La douleur d'un père palestinien, en direct à la TV israélienne
Cela restera peut-être l’image la plus marquante de cette guerre, la plus inhumaine et la plus humaine aussi : cette scène, en direct à la télévision israélienne, avec au téléphone un médecin palestinien hurlant sa douleur car ses trois filles viennent d’être tuées par un obus israélien. Le duplex était prévu, mais l’attaque du char israélien ne l’était pas.
Sur son blog Chroniques orientales, sur le Figaro.fr, Delphine Menoui raconte l’histoire :
« Izz el-Deen Aboul Aish est un médecin connu des spectateurs israéliens. Ce gynécologue palestinien, qui parle parfaitement l’hébreu, exerce à la fois dans un hôpital de Tel Aviv et dans la bande de Gaza, où vit sa famille. Depuis le début des raids, il y a 21 jours, il était resté à Gaza. L’accès des journalistes étant strictement contrôlé, il fut très vite sollicité par les média israéliens pour témoigner des conditions de vie sur place. »
Mais lorsque la télé l’appelle, vendredi soir, à l’heure de grand écoute, ce n’est plus le témoin qui est en ligne, mais un père effondré par la mort de ses filles, et qui implore Dieu. Le journaliste le laisse parler, tente de le calmer, de lui promettre une ambulance (qui viendra d’aileurs plus tard), et, visiblement ébranlé, ému, il préfère quitter le plateau avec le téléphone portable encore branché, plutôt que d’interrompre le flot de sanglots de cet homme.
Ce n’est pas souvent qu’un pays en guerre peut ainsi assister à l’impact humain de ses propres armes, de ses actions, sur l’« autre » camp, de manière humaine et pas froidement statistique. Cela ne change peut-être pas les choix politiques, mais les Israéliens n’oublieront pas aisément Izz el-Deen Aboul Aish et ses larmes.
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Moi non plus je ne parviens pas à oublier les cris de cet homme effondré, depuis que j’ai vu le reportage de FR2 à midi.
L’émotion visible du journaliste israélien, ajoute encore à l’horreur, mais ce qui m’a achevé c’est dans la suite du reportage, la haine manifesté par cette femme israélienne le lendemain devant ce médecin encore totalement effondré, en disant que le Hamas était installé chez lui.
Si seulement le désespoir de cet homme ainsi médiatisé, pouvait enfin atteindre le coeur de ceux qui ont le pouvoir de stopper cet engrenage infernal.
Mais je crains bien que cela ne reste qu’un exercice de voyeurisme collectif.




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