Enquete 27/01/2009 à 22h49

Les syndicalistes SUD-rail, des « irresponsables » ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89



A la gare Saint-Lazare à Paris le 13 janvier 2009 (Benoit Tessier/Reuters).

Un mois de conflit sur le réseau Saint-Lazare, achevé en apothéose avec la fermeture de la gare parisienne le 13 janvier : le syndicat SUD-rail s'attire les foudres de tous, usagers, syndicalistes, direction de la SNCF, et même du président de la République. Ceux que Nicolas Sarkozy a taxés d'« irresponsables », Eco89 les a rencontrés.

Pourquoi ce conflit ?

Il ne fait pas de doute, pour Jean-Marie Pernot, chercheur à l'IRES et auteur de « La Grève » (avec Guy Groux aux Presses de Sciences Po, 2008), que le mois de conflit des conducteurs du dépôt de Saint-Lazare « met en lumière le dialogue social impossible à la SNCF ». En regardant de près les tracts de l'intersyndicale, on s'aperçoit, comme l'affirme Jean-Marie Pernot, que « les revendications ne sont pas étroitement corporatistes mais axées sur la sécurité et les effectifs ». En outre, « 94% des arrêts de trains sont dus à des problèmes techniques et 6% à des grèves, les voyageurs le savent bien ».

Les « mécanos » (nom des conducteurs dans le jargon cheminot) de SUD insistent beaucoup sur les « problèmes de sécurité liés à la hausse de la productivité ». Ils témoignent :

« Les freinages d'urgence sont en forte hausse car il nous arrive de nous endormir en conduisant, et les “gares bouffées” (oublis d'arrêt) se multiplient aussi. Ca fait un moment que la cocotte minute menace d'exploser. Sur le réseau Saint-Lazare, on ne cesse d'ouvrir des lignes et d'augmenter le cadencement alors que le nombre de cheminots est passé entre 2004 et aujourd'hui de 750 à 700. Le sous-effectif est comblé grâce à du personnel volant venu d'autres régions et qui touchent des primes allant jusqu'à 1700 euros par mois. A cause d'eux, on nous refuse nos congés, notre avancement de carrière est bloqué et nos horaires se dégradent. Pepy ne cesse de promettre plus de régularité, nous, on dit juste que c'est impossible sans moyens supplémentaires ».

Notons que le conflit s'est terminé sur des promesses de mise en formation de 84 jeunes et non par des hausses de salaires. « Une grève altruiste » en somme, pour Christian Chevandier, auteur de Cheminots en grève ou la construction d'une identité (1848-2001) (Maisonneuve et Larose 2002). Cet historien a noté depuis la grève de novembre 2007 sur la réforme des régimes spéciaux que :

« Les cheminots se battent pour les générations futures, ont une conception moins virile qu'avant de la grève, d'où la nécessité de convaincre les non grévistes, notamment chez SUD. »

SUD est-il responsable de la fermeture de la gare Saint-Lazare ?

La fermeture de la deuxième gare de France, de 10 heures à 19 heures le 13 janvier, a suscité beaucoup d'émoi et fait remonter la ritournelle de la « prise en otage » des usagers par des syndicalistes extrémistes. La veille à 19h40, un conducteur a été tabassé en gare de Maisons-Lafitte. A la prise de service le lendemain matin, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre et rapidement, tous les conducteurs invoquent le « droit de retrait », prévu en cas danger grave et imminent, pour cesser le travail sans préavis. Plus aucun train ne circulant, la direction a craint un mouvement de panique de passagers mécontents et fait fermer la gare. SUD et la direction se renvoient la responsabilité de ce dénouement, mais pour SUD, une telle agression était inéluctable :

« On sentait monter le risque d'agression depuis un moment, la direction de la SNCF alimentait la haine contre nous, relayée sur des blogs et sur Facebook où s'est créé un groupe “Pour qu'on abatte les responsables syndicaux SUD-rail à Paris Saint-Lazare”. »

En assemblée générale, la reprise du travail est votée dès 14 heures, mais il a fallu attendre 19h10 pour que le premier train reprenne du service. Pour SUD, « la direction a fait traîner le stylo » mais pour cette dernière, il fallait simplement « le temps de réorganiser le trafic ».

