Decryptage 21/01/2009 à 21h07

Le contre-plan de relance du PS vu par des libéraux



Martine Aubry mercredi à Solférino (Audrey Cerdan/Rue89).

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a présenté mercredi le contre-plan de relance socialiste, intitulé « Agir vraiment contre la crise » et dévoilé quelques heures plus tôt par Eco89.

Un contre-plan de relance, que nous avons demandé de commenter à quatre économistes libéraux : Michel Didier, président de l'institut Coe-Rexecode, Christian Saint-Etienne, professeur des universités et membre du Conseil d'analyse économique, ainsi que Jean-Thomas Lesueur et Alexandra Roulet, délégué général et chargée de mission à l'Institut Thomas More.

Quatre économistes pour cinq mesures phares de ce contre-plan de relance : la revalorisation du Smic de 3%, la baisse de la TVA de un point, le gel des suppressions de postes dans la fonction publique, l'interdiction des licenciements boursiers et la suppression du paquet fiscal. (Cliquez sur chacune des bulles pour lire les commentaires des économistes)














François Krug et Julien Martin

Photo : Martine Aubry mercredi à Solférino (Audrey Cerdan/Rue89).

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  • michel 13
    • Posté à 21h32 le 21/01/2009
    • Internaute

    Quel intérêt de présenter les commentaires d'économistes libéraux ? ? ? On connait leur opinion sur le sujet : ils sont opposés à l'augmentation du Smic et favorables au paquet fiscal. Je n'ai pas lu leur avis pour les autres sujets, cela doit être du même niveau, donc sans intérêt. Ces braves économistes libéraux devraient nous préciser leurs revenus personnels. Cette info permettrait de mieux apprécier leurs commentaires, et de relativiser le réalisme de leurs jugements. Economiste libéral ne rime pas avec « fibre sociale », mais plûtot « tout pour nous » .....

  • LeBlaireau
    LeBlaireau répond à michel 13
    • Posté à 21h55 le 21/01/2009
    • Internaute

    Heu... je suis smicard, je suis de gauche, et pourtant je ne peux qu'être de l'avis de ces économistes. Ce n'est pas du libéralisme, je suis désolé, mais du simple bon sens, que de remarquer le populisme de cette contre réforme. Comme dit l'un d'entre eux, il y avait tellement mieux à proposer.

    Encore une fois, et comme de plus en plus souvent, je suis déçu par « mon » parti.

    Etre dans l'opposition ne signifie pas être toujours contre et proposer des utopies populistes. crotte de bic ! ! ! !

  • Romain Jammes
    • Posté à 21h56 le 21/01/2009
    • Internaute

    Certes le plan de partit socialiste n'est franchement pas brillant mais alors les critiques des économistes sont franchement minables...

    A titre d'exemple parce que je n'ai pas toute la soirée :

    On critique le licenciement boursier au titre que faire rembourser des entreprise « à genoux » ce n'est pas une très bonne idée. Mais je tiens à dire que les licenciements de masse qu'on observe ces dernières années et ces dernières semaines aussi sont faits par des entreprises qui ont explosé leurs bénéfices cette année encore...

    Le Paquet Fiscal c'est augmenter les impôt dans un contexte de crise ? I ne faut pas oublier que ce paquet fiscal est u formidable cadeaux aux foyers les plus riches et ce ne sont pas ceux qui ont des problèmes de pouvoir d'achat.

    Pour le SMIC : Comparer à l'Espagne c'est trompeur car le coût de la vie n'est pas vraiment le même, notamment concernant l'immobilier. En outre, une famille française avec 2 smic et 2 enfants a de sérieux problèmes a finir ses fins de mois en général si les parents ne sont pas propriétaires... Donc il faut bien faire quelque chose.

    Baisser les charges des entreprises c'est ce que la droite fait depuis qu'elle est au pouvoir mais l'argent sert aux parachutes dorés et aux dividendes, pas à l'investissement ni aux salaire, c'est donc de l'argent jeté par les fenêtres...

