A Lyon, une journaliste du Progrès a été sanctionnée pour avoir rapporté des propos racistes tenus dans une manifestation pro-israélienne.

L'affaire remonte au 12 janvier mais elle n'a été médiatisée à l'échelle nationale que lundi, via le blog des correspondants de Libération à Lyon. Dans un article daté de ce jour-là, Muriel Florin, journaliste au journal lyonnais Le Progrès, couvre une manifestation pro-israélienne en marge de la guerre de Gaza.
En toutes lettres, elle rapporte des propos violemment anti-arabes tenus à cette occasion. Bien qu'entre guillemets, ce sont ces propos qui ont valu à la journaliste d'être en délicatesse avec sa hiérarchie.
Malheureusement, Rue89 n'a pas lu Le Progrès le 12 janvier et n'a donc pas pu relever in extenso le papier de Muriel Florin. L'article n'étant plus disponible sur le Web (le site du Progrès affiche un message d'erreur à cette entrée), nous nous en tiendrons aux extraits publiés par LibéLyon.
La journaliste du Progrès cite un certain Roland, et publie :
» « Ils n'ont qu'à partir. S'ils restent, c'est qu'ils veulent mourir. Les Arabes sont des menteurs et des voleurs et la presse française les soutient. » 'Ils sont violents, brutes et haineux », ajoute sa voisine. Qui ça ? « Les Arabes », souffle-t-elle. Un jeune homme proteste. « Ne dites pas cela. Nous voulons tous la paix… » «
Concrètement, la rédaction en chef du journal lui reproche “des propos tombant sous le coup de la loi”, en l'occurrence dans la mesure où ils inciteraient à la haine raciale. Xavier Antoyé, le rédacteur en chef qui avait avalisé l'article le soir du bouclage, n'est autre que celui qui a menacé Muriel Florin d'un avertissement. Malheureusement, il a refusé de prendre Rue89 au téléphone.
L'argument juridique est discutable
Après la bronca qui a suivi au sein du journal, la hiérarchie aurait promis de se contenter d'une “lettre d'observation”, mais n'aurait pas renoncé à voir dans l'article de sa salariée des propos qui sortent des clous de la loi.
On peut s'interroger sur les motivations d'une rédaction en chef qui décide de ne pas publier de tels témoignages lorsqu'ils s'expriment au grand jour. Officiellement, l'argument est juridique. Sur ce plan, c'est vrai que la loi prohibe explicitement l'incitation à la haine raciale. Au regard de la loi, c'est un délit défini par Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 .
Or tous les avocats que Rue89 a pu interroger depuis vingt-quatre heures à ce sujet sont formels : tant que le journaliste se borne à “rendre compte de la réalité en prenant la distance nécéssaire avec les propos tenus”, il n'est pas sous le coup de la loi.
Alors qu'une de ses consoeurs trouve cette histoire “tout bonnement délirante”, Me Jean-Paul Lévy ne nie pas qu'il y a, dans la jurisprudence, plusieurs cas de poursuites dans des circonstances comparables. Mais il se souvient que “toutes ces affaires ont terminé par une relaxe” :
“Si l'on ne peut plus rapporter de propos quelle que soit leur dureté, on est dans une absurdité complète. Il est important de pouvoir donner écho à ces faits, entre guillemets, sans que la journaliste soit passible de diffamation.
Au-delà des moeurs journalistiques, on peut aussi se demander si la société n'a pas plus à gagner qu'à perdre à s'autoriser à se confronter à ses reflets violents ou xénophobes. En 2002, alors que Jean-Marie Le Pen passait la barre du premier tour à la présidentielle, pas mal de rédactions regrettaient de n'avoir pas assez anticipé, trop peu pris le pouls de l'opinion. De fait, savoir s'il faut, ou pas, tendre le micro au leader frontiste relève de la vieille arlésienne.
