Michel Charasse, ancien ministre et toujours sénateur du Puy-de-Dôme, n'a pas adressé ses voeux de nouvelle année à Rue89, comme nombre de politiques l'ont fait, mais à Paul Busuttil, directeur de l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) de Clermont-Ferrand, avec un style très particulier…
Passée la formule de l'homme-de-gauche-qui-combat-le-capitalisme (« J'espère que les riches spéculateurs ne se referont pas, une fois de plus, sur les dos des plus modestes »), ses voeux manuscrits se révèlent bien plus personnalisés :
« En espérant que les enseignants seront enfin formés car pour l'instant ça laisse beaucoup à désirer.
Quand un enseignant m'écrit, je trouve toujours une ou plusieurs fautes d'orthographe et quand il me parle c'est souvent du balbutiement approximatif sauf pour les revendications.
Les IUFM ont été un désastre, mais vous n'y êtes pour rien.
Cordialement. »
S'ils ne contiennent aucune erreur orthographique, pas sûr que les propos de celui qui a été exclu du Parti socialiste en mai ne passent pas pour une faute aux yeux desdits enseignants.
C'est en tout cas l'avis du directeur de l'IUFM concerné. Paul Busuttil a répondu aux voeux du sénateur, « dont les termes [le] surprennent et [le] choquent profondément ». « Cette analyse, résumée dans une formule lapidaire, est la vôtre, mais ne relève d'aucune approche sérieuse d'évaluation. » Et de conclure, en forme de tacle pour la classe politique parisienne :
« L'abandon d'une certaine rigueur dans l'expression écrite et orale de nos contemporains (…) atteint même des personnalités en charge des plus hautes fonctions dans notre pays. »
A lire aussi sur Rue89 :
► Chers politiques, vous m'avez adressé vos voeux pour 2009…





















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De ragondine
ethnologue | 13H50 | 26/01/2009 |
il parle de qui m« sieu Bussuttil dans sa réponse, du “casse-toi pôvre con”. : -) et autres gracieusetés littéraires de notre zébulon national.
veu être ministre m'sieu l'sénateur du club des fumeurs de cigares….
Encore un indécrottable de la lèchecuterie. Y vous plait -ti mon beau mot m'sieu Charasse. Je vous fais un baiser de limace
De renaudot
14H04 | 26/01/2009 |
l'ineffable Charasse ,dont le langage châtié est bien connu
oublie que ces IUFM-qu'il n'a pas tort de mettre en cause-
ont été créés …par lionel jospin !
n'était-il pas lui-même dans ce gouvernement ?
en tous cas ; il le soutenait !
mais le culot et le cynisme décrivent cet individu depuis longtemps !
s'il prenait sa retraite ?
pour faire de la place à plus jeune !
pourquoi pas à plus cultivé ?
sans aucun doute à plus sensé !
De breuillou
14H45 | 26/01/2009 |
ce serait bien que les ministres donnent l'exemple. Voir ci-joint :
http://www.autourdechezmoi.org/article-27133486.html
De Tita
oiseau | 14H53 | 26/01/2009 |
Il est de bon ton que l'orthographe soit soignée car elle aide à la compréhension du discours. Cependant, l'ériger comme le grand critère d'une formation, c'est une peu privilégier la forme sur le fond. Cela pose alors deux problèmes :
1) un problème de diagnostique : si on juge les gens et les problèmes sur leurs formes, est-on à même d'en percevoir la profondeur ?
Ne soyons pas trop sévère sur cela car nous y sommes tous sensible. Si on présente un texte (bourhé de fôte d'otografes) et le même sans les fautes (donc avec le même contenu), les lecteurs inconsciemment vont donner plus de valeur au texte sans faute qu'à l'autre texte (et croire que l'auteur est plus compétent). Des études l'ont montré ; mais ce reste plus une tendance qu'un obstacle définitif.
Bien sûr, l'orthographe est enseignée par des enseignants qui peuvent faire des fautes. Et alors ? Peu de personnes peuvent se flatter de n'en pas faire. Lorsque Mérimée fit sa dictée, Alexandre Dumas (qui est plutôt un nom en littérature) fit 24 fautes. Lorsqu'il apprit que le prince de Metternich n'en fit que 3, il lui demanda « Quand allez-vous, prince, vous présenter à l'Académie pour nous apprendre l'orthographe ? »
Ainsi, avec la même logique, on pourrait écrire des vœux aux « immortels » (noms donnés aux titulaires d'une chaire à l'académie) pour nous plaindre aussi. Si les enseignants font des fautes dans leurs enseignements à quelques élèves, ils ne prétendent pas pour autant faire le dictionnaire et l'enseigner à la nation entière.
2) De manière plus large, le grand crédo des conservateurs de tout poils fut toujours de dire qu'on n'est pas du même monde et qu'on n'a donc pas les mêmes droits ni surtout, les même privilèges. Pour évacuer les problèmes de fond que pose cette approche, ils fixent leur attention sur la forme. Ainsi, le maître pouvait dire à son esclave « comment veux-tu être libre tandis que tu ne sais ni lire ni écrire ? » La propension de Monsieur Charasse au conservatisme m'interroge alors…
De Quercus
enseignant | 16H22 | 26/01/2009 |
Vous ne connaissez pas l'existence de ce rapport, ni de bien d'autres qui vont dans le même sens.
Tout le reste, monsieur Charasse et consorts, n'est que calomnie.
« L'image d'ensemble des IUFM qui se dégage des évaluations conduites par le CNE dans vingt-deux d'entre eux est positive. Pour l'essentiel, et dans un contexte souvent difficile, dont ce rapport fait état, les IUFM remplissent les missions pour lesquelles ils ont été créés. Les avis sur la qualité des jeunes enseignants qui en sortent, recueillis auprès des inspecteurs et des chefs d'établissement rencontrés, sont convergents : ils sont mieux préparés à leur mé-tier qu'auparavant. Le CNE ne peut donc pas valider le bien-fondé d'un certain nombre de procès faits aux IUFM - “pensée pédagogique unique”, “emprise des sciences de l'éducation”, “mépris pour les savoirs disciplinaires” - ou de certaines généralisations hâtives à partir de tel ou tel incident, de tel ou tel témoignage, de telle ou telle statistique, ou de tel ou tel article de presse. »
Extrait du Préambule du Rapport de la Commission Nationale d'Evaluation
Les IUFM au tournant de leur première décennie
18 janvier 2001
la Documentation Française