tchat avec Hubert védrine 22/01/2009 à 18h00

Devenue une puissance moyenne, la France n'a plus les moyens de rivaliser avec les Etats-Unis ou les pays émergents...


« Il faut se méfier de l’expression “France puissance moyenne”... Ca conduit à une sorte de défaitisme excessif, à une sorte d’exagération... La France reste dans un groupe d’une dizaine de puissances parmi lesquelles on trouve bien sûr les Etats-Unis qui sont hors concours. Ils sont encore l’hyperpuissance dont je parlais, la plus grande puisssance de tous les temps. Même s’ils ne sont plus seuls. Après, il y a les membres permanents du Conseil de sécurité, du G8, les pays émergents, soit 10, 12 ou 15 pays. Si on est dans les 15 principaux pays sur 192, on n’est pas ’moyen’, on reste influent. Il faut trouver un équilibre entre une prétention sotte (...) et se dire qu’on n’est plus rien » (Pour la réponse complète, voir la vidéo)

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  • géantlunaire
    géantlunaire
    enseignant, étudiant, musicien
    • Posté à 23h32 le 22/01/2009
    • Expert 11887
      enseignant, étudiant, musicien

    Si cette expression de « France puissance moyenne » a gardé trente ans après son invention son pouvoir de sidération, de fascination (morbide, dirait M. Védrine ?), c’est qu’il faut beaucoup de temps pour se faire à l’idée. Ça me rappelle un livre de H.M. Enzensberger, « Europe, Europe », (vers 1985 ?) dans lequel, entre autres, on trouve un portrait du Portugal encore nostalgique de sa grandeur ! Quatre siècles après le déclin ! (Les historiens corrigeront si je me trompe). Ça fait partie du processus d’acceptation, j’imagine, de se répéter que la France est une « puissance moyenne » (ce qui ne veut pas dire « 15ème sur 192 », mais « moyenne » par rapport à ce qu’elle a pu être par le passé, c’est à dire en 1ère place.).
    Je travaille pas mal avec des Anglais installés en France, et j’ai l’impression que sur ce plan-là, par rapport à nous, ils n’en sont qu’au début : ils commencent à peine à réaliser leur perte d’influence. Je crois que personne en Grande-Bretagne ne confondrait plus la culture anglo-saxonne qui domine le monde (la langue et les produits culturels) avec sa propre culture, sa propre langue maternelle. Tous les Anglais que j’ai connus expriment leur mépris ou détestation des Américains.
    Ce serait une question intéressante à poser à un Britannique : « Doit-on considérer la Grande-Bretagne comme une puissance moyenne ? »
    En fait, je serais moins curieux d’entendre la réponse de l’interlocuteur que de voir sa réaction !