Le Pen à l'Heure de vérité
Pourtant, dans les soutes de l'INA, on constate que l'expression décomplexée de vues racistes était plutôt aisée, auparavant. Or c'est précisément parce qu'il le cite et lui donne la parole que Jean-Louis Servan-Schreiber parvient à confronter Jean-Marie Le Pen à son ADN idéologique. Lequel arguera de ‘propos virils’ quand on lui rappelera qu'il erructait contre ces immigrés qui ‘coucheront avec votre femme, votre fille, et même votre fils’. A revoir sur le plateau de L'Heure de vérité, en 1984. (Voir la vidéo)
Quelques années plus tôt, c'est dans la rue, façon microtrottoirs, que l'on interviewait assez volontiers les gens sur leurs élans racistes. A notre connaissance, le reporter au bout du micro n'avait pas été menacé de mise à pied. (Voir la vidéo)
Moins violent, ‘le bruit et l'odeur’ ?
Une autre époque ? Une parole populaire loin de l'élite républicaine ou politique ? A voir : Jacques Chirac et ‘le bruit et l'odeur’, c'est en 1991. Son discours est certes celui du patron du RPR véhément qu'il est alors. Mais c'est aussi celui d'un ancien Premier ministre, qui arrivera à l'Elysée seulement quatre ans plus tard. (Voir la vidéo)
Dans les rangs du RPR, le lendemain de cette fameuse saillie, les militants ne trouvaient ‘rien à redire’ aux propos de leur chef de file. Sur cette dernière vidéo tirée des archives, l'un d'eux souligne même que ‘il y a longtemps qu'on attendait une phrase comme celle-là’. (Voir la vidéo)
A l'époque, Jacques Chirac assumait avoir voulu ‘sortir de la langue de bois’ et ajoutait pour la postérité ‘et ce n'est pas raciste que de dire cela’. Toutes les rédactions d'alors en France avaient relayé ses propos.
Reste à savoir si parler d'un étranger en brassant l'odeur de ses mergez, ses ‘trois ou quatre épouses’ et son habileté à usurper les allocs était moins ‘violent’ que de laisser un manifestant dire des Arabes qu'ils sont ‘menteurs et voleurs’.
A lire aussi sur Rue89 :
► Racisme : Siné, Dieudonné, Guaino… chasse aux sorcières ?
► Tous les articles sur le racisme sur Rue89
Ailleurs sur le Web :
► Une journaliste avertie pour avoir rapporté des propos racistes sur LibéLyon
► Peut-on relater des propos racistes dans la presse sur le blog Diner's room
Photo : des micros de journalistes lors d'une conférence de presse (Chaiwat Subprasom/Reuters)




















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De Lairderien
00H47 | 28/01/2009 |
Je me pose une question :
La sanction de la journaliste serait elle liée au fait qu'elle couvrait une manifestation pro-israélienne, au cours de laquelle elle a entendu et relevé des propos racistes envers les arabes ? ? ?
Ce pourrait il qu'on lui reproche d'associer racisme anti-arabe et pro-israélien ? ? ?
Non, je dois certainement me tromper et/ou voir le mal la ou il n'est pas ! ! !
à Lairderien
De impius ia ium
Responsable communication | 09H58 | 28/01/2009 |
Bonjour,
Voilà donc enfin mon premier post, mûrement réfléchi quant à l'utilité de participer à des débats qui ne débattent pas… Mais se borne à afficher des avis, les uns aux côtés des autres…
Je me permets donc de vous répondre, pour donner un peu plus de sens à vos paroles, car vous avez bien soulever le problème.
Dois-je rappeler que la France est un pays libre ? Et que la liberté se gagne, que la France est un pays laïc, et que la laïcité est un combat.
Oui le racisme à le droit de citer dans un pays comme la France, car c'est un pays où l'on a le droit d'expression, parce que la démocratie défend ce droit.
