bourse. Et Opéra était complètement cerné. Des dizaines et dizaines de camions de flics déboulaient. Les malheureux qui osaient faire les guignols se faisaient allègrement asperger de lacrymo à main. Les flics semblaient se jeter comme des morts de faim sur les quelques personnes encore sur place.

Au niveau de la casse, une smart à moitié brûlée par les pneus (personne n'avait vraiment de matériel de destruction, à vrai dire personne ne s'attendait à ça ! ), une jaguar vitres éclatées, des gribouillages sur les murs, les vitrines d'une ou deux banques amochées. Et une cinquantaine de poubelles brûlées. « Non pas cette poubelle, c'est la nôtre, prenez celle-là, c'est celle de la mairie » a même lâché un commerçant.

Merci Chloé de ne pas parler de débordements, comme c'est le cas habituellement. Ça n'avait rien à voir avec un débordement, c'était un massacre, et qui annonce la couleur.

13 arrêtés a priori. Rassemblement de soutien à 10h30 devant le commissariat du 8e, faubourg st honoré.

Et Samedi, 15h, à Luxembourg, manif contre l'outil anti-terroriste !

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