SUD est désormais présenté comme seul responsable de la fermeture de la gare, mais c'est l'ensemble des conducteurs qui ont invoqué le danger grave et imminent pour se mettre en droit de retrait. La SNCF glisse qu'il n'y avait « pas plus de danger ce jour-là sur ces lignes qu'avant ». Dans un document interne de la SNCF qu'Eco89 s'est procuré, il est écrit :

« Cette coagulation du conflit, fondée sur l'amalgame d'un conflit long et de l'agression d'un conducteur, est inusuelle et a présenté un caractère tout à fait imprévisible. »

Une chose est sûre, la fermeture de la gare n'a pas seulement coûté cher à l'entreprise qui a promis d'indemniser les passagers, elle a durablement entamé l'image de SUD-rail. Et permis de réinterpréter le mois de grève précédent sous l'angle du « trublion anarcho-syndicaliste » dont l'objectif serait d'arriver en tête aux élections professionnelles de mars en montrant « ses muscles face à son puissant concurrent, la CGT. Et de se présenter comme le seul vrai syndicat contestataire capable de faire plier Guillaume Pepy, président de la SNCF », comme l'écrit Le Figaro dans l'article SUD-rail ou la stratégie du blocage.

La méthode de la grève courte est-elle scandaleuse ?

C'est une « faille » de la loi sur le service minimum de 2007 que ce syndicat a décidé d'exploiter habilement. Mais ce n'est pas la première fois et il ne l'a pas fait seul puisque, du 14 au 31 décembre, c'est l'Intersyndicale CGT CGT-FO SUD-rail et FGAAC qui donnait le mot d'ordre de grève. La CGT a négocié de son coté et s'est retirée du conflit le 31 décembre.

La « grève de 59 minutes » a des avantages : elle permet de limiter les pertes en salaire, de faire durer plus longtemps un conflit en coûtant moins cher aux grévistes. Mais contrairement à ce qui a pu être écrit, c'est une heure de travail qui est prélevée, soit 13,16 euros pour un cheminot en milieu de carrière. Un syndicaliste de SUD-rail témoigne :

« On a mené deux grèves en parallèle, des 59 minutes en prise de poste et des préavis de 24 heures pour pourrir le conflit. Les grèves courtes sont compliquées à organiser pour nous car il faut déclarer 48 heures à l'avance l'intention de faire grève et il faut être suffisamment nombreux pour que ça tienne. En tournant avec les autres syndicats et des non encartés, ça a marché. »

Le trafic n'a été que légèrement perturbé, mais suffisamment aux yeux de la SNCF pour qu'il faille déclencher le service minimum. Ce que conteste SUD :

« Si la SNCF déclarait au STIF, l'autorité organisatrice des transports en Ile-de-France [qui est sa tutelle] qu'elle assurait un trafic normal et qu'elle ne le faisait pas, cela lui coûtait des pénalités. Elle a aussi fait ce choix pour monter les usagers contre nous. »

Problème, la direction avait fait appel à du personnel de remplacement et n'affectait pas de train aux grévistes à l'issue de leurs 59 minutes de grève. Une guerre des nerfs, pour SUD :

« On a passé des journées entières à ne rien faire et, vu qu'on ne roulait pas, on a été privés des primes qui constituent un tiers de nos revenus. C'est une discrimination. »

Contactée, la direction se défend en plaidant le fait qu'une « absence d'une heure en début de service nous désorganise complètement et on ne peut plus affecter de train car le train est parti ».

Pour Jean-Marie Pernot, il n'y a pas d'abus de la part de SUD, exploiter une faille dans la loi « prouve juste que la loi était mal ficelée. Elle prenait pour modèle l'alerte sociale de la RATP, mais on voit bien qu'on en est loin. »

Pourquoi tout le monde s'acharne contre eux ?

SUD est devenu un bouc émissaire bien pratique pour le gouvernement, qui profite de la campagne de sape menée par la direction de la SNCF contre ce syndicat. Mais il incarne surtout une nouvelle génération de syndicalistes, qui a refusé de s'institutionnaliser.

SUD (l'acronyme de solidaires unitaires démocratiques) est né après les grèves de 1995, d'une scission de la CFDT. Il a certes repris un héritage trotskyste de cette dernière, mais il n'a aucun lien avec le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, outre le fait que ce dernier soit militant de base à SUD-PTT. Henri Vacquin remarque que :

« Ils sont en rupture avec les autres syndicats parce qu'ils sont bien plus proches de leur base, les militants sont mieux formés, et ils ont remplacé la CGT dans le rôle de syndicat qui fait peur au patronat, avec le couteau entre les dents. »

Leurs méthodes sont plutôt libertaires, avec un recours permanent à la base, un respect du vote en AG. Ce qui leur a permis de faire durer le mouvement de Saint-Lazare, c'est l'engagement des non-syndiqués et le refus de la direction d'entamer un dialogue jusqu'au moment critique de la fermeture de la gare Saint-Lazare. Pour Jean-Marie Pernot, il ne fait aucun doute que :

« Ce sont les agressés plus que les agresseurs, on leur attribue une tendance trotskiste, ce qui est ridicule et faux. Trouver des boucs émissaires est toujours un moyen facile pour les pouvoirs en place d'assurer leur tranquillité ».

Que va-t-il se passer après ?

