Barack Obama stratège : « trois électeurs sur quatre » fichés
C'est lui qui a dirigé la stratégie Internet de Ségolène Royal en 2007. C'est lui aussi, accompagné du « think tank » de gauche Terra Nova, qui vient d'étudier, quinze jours durant aux Etats-Unis, la Web campagne de Barack Obama. A ces deux titres, au cœur de l'actualité, Benoît Thieulin, fondateur de La Netscouade, était l'invité ce vendredi de « Parlons Net », le club de la presse Internet de France Info, dont Rue89 est partenaire.
Ségolène Royal a-t-elle « inspiré » Barack Obama, comme elle l'a prétendu, puis démenti ? Si Benoît Thieulin confie trouver l'expression un peu osée, il évacue le débat en abordant le fond : « Le Web politique au fond s'inspire des usages sociaux du Web et il passe son temps à se copier à améliorer les outils. »
Ne pas croire pour autant qu'il manie la langue de bois, arme préférée des politiques qu'il n'est pas. S'il croît en Ségolène Royal, il tient aussi à son indépendance d'esprit. Il se félicite de « la constitution et l'organisation d'un mouvement politique alternatif à côté du PS » en 2007, mais reconnaît aussi l'échec des synthèses des propositions des adhérents de Désirs d'avenir.
1 électeur sur 14 convaincu par le porte-à-porte
Mais, aujourd'hui, il préfère se concentrer sur l'étude de la campagne d'Obama, sur Internet et sur le terrain. Une campagne menée de main de maître, qui a été le fruit d'un nombre impressionnant d'études statistiques, rappelées par Benoît Thieulin : « Quand vous distribuez 100 000 tracts, vous arrivez à convaincre un électeur. » Alors que le ratio est de 1 sur 100 pour le démarchage au téléphone. Et de 1 sur 14 pour le porte-à-porte.
Autant dire que pour les équipes de Barack Obama, le choix a été rapidement fait. L'organisation verticale a été d'une redoutable efficacité, et ne s'est pas privée d'utiliser un fichier qui regroupait au final « trois électeurs sur quatre », croisant jusqu'à « 500 critères » simultanément... Un enseignement parmi d'autres des travaux de Benoît Thieulin et Terra Nova. (Voir la vidéo)
A lire aussi sur Rue89
► Ségolène Royal a-t-elle vraiment « inspiré » Barack Obama ?
► Sans faire de « l'humour », Royal répète avoir « inspiré » Obama
Ailleurs sur le Web
► La vidéo d'Ipol du voyage de Benoît Thieulin et Terra Nova
► Le site de l'agence Internet La Netscouade
- 17575 visites
- 57 réactions














8







j'adore m'auto-citer en ce moment :
De Akaz
Malfini | 10H16 | 23/01/2009 | Permalien
Encore mieux, Obama a le co-créateur de Facebook comme chargé de campagne Internet. Donc partir de Facebook pur s'inspirer de Désirs d'Avenir…
Mais pour arrêtez de railler. Je vais réitérer mes exemples bien plus important stratégiquement pour Obama :
-Howard Dean qui fait finaliste des primaires démocrates grâce à la moblisation et à une levée de fond Internet alors qu'il était bien moins dotée que ses concurrents.
Enseignement : Internet est utile en politique si on sait capter comment fonctionne le réseau(pas un nouvel outil marketing), mais un réseau ou les acteurs sont plus ou moins au même niveau. Le participatif accolé à Internet, c'est le principe même du 2.0 et ça fait trèèèèèès longtemps que cette conception d'Internet comme outil de campagne existe. C'est Howard Dean qui transforme l'essai et libère les acteurs.
-Moveon.org, énorme lobby Internet anti-républicain, capable de mobilisations importante, de faire une véritable contre-campagne sur internet.
Enseignement : pour la mobilisation, l'action, la collecte de données, contourner les médias traditionnel, internet est LE média, on peut très facilement imposer son « agenda ».
-Roh Moo-Hyun en 2002 : une campagne gagné contre tous les grands médias(détenus par le parti conservateur ou des sympathisants), à partir de « journalistes citoyens » (tiens tiens ») puis d'une grande association qui mêle contre campagne sur le Net, grande manifs, circulation ultra rapide de l'information par chaines SMS. C'est le premier exemple, celui qui a intéressé tous les spécialistes.
Enseignement : La capacité à faire d'Internet un moyen de mobilisation dans le réel. Enorme enseignement, utilisé à plein pot par Obama, très très loin de cantonner sa campagne à une plateforme participative.
Voilà les modèles américains et étrangers. Pour en revenir aux idées et aux discours donnant une pseudo antériorité dans le temps à Ségolène : la politique aux Etats-Unis est par définition, par tradition participative. Les primaires, ouvertes/fermées, c'est eux. Les consultations locales perpétuelles, c'est eux. Ils élisent leur magistrats et juges de paix etc…
De ce point de vue Internet dans la campagne d'Obama utilise des principes américains(d'ailleurs l'Internet tel qu'il est comme outil de communication et d'échanges de données, est américain dans ses principes), il réinstaure à une plus grande échelle quelquechose qui leur parle énormément et c'est u principe nouveau pour une présidentielle.
Deuxième chose, Obama à ses idées, et c'est sur ses idées et sa capacité à les faire passer mais aussi à faire voir comment il veut les faire passer, qu'il a gagné. Il a des comptes sur ses idées, pas sur celles de « citoyens experts ». On sauvegarde le politique comme « ars », on sauvegarde une certaine sacralité et croyance du leadership, sans pour autant minimiser le peuple et les comptes qu'on doit lui rendre.
Une équilibre bien plus subtil que celui de Ségolène qui a frôlé à plusieurs reprises le populisme. La différence de société se traduit dans ses hommes politiques, « suroptimisme »
d'un côté(donc capacité à se renouveler et à refaire du sens) / pays désabusé et mort de l'autre…
(la fin est particulièrement subjective je l'avoue)




Partager