
Nicolas Sarkozy, président de « tous les Français » et de l'UMP
Le chef de l'Etat a démontré samedi qu'il restait aussi le chef de l'UMP, en remaniant sa « famille » au conseil national du parti.

Le gouvernement vient d'être remanié pour cela : réorganiser l'UMP. Réorganisation qui a été actée ce samedi, à l'occasion du conseil national de l'UMP. « Acter », le terme n'est certes pas des plus démocratiques, mais « voter » correspond bien moins à la réalité. (Voir la vidéo)
L'issue des votes était connue d'avance, tout s'est décidé ces dernières semaines à l'Elysée. Ont donc été logiquement élus, à l'unanimité s'il vous plaît, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et ses quatre adjoints, Eric Besson, Nathalie Kosciusko-Morizet, Marc-Philippe Daubresse et Axel Poniatowski. L'ex-ministre « chouchou » du Président, un ancien socialiste, un membre du gouvernement, un centriste et un libéral : le tableau est très beau.
Les autres tendances sont désormais représentées à la vice-présidence du parti : l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l'ami de trente ans Brice Hortefeux, le radical de droite Jean-Louis Borloo et la chiraquienne Michèle Alliot-Marie. N'en jetez plus, on est au complet !
Quant aux déçus, ils pourront toujours se consoler avec un poste de conseiller politique de l'UMP, à l'image des ministres Rachida Dati (Justice), Rama Yade (Droits de l'homme), Christine Boutin (Logement) ou encore Nadine Morano (Famille).
« Moralement, le président de l'UMP reste Nicolas Sarkozy »
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Ne cherchez pas cependant de nouveau président de l'UMP, il n'y en a pas. En tout cas, pas dans l'organigramme officiel. Car depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP en 2004, les adhérents n'ont plus jamais été consultés pour le choix de leur chef.
Jean-Claude Gaudin, alors membre du bureau politique du parti majoritaire, s'en était clairement expliqué à l'agence de presse Reuters, au lendemain de la dernière présidentielle :
« Nous considérons que, moralement, le président [de l'UMP] reste Nicolas Sarkozy et, par conséquent, nous pensons qu'il n'est pas utile d'élire à nouveau un triumvirat [président, vice-président et secrétaire général] comme les statuts l'exigent. Nous y reviendrons peut-être un jour. »
Quelques mois plus tard, une réforme des statuts était adoptée : plus de président élu, mais un parti dirigé par un pôle exécutif, représenté par les secrétaires généraux, et un pôle législatif, représenté par les vices-présidents. Une réforme valable seulement jusqu'en 2012. Au cas où…
C'est justement pour que la prochaine présidentielle, ainsi que les européennes de 2009 et les régionales de 2010, puissent sourire à l'UMP, que Nicolas Sarkozy a décidé de remettre de l'ordre dans l'UMP. L'intermède assuré depuis un an et demi par Patrick Devedjian relevant du fiasco, il fallait que le chef de l'Etat réaffirme son pouvoir de chef… de l'UMP.
« Toutes les décisions importantes se prennent à l'Elysée »
Si les textes n'en font pas mention, il existe bien un président du parti majoritaire, et il s'appelle évidemment Nicolas Sarkozy. Xavier Bertrand a été exfiltré du ministère du Travail pour jouer l'homme-lige. Derrière le masque ne se dissimule même pas Nicolas Sarkozy, présent ce samedi au sein de sa « famille ».