Le gouvernement a annoncé des ajustements à la loi sur le service minimum selon la ritournelle droit à se déplacer qui ne doit pas être menacé par le droit de grève.

Or, selon les premières réflexions du député Eric Ciotti, qu'Eco89 s'est procurées, il est question d'instaurer un « droit de réquisition » du préfet en cas d'atteinte caractérisée et prolongée à la liberté de circuler. Une liste d'agents volontaires serait établie pour suppléer leurs collègues en cas de grèves spontanées. Ils toucheraient une prime incitative journalière. L'instauration de « jaunes » officiels, en somme. Pas sûr qu'il y ait beaucoup de candidats pour devenir « briseurs de grève officiels », malgré la prime. De toutes façons, un tel texte aurait de fortes chances d'être retoqué par le Conseil constitutionnel.

Article modifié le 28/01/2009 à 11h00. L'auteur de la proposition de loi n'est pas Jacques Kossowski mais Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes.

Photo : à la gare Saint-Lazare à Paris le 13 janvier 2009 (Benoit Tessier/Reuters).

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  • Les Chats
    • Posté à 23h22 le 27/01/2009

    « Les freinages d'urgence sont en forte hausse car il nous arrive de nous endormir en conduisant, et les “gares bouffées” (oublis d'arrêt) se multiplient aussi. Ca fait un moment que la cocotte minute menace d'exploser. Sur le réseau Saint-Lazare, on ne cesse d'ouvrir des lignes et d'augmenter le cadencement alors que le nombre de cheminots est passé entre 2004 et aujourd'hui de 750 à 700. »

    Ils ont raison, c'est inadmissible de faire des économies sur le personnel et sur notre sécurité. Si ça continue ça va être comme au Royaume-Uni, il faut refuser la dégradation du service public.

    « Le sous-effectif est comblé grâce à du personnel volant venu d'autres régions et qui touchent des primes allant jusqu'à 1700 euros par mois. A cause d'eux, on nous refuse nos congés, notre avancement de carrière est bloqué et nos horaires se dégradent. »

    Mais c'est voulu pour diviser les gens, une façon indirecte de se débarrasser des fonctionnaires qui petit à petit deviendront minoritaire et ainsi privatiser la SNCF.

    « Leurs méthodes sont plutôt libertaires, avec un recours permanent à la base, un respect du vote en AG “

    Bravo Sud, ils font mieux que tous les autres syndicats, on attend que les administrations de gauche, pardon je voulais dire du PS, fassent rentrer Sud.

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  • hedona
    • Posté à 23h33 le 27/01/2009

    Je suis peut-être stupide, mais je ne vois pas en quoi le fait de vouloir créer un « service minimum » est si intolérable. Ce sont quand même les travailleurs, qui à chaque qu'il ya une grève des transports sont pénalisés.

    A la radio, lorsque les journalistes ou autres catégories sociales font grève, un service minimum est assuré et certains sont « recquis ».
    J'estime que tout service public doit avoir un service minimu par respect des citoyens.

  • désinscrit-
    • Posté à 00h03 le 28/01/2009
    • Internaute

    Or, selon les premières réflexions du député Jacques Kossowski, qu'Eco89 s'est procurées, il est question d'instaurer un « droit de réquisition » du préfet en cas d'atteinte caractérisée et prolongée à la liberté de circuler. Une liste d'agents volontaires serait établie pour suppléer leurs collègues en cas de grèves spontanées

    Je suis un peu septique là dessus, par rapport à ce qui c'est passé à St-Lazare. C'était pas une grève (le jour de la fermeture) mais l'exercice du droit de retrait.

    En plus au regard de la chronologie donnée par SUD, préavis sur les grèves de 59min. en novembre pour décembre, interruption unilatérale des négociations par la direction du 23 déc. au 5 janvier (pour cause de vacances au ski surement ? ), jusqu'à l'agression (Là SUD accuse le président d'une déclaration maladroite le 10 janvier mais bon, c'est leur point de vue), bref la direction n'a pas mis beaucoup de bonne volonté pour négocier avant la grève (en novembre). Facile d'accuser de tous les mots un syndicat qui a finalement obtenu gain de cause, après un mois de grève (qui aurait pu être évité), une agression (qui aurait pu être dramatique) et une fermeture de gare décidé par la direction.
    Le pourrissement c'est le sport national des patrons qui « prennent en otage » (pour reprendre leur tic de langage idiot) non seulement les clients mais aussi les salariés.