Rousseau avait d'ailleurs bien noté cela, et doutait de la longévité d'un système qui possédait en son sein la possibilité de le détruire ( un débat que semble avoir clôt les grandes démocraties du monde, en défendant l'idée que la démocratie (en tant que système) est plus importantes que ses valeurs.
Oui il existe de grandes injustices, de grands problèmes liés à la liberté d'expression, mais la France à pris l'habitude d'être fataliste…
Ainsi à qui la faute ?
Au maître qui maltraite son esclave, ou à l'esclave qui supporte sans broncher…
J'ai actuellement quitté la France, et de pouvoir comparer la France et d'autres pays, et surtout de voir comment est traité l'information dans le reste du monde fais bien réfléchir quant à ce qui se passe en ce moment en France…
Enfin, plus bas on tombe, …
à impius ia ium
De supprimé à la demanande du riverain 23 avril
... | 10H50 | 28/01/2009 |
« voir comment est traité l'information dans le reste du monde fais bien réfléchir quant à ce qui se passe en ce moment en France…
Enfin, plus bas on tombe, … »
Bonjour, j'aimerais savoir s'il est possible que vous développiez un peu plus, car c'est très intéressant.
à Lairderien
De Yvon le Zébulon
Retraité | 19H01 | 28/01/2009 |
Ou bien pro Arabe et Anti Israëlien, ce qui vous en conviendrez, est généralement considéré comme étant beaucoup plus grave.
De TARPON
01H10 | 28/01/2009 |
un article à faire sur les derives du CRIF , ?
à TARPON
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 01H12 | 28/01/2009 |
(annulé - réponse sans objet la question ayant changé ; -)
à Network 23
De TARPON
01H15 | 28/01/2009 |
Merci,je viens de voir la reponse plus haut .
De caro
délinquante avérée | 01H07 | 28/01/2009 |
Il y a peut être la peur du rédac chef d'être accusé de laisser libre court à l'importation du conflit (pour rester soft) en France. La personne interrogée parle bien des « Arabes » et non des « Palestiniens ». Toutes les autorités ont peur de cette éventuelle importation.
Certains extrémistes, et d'un côté et de l'autre, font preuve d'un racisme écoeurant. J'ai reçu une vidéo d'une petite partie de la manif parisienne appelant au Djhad contre les « sionistes » en montrant des panneaux sur le parcours. Est-ce que ces propos ont été repris dans la presse ? C'est aux organisateurs à régler ces problèmes de propos racistes et au CRIF à le faire de son côté.
Les journaux doivent-ils en faire part ? oui, en restant objectifs. Il n'y a pas de raison de garder le silence. Tout est dans le doigté et le savoir faire du (de la) journaliste. Bel exercice d'équilibriste.
à caro
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 01H18 | 28/01/2009 |
100% d'accord Caro ! mais il me semble qu'elle a manqué un peu de doigté, sur ce coup-ci. Ca en fait pas une criminelle pour autant, mais les mots n'en tuent pas moins…
Au fait Caro les points 90 et suivant de la résolution sur les droits de l'homme devraient t'intéresser, ça commence par
« 90. se déclare choqué par le sort tragique des personnes qui meurent en essayant d'atteindre le territoire européen, ou qui tombent entre les mains de passeurs ou de trafiquants d'êtres humains ; “ (il était temps ! )
et se poursuit par
‘101. rappelle que la détention administrative d'enfants ne devrait pas exister et que les enfants accompagnés de leur famille ne devraient être détenus que dans des circonstances vraiment exceptionnelles, pour la durée la plus limitée possible et seulement si une telle détention est dans leur intérêt, conformément aux articles 3 et 37, point b), de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant ; ’
(on déplore l'acceptation de l'exception)
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do ? type=TA&language=FR&refere…
à Network 23
De caro
délinquante avérée | 01H35 | 28/01/2009 |
je trouve qu'il faudrait afficher les points 90 et suivants, surtout le 101, sur les murs des CRA. Cependant, je ne vois pas l'intérêt de la détention des enfants et de leur famille !