Lui non plus ne se cache pas. Axel Poniatowski, nouveau secrétaire général adjoint de l'UMP, n'éprouve visiblement aucun état d'âme à évoquer cet état de fait :
« Celui fait office de président de l'UMP, c'est le président de la République. (…) Dans tous les cas, toutes les décisions importantes se prennent à l'Elysée. Je ne peux pas être plus précis. »
Une opinion partagée ouvertement, en fait, par la quasi totalité des responsables du parti. A part, peut-être, lorsqu'on évoque la suspicion de votes truqués, ou pour le moins forcés. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, esquisse un sourire : « Ah ben, si si, on a voté, ouais… » Un autre député de la majorité se fait à peine plus loquace, même en « off the record » :
« Nous avons un parti extrêmement structuré, ce qui fait ces votes comme nous les aimons, à l'albanaise… »
C'est à cette même logique de toute-puissance présidentielle que répond la désignation du ticket Michel Barnier-Rachida Dati pour conduire la liste UMP en Ile-de-France aux européennes. Le ministre de l'Agriculture qui devait se présenter dans son fief du Sud-Est. Et la ministre de la Justice qui a toujours clamé son désir de demeurer place Vendôme. Mais ce que le président, de la République et de l'UMP, veut…
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De jabier
consultant dans les Landes | 23H14 | 24/01/2009 |
Je pari à 5 contre 1 que l'UMP vas changer de nom. Pour nous faire avaler une nouvelle rupture d'avec eux même comme en 2007.
De affreuxjojo
23H39 | 24/01/2009 |
En choisissant Sarko comme président les adhérents de l'UMP élisaient leur président pour la dernière fois (les adhérents ne sont plus consultés). L'UMP ne cherche même pas à sauver les apparences de la démocratie et Sarko est indéboulonnable.
Ce mépris de la démocratie que manifeste ainsi Sarkosy à l'égard de ses propres supporters, son besoin compulsif de changer unilatéralement les régles du jeu en fonction de ses seul intérêts et son goût obsessionnel du pouvoir et du contrôle sont des raisons supplémentaires d'être inquiet pour la démocratie. Nous pourrions en rire : « regardez comme les adhérents UPM aiment être menés à la cravache ».
Mais les choses sont plus graves. Sarko conduit la France comme son parti. Avec un tel individu, je ne suis absolument pas certain de pouvoir retourner voter en 2012. Il est capable de tout inventer pour ne pas avoir à se soumettre à la décision des électeurs. Je suis persuadé que plus il s'enfoncera dans les échecs, plus il cherchera a manipuler le système électoral. Et sur ce plan, je le crois aussi imaginatif que dépourvu de scrupules.
De Mr_Quiconque
01H38 | 25/01/2009 |
On a retrouvé les rois du gag.
On les avait en noir et blanc :
On les a maintenant en couleurs \o/
De PCM
X | 11H38 | 25/01/2009 |
Je m'étonne que personne ne remarque qu'ils ont choisi « time to pretend » du groupe MGMT comme musique d'accompagnement. Les paroles collent très bien avec l'UMP et en particulier avec Sarkozy :
« Je ne me sens mal, je suis à vif et dans la fleur de l'âge
Jouons de la musique, faisons du fric, et épousons des mannequins
Je déménagerai à Paris, me shooterai à l'héroïne et baiserai avec les stars
Une île, de la coke et des belles bagnoles.
C'est notre choix, vivre à fond et mourir jeunes
On sait ce qu'on veut faire, alors allons nous éclater
C'est affligeant bien sûr mais que voulez vous qu'on fasse ?
Trouver un boulot dans des bureaux et se réveiller le matin pour l'heure de pointe ?
Oublions nos mères et nos amis
Nous sommes condamnés à faire semblant
Faire semblant
Nous sommes condamnés à faire semblant
Faire semblant
Je regretterai les terrains de jeux, les animaux et quand nous déterrions les vers de terre
Je regretterai le réconfort de ma mère et le poids du monde sur mes épaules
Je regretterai ma soeur, mon père, mon chien et ma maison
Oui, je regretterai l'ennui, la liberté et la solitude
Il n'y a vraiment rien, rien que nous ne puissions faire
Nous devons oublier l'amour, nous pourrons toujours commencer une nouvelle vie
Les mannequins auront des enfants, on divorcera
Et on trouvera d'autres mannequins, car la vie est ainsi faite
On s'étouffera avec notre vomi et ce sera la fin.
Nous sommes condamnés à faire semblant
Faire semblant
Nous sommes condamnés à faire semblant
Faire semblant »
Quel humour à l'UMP ! TF1 avait déjà fait preuve d'un tel talent :
http://www.marianne2.fr/Coke,-mannequins-et-belles-bagnoles-vive-le-foot-sur-TF1- ! _a88409.html