    Pour entendre les explications d'un responsable de SUD (peu à l'aise à la télé mais très clair et précis) regardez « mots croisés » (France2, Y. Calvi) de cette semaine ; -)
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  • désinscrit-
    désinscrit- répond à hedona
    • Posté à 00h17 le 28/01/2009
    • Internaute

    Si il y a un service minimum des transports (c'est à dire un service pas complet) il y en aura toujours qui ne pourront pas se déplacer, qu'est ce que ça changerai ?
    Tant mieux pour ceux qui en profiteront et tant pis pour les autres ? belle mentalité.
    Ou alors chacun (dans un soucis d'égalité) pourra demander un train à l'heure qu'il souhaite ?

    C'est comme les gardes d'enfants dans les écoles, c'est intolérable les jours de grève et suite à la malheureuse tempête dans le sud-ouest du week-end dernier (ou pendant les intempéries, neige, inondations,...) les écoles ont été fermées sans préavis et tout le monde s'en est accommodé (grâce à un peu de solidarité)

    On ne peut pas comparer des services public d'urgence (pompiers, hôpitaux,...) qui touchent à la sécurité des personnes, aux autres services.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 05h52 le 28/01/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    Erreur d'analyse concernant la prétendue impopularité de SUD. Ce n'est pas parce que de nombreuses personnes sont mécontentes, que certains ont même agressé des cheminots, que ces gens sont représentatifs. Beaucoup parmi ces mécontents seront d'aiilleurs grèvistes jeudi. Tout au contraire, en cette période de tension, SUD « fait le plein » du côté des cheminots, et est en passe de supplanter la CGT.
    C'est un peu ce qui s'est passé en Guadeloupe où les « voyous » de l'UGTG ont fait plus de 51% aux élections prudhommales, les salariés se détournant des syndicats traditionnels.
    Les médias, comme toujours, retardent d'un wagon ou appréhendent les problèmes par le petit bout de la lorgnette qui les intéresse.
    Non, Sud-Rail n'est ni trotskyste ni dirigé par des trotskystes. Ce sont plutôt des libertaires qui en sont ici à l'origine. Tout le monde - enfin ceux qui s'intéressent à la chose - sait cela.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 07h22 le 28/01/2009
    • Internaute
      yetiblog.org

    UNE PETITE ANECDOTE EN PASSANT

    Rappelons juste un petit fait de rien du tout que l'on oublie parfois de mentionner quand on parle de cette grève de Sud à la gare St Lazare :

    Les grévistes ont obtenues satisfaction sur la plupart de leurs revendications !

    Derrière le paravent commode du « mécontentement des usagers » et du « service minimum » qu'il convient bien sûr de garantir, gageons qu'il y a pour les pouvoirs publics et la direction de la SNCF, la rage bilieuse d'avoir dû pour une fois céder sur toute la ligne ; -)

  • Jaycib
    • Posté à 15h11 le 28/01/2009

    Je veux bien qu'on dise que les gens de Sud ne sont pas des irresponsables, mais le syndicat lui-même s'inscrit sans rechigner dans la tradition anarcho-syndicaliste, à savoir celle qui vise à établir un « rapport de forces » avec le patronat, ce qui veut dire se rapprocher de la ligne qui fut celle de la CGT dans les années 50 : on n'obtient de résultats qu'en contraignant les patrons à accepter les revendications des travailleurs quand il n'existe aucune autre solution pour le patronat. C'est une politique du jusqu'au-boutisme à laquelle la CGT a renoncé depuis l'effondrement du PCF, une politique qui s'inscrit dans le vieux contexte de la lutte des classes. La seule différence notable est qu'en 1950, le PCF dictait sa conduite à la CGT, alors que Sud donne la primeur aux AG, ainsi que le dit l'article, conformément à la thèse de la démocratie directe.

    Il n'empêche. La « stratégie » de Sud consiste à s'affronter à la direction de l'entreprise chaque fois que cela est possible, quelles que soient les intentions de réduction des acquis de ladite direction, alors que la CGT s'inscrit désormais résolument dans une politique de négociation préalable.

    Le problème est que Sud ne s'appuie pas sur un mouvement revendicatif politique crédible. C'est bien pourquoi il s'efforce de se constituer une telle assise, par delà ses rangs, au sein d'une gauche encore inorganisée mais dont il espère qu'elle verra bientôt le jour, à force d'affrontements, grâce à Besancenot et d'autres (vestiges du PCF, Parti de Gauche, etc.) à la gauche du PS « réformiste ». C'est un vieil espoir qui n'a jamais triomphé des circonstances dans le passé.

    Il est quand même intéressant que le meilleur allié « objectif » de Sud soit Sarkozy, qui n'a pas cité le nom de Sud par accident ! Sarkozy fait le pari que la lutte des classes, c'est fini, et qu'il ne se trouvera pas grand monde pour rallier les rangs d'un syndicalisme de contestation et de « pourrissement » en période de crise. Ca, c'est la réalité, quelle que soit la légitimité du combat mené par Sud-Rail contre la direction de la SNCF.