à Network 23
De Yvon le Zébulon
Retraité | 19H05 | 28/01/2009 |
Il me semble bien que nous nous acheminons lentement mais surement vers une société Française où les journalistes n'auront tout simplement plus du tout le droit de dire quoi que ce soit avant d'en référer en 3 exemplaires à qui de droit :
° pour l'instant, les journalistes sont en ligne de mire. Les Internautes dont nosu sommes sont aussi dans la perspective et je pense que nous pouvons nous attendre à être forcés de la boucler !
Vous êtes d'accord ?
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 01H13 | 28/01/2009 |
Au-delà de ce cas particulier, il y a de vraies questions que beaucoup tentent d'évacuer en invoquant la liberté d'expression, interrogations qui ne sont pas seulement de l'ordre juridique, mais qui concernent peut-être d'abord le champ médiatique et la conception que l'on se fait du journalisme.
En effet, suffit-il - et je précise à nouveau que je ne parle pas de ce cas en particulier, mais de ce qu'il soulève - suffit-il donc de mettre des guillemets à des propos haineux pour pouvoir se dire, avec bonne conscience, avoir fait un reportage « objectif » ?
Certes, rien ne sert de se voiler la face et de faire semblant que nous vivons dans un monde formidable. Mais pas sûr qu'à tous les coups, relayer des propos racistes ou négationnistes, même à l'abri de guillemets, soit le meilleur moyen de l'améliorer.
Je lis le point 80 de la Résolution du Parlement européen de janvier 09, concernant l'état des droits de l'homme * :
prie instamment les États membres de poursuivre avec détermination toute manifestation de haine s'exprimant dans des programmes médiatiques racistes et des articles propageant un discours intolérant, par des crimes haineux envers les Roms, les immigrés, les étrangers, les minorités nationales anciennes et les autres groupes minoritaires, de même que par les groupes musicaux et à l'occasion de concerts néo-nazis, qui souvent peuvent se dérouler en public sans aucune conséquence ; conjure également mouvements et partis politiques exerçant une grande influence dans les médias de s'abstenir de tout discours de haine et du recours à la diffamation contre des groupes minoritaires au sein de l'Union ;
Alors, certes, relayer avec objectivité des propos haineux ce n'est pas la même chose que de relayer ces mêmes propos, sans guillemets, dans telle feuille de chou d'extrême-droite.
Mais la frontière n'est peut-être pas aussi étanche qu'on pourrait le croire…
____
Maintenant, pour revenir à l'article lui-même ( http://209.85.229.132/search ? q=cache : BJGPOB7KFQcJ : www.leprogres.fr/infos… donc), je note simplement que la journaliste semble avoir cité plus que commentée et expliquée les citations, et que pas une seule fois le mot « raciste » n'apparaît.
Il me semble que la fameuse objectivité journalistique aurait exigé que ce terme apparaisse, afin que les choses soient claires.
* http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do ? type=TA&language=FR&refere…
à Network 23
De Deborah
01H35 | 28/01/2009 |
Chers Correcteurs de copie journalistique, (a posteriori)
Vous êtes beaucoup mieux que les rédac'chefs : ce n'est donc pas la journaliste qu'il fallait (si tant est qu'il le fallait) punir, mais sa hiérarchie !
D'autant que vous ne savez pas ce qui avait été demandé à cette journaliste par son chef.
D'ailleurs, le problème n'est pas « l'objectivité », véritable tarte à la crème des ignorants et des hommes politiques, mais l'honnêteté. J'ai toujours fonctionné comme ça. L'objectivité, chers Correcteurs de copie journalistique qui arrivez après coup, véritables inspecteurs des travaux finis, ça n'existe simplement pas.
