(Du tribunal de Lyon) Après les réquisitions du procureur -qui a demandé la relaxe de Siné- et les plaidoiries, le président du tribunal vient d'annoncer la fin de l'audience. Le jugement sera rendu le 24 février.
Cette seconde journée s'est déroulée sans Siné, qui a fait un malaise dans les couloirs du tribunal et est rentré à Paris. Le dessinateur était jugé pour « incitation à la haine raciale » à la suite d'une plainte déposée par la Licra pour deux chroniques parues dans Charlie Hebdo.
13h24. Les avocats de Siné ont le sourire. « Il s'agissait d'un procès bête et méchant », pointe Me Lévy. Me Tricaud accuse :
« Le terme d'antisémite a été galvaudé, instrumentalisé pour virer Siné de Charlie Hebdo et rendre service au président de la République. »
La partie civile regrette, de son côté, la manière dont le parquet a traité le procès :
« J'aurai aimé que l'on s'intéresse au vrai problème. Que les curseurs de limites à ne pas dépasser évoluent avec la société. On parle d'une jurisprudence de 1952 sur l'antisémitisme raisonnable. Nous sommes en 2009. »
13h18. Fernand Schir, le président de la sixième chambre du tribunal correctionnel de Lyon, met fin à l'audience. Il donne rendez-vous aux deux parties le 24 février pour rendre le jugement. Le fait marquant de la matinée et sûrement de tout le procès aura été l'intervention du procureur demandant la relaxe de Siné.
Pendant deux jours, les débats ont plus tourné autour de la personnalité de Maurice Sinet, alias Siné, plutôt que sur les chroniques et leur caractère d'incitation à la haine raciale. Le linge sale de Charlie Hebdo vient d'être lavé en public pendant deux jours. Dans un mois, le tribunal rendra un jugement fort en terme de jurisprudence. L'affaire Siné n'est pas tout à fait finie.
12h53. Dernier acte du procès : la plaidoirie Me Lévy, l'un des deux avocats de Siné. Son intervention se transforme en charge contre Philippe Val : « Il s'est mal conduit, déshonoré, il n'a assumé aucune responsabilité. » Sur les chroniques en elle-même, Me Lévy reprend les arguments du procureur, qui a demandé la relaxe de Siné, pour défendre son client. « La chronique du 2 juillet ne parle que de Jean Sarkozy. Elle n'attaque pas la communauté juive. »
12h12. Les avocats de la défense commencent leurs plaidoiries. Me Tricaud s'emporte contre les raccourcis de la partie civile, ses retours en arrière, les omissions sur le passé de Siné. « Siné ne s'attaque pas à une communauté religieuse mais à quelques pratiques individuelles, ce qui lui paraît être une multiplication des signes ostentatoires. Ce qui lui pose problème, c'est la montée du communautarisme. Il ne dénonce qu'une partie des pratiques d'une communauté », développe-t-il. Juridiquement, il appuie sa plaidoirie sur la jurisprudence du procès des caricatures de Charlie Hebdo. Et de politiser le débat en évoquant l'amitié entre le président de la Licra et Nicolas Sarkozy comme la toile de fonds de ce procès.
11h47. L'avocat de Charlie Hebdo, Me Malka, plaide en qualité de civilement responsable. Il commence par pointer du doigt le fait qu'il défend habituellement Siné, que Me Lévy, l'avocat de la défense, défend habituellement Dominique Sopo, témoin de la partie civile la veille, et et qu'il est ami avec Bernard Henri-Lévy. Avant de résumer :
« Ce que vous avez devant vous, c'est une famille qui se déchire. »
Il ne manque toutefois pas de protéger Philippe Val en accablant Siné, continuant ainsi son travail commencé lors de la première journée d'audience. « Ethiquement, je réprouve les propos de Siné », souligne-t-il. Le procès Siné aura aussi, par moments, été celui de Charlie Hebdo et de Philippe Val.
11h14. Siné peut compter sur un soutien qu'il n'attendait pas forcément : le procureur. « Dans la première chronique, il ne m'apparaît pas que Siné stigmatise une communauté religieuse », analyse-t-il. Au sujet de la chronique sur Jean Sarkozy du 11 juillet, le procureur estime que le terrain judiciaire concerné n'est pas celui de l'incitation à la haine raciale mais de l'outrage ou de la diffamation. « On n'a pas le droit de sortir des phrases de leur contexte satirique. Nous sommes sur le terrain du droit pénal et il ne se réduit pas à la morale. La chronique est politiquement incorrecte mais aujourd'hui tolérerait-on les écrits de Coluche ou Desproges ? On attendait aussi Siné sur des propos de 82 qui incitait,eux, à la haine. Le procès n'a pas été fait en 82, il ne faut pas lui faire payer ses propos de 82. Je vous demande de bien vouloir relaxer Siné », requiert-il.
