A debattre 24/01/2009 à 14h18

Obama : pourquoi un BlackBerry s'il ne peut appeler qui il veut ?

Guillemette Faure | Journaliste


Barack Obama au téléphone le 10 novembre 2008 (Kevin Lamarque/Reuters).

A quoi ça sert d’être le président du monde si on n’a pas le droit de téléphoner à qui on veut ? Après discussions, Barack Obama aura finalement le droit de garder son BlackBerry (celui qu’il porte à la ceinture en ville et à la plage à Hawaii).

Mais il devra accepter certaines restrictions.

D’abord il faudra qu’il change d’adresse e-mail. Seul un petit nombre de personnes seront autorisées à lui envoyer des e-mails et ceux-là seront d’abord briefés par la Maison-Blanche, explique le New York Times.

Comme l’observe le Washington Post

, il sera probablement plus facile d’être invité à une after chez Spielberg après les Oscars que d’arriver à s’incruster sur cette liste de destinataires.

A quoi sert un BlackBerry dans ces conditions ?

Bémol à la joie de faire partie de ces happy few, les e-mails du président seront conçus pour être impossible à forwarder (faire suivre).

Non seulement, le président aura peu de personnes à appeler mais il aura aussi peu d’occasions de jouer avec son téléphone, car à croire le Los Angeles Times

, les applications utilisables sur son BlackBerry devront être approuvées par le renseignement américain.

Est-ce qu’il fallait vraiment avoir un BlackBerry si c’était pour appeler dix amis et n’avoir que des applications limitées à disposition ?

Les inquiétudes derrière toutes ces mesures : qu’on puisse hacker l’e-mail du président, ou deviner où il se trouve quand l’information n’est pas publique.

Transition technologique brutale

Pour les présidents précédents, la transition technologique avait été moins violente. Pendant ses huit années à la Maison-Blanche, Bill Clinton a envoyé deux e-mails : un pour voir si ça marchait, et un à l’astronaute John Glenn dans la navette spatiale. George W. Bush y avait renoncé après être devenu président, envoyant un dernier e-mail (de son adresse G94B@aol.com) à ses amis leur signifiant que ce serait le dernier, juste avant d’aller prendre ses fonctions.

Le Washington Post fait remarquer

que deux ans après avoir lancé la campagne électorale la plus high-tech, Obama, en arrivant au bureau ovale a découvert un monde où les ordinateurs sont des denrées rares, une planète sans wifi où les logiciels sont vieux de six ans, où les appels téléphoniques débouchent sur un standard qui sonne occupé...

Et évidemment pas question de compter ses amis sur Facebook ou de s’amuser sur Youtube. De la campagne électorale à la Maison-Blanche, « c’est comme de repasser de l’Xbox à Atari », a confié son porte-parole.

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Photo : Barack Obama au téléphone le 10 novembre 2008 (Kevin Lamarque/Reuters).

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  • ysengrimus
    • Posté à 14h38 le 24/01/2009
    • Internaute 12674

    Rutherford Hayes (président de 1877 à 1881) doit être invoqué ici, en absolue priorité. Pourquoi ? Parce que le hautement obscur Hayes fut le premier président à utiliser un téléphone à la Maison Blanche... L’Histoire n’a pas fait grand cas des résistances qu’il rencontra (certainement) alors. Méditons ici son modeste héritage et évoluons dans les technologies de communication... m’enfin...
    Paul Laurendeau

  • YoshiL7
    • Posté à 19h45 le 24/01/2009
    • Internaute 29840

    Et en France, le président a les memes restrictions d’usage de son téléphone ? car vu les SMS et autres appels qui semblent arriver ou envoyer à tout moment, il a pas l’air très restreint le notre... même si il n’a pas un blackberry je suppose.

  • pmthibault
    pmthibault
    lecteur
    • Posté à 23h18 le 24/01/2009
    • Internaute 67080
      lecteur

    le « sous-développement » technologique de la maison blanche n’est pas une nouveauté, en 2007 un rapport avait révélé la perte de 5 millions d’e-mail stockés sur les ordinateurs et serveurs sans système de sauvegarde.

    article paru sur wired : Lien

    le rapport : Lien

  • iJer
    iJer répond à pablico
     ? ?
    • Posté à 00h24 le 25/01/2009
    • Internaute 63550
       ? ?

    D’autant plus que le Blackberry doit avoir du wifi, et que la géolocalisation par wifi est tout à fait opérationelle en zone urbaine, et fonctionne sur le même principe. Pas d’erreur possible pour celui qui couplerait les deux géolocalisations. A quelques mètres de précision. Y a un bon paquet de président qui se font tirer dessus, faut pas l’oublier, meme notre Chirac y a eut droit, alors Obama, on sait qu’il est une cible de choix pour pas mal d’extrémistes US ou autres.

  • Peureux anonyme
    • Posté à 09h49 le 25/01/2009
    • Internaute 24415

    Il est intéressant de voir comme les lieux de pouvoir sont des sommets de la ringardise.

    On se souvient de Chirac, découvrant la souris à la fin des années 90. Lors des journées du patrimoine, une visite des ministères du coté de la rue de Varenne à Paris permet de remonter le temps d’une bonne vingtaine d’années au moins.

    Et ces gens là prétendent diriger le pays, voire le moderniser ! Ha ! Ha !

    Le prétexte de la sécurité permet de cacher les cadavres dans les placards et de masquer l’incompétence des dirigeants.

    C’est vrai dans l’Etat, comme dans les grandes entreprises. J’ai connu un grand groupe se disant High Tech, dont le Directeur Financier faisait imprimer ses emails par sa secrétaire, rédigeait sa réponse sur papier et la faisait saisir en email par la dite secrétaire. En fait de sécurité, l’intéressé était bien incapable de manipuler un ordinateur, à la différence de sa secrétaire.

    L’incompétence de ces dinosaures a été instituée en règle intangible et c’est pour ce type de raison qu’on emmerde Obama.