Quant aux pressions subies par le Progrès on sait d'où elles viennent, et je trouve plus que troublant que les cheftons baissent leur pantalon à la moindre injonction du CRIF et de ses satellites.
à Deborah
De caro
délinquante avérée | 01H48 | 28/01/2009 |
excusez-moi, mais vous m'intriguez.
Vous êtes honnête, dites-vous. Est-ce que vous habitez Lyon ? que savez-vous des relations entre le CRIF et le Progrès, telles que vous les supputez dans votre dernier paragraphe ? avez-vous des preuves de ce que vous écrivez ?
à caro
De Contrelescons
Israel | 12H24 | 28/01/2009 |
Je serais etonné qu'elle ai une preuve quelconque cette Deborah a deja sevie par des ecrits pas tres recommendables sur d'autres forums…. Et pour le moins pleins de partialité et de partie pris
à Contrelescons
De A Serbe
14H45 | 28/01/2009 |
Pour les preuves de pression du CRIF sur le journal, voir l'article suivant où il est dit :
« Dès le mardi, Le Progrès publie une interview de Marcel Amsellem, le président du CRIF Rhône-Alpes, qui se plaint de la façon dont Le Progrès a relaté le rassemblement au parc de la tête d'or. “Les propos isolés tels qu'ils ont été rapportés d'une personne sur les 1 000 présentes ne peuvent en rien refléter l'esprit de concorde de ce rassemblement. Relater de tels propos a pour conséquence d'attiser la haine et d'exacerber les tensions intercommunautaires, ce qui n'est pas bon pour notre démocratie”, explique Marcel Amsellem. Qui explique également que “les médias”, comme les associations ou les pouvoirs publics, “ont une responsabilité” dans la préservation du “vivre-ensemble” entre communautés. »
http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2009/01/mdias-peut-on-r.html
Et je crois, pour avoir suivi vos écrits dans différents posts, que vous êtes encore moins recommandables.
De Teberli
Enseignant | 01H18 | 28/01/2009 |
Les média ont, comme tout le monde le devoir de promouvoir la vérité, de dénoncer les mensonges, de rapporter les faits et de dénoncer tout ce qui est contraire à la démocratie, à la paix, à la dignité de l'homme, à la liberté, à la justice sociale, au respect des hommes et de la planète.
Dure tâche dans ce monde libéral-capitaliste où les média appartiennent dans leur quasi-totalité aux puissances d'argent, -argent accumulé au détriment des hommes qui l'ont produit et de la planète surexploitée pour les ressources prometteuses de profit et polluée par tout ce qui ne rapporte rien aux confiscateurs de richesses.
Oui, les média ont un rôle à jouer mais ce rôle peut bien se résumer à celui de coupeurs de citrons dans un grand match de football si les journalistes et les lecteurs n'arrivent pas à se libérer des capitalistes qui les étouffent peu à peu, inexorablement.
La liberté se paie souvent au prix fort.
Le 29 Janvier, dans la rue et sur tous les lieux de travail, dans les grèves et les discussions, des décisions importantes peuvent être prises. Chacun est concerné par la lutte anticapitaliste pour la liberté, la justice sociale et le respect de l'homme et de sa planète.
De mmarvin
socialiste tendace coup-de-pied-au-... | 01H39 | 28/01/2009 |
Le seul inconvénient de la liberté d'expression, c'est qu'elle doit, pour être valable, s'appliquer à tous.
Y compris donc, envers les personnes qui n'ont pas la même opinion que soi…
Et donc, par définition, à ceux qui sont contre une telle liberté.
Si cela vous chagrine, vous pouvez toujours rêver aux pays qui ne connaissent pas cette loi, et avoir de tendres pensées pour la Chine, l'Iran, l'Arabie Saoudite, Cuba, et pour les plus nostalgiques pour l'URSS ou l'Allemagne Nazie.
Alors oui, c'est pénible de devoir laisser s'exprimer des abrutis racistes, antisémites, antiarabes, antinoirs ou anti ce-que-vous-voudrez.