    Ces économistes ont Milton Friedman dans la tête mais surement pas une morale ni de la mémoire...

  • r0d
    r0d
    exilé heureux
    • Posté à 21h56 le 21/01/2009
    • Internaute
      exilé heureux

    Mouarf ! ! Merci Eco89 pour ce bon moment ! : D

    Plus sérieusement, quelle bande de clowns... je pensais que les libéraux (qu'ils soient économistes ou autres) auraient, devant l'ampleur du désastre de leurs modèles, mis un peu d'eau dans leur vin. Et bien non, au contraire. Nous allons droit dans le mur, nous le savons tous, et eux répondent : « accélérons ! ».

    Cela dit, je me gausse mais je suis d'accord avec eux sur le fait que ces propositions ne fonctionneraient pas dans le contexte actuel. Cependant, pour une fois, elles vont dans le bon sens.

    Je ne comprends pas comment raisonnent ces gens-là : pour eux la croissance est le graal. Soit. Mais comment donc alimenter la croissance si on détruit le pouvoir d'achat ? (puisque c'est clairement le sens de leurs critiques, moins d'argent pour les salariés). Visiblement, ils croient encore à la toute puissance de la finance dérégulée. Parfois je me demande... la « main invisible du marché » (qui sois-dit en passant, n'avait pas été utilisé par son auteur dans le sens dans lequel il est utilisé aujourd'hui)... cela ressemble de plus en plus à une religion... ils attendent toujours le miracle et en attendant, continuent la croisade...

    Cela dit, tout ceci est fort amusant certes, mais je doute tout de même de leur bonne foi... car pour qu'ils considèrent une baisse de la tva comme mauvaise, il y a quelque chose qui cloche. Je ne connais pas ces gens, mais apparemment nous avons ici une belle brochette de libéraux classiques, dont les modèles ont été ceux utilisé pour la « mondialisation » des marchés, et qui ont montré leur limites. Certains restent tellement aveuglés dans la foi qu'ils n'accepterons jamais de regarder la réalité en face. Car finalement, si j'ai bien compris Friedman, au final ce qui importe n'est pas tant l'absence de régulation que le faible coût du salariat. J'attends toujours qu'on m'explique...

  • r0d
    r0d répond à throll
    exilé heureux
    • Posté à 23h31 le 21/01/2009
    • Internaute
      exilé heureux

    Arf, veuillez m'excuser, mais j'ai décidé d'arrêter de réfléchir depuis presque 2 ans, c'est pour ça.

    Cela dit, je ne suis pas un anti-libéral béat, ni anti-libéral du tout, je me considère comme libéral de gauche (si cet étrange animal vous intéresse, allez donc faire un tour sur le wikiberal).

    Donc effectivement, la baisse de la TVA dans le contexte actuel va handicaper les plus pauvres. Mais ce raisonnement est biaisé, il part du même constat erroné que celui dont part Friedmann et qui ont fait que l'essentiel de ses travaux seront bientôt considérés comme de l'humour noir, alors que ce gars était loin d'être stupide. Ce constat est - et vous le faites vous-même à demi-mot - que le capitalisme est le seul modèle économique viable.

    Et là la discussion devient compliquée. Pour pouvoir continuer, il faudrait notamment commencer par expliquer la différence entre capitalisme et libéralisme, mais ce n'est ni le lieu ni l'endroit comme dirait l'autre. Pour ma part, je crois que l'accumulation de capital entre des mains uniques selon un modèle hiérarchique dur n'est pas la bonne solution.

