Tout a été écrit ou presque sur la prise de fonction de Barack Obama. Lui-même, grâce à son équipe de communication, s'appuyant sur la vision des Pères fondateurs, la symbolique du président Lincoln et le rêve de Martin Luther King, sait remarquablement s'approprier et mettre en scène les valeurs américaines pour entrer en résonnance avec le peuple qui l'a élu.
Et pourquoi ne le ferait-il pas ? En ces temps difficiles, tous (ou presque tous) demandent une grande fête et veulent une célébration mémorable de ce jour historique, qui marque l'intersection impalpable entre rupture et continuité.
On voit immédiatement en quoi consiste la rupture (élection du premier Noir à la présidence, fin du règne Bush). De même que la gigantesque attente de transformation : Obama est le magicien qui va guérir l'Amérique de tous ses maux et la sortir de la crise.
Il succède à un président non seulement affaibli, mais diabolisé par une partie de ses concitoyens. Par effet de balancier, Bush étant tout mauvais, Obama ne peut être que tout bon, son extrême singularité sur quelques points faisant effet de halo sur toute sa personne.
Aux Etats-Unis, changer, c'est la seule façon de rester en vie
Homme lucide et d'une grande finesse, politicien avisé et habile -bien moins naïf que la plupart de ses thuriféraires- il est conscient du piège que constitue le statut quasi-divin qui lui est ainsi imposé, et ne cesse de mettre en garde ses compatriotes sur la gravité de la situation actuelle et l'irréalité des attentes magiques portées sur lui.
Car plus dure sera la chute de ce bouc émissaire putatif, s'il ne se montre pas à la hauteur des attentes, qu'il convient donc de réfréner au plus tôt.
La continuité mérite qu'on s'y arrête, car elle est moins évidente vue depuis la France. Obama se situe dans une grande tradition américaine, inverse du paradoxe français : pour continuer, pour durer, pour survivre, il faut changer.
Ce qui est normal pour des Américains, c'est le changement, que détestent les Français même quand ils font mine de l'appeler de leurs vœux. Outre-Atlantique, changer, c'est même la seule façon de rester en vie : « sink or swim ». Nager pour ne pas couler. Surtout ne pas rester sur place.
Mieux qu'un autre, Obama est capable de gérer la complexité
Obama promet avec force le changement en faisant entonner la mantra « Yes we can ». Oui, nous pouvons, mais nous pouvons quoi exactement ? Il ne le dit pas précisément -la politique n'est-elle pas l'art de faire croire au plus grand nombre qu'ils sont d'accord ?
Ainsi, à l'image de son arrivée sur les estrades, quand (tout comme Hillary Clinton ou Joe Biden, ou ceux du camp adverse, d'ailleurs), il fait semblant de pointer du doigt un spectateur imaginaire -ça fait de bonnes photos, et tout le monde peut se projeter dans cette personne soudainement distinguée- il sait que la présidence est d'abord médiatique. C'est de la com'.
Des acteurs comme Reagan et Schwarzenegger ont montré la voie. Ce qui est nouveau ici, c'est qu'il est capable mieux que tout autre de comprendre et de gérer la complexité, et de ne pas dépendre uniquement de son équipe. Personne ne sait si cela sera suffisant, ou si le puits est trop profond. Souhaitons-lui de réussir, l'homme est sympathique (ainsi d'ailleurs que son épouse), et notre sort en dépend aussi.





















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De ysengrimus
16H10 | 20/01/2009 |
Obama remythologise la présidence
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/04/29/obama-nest-pas-un-precheur-ma…
en attendant le dur réveil…
Paul Laurendeau
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 16H15 | 20/01/2009 |
Bon, maintenant, ça suffit, on passe à autre chose…
De PasGlop
| 16H16 | 20/01/2009 |
Bof, tout avait déjà été dit ici :
Obama, l'intellectuel et le politique
http://www.delitsdopinion.com/2experts/obama-lintellectuel-et-le-politiq…
Héé oui ; -)
De léo solo
16H30 | 20/01/2009 |
« Sacre »
diantre, est-un roi ?
« Investiture »
semblerait plus adéquat pour une République.
mais, la société Spectacle a ses raisons que la raison ne connaît pas.
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 21H40 | 20/01/2009 |
Son discours d'investiture laisse à penser qu'il sera beaucoup plus juste que son prédécesseur, et beaucoup moins belliqueux - ça ne peut qu'être bon pour la planète !
Sinon, toute cette mise en scène, c'est pas mon truc - j'aurais préféré une très grande simplicité, plus à son image. Le coup des trompettes et de l'entrée sur scène par ordre d'importance, ç'est vrai que ça faisait un peu royauté. La chanson d'Aretha Franklin, que j'attendais avec impatience, m'a un peu sidérée - pas les paroles, mais l'air était par moment celui du « God Save the Queen » des British.
De BernardG76
21H51 | 20/01/2009 |
A la fois grandiose et sobre,
« L'ESPOIR PLUTÔT QUE LA PEUR »
Sous une allure naturellement décontractée une grande volonté
demain il passera aux actes.
De remdom
22H26 | 20/01/2009 |
Peut-on sérieusement croire un président qui prête serment sur la Bible, et pas sur la Constitution ?
faut-il penser que même en ce moment de ferveur populaire, les croyances l'emportent sur les réalités, comme dans les « guerres contre le terrorisme ».
Oui, Dieu commande M. Obama, hélas, et son leadership américanocentré. Et ouvrent une voie persistante ( Gaza, Kaboul, Bagdad) à beaucoup d'inquiétudes.
Il est fort probable que Dieu n'existe pas, mais les Ètats-uniens ne le croient pas….
à remdom
De bernie of the east
conseiller assurance | 23H01 | 20/01/2009 |
En même temps,certains américains sont persuadés d être « le peuple élu de dieu »,au feu les pompiers,wait and see…
De InitiativeDharman
Merde in France. | 07H15 | 21/01/2009 |
Oui, souhaitons lui d'améliorer la politique sociale américaine.
Et, pour répondre aux internautes éternels rabat-joie, je rappelle que ce n'est certainement pas un seul homme et son administration qui vont changer en un coup de baguette magique le cours des choses, çà ce n'est possible que dans les dictatures.
Le citoyen a plus de pouvoir qu'il ne le pense mais en est-il conscient ?
De hirondelle974
vivante | 11H01 | 21/01/2009 |
En tout cas, ses discours ont de la tenue ! Bel orateur. Nous autres, pauvres frenchies, on se planque chaque fois que l'autre crétin ouvre la bouche tellement on a honte ! « Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance ». Sénèque