Mais c'est le prix a payer pour être libre soi-même.
à mmarvin
De Teberli
Enseignant | 15H13 | 28/01/2009 |
Le capitalisme n'est pas une opinion, c'est un crime permanent contre l'humanité et la planète.
Ce crime est rarement montré du doigt car les média appartiennent dans leur quasi totalité aux libéraux-capitalistes.
La mort de milliers de personnes tous les jours (misère, pollution, guerres etc) est bien la conséquence de ce système qui met l'inégalité comme principe fondateur de la société qu'il crée.
La violence du capitalisme n'a d'égal que son incapacité à distribuer aux hommes la richesse qu'ils produisent, - richesse aussitôt confisquée par les exploiteurs.
Demain 29 Janvier sera la première occasion en 2009 de dire ce que le monde doit être. BONNE ANNEE
à Teberli
De a.guillaume
16H12 | 28/01/2009 |
remplacer capitalisme par communisme et vous obtiendrez a peu près le même résultat
à a.guillaume
De Compte bloqué
polyandrie | 23H55 | 29/01/2009 |
Non vous vous trompez vous obtiendrez PIRE…
Le capitalisme n'a jamais crée de goulag par exemple, ni la Stasi, ni les dictateurs de RDA, de Roumanie, de Bulgarie, etc…
De jackoneil
02H07 | 28/01/2009 |
Ce qui a du ou devrait choqué le CRIF et peut-être la rédaction, c'est bien le fait que le Hamas est qualifié de mouvement de résistance…en conclusion de l'article ! !
C'est là qu'est peut-être l'erreur journalistique !
Muriel Florin conclut :
Mais ce n'est certainement pas demain que le vœu du grand rabbin de Lyon Richard Wertenschlag sera exaucé. « Nous voulons lancer un appel pour manifester pour la paix », avant d'insister sur la responsabilité du mouvement de résistance palestinien. Après avoir chanté la Marseillaise et l'Hatikva, les participants se sont dispersés dans le calme.
à jackoneil
De Léon1
16H40 | 28/01/2009 |
Bonjour,Muriel Robin pouvait qualifier le hamas de mouvement de résistance.Les troupes israeliennes disent ces palestiniens du hamas terroristes Certes, vu les méthodes qu'ils emploient.Souvenons-nous des résistants français pendant la guerre mondiale : les troupes allemandes les appelaient terroristes.C'est triste à penser, mais tuer avec un couteau ou avec un obus c'est criminel dans les deux cas,alors ,si la cause est bonne,qui à raison de se défendre avec ses moyens.Bien sur, la technologie de guerre l moderne est admirée et d'autres méthodes de combat sont barbares.
De Tita
oiseau | 03H08 | 28/01/2009 |
Quelques rappels pourrait aider la justice :
1) un journaliste qui cite n'est pas un journaliste qui partage les idées citées.
2) Le racisme ne peut se démontrer que si on émet deux jugements différents en face d'une part d'un blanc et d'autre part d'une personne de couleur. Pour parler de discrimination, il faut surtout prouver que la différence dans le jugement n'a pas de légitimité : autrement dit que les deux personnes jugées (blanches et colorée) montrent les mêmes compétences, comportements, dans le même contexte. En bref, c'est tout le problème du racisme : vous pouvez démontrer qu'il existe par des statistiques. Par exemple, les maghrébins ayant tels diplômes trouvent moins vite du travail que les « gaulois » ayant le même diplôme. Cependant, au cas par cas, il est très difficile de le démontrer. Un recruteur peut très bien objecter un manque de compétences du candidat. Il est en effet rare qu'un CV refusé avec le nom de Mohamed soit (re)lu 2 minutes après pour être acceptée avec le nom de Durand. Les CV changent avec les candidats et de fait, l'argument de la compétence est plausible et défendable puisque les cv sont différents.