11h05. Me Jakubowicz conclut sa plaidoirie en demandant au juge de dire que « la ligne jaune a été franchie ». Fidèle à sa ligne de conduite depuis le début du procès, l'avocat de la Licra a dressé le portrait d'un dessinateur qui a une obsession contre les juifs, d'extrême droite, habitués des dérapages. Il se réfère autant aux propos du dessinateur qu'à sa personnalité. Avant de le qualifier de tribun politique et plus seulement de caricaturiste.
9h54. Les plaidoiries commencent avec celle d'Alain Jakubowicz, avocat de la Licra. « Hier, nous avons dit des choses essentielles sur la photographie de notre société et je regrette que Maurice Sinet ne soit pas là aujourd'hui », déplore-t-il. Me Jakubowicz attaque son exercice de style en relisant les chroniques de Siné et en insistant sur le fait que les témoins appelés par Siné étaient « aveuglés » par leur lien d'amitié avec Siné.
9h50. Siné quitte le tribunal et repart à Paris.
9h30. Me Lévy, avocat de Siné, annonce au juge Schir que son client vient de faire un malaise et qu'il ne sera pas présent à l'audience.
9h27. Dans les couloirs du tribunal correctionnel de Lyon, Siné se sent mal. Assis sur un banc, il demande l'intervention des pompiers. Le dessinateur passe habituellement 16 heures par jour sous assistance respiratoire. Hier, il n'en pas a eu et manque de force à l'heure d'affronter le deuxième jour de son procès. Les pompiers le placent sous assistance respiratoire. L'entourage de Siné avoue que le dessinateur va rentrer à Paris.
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De pixote
. | 12H45 | 28/01/2009 |
« 11h14. Siné peut compter sur un soutien qu'il n'attendait pas forcément : le procureur. “Dans la première chronique, il ne m'apparaît pas que Siné stigmatise une communauté religieuse”, analyse-t-il. Au sujet de la chronique sur Jean Sarkozy du 11 juillet, le procureur estime que le terrain judiciaire concerné n'est pas celui de l'incitation à la haine raciale mais de l'outrage ou de la diffamation. “On n'a pas le droit de sortir des phrases de leur contexte satirique. Nous sommes sur le terrain du droit pénal et il ne se réduit pas à la morale. La chronique est politiquement incorrecte mais aujourd'hui tolérerait-on les écrits de Coluche ou Desproges ? On attendait aussi Siné sur des propos de 82 qui incitait,eux, à la haine. Le procès n'a pas été fait en 82, il ne faut pas lui faire payer ses propos de 82. Je vous demande de bien vouloir relaxer Siné”, requiert-il. »
Bravo Monsieur le Procureur, nous espérons une plainte pour diffamation envers » le président de la Licra « l (le frère du copain de Sarkozy) le premier a avoir lancé l'histoire de la conversion au judaisme du catholique Jean Sarkozy fiancée à une riche héritière de confession juive.
Est-il diffamatoire de voir en Jean Sarkozy un opportuniste mis en place par son “papa se prenant pour le roi de France” à des postes non mérités ?
Coluche et Desproges sont des humanistes et n'auraient pas supportés de voir les palestiniens subir une oppression sans critiquer les exactions les violations du droit international, l'occupation, le vol des terres , les crimes de guerre commis par des israeliens.
Et seraient taxés aujourd'hui d'antisémites pour leur soutien aux palestiniens.
La Licra a pensé se servir des propos tenus par Siné en 1982, pour lesquels il s'est expliqué.
Le Procureur a rappelé les faits : Siné n'était pas jugé en 2009 pour des propos tenus en 1982 mais sur deux chroniques différentes sorties hors de leurs contextes et rattachées ensembles.
L'avocat de la Licra n'a pas berné le Procureur en ajoutant une chronique sur les musulmans, pour manipuler et étayer son assignation pour obtenir une condamnation pour antisémitisme ou par défaut incitation à la haine raciale.
Philippe Val a permis la diffusion de cette chronique et n'a pas été mis en cause par ses amis de la Licra .
Ce procès de dupes a été monté dans le seul but d'éviter à Philippe Val de payer des Indemnités à Siné pour l'avoir abusivement viré !
Si Siné est condamné, Philippe Val aurait eu raison de le virer…
De Lavrenti
12H24 | 28/01/2009 |
En esperant que le malaise de Siné ne soit pas grave on peut toujours considérer qu'il soit une bonne chose : il lui aura évité de considérer avec bienveillance un procureur.
Encore un antisemite cherchant à rouvrir les camps d'extermination par ses propos haineux et irresponsables appelant outrageusement à la haine raciale celui là.
Mais ces ilots de lumière dans un monde de tenebre que sont bhl, gluksman et la licra sauront bien publier des articles à la gloire de la morale et la bien pensance dans les organes de presse qualifiés pour ça.
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Quoi qu'il en soit le court propos rapporté du procureur semble tres mesuré, propre à depassioner cette histoire et coherent. Ce qu'on peut attendre de la justice en somme.