    Donc vous me demandez d'autres voies. Et bien il existe énormément de solutions proposées qui valent réellement la peine d'être tentée. Le problème c'est qu'elles ne le seront jamais car elles remettent toutes en question le système actuel, et si l'on y réfléchit une seconde :
    A qui profite le système actuel ? Au gens qui sont en haut de la pyramide, ceux qui auraient le pouvoir de faire changer les choses. Cet état de fait n'est pas nouveau, il a même toujours été ainsi.
    Du coup, ces mêmes personnes passent une bonne partie de leur temps et de leur argent (réfléchissons par exemple à la raison pour laquelle les gratuits et les chaines dites 100% info sont largement déficitaires mais intéressent tant les grands groupes) à faire croire à tout le monde que ce système est le meilleur, et quand ça ne passe vraiment pas, ça devient le moins pire, comme aujourd'hui.

    Des solutions donc, il y en a, mais elles touchent aux fondements du système. Si vous voulez, je veux bien vous en proposer quelques unes en vrac. Elles ne sont pas de moi, et je n'ai pas spécialement réfléchi (vous savez, je ne réfléchis plus) à leur bien fondé :
    - nationaliser toutes les banques pour en faire une seule banque dirigée par ceux à qui appartiennent l'argent, c'est à dire vous (je dis vous car je n'habite pas en France).
    - supprimer le bourse telle qu'elle est actuellement et créer une véritable bourse d'investissement démocratique.
    - faire en sorte que l'impôt soit réellement progressif (savez-vous par exemple qu'en 2008, pour la première fois en France, les 5000 foyers les plus riches vont payer moins d'impôts, en pourcentage sur les revenus, que la moyenne française ? [alternative économique de décembre 2008] ), en supprimant les niches fiscales, etc.
    - encourager l'entreprise en augmentant considérablement les droits de succession
    - décourager la finance en taxant les flux financiers
    - revenir à un peu de protectionnisme (les réflexions d'E. Todd sur le sujet sont fort éclairantes par exemple).
    - privatiser les endroits où l'état n'a rien à faire et nationaliser ce qui touche aux besoin indispensables (énergie, transports, communication, alimentation de base)
    - cesser de gérer les états comme on gère une entreprise, car ça n'a absolument rien à voir et ça ne peut pas fonctionner ainsi
    - créer une bourse du logement publique
    etc, etc...

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 00h08 le 22/01/2009
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    C'est très bien de la part de Rue89 d'avoir fait intervenir des économistes libéraux.
    Cet article ne fait que traduire la rupture qui existe entre les defenseurs d'un socièté d'individualistes et ceux qui préconisent la solidarité.
    En ces temps de crise profonde oû les fondamentaux de la société libérale retombent comme des soufflets sous l'effet de la cupidité et de l'avidité financière, il est bon de rappeler que la solidarité envers les plus faibles est un devoir.
    Stigmatiser des mesures de bon sens, comme ceux énoncés par le PS au moment ou le seuil des 10% de chomeurs va être franchi, ou le nombre de Français sous le seuil de pauvreté va exploser, ou la France des propriétaires s'éloigne, ou l'abime entre les revenus les plus élevés et ceux dont les fins de mois commence le 10 est de plus en plus éllevé est d'une vulgarité la plus profonde.
    Oui il existe une différence entre les libéraux et la gauche,
    Oui il existe une différence entre la solidarité et la compation
    Oui il existe une différence entre l'apparence de solidarité sociale proposée par Sarko, Fillion, Boutin and Co et celle proposée par le PS via les propositions d'Aubry
    Veut on un monde de gestionnaire qui dépassent ses budgets lorqu'il s'agit de sauver un système banquaire en pleine déconfiture à force de magouilles sur les produit financiers « toxiques »
    Veut on un monde solidaire avec ses plus fragiles et de ses plus faibles.
    Notre « bon Président » pourfenseur de la pensée unique lorqu'il était dans l'opposition à Jospin, nous propose maintenant un kit du prêt à penser.
    Heureusement qu'il existe encore des médias « libres » comme Rue89 pour dire que l« anarcho libéralisme n'est pas la seule voix qui existe en matière de gouvernance de la France