3) La plupart des gens sont racistes, sans s'en rendre compte. C'est ce que montrent les psychologues (voir les test IAT, subtiles, etc…). On retrouve aussi cela pour le sexisme. De fait, généralement, les gens disent de bonne foi « je ne suis pas raciste, je ne suis pas sexiste ». Cependant, les comportements restent emprunt de racisme. C'est ce que les psychologues appellent le racisme moderne (ils parlent aussi de sexisme bienveillant dans le cas du sexisme). Par exemple, deux chercheurs de Dijon (Castel & Lacassagne, 1993) ont fait une étude avec des participants qui affirmaient ne pas être racistes. Les participants avaient à lire un CV, puis écrire une lettre de refus comme s'ils étaient recruteurs. Bien que le contenu du CV soit identique, la photo montrait pour la moitié des participants un blanc et pour l'autre moitié un noir. Résultats : les lettres étaient très différentes selon la photo. Par exemple, « mon cher monsieur » s'appliquait essentiellement au blanc tandis que l'interpellation froide « monsieur » était bien plus utilisée pour le noir, etc…
4) Il y a donc à la fois un racisme et une condamnation du racisme dans chacun de nous. C'est une dualité qui est très forte. C'est dans l'humour que cela se voit le plus. L'humour se base généralement sur un décalage (la chute). Prenons le cas d'une blague sexiste (par exemple, pourquoi les femmes ont des petits pieds ? Pour être plus proche de l'évier). Cette blague peut faire rire parce que le rieur voit justement un décalage entre le sexisme stéréotypique de la chute et la réalité de tous les jours où le sexisme est condamné. Cependant, pour une personne féministe, le sexisme racontée dans la blague correspond déjà à la réalité sexiste de tous les jours (les femmes font effectivement encore plus les tâches ménagères que les hommes…). Pour elle qui est sensibilisée au sexisme qui se cache derrière les « je ne suis pas sexiste », la blague devient alors une expression des stéréotypes, un réceptacle, un véhicule du sexisme et elle ne rira pas. Elle la condamnera. Il en va de même pour le racisme. Une blague raciste peut faire rire ou faire l'objet d'une condamnation.
Oui, une même parole ou un même évènement peut être interprété comme sexiste ou non sexiste, raciste ou non-raciste, drôle ou injurieux, en fonction de cette dualité qui fait rencontrer en chacun de nous le racisme et la condamnation du racisme. Siné en fait l'expérience.
5) La justice est elle-même sujette à caution sur cet aspect. Elle ne fait pas exception. Des études ont montré que lorsque l'inculpé est de couleur la justice le condamnait plus facilement et plus durement (peine plus lourde) que s'il est blanc…
6) Toutes les discriminations sont à combattre, qu'elles portent sur les noirs, les femmes, les homosexuels, les handicapés, les vieux, les jeunes, etc… Cependant, la répression ne sera pas comprise à cause de cette dualité et du fait que chacun d'entre nous restons persuadé de ne pas être raciste (ni sexiste). Sans compréhension, sans prise de conscience, ces condamnations seront non seulement inefficaces mais génératrices de rancune. C'est donc par l'éducation, que le combat pourra se faire utile. Et l'avantage de l'éducation, c'est qu'elle ne remet pas en cause la liberté d'expression.
à Tita
De zoupy
retraitée | 16H47 | 28/01/2009 |
Sans mettre en question la contribution de Tita que je trouve parfaitement judicieuse, j'aimerais savoir ce que pensent les riverains de Rue89 de ces deux plaisanteries palestiniennes que j'ai trouvées à l'adresse :
http://www.alterinfo.net/Une-bonne-blague-palestinienne_a29127.html
Sont-elles à vos yeux :
- racistes
- xénophobes
- antisémites
- sionophobes
- autre ?
à zoupy
De Tita
oiseau | 17H22 | 28/01/2009 |
Je réponds :
- Concernant l'image, je ne vois pas trop de racisme ou quoi que ce soit d'autre. Rien ne montre que le personnage à côté de Moise soit palestinien, arabe ou même juif. Je vois là uniquement deux individus dont l'un est Moïse. Moise a un don. Il s'en sert dans une situation pittoresque (décalée). Ça fait sourire.
- Concernant la blague orale, la dualité est parfaitement présente. Elle est antisémite (bien qu'on parle d'un israélien - d'un ressortissant de l'État d'Israël et non d'un juif, la blague l'associe à un stéréotype méprisant des juifs : voleur. Le représentant d'Israël se sent alors blessé et c'est normal.
Concernant le représentant palestinien il y a deux raisons à son sourire. (1) Quand on est infériorisé (ou dominé) on tend à faire des blagues sur le dominant afin de le désacraliser et de rehausser son estime de soi. Il y a là un aspect rassurant. (2) De plus, à bien y réfléchir, pour un palestinien, l'état d'Israël lui vole réellement sa terre. C'était sans doute aussi un moyen (plus ou moins) subtile pour le représentant palestinien de faire passer le message. Il ne pouvait pas mettre de l'huile sur le feu en disant cela sérieusement, mais déguisé en blague, c'était jouable.
à Tita
De zoupy
retraitée | 21H10 | 28/01/2009 |
Pour ma part, je trouve la première très drôle et attendrissante ; pourtant, c'est bien des juifs, et de leurs mythes, que l'on se moque, dans celle-là.
Je qualifierais la seconde plutôt de « sionophobe » que de raciste ou d'antisémite : ce n'est pas le juif (Moïse) qui est désigné comme voleur, mais bien l'israëlien, et c'est là que réside à la fois le piège et sa drôlerie : c'est le représentant israëlien qui proteste, en tant que tel, qu'il n'y avait pas d'Israëliens à l'époque de Moïse.
à zoupy
De Tita
oiseau | 21H20 | 28/01/2009 |
Le représentant Israélien devait protester. Je n'y trouve pas de soucis. S'il ne l'avait pas fait, ses supérieurs lui auraient sans doute remonté les brettelles. Mais pour être franc, les bretelles devraient être remontées quand même car le représentant israélien est aussi un idiot en protestant qu'il n'y avait pas d'israélien à l'époque.
C'est navrant.
Pourquoi ?
Parce qu'il ne réfute alors pas le stéréotype du voleur. De plus, en disant qu'ils n'étaient pas encore là et que ça ne peut pas être eux, il admet implicitement la vérité du stéréotype (puisqu'il ne dément pas). En gros « ok, on est voleur, mais cette fois, on n'était pas là. Alors sur ce coup, ce n'est pas nous ». Voici le message qu'il a laissé filtré. Pour un diplomate, ce n'est pas très sérieux…
à Tita
De zoupy
retraitée | 21H42 | 28/01/2009 |
Il se fait doublement ou triplement piéger : il se désolidarise lui-même de Moïse et des siens, ce qui aboutit, en outre, à mettre en question le mythe par lequel les israëliens, ou du moins une majorité d'entre eux et de leurs représentants, justifient l'occupation et l'appropriation de la palestine.
à zoupy
De Yvon le Zébulon
Retraité | 21H35 | 28/01/2009 |
Ces deux blagues que je suis allé voir immédiatement ne sont
Ni raciste, ni xénophobes, ni antisémites, ni sionophobes, ni anti cathos, ni anti noirs…ni anti arabes…ni anti boudhistes…ni…ni…
..et ni anti athées non plus !
* Ce sont des blagues, et les blagues c'est fait pour rigoler.
Voir de la méchanceté dans une blague, c'est d'autant plus idiots que les humoristes sont généralement des hommes de coeur.
…mais franchement, que le dessin humoristique est marrant…
car le partage de l'eau et des poissons pose vraiment problème là bas !